contes, fables &
légendes

 

 

 

 

références

Les contes de Perrault dans tous leurs états
Édition établie et présentée par Marie-Charlotte Delmas et Annie Collognat - Éditions Omnibus, 2007

 

Pour les grands

Les Contes facétieux du cadavre
traduits du tibétain par Françoise Robin avec la collaboration de Klu rgyal tshe ring - Bilingue tibétain-français - Langues et Mondes, L’Asiathèque

Contes glacés
Jacques Sternberg - Labor, Espace Nord / Fantastique, 2006

 

JEUNESSE

Sélection de brèves

Albums

Les cents pulls de Nicolas de Sheila O’Connor & Christian Epanya - Monde Global

La grande histoire des couleurs - Marcos / Domi - Syros

La Ballade toucoulore de Samba Foul
Léopold Sedar Senghor & P. Droal - Seuil jeunesse

Lohra la légende de la femme lune - Justine Brax - Gecko jeunesse

Le Grand livre pratique de la sorcière - Malcolm Bird - Gulf Stream

A l’orée des fées - Lenia Major & Cathy Delanssay, Balivernes

Ils furent heureux... Dominique Watrin & Philippe de Kemmeter - Seuil

Akiko la rêveuse, petit conte zen - Antoine Guilloppé - Picquier jeunesse

Nasreddine - Odile Weulersse et Rébecca Dautremer, Flammarion

Princesse Laque - Patrice Favaro & Françoise Malaval, Syros

Le Sapin - Andersen & M. Boutavant, Nathan

Kalita - C. Falgayrettes-Leveau, Philippe Davaine, Ed. Dapper

La Barbe-bleue - Dedieu, Seuil

Le conte du prince en deux - O. Douzou & F. Bertrand, Seuil

Contes Burkinabés - Véronique Vernette, Ed. du Jasmin

Le Soupir - Marjane Satrapi, Bréal jeunesse

Helena, Ivan et les oies - Régis Lejonc & Muriel Bloch, Didier

Nuits d'Orient - A. Michel Jeunesse

Et le chien devint l'ennemi du chat - D. Barbara, Actes Sud Junior

Le chat-tigre - Jean-Louis Le Craver, Syros

Les contes du Louvre - V. Koenig & L. Heugel, T. Magnier

 

Romans, récits, nouvelles

Il était un fée... Viviane - C. Glot & A. Gaulme, Le Baron perché

Les surfées - Nadja, Ecole des loisirs

Sept petits porcelets - Dorothée de Monfreid, Bréal Jeunesse

Les mystères d'Orphée - Marie Goudot, L"Ecole des loisirs

Treize étranges histoires - Nicole Parrot, Seuil jeunesse

L'histoire impossible à peindre - Claire Ubac, Ecole des loisirs

Le roi fait sa valise - Chritian Oster, Ecole des loisirs

Le chêne, la vache et le bûcheron - C. Oster, Ecole des loisirs

La fée aux gros yeux - G. Sand, Livre-CD, Ed. Autrement Dit

La petite pierre de Chine - Janine Teisson, Actes Sud Junior

• Le petit chaperon rouge voir la page thématique Le Loup

 

 

 

contes - Vilo, 2007
L'éditeur

La tapisserie de soie, de Didier Dufresne et Marie Diaz

Ce beau conte, très traditionnel dans sa facture et ses thèmes (trois fils sont envoyés en quête, seul le plus jeune réussit, après de nombreuses épreuves) évoque aussi le thème de la nouvelle de Marguerite Yourcenar, Comment Wang Fo fut sauvé ; une image parfaite s’anime à la fin et les personnages y vivront heureux. De belles images aux couleurs vives, assez classiques, l’accompagnent.

Le grand Lougoudou et le petit Chapeau rond rouge, de Jean-Pierre Kerloc’h et Isabelle Chatellard

C’est l’histoire du petit chaperon rouge, mais déclinée avec un langage joueur et très inventif : verlan, javanais, calembours, argot, accents imités, inventions…, chaque page est un festival de virtuosité et de drôlerie. Les textes se mêlent (ou comment travailler l’intertextualité à chaque page ou presque), comme les registres et les siècles.
L’histoire est racontée sur le mode burlesque, avec souvent un clin d’œil à la modernité dans ses aspects les plus triviaux. Les illustrations jouent sur l’espace, tantôt mis en scène, tantôt déstructuré et proposent des personnages aux figures cocasses.
Une belle nouvelle version.
A-M. Mercier-Faivre (juillet 2007)

 

L'éditeur

Contes d’amour autour du monde, Muriel Bloch (texte ), Fred Costa & Guilla Tham (musiques), Chloé Poizat (ill.), Didier jeunesse, 2007

