Yo-Yo Ma
The Silk Road Ensemble
et l'ONL

du 4 au 7 avril 2002
à l'Auditorium de Lyon

Week-end Découverte
"Le Voyage"


article en ligne

La route de la Soie en novembre 2001

à Paris le 9 et 10 avril à la Cité de la musique

Liens

Concerts symphoniques
• Jeudi 4 avril 2002 à 20h30
Propos d'avant concert 1 heure avant le début du concert

• Samedi 6 avril 2002 à 18h
Concert enregistré et diffusé en direct sur France Musiques

Orchestre national de Lyon
David Robertson, direction
Yo-Yo Ma, violoncelle
Kim Begley, ténor
Randi Stene, mezzo-soprano

Stravinsky, Le Chant du Rossignol, poème symphonique
Dutilleux, Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle et orchestre
Mahler, Le Chant de la Terre



Randi Stene, mezzo-soprano

chronique à venir

Concerts musique de chambre
• Vendredi 5 avril 2002 à 20h30
Concert enregistré par France Musiques et retransmis le samedi 6 avril à 14h

Yo-Yo Ma, violoncelle
Silk Road Ensemble
Musiciens de l'ONL


Sharav, Legend of Herlen *(voix, piano, violoncelle, percussions)
Jiping, Moon over Guan Mountains *(violoncelle, pipa, sheng, tabla)
Musique traditionnelle perse (kemancheh, ney, santour)
Mamiya, Five finnish Folk Songs (piano, violoncelle)
Ravel, Trio pour violon, violoncelle et piano

• Dimanche 7 avril 2002 à 11h
Yo-Yo Ma, violoncelle
Silk Road Ensemble
Musiciens de l'ONL

Ali-Zadeh, In Habil's Style (piano, violoncelle)
Yanov-Yanovski, Night Music *(violon, alto, violoncelle, contrebasse, flûte, clarinette, piano, harpe, percussions)
Jia Da Qun, The Prospect of Colored Desert *(violoncelle, pipa, sheng, violon, percussions)
Kalhor, Blues as the Turquoise Night of Neyshabur* (2 violons, 2 altos, 2 violoncelles, contrebasse, kemancheh, ney, santour)

*création française

France Musiques à Lyon - 4 au 7 avril 2002
Samedi 6 avril 2002 - 15h30-18h
"Cordes sensible" émission animée par Jean-Michel Damian
en direct et en public de l'Auditorium

 

Si le voyage est une des sources d'inspirations les plus universelles pour les artistes, il se décline d'une multitude de manières : la Chine des contes de fée dépeinte par le Chant du Rossignol de Stravinsky n'a rien à voir avec celle qui inspira une réflexion presque métaphysique à Gustav Mahler dans le Chant de la Terre, œuvre qui résonne à peine de sonorités orientales. Quant au voyage proposé par Henri Dutilleux sur les traces de Charles Baudelaire, chacun y verra sa propre destination quelque part au fond de son âme.

Afin de poursuivre les voies ouvertes par ce programme symphonique, Yo-Yo Ma et le Silk Road Ensemble s'installent un week-end à Lyon dans le cadre de leur projet de la Route de la Soie.
En compagnie de musiciens de l'Orchestre national de Lyon, ils invitent au voyage dans le sens le plus large du terme : celui d'échanges entre les cultures dans le but de s'enrichir mutuellement, dans le respect de l'identité de chacun.

 

 

 

Igor Stravinsky
Le chant du rossignol, poème symphonique

Henri Dutilleux
Tout un monde lointain
, concerto pour violoncelle et orchestre
" Enigme "
" Regard "
" Houles "
" Miroirs "
" Hymne "
Gustav Mahler
Le chant de la terre, une symphonie pour voix et orchestre

" Chanson à boire de la douceur de la terre "
" Le Solitaire en automne "
" De la jeunesse "
" De la beauté "
" L'Ivrogne au printemps "
" L'Adieu "


