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< littérature
jeunesse - octobre 2004>
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sommaire des brèves
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L'éditeur
Voir aussi : La Java bleue
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Le fromage de
Germano Zullo et Albertine
La joie de lire, 2004 dès
5 ans
Le spectacle de fin d’année se déroule
bien : les enfants-légumes valsent à merveille
et les tours de magie des enfants-fruits sont une réussite.
Quant à Gaston le fromage… le pauvre bute sur
la fable fromagère qu’il doit réciter
; les indices ont beau pleuvoir autour de lui, la maîtresse
a beau lui souffler la suite, sa mémoire reste paralysée…
Gaston transpire, pétrifié sur scène,
face au public en suspens, mais le garçon, confus et
honteux, repart en coulisses. C’est la maîtresse,
bienveillante, qui dédramatise l'incident en lui disant
gentiment que «cela arrive à tout le monde.»
- Bref, on ne va en faire tout un fromage ! Cette délicieuse
tranche de vie qui parle du trac, de la timidité et
qui relativise les erreurs des enfants se lit comme une jolie
fable : ouverture d’esprit, tolérance et pédagogie
de l’encouragement sont au rendez-vous, et la fantaisie
des illustrations apporte des touches humoristiques en harmonie
avec le caractère anecdotique du récit. B.L.
(novembre 2004) |
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L'éditeur
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Le jour du loup de
Yôji Fukuyama
Casterman, collection Sakka,
2004 dès 12 ans
Le jour du loup s’inspire
d’une figure issue du bestiaire japonais, le tanuki
(ou chien viverrin, sorte de raton laveur, comparable à
notre Goupil), capable de se transformer pour jouer quelques
farces aux humains. Là, ce sont deux sœurs, Kamoko
et Natsuko, qui subissent d’étranges métamorphoses
(un phénomène apparemment héréditaire)
qu’elles attribuent au « chien », maladie
infantile (semblable à la varicelle !)
Mais quand l’aînée, Natsuko, disparaît
une nuit et qu’un cadavre est découvert le lendemain,
la plus jeune, accompagnée du fiancée de sa
sœur, part à la recherche de la « femme-loup
», pensant pouvoir la sauver avant que d’autres
ne se chargent d’elle…
Ce récit métaphorique (la bête qui sommeille
en chacun de nous…) est une aventure trépidante,
entre humour et fantastique, un excellent manga paru en 1984
au Japon.
B.L. (novembre 2004) |
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L'éditeur |
Le nouveau -
Didier Lévy et Matthieu Roussel,
Sarbacane, 2004
dès 7 ans
Les auteurs du désormais célèbre
Angelman récidivent avec
un conte de Noël peu banal : un bel album dont les images
de synthèse, en trois dimensions, accentuent le réalisme
tout en lui conférant, paradoxalement, un aspect irréel,
une texture qui sied parfaitement au récit, imprégné
de fantastique. De même, la mise en couleurs, chatoyante,
compense la froideur plastique du procédé. Cette
fable moderne est celle d'une belle métamorphose humaine
: un homme que le travail a rongé, a robotisé,
au point de lui faire oublier ce qu'il ressent pour ses proches,
est quelque peu harcelé, partout où il se trouve,
par un gnome qui ose prétendre qu'il est le remplaçant
du Père Noël (désormais trop fatigué...).
Acceptera-t-il de se comporter de nouveau en être humain
? Est-il prêt à sacrifier sa position sociale
et sa fortune ? Le mythe du Père Noël est un joli
prétexte pour dénoncer l'individualisme forcené
de notre société, le carriérisme qui
durcit le cœur : une lecture essentielle que les jeunes
lecteurs pourront aussi mettre dans les mains des plus grands...
