< littérature jeunesse - septembre-octobre 2006>


 

 

 

L'éditeur

Une histoire sans nom, de Sarah K. Hachette jeunesse 2006- dès 14 ans

Le dernier roman de Sarah K. s’inspire très librement d’une nouvelle fantastique de Barbey D’Aurevilly, transposée à notre époque. Et pourtant, on a d’emblée l’impression d’être transporté dans un univers hors du temps, dans la sinistre maison que la jeune Aurore, pensionnaire à Reims, retrouve lors des Fêtes de Noël. Il y a là sa mère, une veuve murée dans sa dignité, autoritaire et rétrograde, et une vieille servante, Agathe, qui fait de son mieux pour égayer la vie de la jeune fille. Un prêtre étranger est invité à séjourner chez ces trois femmes, le temps des vacances ; il se montre énigmatique, presque séduisant, et tient des propos qui choquent la mère d’Aurore. Mais ce n’est qu’après son départ qu’Aurore semble perdre toute vitalité ; elle s’affaiblit de semaine en semaine et seule la fidèle Agathe paraît s’en inquiéter…
L’atmosphère, oppressante à souhait, et les forces sinistres qui pèsent sur la jeune Aurore inquiètent le lecteur, pourtant partagé entre rationalité et fantastique : histoire de vampire ou simple affaire de mœurs ? Et plus que le personnage du prêtre, c’est sans doute la mère de la jeune fille qui terrifie dans ce conte cruel – dont le dénouement reste étonnant et agréablement ambivalent. A déguster un soir d’hiver... B. Longre (octobre 2006)

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Manuela Olten a reçu le prix de la ville de Oldenburg pour une première œuvre de jeunesse.

Les p’tits mecs de Manuela Olten, Seuil jeunesse, 2006 dès 4 ans

Des p’tits machos ? « Les filles, les filles, c’est bon qu’à jouer à la poupée et à câliner ses doudous! » voilà ce qu’auraient pu dire les p’tits mecs, héros de cet album. Totalement ennuyeuses, les filles ! Des poules mouillées en plus de ça. Elles dorment avec leur nounours. Mais quand il est question de fantômes, qui a le plus besoin de réconfort ? fille ou garçon ?
Avec un humour décapant, autant dans le texte que dans les illustrations, Manuela Olten nous offre une scène de vie garçon/fille . Elle signe ici son premier album, une véritable réussite, tant sur le plan graphique que sur l’originalité du texte. La traduction de l’allemand relève l’humour des mots usités. Par le jeu de répétitions, les moqueries se retournent dès le début contre les p’tits mecs. On s’esclaffe de la première page à la dernière, à la mesure des fous rires des garçons et des sourires narquois de la fille. Les personnages ont des bouilles si expressives qu’on sourit de suite. Voilà une joyeuse histoire qui fera rire petits et grands, garçons et filles… .
L. Fontanella (octobre 2006)

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L'éditeur

L'auteure

The Case of the Missing Marquess, de Nancy Springer, Sleuth / Philomel 2006 dès 14 ans

Dans ce premier ouvrage dans la série des “Énigmes d’Enola Holmes”, on fait la connaissance d’une héroïne très subversive en la personne d’Enola - la jeune sœur du « grand » Sherlock, qui évolue pourtant à contre-courant de ce frère si sérieux, passablement ennuyeux. Enola se trouve à la charnière de deux époques et de deux visions sociales : l’une, victorienne, soucieuse des convenances, et l’autre, progressiste et féministe – incarnée par la mère de la jeune fille, qui disparaît du jour au lendemain. La fugitive a toutefois laissé des indices derrière elle (des messages cryptés) et sa fille ne tarde pas à partir à sa recherche, à l’insu de ses frères (le second est encore moins amusant que Sherlock…), croisant en route une autre énigme à résoudre. Le ton est vivifiant et le rythme soutenu, l’intrigue débridée et le dénouement laisse suffisamment d’éléments en suspens pour que le lecteur se surprenne à attendre impatiemment le prochain tome (The Case of the Left-Handed Lady), à paraître en anglais en janvier prochain.
B. Longre (octobre 2006)

