< littérature jeunesse - nov/dec. 2005>


 


L'éditeur

du 17 au 31 décembre des ateliers sont proposés aux enfants, en réponse à l'exposition du Louvre.

Tout un Louvre, d’Antonin Louchard et Katie Couprie, album, éditions Thierry Magnier, 2005 - dès 4 ans

Après Tout un monde, qui avait révolutionné l’imagier, revoici le duo Antonin Louchard et Katie Couprie avec Tout un Louvre, l’imagier qui met le Louvre à la hauteur des enfants. « Jubilation, curiosités et aventure » sont les maîtres mots de cette « promenade ludique dans les collections et les salles du musée ».
Époques et techniques se répondent — explosion de couleurs, de formes, de beauté — avec l’envie de faire entrer l’art à la maison, dans le quotidien des enfants, d’en imprimer leur rétine et de les faire réagir : à l’image de cette photo mettant en scène des Playmobils dans une flaque agrippés à une brindille, écho au célèbre Radeau de la méduse de Géricault !
À noter : les originaux de Tout un Louvre sont exposés devant les chef-d’œuvres qui les ont inspirés jusqu’au 16 janvier. La littérature Jeunesse entre au Louvre par la grande porte !
M.B. (décembre 2005)

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L'auteure

en anglais

L’Anniversaire d’Oscar, Etsuko Watanabe. Seuil , 2005. dès 4 ans

Un graphisme à la « Mimi Souris » et des couleurs vives invitent au premier regard à parcourir cet album cartonné grand format. Oscar est un petit crocodile et va aujourd’hui souffler ses bougies ! En ouvrant les petites fenêtres, on découvre que tout est là, et même mieux encore : des ballons multicolores, un coffre rempli de trésors pour faire la fête, et il semble que les animaux autour de la maison d’Oscar se sont donnés rendez-vous pour participer à leur façon à cette ambiance légère. La bonne humeur règne dans cette maison et tout le monde s’active joyeusement. Son frère est allé chercher de quoi préparer un merveilleux gâteau tandis que papa crocodile se met sur son trente et un pour l’occasion. Pendant ce temps la maman d’Oscar s’active aux fourneaux : elle prépare un gâteau aux fruits selon « la recette de monsieur Kroko ». Ingrédients, dosage et recette permettront aux petits gourmands de préparer avec leurs parents ce dessert : enfin un gâteau de livre qui va pouvoir se manger vraiment !
L.C. (décembre 2005)

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L'éditeur

Olivier Tallec

Grand loup et petit loup, Nadine Brun-Cosm & Olivier Tallec, Flammarion, 2005
A partir de 4 ans

Grand loup est un solitaire qui vit depuis toujours sous son arbre en haut de la colline. Paisible, il lit en croquant une pomme. Puis arrive Petit loup. Si petit que Grand loup ne le voit pas tout de suite. Ils sont deux à présent sous le grand arbre. Ils s’appréhendent des yeux. Pendant la nuit, Grand loup partage un petit bout de sa couverture avec Petit loup, puis son repas, ses jeux, ses promenades. Au détour d’un champ, Grand loup perd Petit loup, il se sent inquiet. « Pour la première fois, il se dit qu’un petit, même tout petit, ça prend de la place dans le cœur. »
Accepter l’autre n’est pas si facile, surtout quand il ne nous ressemble pas. Le message est clair. Grâce à ces loups attachants, l’enfant, même petit, comprend qu’on a besoin des autres pour avancer, pour changer, pour vivre. Une grande affection et une immense émotion se dégagent de ces pages. Les tons oranger d’Olivier Tallec rendent joyeux les moments communs, a contrario des bleus froids et glacés de l’attente et de l’inquiétude. Les mots de cette histoire sont choisis, étudiés et pourtant si simples. Tout s’accorde pour faire ressentir les émotions des deux loups et c’est cette intensité que l’enfant va percevoir. Ainsi le message d’amour, d’amitié sera passé. L.F.(décembre 2005)

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L'éditeur

Comptines et berceuses du jardin d’Eden, de Nathalie Soussana, ill. Beatrice Alemagna, direction musicale Paul Mindy, Comptines du Monde, Didier Jeunesse, 2005 – Tout public, dès 3 ans

Pour bercer petits et grands, voici le 5e livre-disque de la collection «Comptines du Monde» chez Didier Jeunesse : 28 comptines et berceuses juives en arabe, araméen, hébreu, ladino et yiddish collectées par Nathalie Soussana — chacune retranscrite, traduite et commentée. D’un côté, chaleur méditerranéenne de l’oud et de la derbouka, de l’autre, trémolos du violon et de la clarinette, et quelle que soit la langue, des textes qui disent l’amour. Plaisir des oreilles, mais des yeux aussi avec la poésie des illustrations d’une Beatrice Alemagna très inspirée, qui nous offre des tableaux proches de l’art naïf — typique de la tradition juive —, scènes familiales d’embrassades, de bonheur, qui rendent l’intensité et l’émotion des voix. M.B. (décembre 2005)

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L'éditeur

Gogo Monster de Matsumoto Taiyou, Delcourt Jeunesse, 2005
ados et tout public.