Une fiancée disparaît, le Grand corbeau créateur du monde pleure son amour perdu et invente le chant, un petit chameau blanc cherche sa mère, des promesses sont tenues au pays des roses, le fleuve Niger naît… Ces contes traditionnels (et un poème) kabyle, persan, inuit, brésilien… déclinent l’amour dans des histoires graves, pleines d’épreuves, de souffrances, de courage, de fidélité.
Les illustrations au style original, mêlant peinture et gravure, collage, montages surréalistes, paysages à la Chirico, sont superbes et accompagnent très bien l’atmosphère des récits. Un CD complète le livre, avec la voix de Muriel Bloch qui conte elle-même ses histoires, et des accompagnements instrumentaux et chantés installent encore un peu plus le paysage culturel des contes. A-M. Mercier-Faivre (juillet 2007)

 

L'éditeur

Refanut le navire fantastique de Zacharias Topelius et Philippe Dumas, Traduit du suédois (Finlande) par Philippe Couty, Chandeigne 2007

Fantastique ! Ce conte finlandais écrit par Zacharias Topelius (1818-1898) est ici très joliment édité par les éditions Chandeigne, dans un format carré, un beau papier, une typographie grande et classique, et des illustrations de Philippe Dumas très expressives et maniant tous les registres de cette histoire tragi-comique, entre le conte, le récit fantastique et la fable.
Un riche marchand promet à un troll la main de sa fille s’il arrive à lui construire un navire gigantesque pour aller chercher de grandes quantités d’or. La construction et la description de ce navire sont un bel exemple de la littérature du gigantesque et de la démesure, avec son emphase et son burlesque. Inutile de dire qu’après bien des désastres, on vient à bout (par l’intelligence d’un homme du commun) de ce monstre. Un beau texte plein d’humour et de poésie, très bien présenté.
A-M. Mercier-Faivre (juillet 2007)

 

L'éditeur

Danger : enfants sages ! Bernard Friot & Christophe Merlin, Milan, 2007
dès 7 ans

On trouvera ici trois contes « à dévorer », apéritif, repas et dessert compris… qui mettent en scène des enfants pas aussi sages que le laisse entendre le titre et des parents souvent dépassés par les événements – soit trop coulants, soit tyranniques, soit tout simplement inquiets pour leur progéniture, si bien que dans le premier conte éponyme, ils préfèrent leur apprendre les mauvaises manières plutôt que de les voir dévorer par le loup (qui ne raffole que des enfants sages, c’est bien connu !). Des enfants qui se montrent ingénieux (hormis le petit ogre balourd dans Privé de dessert) et savent retourner les situations à leur avantage : ainsi, la petite fée surdouée dans Une éducation parfaite, qui met à profit les leçons dont ses parents lui bassinent les oreilles depuis sa naissance (et même in utero) pour se débarrasser d’eux et mettre fin à la course à l’excellence (par procuration) qui les obsédait. Un conte dont certains feraient bien de s’inspirer… Un recueil malin et amusant, qui remet en question quelques idées préconçues sur l’éducation tout en exploitant habilement une veine qu’on pourrait croire tarie. B. Longre (mai 2007)

< haut >


L'éditeur

Frisson de fille d'Edward Van Der Vendel & Isabelle Vandenabeele, traduit du néerlandais par Daniel Cunin, Le rouergue, 2007
dès 12 ans

L’histoire commence par un bilan de vie. Louise est nostalgique, sa vie est trop rangée. Elle repense à son enfance, à ses jeux un peu pervers avec Badblueboy. Elle décide alors de retourner dans la forêt de la pétoche… se faire peur : vivre !…Elle va être sauvée du loup par Badblueboy qui l’emmènera dans son manoir… où elle bravera les interdits et découvrira… une collection de têtes… ça vous rappelle quelque chose…
Dans cette réécriture de Barbe Bleue, le texte est ciselé, plutôt sombre. Le grand format de cet album met en valeur les très belles illustrations en gravure sur bois qui ne s’appuient que sur le bleu , le rouge et le noir, couleurs qui renforcent la violence du propos. Elles sont très percutantes et portent magnifiquement le texte. Un album pour les grands.
F. Mattes (mai 2007)

< haut >


L'éditeur

Contes des mille et une nuits, de Michel Laporte et Charlotte Gastaut, Albums du Père Castor, Flammarion, 2006

