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Création
Théâtre Nouvelle Génération -
CDN Lyon
Scénographie
Charles Rios
Lumières Andrea Abbatangelo
Musiques Patrick Najean
Avec Antoine de la Roche, Angélique Heller, Cédric
Marchal, Corinne Méric, Jacques Pabst, Alain-Serge
Porta
Stéphane
Jaubertie est lauréat des Journées d’Auteurs
de Lyon 2005.
La
pièce vient de paraître aux éditions
théâtrales
www.editionstheatrales.fr
Le
spectacle en tournée
Du
10 au 18 novembre 2007 - TNG - Lyon
Le
21 décembre 2007 - MC2 - Grenoble
Le 15 janvier 2008 - Le Dôme - Albertville
Du 31 janvier au 2 février 2008 - Théâtre
Grammont - Montpellier
Le 22 février 2008 - Théâtre Jean Arp
- Clamart
Le 7 mars 2008 - Centre culturel Pablo Picasso - Homecourt
Le 29 avril 2008 - Espace des arts - Chalon-sur-Saône
Le 14 mai 2007 - L'Estive - Foix
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Théâtre
Nouvelle Génération
Direction Nino D’Introna
23
rue de Bourgogne
69009 Lyon
04 72 53 15 15

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Yaël
Tautavel a été sélectionné
dans le cadre des Mardis Midi des Textes Libres» du Théâtre
du Rond-Point à Paris où il sera lu le 30 janvier
2007.
Et la couleur fut
Miracle
théâtral (bis)
Après l'enfance du théâtre, évoquée
avec finesse et entrain dans Pigiami,
Nino D'Introna se penche sur les origines de l'art pictural et de
l’acte créatif tout court, continuant d’explorer
le processus de création dans ce qu’il a de plus naturel
et quotidien – avec l’idée, toujours, que l’art
fait partie intégrante de l’existence, dès l’enfance.
Le matériau
premier lui est ici offert par Stéphane Jaubertie, dont le
texte inventif ravit d’emblée le spectateur, l’obligeant
à se tenir constamment en éveil, tant il est submergé
par les mots qui fusent et rebondissent allègrement entre
les personnages ; en particulier dans les dialogues vifs et saccadés
du petit Yaël et de Gaétan, le grand frère ;
la candeur du petit donne lieu à des commentaires à
la fois très amusants (qui tiennent souvent du lapsus) mais
aussi très lucides et pétris d’une imparable
logique enfantine. Gaétan se montre plus raisonnable (il
sait respecter les « conventions » tandis que
Yaël, avec sa franchise naïve, n’a pas trop envie
de les assimiler…) et même s’il rêve d’aventures
lointaines, il a déjà un pied fermement planté
dans le monde adulte. Mais ce grand frère aimant est le seul
à raconter à Yaël la vie d’avant le grand
exode animalier, quand les habitants de leur île pouvaient
encore se permettre d’être omnivores… Les îliens
ont tant exploité la nature, abusé de ses richesses
et pollué l’atmosphère que les animaux en ont
eu assez et ont un jour décidé de fuir vers la «
Grande terre ». Yaël, né après leur départ,
n’a jamais rencontré ni poule, ni grenouille, ni même
quelques fourmis – sans parler des grands fauves ou des girafes.
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C’est
donc Gaétan qui recrée verbalement ce monde
(à ses yeux idyllique – quand il pouvait encore
se gaver de poulet ou de bœuf bourguignon…) et
ces mots enchantent le petit frère avide de nouveauté.
Mais les paroles, aussi belles soient-elles, ne les satisfont
plus et il leur faut voir ces animaux réfugiés
de l’autre côté de la mer. Yaël hésite
un peu – l’idée de l’escapade le
séduit mais il lui faut se résoudre à
quitter sa maman, ce qui n’est jamais facile pour un
petit garçon. |
L’occasion
se présente en la personne d’un peintre animalier,
Maurice Habilis, venu vendre ses toiles sur l’île, qui
accepte de transporter les deux garçons sur son bateau. Le
vaste monde les attend, débordant d’animaux mais aussi
de sentiments nouveaux. Gaétan rencontre la charmante fille
du peintre et l’amour ; Yaël, qui vit très mal
la nouvelle lubie de son frère et se montre d’une jalousie
extrême, se plonge alors dans la peinture que lui enseigne
Maurice Habilis. Ce dernier, en véritable philosophe, lui
apprend surtout à libérer ce qui est « gravé
» en lui, ce qu’il a sur et dans le cœur, et pas
seulement ce qui est visible à l’œil nu : «
Tout se peint, Yaël, absolument tout. Les taureaux, les
dragons, les nuages, les pensées, les sentiments, les gens
qu'on aime… » C’est en s’ouvrant au
monde extérieur mais aussi en explorant son propre univers
intime que le jeune Yaël grandit et apprend à devenir
autonome dans ses choix et ses désirs, dans ce qu’il
a envie ou besoin de déposer sur la toile vierge.
Au plaisir des
mots, se superpose alors celui des yeux, par le biais d’une
mise en scène éblouissante, littéralement.
Les comédiens excellent à transmettre les émotions
de leur personnage et investissent l'espace scénique avec
talent, sans un seul temps mort. Les
jeux de lumières et de couleurs lancées sur de grandes
toiles immaculées (à l’aide d’un rétroprojecteur
- dispositif à la fois basique et ingénieux) se succèdent
pour mettre en valeur le travail de l’artiste que Yaël
est sur le point de devenir – un «génie»,
dira-t-il. La pièce n’entend pas apporter une seule
et unique explication – l’art peut prendre sa source
dans diverses situations – mais tâche de remonter au
plus loin, à la préhistoire et aux peintures rupestres
des temps anciens, à l’enfance de l’humanité.
Un enfant qui se met à créer est comme ces premiers
hommes, il tâtonne et se cherche, et n’est pas un hasard
si le nom de famille de Yaël est « Tautavel » (en
hommage à l’Homo erectus tautavelensis retrouvé
dans les années 1960) ou si le peintre s’appelle «
Habilis ».
On n’assiste plus seulement à la classique mise en
théâtre d’un texte, mais aussi à sa mise
en mouvements et en couleurs. Yaël peint en direct, et l’acte
créatif voit le jour sous les yeux des spectateurs qui, tout
âge confondu, gardent longtemps en mémoire cette immédiateté
que seul le théâtre est capable de créer. Le
jeu théâtral, déjà un « happening
» en soi, se fait «happening» artistique à
la Jackson Pollock, et le spectacle brouille allègrement
les repères traditionnels en estompant les frontières
entre les arts, ajoutant des chants et quelques belles mélodies
à ce grand déballage de mots et de couleurs. Une façon
de montrer que le travail de l’artiste est d’abord dans
l’action – dans un mouvement perpétuel et pourtant
unique, éphémère et spontané…
comme le théâtre.
Blandine
Longre
(octobre 2006)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

www.tng-lyon.fr
Le
TNG et son directeur
http://www.auteursdetheatre.org/index00.htm |