B.L. (novembre 2004) |
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L'éditeur
Les Aborigènes |
Le petit sorcier de la pluie -
Carl Norac et Anne Catherine De Boel
Pastel, 2004 dès
7 ans
Cette histoire miraculeuse se déroule dans un temps
indéterminé, comme ancrée uniquement
dans le temps du rêve, si cher aux Aborigènes,
dont il est ici question. C'est celle d'un petit garçon
intrépide qui, depuis qu'il est bébé,
ne cesse de tomber à force de jouer à l’acrobate
; c'est ainsi que les gens-qui-chassent-dans-le-pays le surnomment
Petite Pluie : « il tombe toujours sans prévenir.
Il est comme la pluie." Ils ne croyaient pas si
bien choisir car lorsque la sécheresse frappe le territoire,
que le clan désespère et qu'aucun ne trouve
de solutions, c'est le courage et l'inventivité de
Petite Pluie qui les sauvent d'une mort certaine.
Si le conte demeure certes poétique, les illustrations,
directement inspirées de l'art aborigène, comblent
nos yeux. Les Aborigènes, méprisés, maltraités
et rejetés des décennies durant, sont aujourd'hui
reconnus comme un peuple à part entière, avec
ses croyances et son esthétique propre. Et ce bel album
est là pour nous le rappeler.
B.L. (novembre 2004) |
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L'éditeur
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Incroyable planète !
Geo Jeunesse, Editions PlayBac, 2004 dès
7 ans
Les beaux livres pour la jeunesse ne sont plus chose rare
mais cet ouvrage mérite d'être présenté,
tant il émerveille les enfants ; d'abord par les vues
du monde qu'il propose : pas loin d'une cinquantaine de photographies
(assorties d'un court commentaire suffisamment simple pour
être compris dès 6 ou 7 ans) prises aux quatre
coins de la planète, chacune représentant un
paysage inattendu ; une aurore boréale, un énigmatique
lac violet (le lac Hillier, en Australie), des icebergs presque
translucides au Pôle sud, le glacier islandais Langjökull
(qui progresse chaque année de plusieurs mètres),
une colonie d'éoliennes en Californie, l'arbre le plus
vieux de la planète (un pin dont la longévité
et de 4000 ans !), un cycliste perdu au beau milieu de la
Vallée de la mort (Californie), ou encore une invasion
de crabes dans une île de l'océan Indien... Un
ouvrage pour découvrir le monde et ses contrastes,
pour rêver et donner envie explorer. B.L.
(novembre 2004) |
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L'éditeur
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Mais c’est dégoûtant,
de Benoît Debecker,
Sarbacane 2004 dès 4 ans
Avec les loups il vaut mieux se méfier, n’est-ce
pas ? Ce P’tit Louis paraît bien sympathique mais
il avoue lui-même ne pas se lasser de l’histoire
du petit Chaperon rouge et pense qu’une grand-mère,
c’est tendre… à croquer ! Le liquide écarlate
qui coule de sa valise provient sûrement d’une,
non, plutôt deux ou cinq ou pourquoi pas dix grands-mères
coupées en mille morceaux et bien saignantes…
Si tout cela est « dégoûtant », que
penser de l’attitude des gens avides de scandale qui
colportent l’infamante rumeur ? Pour évoquer
ce phénomène sérieux d’onde qui
court et s’amplifie, Benoît Debecker choisit un
héros à la réputation chargée
par les contes traditionnels. Le récit simple, sans
drame ni prétention, est accessible aux plus jeunes
; les dessins nets, et certaines scènes riches en détails,
traduisent bien l’affolement des uns, le calme des autres.