Voici un manga de luxe, près de 500 pages dans un beau coffret cartonné à offrir pour les fêtes. Comment accepter de grandir, faire le deuil de son enfance, des « autres » qui peuplent son imagination, telles sont les questions existentielles qui perturbent Yuki pendant cette année scolaire transitionnelle. Pas facile quand on se sent menacé par la technologie — les avions qui passent de plus en plus bas au-dessus des têtes —, que la nature elle-même, son cycle des saisons rassurant, se voit ébranlée par la main humaine qui partout semble semer le chaos. « Dépêche toi ! » se répète Yuki, « tu n’as pas beaucoup de temps avant de grandir ».
Un sujet universel servi par une forme ultra contemporaine, où la pureté du trait, noir sur blanc, et l’onirisme des images concourent à une beauté intemporelle.
M.B. (décembre 2005)

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L'éditeur
L’album fait « suite » au très cotonneux Petit roi de rêvolie, des mêmes auteures.

Petits Papis en gris de M-S. Roger et A. Bureau, Sarbacane, 2005 dès 6 ans

Une petite fille décide de prendre des notes à partir d’un événement qu’elle seule pense voir : «la sortie des petits papis gris», des êtres extraordinaires que l’on n'aperçoit qu’avec une «longue longue-vue» ; ils sortent la nuit, comme d’un rêve… Mi-elfes mi-lutins, ils sont vêtus d’une cape grise, d’un capuchon muni de deux antennes «pour repérer les tintouins». Ils ont le teint clair car « ils sont vieux et poussiéreux, tout remplis d’anniversaires ». Grâce à leur sac à « découvrailles » ils transportent «le pollen coton, des écheveaux d’hermines», puis, «lorsque la nuit lève l’encre» ils rentrent chez eux, munis de leurs échantillons pour concocter des «trucs» et des «machins» ! Reste le journal de bord de l’enfant, rempli de trésors que les grands ne voient pas : « les parents, ils sont trop grands pour voir les petites choses » note-t-elle en conclusion…
L’auteure joue autour du plaisir du mot, jonglant avec des expressions et leurs multiples niveaux de lecture et de sens. D’où le sentiment de pénétrer dans l’univers du merveilleux. Chaque page nous transporte dans un monde différent, aux allures paradisiaques. Les couleurs éblouissent et Aline Bureau a su saisir toutes les modulations harmonieuses et imagées de ce texte mutin, qui laisse aux grands un petit lexique à l’usage du regard, en cas d’oubli...
C.G. (décembre 2005)

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L'éditeur
L'auteur
viennent aussi d’être réédités Trouillard et Vive la France (Nathan, 2005)

Zoé et la sorcière du quatrième de Thierry Lenain, ill. Colonel Moutarde
Milan poche, cadet, 2005 - dès 8 ans

Cette réédition du roman (dix ans après sa parution chez Nathan, sous le titre L'Etrange madame Mizu), permettra à de nouveaux lecteurs de découvrir « Zoé la toute seule », une fillette livrée à elle-même et presque abandonnée par des parents dévoués corps et âmes à leur travail…
A force de rester seule chez elle, la petite fille, nourrie de lectures (dont Alice au pays des Merveilles) et de télévision, s’ennuie et s’invente, un peu malgré elle, quelques dangers – qui se fondent sur la présence d’une inquiétante voisine, une vieille dame bossue que Zoé prend pour une sorcière. La narration, facétieuse, mêle habilement cauchemar et réalité, si bien que le lecteur perd pied et accompagne Zoé dans ses moindres terreurs, tout en prenant peu à peu conscience des fantaisies du récit, l’auteur (« celui-qui-écrit ») se permettant de pénétrer dans le récit et de dialoguer avec ses personnages…
Au-delà de l’histoire singulière de Zoé, on retiendra la volonté de montrer que les apparences sont parfois (souvent ?) trompeuses et que les liens entre générations méritent d’être entretenus.
B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

