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Yllavu, le sauveur
Toute nouvelle
maison d’édition fondée par Chun-Liang Yeh et
Loïc Jacob, HongFei (littéralement, « Grand oiseau
en vol » en chinois) souhaite « s’engager
dans l’édition des lettres chinoises » en
se concentrant sur des textes qui n’ont pas encore été
traduits, une façon de créer une synergie entre deux
cultures. Trois albums ont déjà parus en octobre dernier,
dont Yllavu, conte philosophique composé
par Gambhiro Bhikkhu, un moine bouddhiste d’origine hawaïenne,
installé à Taiwan, illustré par Samuel Ribeyron
(qui signe déjà, dans un tout autre genre, 38
Perroquets de Grigori Oster chez Points de Suspension,
ou encore les illustrations qui accompagnent les CD d’Amélie-Les-Crayons).
L’histoire, d’une sagesse limpide, raconte comment la
cupidité (« sous la forme de petites pierres précieuses
») vient contaminer les habitants d’un pays auparavant
paisible. La cueillette aux pierres précieuses devient alors
leur seule préoccupation, une obsession qui les atrophie
(littéralement), au point de modifier durablement leur morphologie,
au fil des générations. Seul Yllavu apprend à
lever le nez, quitte à en souffrir, et découvre qu'il
existe autre chose, comme les étoiles ou la lune. Seul contre
tous, abandonnés par les siens qui refusent de suivre son
exemple, il meurt. Une disparition qui permet toutefois à
ses compatriotes de prendre conscience de leur triste condition
et de s’efforcer de modifier leurs comportements pour enfin
découvrir les véritables richesses qui les entourent.
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Les
ingrédients de cette fable de bonne facture (qui parlera
vraiment aux enfants lecteurs) et sa trame narrative (le héros
salvateur, qui se sacrifie pour le bien commun) paraîtront
assez classiques (même si le récit est de l’invention
de l’auteur et non pas tiré d’une quelconque
tradition), mais les illustrations qui l’accompagnent
lui apportent un cachet graphique résolument moderne
– de petits personnages aux visages arrondis, aux corps
souples et contorsionnés, un travail au pastel auquel
se superposent des décors aux allures de tapisseries
(à peine orientales) et des crayonnages qui confèrent
à l’ensemble un aspect faussement naïf. Une
jolie réussite pour les débuts de ces éditions
qui prennent leur envol... |
Blandine
Longre
(novembre 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais,
est l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et
critique littéraire, elle s’intéresse tout
particulièrement aux écritures contemporaines (francophone,
anglophone, asiatique, orientale etc.), à la littérature
pour la jeunesse, au théâtre (texte et représentation)
et aux relations qu’entretiennent fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com

http://www.hongfei-cultures.com/
Samuel
Ribeyron
Chez
le même éditeur
Chants
des Lucioles - première traduction française
de 20 poèmes enfantins par YANG Huan, poète prodigue
disparu à l’âge de 23 ans - illustration Thomas
NYS
Lunes de Chine - première traduction en
français d’un conte facétieux inspiré
des légendes classiques de Chine, composé par YANG
Huan. - illustration Thomas NYS
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L'éditeur
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38
Perroquets de Grigori Oster (traduit
du russe par Marina Abelskaïa) et Samuel Ribeyron,
Points de Suspension, 2006 - dès
4 ans
Un
singe, un éléphanteau et un perroquet tâchent
de venir en aide à un «petit» (tout est
relatif) boa constrictor qui s’est mis en tête
de se mesurer… Le problème mathématique
agite les quatre compagnons, d’abord parce que le boa
est long (si long qu’il faut parfois du temps pour remonter
de sa queue à sa tête), mais aussi parce qu’il
est bien difficile d'appréhender la notion d’unité
de mesure… C’est le perroquet, ainsi que le laisse
entendre le titre, qui détient la solution et donnera
l’exemple à ses compagnons.
Ce joli conte au didactisme léger, mené par
des dialogues enlevés (que l’on doit à
l’un des grands noms de la littérature jeunesse
en Russie), est mis en scène par Samuel Ribeyron, quia
créé, pour l’occasion, quatre personnages
(entre papier mâché et pâte à modeler)
photographiés avec, à l’arrière-plan,
quelques sobres décors peints ; des animaux aux mines
très expressives, naïfs et amusants, et toujours
en mouvement, ce qui confère à l’ensemble
la vivacité d’un dessin animé.
B. Longre (février 2007) |
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