Un album plutôt agréable, qu’on se le dise…
M.F. (novembre 2004) |
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L'éditeur
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Barbirella
de Marc Séassau
et Sylvia Dupuis, Magnard, 2004
dès 5 ans
Un garçon est obnubilé par la poupée
de sa sœur, qu’il aimerait posséder à
tout prix : on attribue son désir à une jalousie
bien naturelle, qui se double ici d’une drôle
d’intuition… Théo l’a surnommée
Barbirella, c’est dire ! et il est presque certain de
l’avoir vue battre des paupières…
Le rêve de tout enfant (celui de voir ses jouets prendre
vie) est ici exaucé, mais sous forme cauchemardesque,
car les méfaits de la poupée vampire sont si
terribles que Théo et sa sœur n’ont plus
qu’une idée : rompre le charme. C’est là
qu’on comprend combien un grand frère a de l’importance…
Ce court roman (un Tipik benjamin, accessible dès
le CP en autonomie) joue sur les peurs et les illusions nées
de l’imaginaire enfantin et propose une résolution,
certes cruelle pour Barbirella, mais rassurante pour les enfants
!
B.L. (novembre 2004) |
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dès 4 ans
voir aussi
la page Chine |
Mon imagier chinois de
Catherine Louis, Picquier jeunesse, 2004
Catherine Louis nous initie à la calligraphie chinoise
à travers un imagier ludique et éducatif. Sur
chaque double page figure d’un côté le
caractère chinois actuel, suivi du caractère
ancien, de sa signification et de sa prononciation en français.
Le caractère est ensuite mis en valeur par un dessin
blanc sur fond noir, l’image quant à elle apparaît
sur un fond coloré, bordée par un cadre noir
épais. Le parallélisme du langage apparaît
d’emblée comme une évidence tant la symbolique
est proche entre l’idéogramme et le dessin. Chaque
image est le fruit d’une attention élaborée
: souci des couleurs et des motifs, très orientaux,
souci de retranscription du sens, aisé dès la
première lecture. Le pari est donc réussi pour
l’auteur, qui a été initiée aux
caractères chinois et qui a pu apprendre ses signes
à ses filles âgées de six et neuf ans
: « Ce qui me fascine c’est qu’en passant
par la reconnaissance du caractère ancien, proche de
l’objet décrit, l’enfant fait tout de suite
le lien avec le signe d’aujourd’hui ».
Les jeunes enfants ne pourront qu’être passionnés
par cet imagier à la signalétique très
visuelle. C.G.
(novembre 2004) |
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L'éditeur
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La Planète dans l'assiette
de Nathalie Roques, Agathe Hennig
Mango jeunesse, 2004 dès
8 ans
Il existe de nombreux livres de recettes destinés
aux enfants, des ouvrages qui sont à la fois des documentaires
et des manuels ou qui, parfois, racontent des histoires (Mon
jardin gourmand, éditions Romain
Pages). La planète dans l'assiette
est un livre certes appétissant, mais se veut aussi
une ouverture sur le monde, en proposant 49 recettes des cinq
continents, réparties dans un livre-classeur simple
d'utilisation. Nous parcourons ainsi le monde en compagnie
de cinq enfants : Peter l'Européen (issu d'un métissage
inhabituel, père anglais, mère hongroise...