Dans ce contexte si terrible au Proche-Orient, la venue de Yo-yo Ma à Lyon ainsi que celle du Silk Road Ensemble prennent une profondeur nouvelle et bien réelle. Le projet de la Route de la Soie est un projet d'ouverture, d'enrichissement des différentes cultures dans un esprit de respect de chacun. Et tout ça par la musique. Espérons que cette route de la Soie ne soit pas qu'un symbole isolé et que d'autres musiciens auront cette passion indispensable, cette intelligence de la musique et du cœur.
Le programme de cette soirée était une invitation au voyage à travers trois œuvres du XXe siècle. Le chant du Rossignol de Stravinsky était initialement un opéra composé d'après le conte d'Andersen. Stravinsky l'a condensé en un poème symphonique brillant, où les percussions s'en donnent à cœur joie, les couleurs foisonnent, la flûte " rossignole " à merveille et l'utilisation de la gamme pentatonique accentue cette Chine imaginaire. Le tout mené par un David Robertson joyeux en phase avec la partition.
Cette première œuvre était parfaite pour introduire Tout un monde lointain, le concerto pour violoncelle de Dutilleux. Malgré la référence à Baudelaire, le compositeur n'a pas voulu "illustrer tel ou tel poème, mais tenter d'éveiller par la musique certaines de leurs harmoniques les plus secrètes". Le motif entrevu dans Enigme réapparaît plusieurs fois dans la pièce, plus ou moins développé ou en contrepoint. C'est le principe de " mémoire " cher à Dutilleux parfaitement rendu par le soliste. Les mouvements lents (Regard et Miroirs) permettent à Yo-yo Ma d'exprimer toute son intelligence, et la virtuosité demandée, notamment dans le suraigu, n'est jamais tape-à-l'oeil. Anecdote d'un soir qui ne fait pas la valeur d'un musicien mais illustre le degré de concentration du soliste : au milieu d'un mouvement, la corde de son violoncelle casse, Yo-yo Ma en 2 secondes échange son instrument avec celui d'Edouard Sapey-Triomphe (violoncelle soliste de l'ONL) qui remplace la corde et lui rend son instrument à l'instant importun. Cela ne s'entend pas, l'intensité est la même. Le public est sous le charme, notamment après une Sarabande de Bach en bis.
Continuons le voyage avec Das Lied Von der Erde, œuvre d'une grande liberté. Mahler y allie orchestre symphonique et lieder, monumental et intime, divise son œuvre en plusieurs chapitres d'une grande indépendance les uns par rapport aux autres. Il s'inspire de poèmes chinois du VIIIe siècle adaptés par Bethge, dont la mélancolie le touche à la fin de sa vie. Cette influence chinoise se retrouve dans l'utilisation de la gamme pentatonique ainsi que l'utilisation de percussions légères, mandoline, harpe et cordes en pizzicati. Le premier thème abordé "Dunkel ist das leben, ist der Tod" ("Sombre est la vie, sombre est la mort ") trouve sa réponse dans le dernier lied Der Abschied (L'Adieu), un des finals les plus longs composés par Mahler. Ce final est d'une rare complexité au niveau de la direction, Mahler disant lui-même "Avez-vous la moindre idée de la manière dont on peut diriger cela ? Moi pas !". Robertson s'en sort avec les honneurs tout comme l'ONL dont les solistes sont toujours aussi excellents (citons parmi d'autres la flûtiste Emmanuelle Réville). La mezzo-soprano Randi Stene est également très émouvante dans ce dernier lied répétant sur les deux mêmes notes "Ewig…ewig…" (Eternellement…éternellement…). Son interprétation du 4ième Lied Von der Schönheit (De la beauté) tout en espièglerie y était déjà remarquable. On regrettera en revanche l'interprétation très monotone du ténor Kim Begley, tout en se rappelant que la partition est difficile car elle requiert des aigus sûrs ainsi qu'une puissance suffisante pour être entendu au milieu de tutti.
Restons plutôt sur la sérénité de l'Adieu…

Barbara Marmonier
(avril 2002)


 

 

 

 

 

 

à Paris - Cité de la musique

les 9 et 10 avril 2002
L'Orchestre national de Lyon, Yo-Yo Ma, David Robertson et l'ensemble des artistes de ce Week-end découverte se rendront ensuite à Paris pour deux concerts à la Cité de la musique.


• Concert symphonique - Mardi 9 avril 2002 à 20h - Paris / cité de la musique
avec la seconde exécution de l'œuvre de Kayhan Kalhor, Blues as a Turquoise Night, ainsi que la reprise du concerto pour violoncelle de Peter Lieberson, The Six Realms, dont Yo-Yo Ma et l'Orchestre national de Lyon sous la direction de David Robertson assurèrent la création française en novembre dernier à l'Auditorium de Lyon.
Orchestre National de Lyon
David Robertson, direction
Yo-Yo Ma, violoncelle
Kim Begley, ténor
Randi Stene, mezzo-soprano
Kalhor, Blues as a Turquoise Night
Lieberson, The Six Realms, concerto pour violoncelle
Mahler, Le Chant de la Terre

• Concert du Silk Road Ensemble
accompagné par les musiciens de l'Orchestre national de Lyon.
Mercredi 10 avril 2002 à 20h - Paris / cité de la musique
Yo-Yo Ma, violoncelle
Silk Road Ensemble
Musiciens de l'Orchestre national de Lyon

Sharav, Legend of Herlen
Jiping, Moon over Guan Mountains
Musique traditionnelle perse (kemancheh, ney, santour)
Mamiya, Five finnish Folk Songs
Ravel, Trio pour violon, violoncelle et piano


 

 

 


http://www.berklee.edu/html/wh_appjourn.html

The Silk Road Project
http://www.silkroadproject.org/

Yo-Yo Ma
http://www.yo-yoma.com/

Cité de la Musique, Paris
http://www.cite-musique.fr/francais/index.htm

Le violoncelle
http://isuisse.ifrance.com/violoncelle/