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< littérature
jeunesse - septembre 2005>
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L'éditeur
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Cartes et plans de
Deborah Chancellor
Collection Tout s’explique, Nathan, 2005 dès
5 ans
Se repérer dans l'espace étant une compétence
fondamentale à acquérir, cet ouvrage propose
une approche vivante et ludique de la cartographie, une discipline
qui permet de s'ouvrir au monde, qu'il soit proche ou lointain
: les savants en herbe apprendront ce qu’est une carte,
ses fonctions, comprendront pourquoi il est nécessaire
de les reproduire selon différentes échelles,
découvriront la différence entre la longitude
et la latitude, et sauront enfin comment l'on est capable
aujourd’hui de réaliser des cartes terrestres,
maritimes ou spatiales. Rien ne manque dans cet ouvrage que
la combinaison d'illustrations et de photographies et la clarté
de la mise en pages rendent particulièrement attrayant
: les explications lexicales, mais aussi quelques suggestions
d'activités « à faire toi-même »,
permettant de s'approprier les savoirs. Un outil d'abord extrascolaire,
mais qui, sans être un manuel, pourra être très
utile aux enseignants. B.L. (octobre
2005)
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L'éditeur
dès 4 ans |
La première nuit dehors
d'Audrey Poussier,
Ecole des loisirs, 2005
Audrey Poussier nous convie, dans son troisième album,
à parcourir les thèmes du partage et de l’amitié.
Et c’est un réel enchantement !
Carla la petite souris s’apprête à aller
pique-niquer, mais trop chargée, elle trébuche
devant sa porte où elle décide finalement d’installer
sa couverture et son panier. A quelques centimètres
de sa maison, elle va vivre un tas d’aventures : faire
de la confiture de mûres, être poursuivie par
des abeilles avides, rencontrer un têtard ami, passer
sa première nuit dehors… Et au final, trouver
le bonheur, un bonheur simple et sans prétention, doux
et juste au bout de son museau !
Avec des images pleine page, on découvre un univers
rassurant, quotidien, et avec des mots justes et une trame
bien construite, on est à l’aise dans l’histoire.
Un joli album sans prétention porté par un dessin
aux traits clairs et simples. Carla la petite souris est très
attachante et on espère la suivre dans d’autres
aventures, chez elle ou (un peu) plus loin !
L.F. (octobre 2005)
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la collection TIPIK
L'éditeur
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La rivière aux crocodiles de
Françoise Guillaumond, illustrations d’Arno
Magnard jeunesse, Tipik Benjamin, 2005, dès
5 ans
Inspirée d'un conte traditionnel africain, cette histoire
démarre bien tristement : la petite Fatou, orpheline,
doit subir les méchancetés de la femme à
laquelle elle a été confiée ; cette belle-mère
est à l'image de toutes celles que l'on rencontre dans
les contes et finit par envoyer sa « cosette »
à la rivière aux crocodiles, pour y laver un
pilon. Une série d’épreuves attend l'enfant,
mais la douceur et la gentillesse de cette dernière
lui permettent d'affronter d'abord le lion puis le crocodile.
De son côté, la marâtre ne se doute pas
du sort que les conteurs lui réservent...
On retrouve ici les chaleureuses illustrations d’Arno,
qui multiplie angles et les prises de vue pour les rendre
encore plus vivantes, et une morale simple mais qui n'est
que justice !
B.L. (octobre 2005)
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McDull le petit cochon de Hong-Kong,
Une journée idéale, de
Brian Tse, ill. Alice Mak traduit du chinois
par Marie Laureillard, Picquier jeunesse, 2005
dès 6 ans
Certains enfants se souviennent peut-être de McDull
dans les nuages, dessin animé décalé,
sorti au cinéma il y a deux ans ; cette histoire était
tirée de la bande dessinée créée
en 1991 par Brian Tse et à Alice Mak, dont les éditions
Picquier publient là le premier ouvrage en français.
On y retrouve la tendresse et la cocasserie du long métrage,
de même que la naïveté touchante de McDull.
Ces « aventures » ancrées dans le quotidien
d’un petit garçon-cochon (nul ne s’en étonne
dans cet univers très poétique) et de ceux qui
l’entourent (sa maîtresse, le directeur de l’école
ou sa maman) possèdent une saveur nostalgique tout
en étant ancrée dans la réalité
chinoise, et « parleront » néanmoins à
tous les jeunes lecteurs francophones. B.L.