mais réjouissant !), Indira l’Indienne, Mouss
l'Africain, Mary l'Américaine, et Suzana, originaire
d'Océanie. Les recettes qui se succèdent sont
dans l'ensemble simples et la plupart sont connues des Européens
mais les belles illustrations nous invitent à les (re)découvrir
; on appréciera le Pan con tomate (Espagne), les Suchi-maki
(Japon), le Djaratankai malien, ou encore les Empanadas (Chili)
et la crème vanillée à la patate douce
(Tahaa)... De quoi réjouir nos papilles multiculturelles
! B.L. (octobre 2004) |
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L'éditeur
voir aussi
On n'aime guère que la paix
(Rue du Monde, 2003) |
Quand ils avaient mon âge, Petrograd,
Berlin, Paris 1914-1918 dès
8 ans
Gilles Bonotaux / Hélène
Lasserre, Autrement jeunesse, 2004
Mêmes auteurs, même concept, même réussite
: Londres, Paris, Berlin
1939-1945, "Quand ils avaient
mon âge" remonte encore le temps
et raconte la "der des ders", à travers les
histoires alternées de trois garçons de huit
ans : Sergueï le Russe, Ernst l'Allemand et Émile
le Français. C'est en août que les pères
des garçons sont mobilisés, des soldats pleins
d'espoir, croyant que la guerre sera de courte durée,
et qui partent aux cris de "Il faut sauver la Très
Sainte Russie", de "Nach Paris"
ou de "A Berlin ! On les aura !" Très
vite, les combats s'enlisent, certains reviennent mutilés,
d'autres ne reviennent pas et les civils souffrent de la situation
(rationnements, pénuries, propagande...) Mais au-delà
des vies bouleversées des enfants, les aspects politiques
européens sont abordés avec intelligence (le
génocide arménien par les Turcs en 1918, la
révolution russe ou encore la défaite allemande)
; l'ouvrage, à la fois narratif et documentaire, n'édulcore
en rien la réalité ; il s'achève ainsi
sur une note sombre, anticipant avec pessimisme sur la guerre
à venir : "Dix ans après la guerre,
Émile, Ernst et Sergueï ne savaient pas encore
qu'ils seraient les combattants de la prochaine."
L'illustration qui accompagne cette page montre trois soldats,
prêts à monter à bord d'un train, le sourire
aux lèvres... B.L.
(octobre 2004)
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L'éditeur
voir aussi : L'Enfant en Gaule romaine,
(Errances, 2004).
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Le tour de Gaule raconté par
deux enfants de Gérard Coulon
dès 9 ans
illustrations Jean trolley et Michel Riu, la Martinière
jeunesse, 2004
Ancien professeur d'histoire, archéologue, auteur
du Voyage en Gaule romaine (Actes
Sud, 2002), Gérard Coulon signe là un ouvrage
passionnant, un roman picaresque, véritable aventure
antique, qui se double d'un documentaire accompagnant la lecture
: des explications non pas sous la forme des (très
classiques) notes de bas de page, mais présentées
dans des encadrés qui parsèment le récit,
au fil du voyage de deux enfants, Lucius et Aemilius, orphelins
: ils vont parcourir des centaines de kilomètres, d'Argentorate
(Strasbourg) à Forum Julii (Fréjus), où
ils comptent retrouver leur oncle. De nombreuses péripéties
les attendent et de multiples obstacles se dressent sur la
route : une façon astucieuse de faire découvrir
aux enfants du XXIe siècle une multitude d'aspects
de la vie quotidienne en Gaule, en l'an 186 ; la vie militaire,
la religion, les repas, les loisirs (gladiature, jeux du cirque,
thermes...), l'éducation, l'artisanat, etc. En annexe,
un glossaire que l'on pourra compléter en consultant
le Dico des Gallo-Romains (La Martinière),
du même auteur.
B.L. (octobre 2004)
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voir aussi
Ma vie à Pékin au fil
des mois Syros, 2003
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Le mariage de Souricette de
He Zhihong
Syros jeunesse, 2004 dès
5 ans
De nombreuses traditions chinoises sont liées à
des légendes anciennes. Ainsi, trois jours après
les fêtes du nouvel an, petits et grands se couchent
tôt pour laisser la place, paraît-il, aux souris
qui célèbrent leurs noces… He Zhihong
revisite ici avec bonheur un célèbre conte de
randonnée : à la recherche du gendre idéal,
les parents de Souricette parcourent le monde et sollicitent
de prestigieux prétendants. Mais l’heureux élu
sera finalement un simple et valeureux souriceau de leur propre
peuple.
Les dessins évoquent des estampes, beige et turquoise
créant une atmosphère de vieille histoire familière.
La bonne taille de l’ouvrage et les illustrations en
double page permettent de partager aisément, avec de
jeunes lecteurs, cette aventure au dénouement chevaleresque.
Une interprétation réussie pour motiver les
enfants à la création d’albums inspirés
de légendes…
M.F. (octobre 2004)
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