Cinq contes sont proposés ici, dans une langue claire et précise : Ali Baba, l’histoire du prince et de la dame de beauté, l’histoire d’Ali Cogia, le pêcheur et le génie et l’histoire du petit bossu. Le choix des textes est intéressant. Il mêle des contes connus avec d’autres qui le sont moins, des contes merveilleux et d’autres plus réalistes, certains qui font l’éloge de la ruse, d’autres qui mettent en valeur le courage, la vertu et l’honnêteté récompensées. Les récits ont toute la saveur de ces contes point trop expurgés (mais un peu quand même) : la vertu et l’innocence sont respectées mais on y coupe allègrement les ennemis et les morts.
Les illustrations, encadrant le texte ou en pleine page, imitent le style des miniatures persanes avec bonheur : coloris, simplicité des traits, humour des situations accompagnent fort bien les événements et les personnages.
A-M. Mercier-Faivre (janvier 2007)

< haut >

 

Sous l’arbre à palabres - Yves Pinguilly & Arnaud Floc’h, Vilo jeunesse 2006
dès 9 ans

Comme ceux d’Europe, les contes africains mêlent merveilleux et quotidien, sagesse et folie, drame et drôlerie. Les animaux parlent (ou du moins ils parlaient), les filles sont parfois un peu trop coquettes et les garçons présomptueux, le dévouement n’est pas toujours récompensé, les promesses sont dangereuses, mais avec un peu de chance et de ruse on peut devenir le roi du monde…
Tout cela est conté, et véritablement conté car on y entend la voix du conteur. La langue est simple, le récit est entrecoupé de nombreux dialogues souvent délicieux, et l’on rencontre parfois des termes savoureux et peu connus, désignant des choses de là-bas (le tamarin et le jujube). Un glossaire éclaire les possibles mystères. Les illustrations de Floc’h aux couleurs intenses ajoutent encore davantage de vie à ces histoires qui pourraient être les nôtres tout en restant bien d’ailleurs.
A-M. Mercier-Faivre (février 2007)

< haut >

L'éditeur

de Géraldine Alibeu

La bonne bouillie, de Coline Promeyrat et Géraldine Alibeu, Didier jeunesse 2006 - dès 5 ans

Cette adaptation du conte des frères Grimm se révèle plus douce et plus optimiste que la mouture originale. Un chaudron enchanté est offert à Finette par une très vieille fée aux allures de sorcière. Un jour, en l’absence de la fillette, le récipient «bouillotte» tant que la soupe envahit la maison ; elle se déverse dans les rues jusqu’à ce que Finette l’arrête enfin avec la bonne « formulette ». Mais il y aura de quoi nourrir tout le village pendant longtemps !
Les illustrations conservent du conte les couleurs de la terre et de la tradition tout en proposant des détails plus actuels : ballon de foot, trottinette… Des collages d’imprimés divers ou de papiers écoliers suggèrent les trois espaces, maison, hameau et forêt. Les personnages sont plutôt naïfs, leurs cheveux crayonnés et leurs dos arrondis en confirment la pauvreté ; quant à la bouillie, elle s’empare du décor en coloriages souples et transparents. Voici un album appétissant dont on accepte de prendre une bonne part : une invitation à goûter et à lire !
M. Falgayrac (août 2006)

< haut >


L'éditeur
L'ouvrage vient d'obtenir "Le prix littéraire européen" décerné par
l'Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF)

Contes des six trésors, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas, Ill. Éric Puybaret , Editions du Jasmin 2006 dès 9 ans

Six histoires tenues par le lien du secret. Tout en respectant le rituel et la sémantique du conte, les auteurs recadrent des classiques de la littérature enfantine dans un contexte moderne. Chacun se découvre précisément comme un « trésor ».
Ainsi, dans « Lettres anonymes », une concierge prend conscience qu’elle ne reçoit jamais de courrier et décide d’écrire à des personnages célèbres du Louvre...La réponse ne se fera pas attendre et nous fera voyager en nocturne dans ce grand musée, en très bonne compagnie !
Dans la nouvelle du « coffre-fort » une petite fille fait la découverte d’un coffre chez son grand-père, ne sachant ce qu’il contient, elle n’aura de cesse que de percer ce secret, comme feu sa grand-mère. L’enfant s’astreint à tester 30 combinaisons par jour. Ainsi, sa vie se rythme en « mollettes ». Enfin, le jour tant attendu arrive, Béatrice est une vieille dame à présent, et le déclic magique se fait entendre, emportant avec lui une grand-mère à l’âme d’enfant, endormie sourire aux lèvres avec sa découverte…
C. Genin
(juillet 2006)

< haut >

L'éditeur

dès 3 ans

Le plus beau des trésors, raconté par Albena Ivanovitch-Lair et Robert Giraud, illustré par Charlotte Gastaut, Père Castor Flammarion 2006