(septembre 2005)
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L'éditeur
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Les nouvelles de Jules Verne en bandes
dessinées, Petit à Petit, 2005
dès 10 ans
Ce recueil collectif présente huit nouvelles de celui
dont on commémore le centième anniversaire de
la mort (24 mars 1905 précisément) ; un ouvrage
en forme d’hommage, donc, qui prend sa place dans une
collection qui n'hésite pas à mêler littérature
et bande dessinée (Poèmes de Baudelaire ou de
Rimbaud, Contes de Maupassant, etc.). Parmi les différentes
histoires adaptées ici, Frritt-Flacc et Maître
Zacharius sont certainement les deux récits dans
lesquels le registre fantastique se reflète dans les
illustrations ; de même, la loufoquerie des contes d’anticipation
Une ville idéale et La journée
d'un journaliste américain en 2890 a bien été
prise en compte par les auteurs. Dans ensemble, des interprétations
riches et variées de quelques fictions brèves,
qui permettront de découvrir de nouveaux aspects d'une
œuvre immense.
B.L. (septembre 2005)
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L'éditeur |
Sagesses et malices de Socrate, le
philosophe de la rue
de Christian Roche et Jean-Jacques Barrère,
ill. de Stéphane Blanquet, Albin Michel Jeunesse, 2005
dès 9 ans
La collection Sagesse et Malices familiarise les
jeunes lecteurs, par le biais d’histoires courtes, à
divers modes de pensées traditionnelles ou philosophiques
et ce nouvel ouvrage est dédié à Socrate,
dont on sait qu’il n’a rien écrit, mais
dont les idées et les valeurs nous ont été
transmises par Platon.
Ici, les dialogues entre le singulier philosophe et ses disciples
ou les citoyens athéniens sont enlevés et vivifiants,
à l’image de la démarche socratique, la
maïeutique, où l’humour acide et les allégories
participent de la logique implacable du raisonnement, mettant
l’accent sur les inégalités, les illusions
matérialistes, la tolérance, et les véritables
richesses humaines (l’humilité, la liberté
de pensée, la beauté intérieure, l’amitié,
ou la vertu). Les illustrations accompagnent intelligemment
ces fables et le portrait de Socrate, dans toute sa laideur
(qu'il ne nie point) est très réussi!
B.L. (septembre 2005)
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L'éditeur |
Le taxi-brousse de Papa Diop,
de Christian Epanya, Syros 2005 dès
6 ans
Papa Diop, le père de Sène, a décidé
de quitter son petit village agricole sénégalais.
A Dakar, il acquiert un superbe minibus tout rouge pour faire
le taxi entre la capitale et Saint-Louis. Pour Sène,
c’est le bonheur ! Le sourire de Papa Diop attire beaucoup
de clients et le garçon ne se lasse pas d’observer
tous ces passagers, modestes ou riches, lutteurs ou grandes
dames : que de rencontres et d’occasions d’être
utile et d’apprendre !
Grâce aux héros de Christian Epanya et à
leur taxi-brousse, le lecteur visite les paysages et les traditions
du Sénégal, s’émerveille de la
convivialité d’un peuple, s’abreuve de
couleurs franches et vives. L’auteur illustrateur offre
ses tableaux sur doubles pages et l’on se plaît
à détailler les scènes de vie quotidienne
dont certaines ne manquent pas de réalisme et d’humour.
Bel album, sympathique, dépaysant et plein d’humanité
! M.F. (août 2005)
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du même illustrateur :
Loup Noir (Casterman
jeunesse, 2004)
L'éditeur |
Rumimine prend l'air de
Gérard Bialestowski & Antoine Guilloppé
Le Baron Perché, 2005 dès
4 ans
Rumimine tricote et s’ennuie, elle rêve qu’elle
s’envole comme les cigognes. Elle est aussi la vache
«qui extermine les herbes les plus minimes»
; alors qu’elle s’apprête à sortir
travailler chez Mr Nicolas, la porte refuse de s’ouvrir,
qu’à cela ne tienne, Rumimine se coud un parachute
et en avant l’aventure dans les airs ! Rumimine plane
au- dessus de la ville, spectacle détonant. Elle observe
à loisir le paysage et se fait déposer à
pic dans le jardin de son client. «Au travail …elle
coupe, égalise, court ici, bondit ailleurs».