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L'éditeur

Bleu ciel, de Bruno Vigoureux Editions du Rouergue, 2006 dès 3 ans

Voici une histoire toute simple, toute fantaisiste : un matin, un petit nuage bleu reste accroché à un arbre… par manque de vent, il cesse son voyage.
Voici un album original, empreint de poésie et de jeux. Par un surprenant mélange de photos et de dessins très réussi, l’auteur nous ballade dans une campagne de clichés doux et tendres. En même temps, on peut jouer aux devinettes avec les formes que dessine le nuage dans le ciel. Se dégagent de ce tout petit album carré une fraîcheur certaine, une candeur délicieuse, une douceur rêveuse. On s’apaise à la lecture de Bleu ciel, comme pour mieux apprécier. Doux mélange que cet album. Premier livre pour la jeunesse de l’auteur. Une réussite.
Le temps suspendu à un petit bout de bleu dans le ciel gris,
Un ciel bleu n’est que plus bleu s’il y a quelques nuages,
Le nuage est heureux.

Et une surprise attend le lecteur à la fin… si, si, regardez bien, en l’air !
L. Fontanella (octobre 2006)

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L'éditeur

L’épouvantail qui voulait voyager de Hubert Ben Kemoun et Hervé le Goff, Père Castor-Flammarion 2006 - dès 6 ans

La solitude de l’épouvantail
Une histoire simple : un vieil épouvantail qui n’effraie plus personne s’ennuie et demande à ses amis inattendus, les oiseaux, de l’emmener au loin. Ils lui font voir du pays puis le déposent vers une épouvantaille esseulée, c’est l’amour et sans doute la métamorphose : les épouvantails sont devenus un arbre. Peut-être la simplicité de cette histoire plaira-t-elle aux jeunes enfants, on l’espère, car les images sont superbes. Si l’histoire est assez minimale, la présence d’assonances, dans une prose par ailleurs peu poétique (les mots semblent davantage appelés par la rime que par une nécessité interne), et les images qui montrent cet épouvantail sous différents angles donnent à ce récit un rythme lent de ritournelle qui pourrait en faire une assez jolie lecture à haute voix.
A-M. Mercier (octobre 2006)

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L'éditeur

Petit Paul et sa mouette Ursule de Jean-François Deniau et Myles Hyman, Hachette jeunesse, 2006 - dès 7-8 ans

Le retour du beau livre illustré ?
À feuilleter ce beau livre, on ne pourrait que se réjouir du retour de la tradition du livre illustré : de magnifiques planches imitant des procédés anciens accompagnent le texte. Le texte est une histoire de pirates de mer de Chine, avec des clins d’œil vers des histoires connues (comme L’Ile au trésor, à laquelle on a sans doute emprunté le cuisiner traître). Il y a des changements de lieux fréquents et rapides (Londres, Paris, etc.), une quête, des combats et des enlèvements, de l’amour, de l’humour (avec le personnage de la mouette, assez réussi). Mais il y a pourtant une ombre au tableau : malgré tout cela, le texte manque de vie. Il semble que l’auteur, sans doute guidé par le louable souci d’être compris (le texte est proposé à partir de sept ans), se soit limité à un emploi quasi systématique de la phrase simple. Or, rien n’est simple dans cette histoire et le sens n’est pas aidé par ces juxtapositions d’événements.
Un beau livre, une belle histoire pleine de ressorts et d’invention, mais un style qui risque de laisser le jeune lecteur sur le sable, ce qui illustre la difficulté du genre. A-M. Mercier (octobre 2006)

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Gilles Bachelet

Quand mon chat était petit de Gilles Bachelet, Patrick Couratin, Le Seuil jeunesse, 2006 - dès 6 ans

Mon chat le plus bête du monde a reçu de nombreux prix. Ce petit album en est la suite (ou le retour arrière) et a la même saveur. Le chat, représenté (comme toute sa famille, puisque ici il s’agit de ses enfances) en éléphant, est dessiné avec une finesse et un humour qui se déclinent dans une grande variété tout au long des pages. Postures de chat incarnées par un éléphant miniature : le bain, le jeu, le sommeil, les bêtises, l’attente… Dessin fin et précis, mise en couleurs extrêmement soignée, décors réduits à un carrelage, un meuble, ou absents et laissant les personnages sur le blanc de la page, points de vue variés, et toujours la drôlerie qui consiste à mettre du gros à la place du petit, du balourd (enfin, on le suppose ordinairement, d’après les proverbes, alors que rien n’est plus faux) à la place de l’agile. Le texte, souvent décalé par rapport à l’image, montre un narrateur passablement dépassé qui croit pourtant maîtriser la situation. Enfin, cet éléphant-chat est une belle image d’enfance, de ses activités, de sa solitude et de son incompréhension, de ses bêtises, de son inventivité. A-M. Mercier (octobre 2006)