Les illustrations naïves de Charlotte Gastaut intègrent avec bonheur le texte sobre de ce conte traditionnel malgache. Le graphisme habille nature et paysans de dentelles ouvragées, épouse les dunes du paysage, les vagues de la mer, les courbes d’un singe facétieux, les boucles d’un petit garçon rusé. La voix de l’enfant dessine en l’air une mélodie, précieux héritage, et les clés de sol se mêlent au chant des oiseaux. L’alternance des planches en couleur ou noir et blanc appuie les contrastes : élégants palmiers du palais ou arbres sévères du village, tristesse du roi gavé d’ors, gaieté des paysans riches de leurs traditions. L’humour est de mise et cache la gravité de la situation : le collecteur d’impôts postillonne autant que la vache récalcitrante qu’il veut emporter. Tout est plaisant dans cet album du père Castor, dynamique support pour une mise en scène enfantine où tout est bien qui finit bien ! M. Falgayrac (juillet 2006)

< haut >

L'éditeur

Kali et l’éléphant blanc, de C. Gabrielli, illustrations P. Mignon dès 6 ans
Nathan, collection Contes des 5 continents, 2005

Ce conte initiatique venu d’Inde est proposé par la conteuse lyonnaise Chloé Gabrielli. L’histoire nous emmène dans le village de Kali, un jeune garçon qui doit cueillir des noix de coco dans la forêt. Seulement, son parcours est semé d’embûches. Heureusement, le Grand Eléphant Blanc est là pour le protéger. Le livre propose le texte de la conteuse accompagné par des illustrations de qualité moyenne, ainsi qu’une présentation très succincte de trois instruments de musique indiens en deux pages. Le CD offre le conte raconté par plusieurs interprètes dont un enfant à la voix nasillarde pour jouer Kali. L’écoute est claire, l’interprétation moyenne, et le cd très court. L’ensemble doit faire découvrir les traditions contées et musicales de l’Inde (sans en situer d’ailleurs le lieu). Cependant, la qualité laisse à désirer et on reste sur sa faim. A noter par ailleurs que la collection dont fait partie Kali et l’éléphant blanc ressemble largement à la collection du même genre « Les contes du Musée de la musique » parue chez Actes Sud, bien avant celle là. Simple hasard ? L.F. (mars 2006)

< haut >

Contes de Lituanie et Contes du Djebel Amour Seuil, 2005 dès 10 ans

Ces deux albums sont originaux, de par leur choix de contes de Lituanie et du Sud-Ouest algérien.
La lecture des Contes de Lituanie n’est cependant pas aisée car ils sont restitués via l’écriture originelle de l’auteur Oscar V. de L. Milosz, datant du début du XXe siècle. La tradition rustique du pays est évoquée au travers du monde paysan, au royaume des sorciers et des chevaliers, ceux-ci ne pouvant sortir de leur âpre condition qu’en triomphant de la cupidité et des mauvais tours du sort. Les illustrations de M. Daniau, inspirées des sculptures sur bois de l’art lituanien, rendent réaliste ce climat rude et l’atmosphère picaresque.

Les Contes du Djebel Amour, par opposition, sont rocambolesques ! Elene Usdin enrichit le texte de ses illustrations poétiques à souhait, des teintes en harmonie avec le macrocosme coloré de ces contes orientaux, au pays des ogres et des sultans. Le texte de Nora Aceval est tiré des récits de son enfance. D’Herbe-Verte à la Femme-Gazelle, l’écriture est foisonnante et imagée, riche d’enfants nourris au lait d’ogres, de porteurs de chéchia … Le lecteur est transporté avec délice aux frontières du désert.
Un petit glossaire de bas de page explique les termes locaux, et chaque conte est clos par la formule magique : « Mon histoire est partie et moi je suis encore ici ! ».
Nora Aceval parvient à nous faire partager son univers de conteuse, qui lui est cher « Ainsi voyagent les contes. Comme les hommes, ils bougent et s’étirent entre le passé et le présent, tout en se projetant dans l’avenir ».
C.G. (mars 2006)

< haut >

L'éditeur

l'Unicef

Contes d'indonésie, Les aventures du Kanchil dès 7 ans
de Christine Féret-Fleury, Geneviève Lecourtier & Charlotte Gastaut
Albums du père Castor, Flammarion / L’Unicef, 2005

