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Une femme erre
dans Paris, puis se raccroche au banc d'un square parisien, et malgré
le froid, la faim et les humiliations, c'est un asile beaucoup plus
accueillant que la France elle-même et ses préfectures...
Amnésique, elle a tout oublié ou presque : quelques
visions surgissent par à-coups, des corps massacrés,
des scènes de guerre, des maisons calcinées, et un
nom, Ilam, qu'elle se répète et tente d'interpréter,
tentant de se remémorer le visage et la personne à
qui il appartenait. Peu à peu, les souvenirs font surface,
éparpillés dans son esprit et mêlés à
ses rêves : une île qui pourrait être paradisiaque
si elle n'était aussi dangereuse, des voyages, la guerre...
Ilam, lui, est perdu, dans l'esprit divaguant de la narratrice ainsi
qu'entre Cuba et Paris.
Zoé Valdés nous fait parcourir un chemin sinueux et
abrupt, entre onirisme poétique et glaçante réalité
; les blessures d'une femme perdue (elle aussi), "une rescapée,
une survivante", sont explorées, fouillées,
puis livrées à un lecteur impuissant face à
la quête improbable de la narratrice, bousculée par
l'histoire ; des thèmes qui rappelle le subtil roman de
Marina Warner, The Leto Bundle. L'auteur dédie
en effet ce court roman à Yoandra Villavicencio "Cubaine
renvoyée dans son pays par la France en l'an 2000, puis décédée
à La Havane dans des conditions obscures". Un hommage
qui résonne comme une accusation, et qui est lancé
à tous les réfugiés politiques. L'espoir refait
néanmoins surface dans un dénouement ambigu, imaginé
ou vécu, mais profondément humain.
B.
Longre
(janvier 2002)

Mercure
de France
http://www.mercuredefrance.fr/
http://www.foiredulivre.be/site2002/presentation/valdes.htm
http://www.mercuredefrance.fr/titres/ilam.htm
http://www.zoevaldes.com/fs01.htm
http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=35191/idTC=5/idR=201/idG=
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