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Cette chanteuse
cousine d' Howlin'Wolf, grand espoir de la scène chicagoane
au début des années quatre vingt, mais délaissée
par les maisons de disques, vient de concrétiser toutes les
promesses qu'elle avait suscitées ; en signant sur le label
Delmark, Zora Young prend en quelque sorte une revanche sur
le sort, elle qui était restée confinée à
des labels de moindre importance et qui, à l'exception de
sa participation à l'album Blues with the girls
(EPM), n'avait pas eu toutes les cartes en mains pour enregistrer
un album à la hauteur de son talent. Ses rares albums des
années 90 s'écoutaient avec plaisir sans plus, et
il nous restait quelques bribes pour savourer cette voix unique,
quelques participations à certains albums de différents
bluesmen de Chicago (dernièrement sur l'album du groupe Mississippi
Heat, Handy man (Crosscut), mais nous étions
restés sur notre faim. Et alors que personne ne s'y attendait,
cet excellent album de blues contemporain vient combler ce vide.
Accompagnée
par quelques briscards de la scène chicagoane, aux guitares
l'expérimenté James Wheeler, Danny Draher synthétisant
avec brio la tradition avec des sonorités plus actuelles,
Tim Austin à la batterie, Johnny B. Gayden à la basse,
et le brillant pianiste Ken Saydak en outre talentueux compositeur,
cette chanteuse à la voix sensuelle, mélancolique
autant influencée par les rugueuses Koko Taylor, Big Mama
Thorton que par des chanteuses de soul au timbre plus sophistiqué,
déborde largement du cadre du Chicago blues traditionnel :
Slow blues, gospel, funkblues, ballade soul, rock'n roll, rien ne
l'effraye ; quoi de plus naturel pour celle qui débuta dans
les bouges de Chicago en imitant ses idoles de l'époque,
Aretha franklin, Gladys knight, Donna Summer, avant de faire la
connaissance de bluesmen de renom tel que Willie Dixon ou autre
Junior Wells ?
Facteurs primordiaux
à la réussite de cet album, la présence massive
de compositions de blues modernes de qualité, les soul blues
mineurs Blues fallin' down like rain, The lords helps
those who help themselves, Damn your eyes, tous signés
Ken Saydak, et les funkblues Girls friends et Feel like
stroking (Zora Young), ainsi que le choix judicieux des reprises,
le rocky Nutbush city limits issu de la période soul-psychédélique
de Tina Turner, le rock'n'roll Living the U.S.A de Chuck
Berry ou encore le gospelisant Please send me someone to love
de Percy Mayfield.
Ajoutez
à cela les langoureux Pity party, Brain damage, le
punchy Learn my lesson, l'âpre blues façon west
side sound Johnny B et vous voici en présence d'un
album de blues contemporain de haute qualité, à la
production soignée, attestant de la diversité musicale
de cette chanteuse, diversité, qui au lieu de la desservir,
s'avère être l'élément moteur de sa créativité
et de son savoir-faire.
Régis

http://www.oafb.net/once117.html
http://www.redbonesbluescafe.com/zorayoung.htm
http://www.tony-o.com/legend/zora.html
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