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Pelleteuse et compagnie, d’Alain Crozon - Seuil jeunesse, 2006
dès 3 ans

Chantier de carton
Gracieuse la pelleteuse, Hubert le bulldozer, Lulu la grue… voici les acteurs de ce livre animé très ingénieux avec des tirettes à tirer ou basculer, des roulettes à rouler, des portières d’engin à soulever. Tout l’univers du chantier s’humanise et s’anime dans un décor sobre : terre, parpaings, zones chaotiques de creux et de bosses.
Pas de narration, pas d’ouvrier ou de chauffeur pour les manipuler, mais simplement des machines, comme des miniatures qu’on promène : un livre pour les passionnés des engins.
A-M. Mercier (octobre 2006)

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L'éditeur

Minusman, de Nathalie Brisac, L’école des loisirs, 2006 - dès 7 ans

Chaque nuit, Isaac rêve qu’il est Minusman, « le petit qui gagne contre les grands », seulement au réveil, il reprend son costume d’enfant — Pourquoi diable son frère alias « l’ogre » doit systématiquement faire un sort au pot de Nutella avant même qu’il puisse y tremper sa cuillère ?!
Jusqu’au jour où la maîtresse — sans s’en douter — le met en contact avec Yapa Plujuste, une sorcière un peu spéciale, puisqu’elle est gentille et sent bon la rose (!). La pauvrette est bien embêtée, elle a cassé son précieux balai… Isaac, impuissant, note qu’il s’agit encore là d’une situation injuste… Yapa lui offre alors une formule magique pleine de bon sens…
Après kakine Pouloute, Nathalie Brisac — qui a commencé en tenant un salon de thé avant de devenir institutrice — livre son deuxième opus dans la collection « Mouche ». Avec humour et intelligence, elle cuisine ici une «recette» miracle pour faire un pied de nez à la vie !
M. Brami (septembre 2006)

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L'éditeur

Filles et garçons au Moyen Age, de Didier Lett, De la Martinière Jeunesse, 2006 - dès 9 ans

À l’époque médiévale, être une descendante d’Eve — née de la côte d’Adam — n’est pas une aubaine, et les mères sont prêtes à boire du jus de chardon et à tourner en rond autour des églises (cf : un fabliau du XIVe siècle) pour s’assurer d’avoir un garçon. D’ailleurs, les penseurs de l’époque restent persuadés que Dieu insuffle son âme au fœtus fille au bout de quatre-vingts jours seulement, soit le double de son compère garçon !
Comment intéresser les enfants à l’Histoire ? Plongez-les dans la collection « La vie des enfants » et le tour est joué. Chapitres courts étayés de documents d’époque, littéraires et iconographiques — Magnifiques enluminures ! —, ils s’identifieront sans peine à leurs petits ancêtres et pourront réfléchir à l’évolution des mœurs, qui a permis l’émancipation des filles mais également accordé aux enfants le droit d’être des enfants et non de petits adultes asservis par leurs parents.
M. Brami (septembre 2006)

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L'éditeur

Victor le Chiours de Charles Castella, L’école des loisirs, 2006 - dès 6 ans

Mutations génétiques au pays des fées et des lutins
Récit animalier, conte de fées, fable moderne ce texte court mêle tous les genres. C’est une histoire de métissage à tous points de vue. Par l’argument principal (un ours et une chienne s’aiment et veulent avoir un enfant, hélas, impossible, puisqu’ils appartiennent à deux espèces différentes), on est dans la science. Par son développement (on rencontre un flutin, fils d’une fée et d’un lutin), on est dans la féerie. Par sa résolution (le lutin savant est une espèce de Frankenstein avec des appareils bizarres et il offre l’enfant désiré, le «chiours»), on est dans l’anticipation ou le fantastique. Par les dénominations de toutes les espèces croisées rencontrées tout au long du livre, on est dans le jeu verbal.
Une jolie fable qui voit tout de même les manipulations génétiques avec une confiance un peu trop aveugle, mais c’est pour la bonne cause, on s’en doute : le message est que tous les métissages sont possibles s’il y a de l’amour. On pourra aussi renvoyer à Flix de Ungerer, autrement plus retors sur la question.
A-M. Mercier (septembre 2006)

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Pomme d’Api - De 3 à 7 ans, Bayard Presse

