du 20 au 27 avril 2004
Théâtre des Jeunes Années, Lyon

Texte et mise en scène
Maurice Yendt

 

Le texte de la pièce est publié aux éditions Lansman. (Les cahiers du soleil debout / Lansman, 2000)

Maurice Yendt, auteur et metteur en scène, a écrit 28 pièces, dont La marche à l'envers et Histoire aux cheveux rouges.
Il a mis en scène La fille aux oiseaux de Bruno Castan.
Il est également le créateur et le directeur du Théâtre des Jeunes Années, Centre Dramatique National, et depuis 1977, avec Michel Dieuaide, le co-directeur artistique de la Biennale du Théâtre Jeunes Publics de Lyon.

Théâtre des Jeunes Années
Lyon 9°
renseignements et location
04 72 53 15 15

tout public à partir de 10/11 ans
durée 1h10

Scénographie et costumes Danièle Rozier
Lumières Michel Paulet

Avec Pierre Blain , Alain Gandy , Annie-Claude Sauton
Création Théâtre des Jeunes Années/CDN

 

Poésie de la guerre contre poésie de la paix

Dans un pays en guerre, qui pourrait être l’ex-Yougoslavie (mais peu importe, la guerre fait toujours les mêmes victimes), un jeune garçon et une femme d’âge mûr trouvent refuge dans la même cave de maison en ruines, chacun avec sa vision des choses. Poésie de la guerre contre poésie de la paix, animosité « barbare » d’un enfant qui n’a connu que la violence contre bienveillance « civilisée » d’une adulte nourrie de culture et de bienséances, rêves de dollars et d’Amérique contre souvenirs de musique et de livres…

Tout les oppose, et pourtant, dans ce huis-clos à peine entrecoupé d’intrusions venues de l’extérieur (un milicien suspicieux surveillant le quartier) ou du passé (une petite fille lumineuse échappée d’un monde en paix), une métamorphose va s’opérer, un rapprochement entre deux êtres différents.
Les jeux dangereux de la guerre laissent la place à la fin de l’enfance, qui n’est pas la fin des rêves et de l’aspiration au bonheur. Izmir, le jeune garçon, sort de son enfermement physique et moral, et revient avec une lucidité sans concessions ni désespoir sur les vicissitudes et la cruauté de la vie.

Maurice Yendt, dramaturge, metteur en scène, fondateur et directeur du TJA de Lyon, s’y connaît en écriture théâtrale. Au cours des quatre jours et 31 séquences de la pièce, le lieu étroit de la scène, sombre réduit où s’opère la transformation progressive, où chaque détail a son importance (game-boy, boîte de petits pois, bidon d’eau, poste de télévision...), ce lieu étroit, donc, s’éclaire et s’ouvre périodiquement sur des tableaux de bonheur et de malheur, du passé et de l’avenir, sur un espace «hors-scène» qui donne à l’ensemble les dimensions d’un véritable drame de l’existence. Au troisième jour, le « cercle magique » que s’était tracé l’enfant, allégorie d’un paradis illusoire ressemblant à l’enfer, « ne sert plus à rien ».
Ce qui couve derrière la montagne, créé au TJA le 2 mars 1999, sera reprise en avril 2004. Signe de la pérennité de l’ouvrage, où chaque lecteur, chaque spectateur, enfant ou adulte, trouve sa place.

Jean-Pierre Longre
(janvier 2004)

Jean-Pierre Longre, enseignant en littérature du XXème siècle à l'Université Jean Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains contemporains et sur la comparaison des langages littéraire et musical. Il a participé à l'édition des romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue des recherches sur les littératures francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

http://www.lansman.org/