Récits et mésaventures de Kanchil, le petit cerf malicieux, sorte de lutin de la jungle, présent dans de nombreux contes indonésiens. Il est parfois acteur ou victime de ses espiègleries et ces quatre contes relatent ses péripéties. Dans Les friandises du Rajah, il se joue du tigre qui veut le dévorer, en lui faisant garder des crottes de buffle qu’il fait passer pour des mets précieux… Le tigre les dévorera dès qu’il sera seul et n’aura alors de cesse que de se venger, ainsi que le crocodile, protagoniste de l’histoire suivante. Dans La fiancée du tigre, Kanchil, «petit animal facétieux», s’éprend de Saikou, beauté de l’île, et vit sous son plancher, jusqu’à ce qu’il sache que la jeune femme est courtisée par le tigre - travesti en homme pour la circonstance. Les parents s’apercevront de la supercherie et le tigre sera vilipendé, blessé par les multiples soupirants de la belle. Mais cela sera sans compter l’amour de la jeune femme pour le tigre : pour les beaux yeux de son bien-aimé elle se fera transformer en tigresse, au grand désespoir du Kanchil ! Des dessins naïfs aux couleurs chatoyantes, palette verte, naturelle, animaux semblant sortis des peintures eurasiennes : un livre savoureux. C. Genin (janvier 2006)

< haut >

L'éditeur

L’homme qui levait des pierres, de Jean-Claude Mourlevat
Petite Poche, Thierry Magnier 2004 à partir de 6 ans

« Ruper Oaza est l’homme le plus fort du monde », assurent les adultes. Le petit Peio, « maigre comme un poulet plumé », rêve d’apprendre lui aussi à lever des pierres. Il se demande quand même pourquoi le colosse a toujours l’air si triste. Après des mois de leçons éreintantes, puis cinq années occupées à « ne pas grossir », le frêle garçon affronte l’ultime épreuve face à la roche de granit… Un miracle se produit et la tristesse du géant « s’envole » avec Peio…
Après la sagesse de L’homme qui ne possédait rien en 2002, puis la malice de L’homme à l’oreille coupée en 2003, voici le don de L’homme qui levait des pierres. Aux enfants de se créer les images des trois contes courts qui parlent de la vie : choix, vérités, apprentissages. Vivement le quatrième homme…
M.F. (mars 2004)

< haut >


L'éditeur
L'auteur

Contes de printemps de Grégoire Solotareff
Neuf de l’école des loisirs, 2005 dès 9 ans

Offrir une histoire par jour et les regrouper par saison : voilà une idée intéressante ! Cette entreprise d’envergure n’a pas fait peur à Grégoire Solotareff dont l’imagination débordante, foisonnante et malicieuse a nourri le projet sans trop d’efforts. L’auteur émaille ses mini-fables d’interrogations sur la vie et ses origines, de réflexions sur l’amitié et l’amour, de morales au goût d’humanité. Cependant, malgré la flopée de héros attachants, animaux familiers et lutins, la brièveté de leurs aventures respectives laisse le lecteur sur sa faim. Le plaisir est inégal et l’on retient surtout le rajeunissement de quelques thèmes traditionnels, par exemple « L’étroit petit cochon » face au « GML » (Grand Méchant Loup). Ce sont donc des contes plaisants, frais, mais souvent étroits eux aussi, que nous invite à partager le lapin détendu et souriant de couverture : ils peuvent cependant mettre en appétit pour redécouvrir d’autres ouvrages plus élaborés du même auteur. M.F. (avril 2005)

< haut >

L'éditeur

Le Temps trop lent Anne Thiollier Bleu de Chine, 2004 à partir de 6 ans

Le petit Weiwei rêve de franchir un jour les Dents du Dragon, les montagnes qui abritent son village. Sa mère le sermonne souvent contre son impatience et lui dit qu’« il faut du temps pour grandir ». Alors, en rêve, il parcourt ce pays tant attendu « qui le mènera jusqu’à la mer » : il y deviendra l’homme de confiance d’un riche marchand qui lui confiera une précieuse cargaison à livrer. Mais, dans un naufrage, Weiwei perdra tout : Robinson sur son île, il est réveillé soudainement par l’odeur alléchante du « millet cuit », qui n’est autre que le repas préparé par l’aubergiste pendant son sommeil.
Cette fable initiatique, illustrée par des dessins réalistes qui fourmillent de détails du quotidien est un petit livre qui fait voyager au pays du « Bleu de Chine ». C.G. (juin 2004)

Inspirée d'une anecdote classique chinoise, cet ouvrage est l'un des deux titres de la nouvelle collection jeunesse des Editions Bleu de Chine.
du même auteur : Tao le malin, Bleu de Chine, 2004

< haut >


L'éditeur

Les Celtes ne mettent pas de chaussettes le dimanche de Philippe Fournier et Sébastien Heurtel, ill. Nicolas Duffaut dès 8-10 ans
L’Atelier du Poisson Soluble, collection En queue-de-poisson, 2005