Il y a 40 ans, Pomme d’Api inventait le premier magazine pour les enfants qui ne savent pas encore lire. Sa nouvelle formule fait la part belle au jeu avec la rubrique « les Mercredis de Pomme d’Api », parce que « les enfants ont besoin de jouer pour bien grandir », et à la discussion avec la rubrique des « P’tits philosophes », enrichie de deux grandes images. Les incontournables Petit ours brun et Mimi Cracra sont fidèles au rendez-vous ! M. Brami (septembre 2006)

L'éditeur

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Le nuage de Clara de Candice Hayat, Editions du Rouergue, 2006 - dès 5 ans

La dépression enfantine est évoquée de façon simple et imagée dans cet album. Le nuage est la métaphore de la tristesse qui a atteint un jour sans raison Clara, la laissant sans le goût de rien.
Les choses s’arrangent quand elle commence à voir le docteur Cumulus, à qui elle raconte sa vie et ses pensées... Un album qui permettra de parler d’un sujet difficile et qui fait confiance aux psys.
A-M. Mercier (septembre 2006)

L'éditeur

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Histoires de fées de Moka, illustré par Alice Charbin, Folio cadet, 2006

Il était une fois une enfant qui croyait aux fées. La jeune Claire, entre ses parents, son lapin Alphonse et le chat Lucky, tente de les apercevoir et, croyant les avoir vues fait face à l’incrédulité de son entourage.
Cette histoire illustre le paradoxe qu’il y a à raconter des histoires impossibles aux enfants, à vouloir qu’ils y croient puisque c’est un des attributs de l’enfance, et à les détromper dès qu’ils rentrent un peu trop dans le jeu. Le personnage de la mère de Claire est fort bien vu, les dialogues font voir une belle relation d’adulte à enfant. Cette histoire illustre aussi le charme de ces histoires, leur façon de remplir le vide des questions sans réponse et du temps sans emploi. A-M. Mercier (septembre 2006)

L'éditeur

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L'éditeur

Emma la poule de Claudine Aubrun, Syros 2006 - dès 10 ans

Du rififi au poulailler
Emma est une poule qui aime jouer au poker et a des talents de détective. Les poules,– ses copines et les autres –, les coqs (l’un est amateur de jazz, l’autre n’aime que les poulets), les poulets, les dindons et accessoirement les humains forment une micro-société mise à nu à travers de courts récits policiers.
L’originalité du récit tient essentiellement à ce cadre (sans égaler le Peur sur la ferme de S. Dieuaide) qui met en valeur le fonctionnement de cette société proche de la nôtre, avec ses solidarités et ses trahisons, ses ententes et ses antipathies.
A-M. Mercier (septembre 2006)

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L'auteur

Crabe sur son île de François Matton, Petit POL, 2006

Robinson gribouilleur philosophe
Petit album au format carré pour une île ovale, c’est idéal : les cubes dessinés par Crabe, son masque de plongée (qui le masque), les listes ou les croquis pour ne pas oublier, tout cela rentre bien.
Crabe est seul, ne cherche pas à s’évader sinon de lui-même, il dialogue avec tout et rien, compte, rêve, écrit sur le sable… Image de l’enfance, du désœuvrement très occupé ou du temps qu’on remplit de choses essentielles comme le recensement du monde et l’interrogation sur soi.
Un bel objet, orange et blanc, métaphysique et rêveur.
A-M. Mercier (septembre 2006)

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L'éditeur

Camille ou l’enfant double de Vercors, illustrations de Jacqueline Duhême, Pocket jeunesse, 2006 6-9 ans

Un Petit Poucet féministe
Camille a reçu une double éducation, ce qui fait de ce personnage (on ne saura qu’à la fin si c’est un garçon ou une fille) un être à la fois masculin et féminin. Taraudé(e) par ses deux côtés, il/elle vit avec difficulté cette contradiction jusqu’à ce qu’un parcours initiatique lui donne accès à l’harmonie.
Un très beau texte écrit par un grand auteur enfin réédité avec ses illustrations naïves qui montrent ce qu' est cette nature double. Un récit enlevé, plein de suspens en tant que réécriture du Petit Poucet. Un conte moderne qui a gardé les thèmes et les symboles des contes d’autrefois. Une belle fable qui illustre les questions du genre en éducation : l’image projetée par les parents, l’influence des jeux et des occupations sur les goûts et le caractère, les relations conflictuelles entre les sexes à l’âge de l’enfance, et la difficulté d’être soi-même tout simplement. A-M. Mercier (septembre 2006)

 

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