Après un repos bien mérité, Rumimine
aperçoit les animaux de la ménagerie qui débarquent
fièrement sur son herbe parfaite, portés par
des parachutes. Ici un lion avec un parachute rose, là
un zèbre… Après cette journée spéciale,
notre ruminante reprend son fauteuil et son tricot, non sans
un clin d’œil pour les cigognes. Les dessins d’Antoine
Guilloppé apportent une consistance à la trame
légère de Gérard Bialestowski. L’artiste
joue avec la densité des teintes (clair ou sombre,
vide et plein). Sur une même double page, la vache figure
tantôt blanche, tantôt noire, et les toiles de
parachute rappellent les patchworks de tissus, donnant un
aspect très japonisant. Antoine Guilloppé a
saisi les traits fantaisistes du récit, donnant à
la vache un aspect provoquant et hilarant. C.G.
(août 2005) |
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L'éditeur
L'auteur
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Arnold de Tom
Tirabosco, La Joie de Lire, 2005
dès 5 ans
L’histoire semblerait presque anodine si l’auteur
n’y avait superposé de superbes illustrations,
cocasses et émouvantes tout à la fois, aux tons
chauds et à la riche texture. La frayeur du petit Arnold
(un garçon beaucoup trop sage… si seulement il
était moins peureux et plus costaud!) est palpable,
face au portrait d’Arnold Biscoto (« l’acteur
préféré de son papa »), et
son chagrin est touchant quand il tente de sauver quelques
bestioles que les autres enfants prennent plaisir à
écrabouiller. Mais lorsqu'il rencontre Camille, un
vrai cancre, qui accepte de lui apprendre à faire des
« bêtises », la métamorphose
est brutale : par amitié. Arnold devient lui aussi
une « terreur ».
Après la lecture de ce bel album, on renverra tout
naturellement les enfants au Dessert,
du même auteur. B.L. (août
2005)
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la collection TIPIK
L'éditeur
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Le jardin des mots doux de
Maryvonne Rippert & Agnès Géraud
Tipik cadet, Magnard 2005, dès
7 ans
Kévin vit seul avec son papa depuis le décès
de sa maman, « à sa naissance ».
C’est pourquoi il accepte difficilement l’arrivée
de Lucie dans leur vie. Il refuse qu’elle l’aime
« comme une maman de cœur », comme
le lui a suggéré la psychologue. Le grand jour
du déménagement arrive et Kévin s’installe
face au beau « jardin des Mots doux… »
dont Lucie aimerait tant lui donner la clé.
Pourtant, un soir, grâce au gros chat roux, il va pouvoir
entrer dans ce jardin magique, et faire « partie
du club », mais pour cela, il devra respecter la
règle secrète…et ne pas oublier d’être
gentil avec sa belle-mère car « c’est
elle qui a la clé ».
Sur le thème de la perte, ce roman subtil traite avec
tendresse un sujet délicat et sensible. Les mots sont
justes et la recette miraculeuse.
C.G. (août 2005) |
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L'éditeur
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Tout le monde dort sauf moi de
Catherine Gualtiero
L’école des loisirs, Médium,
2005 dès 13 ans
Clara, la mère de Grégoire, est morte en lui
donnant le jour, depuis, il cherche une mère de remplacement
: il oscille entre maman Vivaldi, dont il «fixe
les mains fines, qui lui donnaient régulièrement
la putain d’envie d’être à la place
du sang qui coulait dedans», et Alix, la femme
de son père qu’il déteste parce qu’elle
aime Dieu plus que lui. La vie est un jeu de cartes dont il
tirerait toujours la « mauvaise pioche ». Sa règle
de base : voir les gens avec des têtes, ou non, de «weu»
- « je suis heureux sans faire d’effort…
c’est le bruit que font les gens heureux quand je m’approche
tout près d’eux ». Il se confie chaque
nuit à sa mère - «mon dieu à
moi, c’est Clara…». Car Grégoire
est malheureux quand la maladie de «se sentir fils»
le reprend. Alors il part se chercher une mère, en
mettant «le paquet» ; au détour
d’un train pour Venise, il rencontre Paola, qui va l’aider
à se déculpabiliser du décès de
sa mère, lui donnant ainsi «la permission
d’être son fils»… Ce très
beau récit initiatique traite de la résilience,
et de la volonté obstinée de croire aux surprises
de la vie. Ce roman n’hésite pas à affronter
la réalité d’un enfant face au deuil et
à la séparation et toute la force du texte est
dans le portrait frondeur de ce garçon prêt à
tout pour être aimé, et qui ne le sera finalement
qu’en étant lui-même. C.G.
(août 2005)
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