Les contes loufoques et fantaisistes concoctés par Philippe Fournier et Sébastien Heurtel ont une fonction précise d’après leurs auteurs : réhabiliter les aventures célèbres des Celtes (guerriers curieux et vaillants, pour la plupart irlandais), qui avaient malheureusement été « déformées » pour cause de bouche-à-oreille et de temps qui passe… On rit de bon coeur et on sourit beaucoup en découvrant les personnages pittoresques, naïfs ou retors (paysans, lutins, gnomes, jeunes princesse, princes parfois peu amènes, enchanteurs ou troubadours…) qui peuplent ces histoires, dont certaines délibérément embrouillées, parfois (mais en apparence seulement) sans queue ni tête ; on s’amuse en particulier de Fenris et le géant vachement grand (Fenris est si menteur que les villageois ne le croient pas quand il dit avoir vu un géant…) ou de Edain, deux, trois (le titre même présage de la suite…) ou les métamorphoses successives d'une jolie princesse, malmenée par divers protagonistes. A lire dans la même collection, et dans la même veine, Le génie de l’aubergine et les mémoires de Satan, signés Pierre Cormon et illustrés par Claire Gourdin. B.L. (novembre 2005)

< haut >



L'éditeur

Quel radis dis donc ! Praline Gay-Para, illustrations Andrée Prigent
Didier jeunesse, 2004 dès 2 ans

La conteuse imprègne de son expérience cette adaptation d’une historiette traditionnelle de légume récalcitrant. Grâce à la mise en page du texte, à la taille ou à la couleur des lettres et des mots, le lecteur entend la voix du narrateur et devient son complice. Il s’amuse avec lui du plaisir de la petite souris, omniprésente, qui suit et observe, l’air coquin et moqueur, les essais infructueux des protagonistes pour venir à bout de l’encombrant radis. Chaque tableau, bien encadré, dessiné et peint dans un style sobre et naïf, ajoute un ton universel à l’atmosphère populaire de ce conte d’origine russe. Déjà paru en 1998 et repris en 2004 par Didier jeunesse dans la collection «A petits petons», cet album léger et sans prétention reprend la tradition avec fantaisie et humour. Il constitue une valeur sûre et sa structure répétitive permet une exploitation pédagogique intéressante. A goûter de toute façon ! M.F. (avril 2005)

< haut >


la collection TIPIK
L'éditeur

La rivière aux crocodiles de Françoise Guillaumond, illustrations d’Arno
Magnard jeunesse, Tipik Benjamin, 2005, dès 5 ans

Inspirée d'un conte traditionnel africain, cette histoire démarre bien tristement : la petite Fatou, orpheline, doit subir les méchancetés de la femme à laquelle elle a été confiée ; cette belle-mère est à l'image de toutes celles que l'on rencontre dans les contes et finit par envoyer sa « cosette » à la rivière aux crocodiles, pour y laver un pilon. Une série d’épreuves attend l'enfant, mais la douceur et la gentillesse de cette dernière lui permettent d'affronter d'abord le lion puis le crocodile. De son côté, la marâtre ne se doute pas du sort que les conteurs lui réservent...
On retrouve ici les chaleureuses illustrations d’Arno, qui multiplie angles et les prises de vue pour les rendre encore plus vivantes, et une morale simple mais qui n'est que justice !
B.L. (octobre 2005)

 

L'éditeur
L'auteur

La légende du jardin japonais
Arnauld Pontier, illustrations François Place
(Albin Michel jeunesse) Dès 7-8 ans.

Il y a très longtemps, « par égoïsme », un puissant seigneur perdit sa fille, une jolie princesse dont le cœur avait battu très fort pour un jeune étudiant. Parti pour la guerre, décidé à mourir, le samouraï sortait pourtant toujours indemne des combats. Un petit pot de terre cuite ne le quittait jamais et semblait agir en talisman…
Avec cette légende qui parle d’amours, l’un pur et éternel, l’autre passionné et perdu, Arnauld Pontier invente l’origine des jardins miniatures, ornés d’une élégante statuette, « porte-bonheur » des maisons japonaises. Les illustrations de François Place rappellent les estampes traditionnelles et leurs couleurs atténuent les souffrances qui émanent de ce beau «conte de sagesse»…
M.F. (mars 2004)

< haut >



du même auteur

dans la même collection : Le Chat-tigre

Les croissants et autres contes plaisants, Alain Gaussel
illustrations Corinne Rabard / Syros jeunesse, 2004 dès 4 ans

Voici de belles histoires à s’approprier, sept contes sobres et courts, faciles à dire aux jeunes enfants. Sur des canevas traditionnels de quête ou de randonnée on y retrouve les personnages classiques : ogre, roi, reine, animaux doués de parole. Trois chats découvrent l’amitié, la poule naïve se laisse déplumer et l’agneau donne une belle leçon au loup. On se rapproche parfois du quotidien : certains se trouvent trop gros ou trop maigres, un pâtissier prépare des croissants appétissants, une maman impose sa soupe.
Le conteur n’hésite pas à impliquer son public et l’éditeur propose une interprétation des textes à travers une typographie diversifiée. Les illustrations traduisent bien l’humour des récits, mais elles sont peu nombreuses et l’imaginaire travaille à l’aise. L’ensemble forme un recueil effectivement « plaisant » qui satisfait l’appétit du rêve ! M.F. (juin 2004)

 

< haut >

L'éditeur

Oedipe (L'incroyable histoire de) de Valérie Terranova, RMN, 2004
dès 7 ans

A travers la collection "L'incroyable histoire de" la Réunion des Musées Nationaux souhaite présenter "un livre, une histoire, un tableau pour revisiter les sources de la civilisation européenne...". Alors entrons dans l'univers de celle d’Oedipe... La linéarité du récit tragique est entrecoupée de détails extraits d'un tableau d'Ingres (1808) que le lecteur retrouvera en fin d'ouvrage, dans le dos de couverture: "Oedipe explique l'énigme du sphinx ". Grâce à un jeu typographique très étudié, certains noms sont mis en valeur et repris en fin d'ouvrage dans un index explicatif.
Le lecteur relira avec plaisir la légende d'Oedipe, fournie et détaillée. Le format carré et la couverture souple de l'album sont appréciables et cet ouvrage est destiné aux enfants dans la mesure où le ton se veut parfois familier. On peut malheureusement regretter le parti pris de légèreté qui ôte le dramatique d'un si grand mythe fondateur.
C.G. (mars 2005)

< haut >

L'éditeur

Les Aborigènes

Le petit sorcier de la pluie - Carl Norac et Anne Catherine De Boel
Pastel, 2004 dès 7 ans

Cette histoire miraculeuse se déroule dans un temps indéterminé, comme ancrée uniquement dans le temps du rêve, si cher aux Aborigènes, dont il est ici question. C'est celle d'un petit garçon intrépide qui, depuis qu'il est bébé, ne cesse de tomber à force de jouer à l’acrobate ; c'est ainsi que les gens-qui-chassent-dans-le-pays le surnomment Petite Pluie : « il tombe toujours sans prévenir. Il est comme la pluie." Ils ne croyaient pas si bien choisir car lorsque la sécheresse frappe le territoire, que le clan désespère et qu'aucun ne trouve de solutions, c'est le courage et l'inventivité de Petite Pluie qui les sauvent d'une mort certaine.
Si le conte demeure certes poétique, les illustrations, directement inspirées de l'art aborigène, comblent nos yeux. Les Aborigènes, méprisés, maltraités et rejetés des décennies durant, sont aujourd'hui reconnus comme un peuple à part entière, avec ses croyances et son esthétique propre. Et ce bel album est là pour nous le rappeler.
B.L. (novembre 2004)

< haut >

 

Lo-Fou, Anne Buguet, éditions du Rocher / Paris Musées, 2003
à partir de 8 ans

Lo-Fou, belle jeune fille de la vénérable famille T’sin, nourrit les rêves de tous les hommes qui la croisent. Solitaire et mélancolique, elle attend son époux parti à la guerre là-bas derrière « les montagnes bleues du Levant ». De l’Est justement, arrive un beau Seigneur en armure. La fidélité de Lo-Fou semble mise à l’épreuve…
Dans ce récit, inspiré d’un poème chinois et certes imprégné des thèmes traditionnels d’amour et de loyauté, le lecteur regrette la ruse du mari si peu confiant. Du bel album émane cependant une certaine intensité. On aime le grand format, les couleurs vives et les détails des illustrations en double page, les textes courts inscrits dans des formes d’enseignes ouvragées. L’évocation des vers à soie, des mûriers, des canneliers, la représentation des travaux agricoles peuvent initier des études plus approfondies… M.F. (avril 2004)

< haut >

L'éditeur

L'auteure

L’ogresse en pleurs Valérie Dayre et Wolf Erlbruch
Milan jeunesse 2004, dès 3 ans

Les yeux « brillants-gourmands », obsédée par l’envie d’un enfant « à croquer », l’ogresse hante le pays sans trouver de marmot à son goût. Après avoir partout semé la panique, « de guerre lasse », elle regagne son logis où elle trouve enfin un mets convenable… mais à quel prix ? Pourquoi son « murmure plaintif » roule-t-il à jamais dans les rues ?
Les illustrations faites de collages et de tampons aux motifs récurrents donnent à l’album un aspect un peu désuet, créant une ambiance de vieux conte. La mère monstrueuse, aveuglée par son désir, bien cruelle, satisfait l’appétit du jeune lecteur pour les sensations fortes. L’auteur joue avec les sonorités, les rimes, les mots parfois « confondants ». Si l’ensemble se dévore d’abord d’un trait, on cherche à se resservir : loupiot, pitchoun… on se repaît de tous ces synonymes de chair si tendre… un régal ! M.F. (septembre 2004)

< haut >


Le mariage de Souricette de He Zhihong
Syros jeunesse, 2004 dès 5 ans

De nombreuses traditions chinoises sont liées à des légendes anciennes. Ainsi, trois jours après les fêtes du nouvel an, petits et grands se couchent tôt pour laisser la place, paraît-il, aux souris qui célèbrent leurs noces… He Zhihong revisite ici avec bonheur un célèbre conte de randonnée : à la recherche du gendre idéal, les parents de Souricette parcourent le monde et sollicitent de prestigieux prétendants. Mais l’heureux élu sera finalement un simple et valeureux souriceau de leur propre peuple.
Les dessins évoquent des estampes, beige et turquoise créant une atmosphère de vieille histoire familière. La bonne taille de l’ouvrage et les illustrations en double page permettent de partager aisément, avec de jeunes lecteurs, cette aventure au dénouement chevaleresque. Une interprétation réussie pour motiver les enfants à la création d’albums inspirés de légendes…
M.F. (octobre 2004)

< haut >

L'auteur
L'éditeur

Pirates, corsaires et flibustiers de Stéphane Descornes
contes et récits - illustrations de Hugues Micol, Nathan, 2004
à partir de 9 ans

Stéphane Descornes a compilé et réécrit quelques histoires de marins célèbres, qu'ils soient cruels comme Barbe-Noire ou gentlemen comme Surcouf : des récits qui mêlent aventure, romantisme, combats et abordages et qui s'appuient sur l'histoire et/ou l'imaginaire collectif. L'auteur propose aussi divers types de narration, une façon de familiariser le jeune lecteur aux histoires enchâssées, au journal intime (comme dans Ma mère s'appelait Anne Bonny, où la fille de l'aventurière découvre que sa mère était aussi diariste) et à des dialogues complexes.
On découvre un univers parfois sanguinaire, sans pitié, les hommes menés par la cupidité mais aussi parfois par un sens de l'honneur révolu. De quoi faire rêver les enfants, dès neuf ou dix ans, même s'il leur faut être des lecteurs déjà aguerris.
B.L. (juin 2004)

< haut >

L'éditeur

Cinq sorcières, Nathalie Kuperman, ill. Jean-Luc Englebert, Mouche de l’école des loisirs, 2005, dès 6 ans

Laides et repoussantes à souhait, les présentes sorcières, anciennes et nouvelles créations de l’auteur, acceptent de faire quelques entorses à leur réputation. Rapapouille devient coquette pour son prince charmant, Joukipic apprécie le chocolat sans crachat, Crimini achète comme tout le monde ses gigots chez le boucher et Clochemine soigne sa fille en maman attentionnée ; quant aux ennemies de Crapeluche, voilà qu’çelles prennent l’habitude de se laver les dents.
Les récits courts et structurés de Nathalie Kuperman, fidèlement illustrés, répondent à l’attrait naturel des jeunes lecteurs pour les descriptions monstrueuses, les mixtures répugnantes et les mots aux résonances burlesques. Mais les sorcières traditionnelles se révèlent ici presque sympathiques et humaines… On leur pardonne de continuer à s’asperger du parfum « Pet-de-puce sauvage ». A lire et à relire, pour mimer le dégoûté et rire à volonté. M.F. (mai 2005)

< haut >


l'éditeur

Jounaïd et l’oiseau de paradis de Hamed Bouzine
Illustrations : Frédéric Rébéna -
Actes Sud Junior, 2003 Dès 5/6 ans.

Dans la collection des contes du musée de la musique, voici Jounaïd et l’oiseau de paradis pour introduire les enfants aux agréables sonorités de l’oud, « sultan des instruments dans la musique orientale », de la même famille que le luth (à qui il a d’ailleurs donné son nom). L’histoire se passe dans la ville de Fès, au Maroc, où Jounaïd est un poète-musicien à qui trois brigands dérobent son oud ; il se transforme alors en oiseau et va chanter pour la fille du sultan…
Le conte est complété par un cahier documentaire sur l’instrument et un CD permet aux enfants d’écouter l’histoire tout en se laissant bercer par l’oud. A.W. (février 2004)

< haut >

 

 

   
 
 
Tous droits réservés © Sitartmag 1999-2007