Méchante soupe ! de Céline Herrmann, Loulou & Cie, L’Ecole des loisirs, 2005 - dès 3 ans

Comment faire avaler sa soupe à un enfant qui, d’emblée, émet un horrible «beurk» quand il voit arriver l’assiette… ? Rendre la soupe peu ragoûtante et énumérer les ingrédients qui la composent en prenant soin de les rendre ridicules (le poireau «pas beau», le navet « simplet », le brocoli « pourri », etc.), et l’affreux bambin d'engloutir le tout avec plaisir. Un album cartonné délicieusement simple, aux vives couleurs, à l’énorme typographie, qui subvertit avec beaucoup d’impertinence le rituel de la soupe du soir… On repense à une excellente histoire de Valérie Mréjen, dans laquelle les légumes échangeaient des insultes, même si Méchante soupe !, délibérément libérateur, construit sous forme de farce (il suffit d’observer la mine des légumes sur le point d’être mangés…), est destiné aux plus jeunes. B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

Les Papooses, Un froid de loup, Sophie Dieuaide et Catel, Casterman, 2005
dès 6 ans

Cette mini bande dessinée convient parfaitement aux très jeunes lecteurs qui se lancent à la découverte du genre : le petit format, les illustrations colorées et la relative simplicité de l’histoire sont ici des atouts, mais il n’en demeure pas moins que la mise en page est inventive et le trait énergique. On pense d’emblée aux aventures du petit Yakari, car le récit, qui met en exergue l’osmose entre l’humain et le monde animal, a le souci de contrer les idées reçues, ici incarnées par Renard-qui-parle-trop (il affirme que les loups ne seraient plus les amis des Indiens). Les trois héros, des enfants, bravent malgré tout la neige, le froid et les loups (après un séjour forcé dans leur tipi), uniquement par soif de liberté, car ils se souviennent de la légende qui raconte que l’homme-animal est devenu homme grâce aux loups… Une belle histoire, la septième de la série, et dont l’invention a procuré un vrai plaisir à son auteure, qui dit éprouver beaucoup d’admiration pour la culture indienne.
B.L. (novembre 2005)

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Les Rennes de Noël, de Dedieu, Seuil jeunesse, 2005 dès 6 ans

Meuloff, Grog, Kreuff et Fidjbeu sont consternés : le Père Noël, dont ils conduisent chaque année le traîneau, vient de recevoir un cadeau (lui aussi…) qui met leur unique moyen de subsistance en péril… Un scooter des neiges (logique, il faut bien que le Père Noël goûte un peu aux nouveautés technologiques), que les quatre rennes s’empressent de dissimuler en attendant d'avoir une idée.
Mais il leur faut trouver quelque chose qui les rendra indispensables, quelque chose que le scooter ne pourra pas effectuer…
L’album raconte leurs diverses tentatives avec beaucoup d’humour (parfois un peu noir). Un conte de Noël où les rennes forment un quatuor cocasse et atypique.
B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

Le courage de revenir de Didier Jean, Syros, 2005 dès 13-14 ans

Yoan, quinze ans, n’a plus confiance en lui et dans la relation qui l’unit à ses parents. Un jour qu’il ramène encore» un mauvais bulletin de notes du collège, il fugue : « je m’enfuis, c’est tout. » Puis, ce ne sera qu’interrogations et réflexions sur ses relations avec sa famille. Il doute de leur amour et perçoit sa vie comme un échec : « Jamais je n’y arriverai. Jamais je ne serai assez bon pour mon père. J’imagine qu’avoir la confiance de ses parents doit donner une force incroyable ».
Au fil de ses déambulations, il fera de multiples rencontres, mais celle avec Audrey sera déterminante. Cette dernière, infirmière en milieu scolaire, à l’habitude des « mauvaises passes » des adolescents, et saura lui faire ouvrir son cœur. A la souffrance du jeune homme elle oppose sa force tranquille : «vous devez rechercher ce qui vous rapproche plutôt que ce qui vous sépare » ; «tu ne peux pas éternellement t’enfuir »….
Armé de courage, Yoan reprend le chemin de chez lui, non sans angoisse. La joie des retrouvailles permettra de soulever un secret de famille que Yoan semblait porter depuis toujours sur ses frêles épaules. Un témoignage émouvant sur le mal-être de l’adolescence. C.G. (novembre 2005)

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Anne Brouillard

Elisabeth Brami

Rêve de Lune, Elisabeth Brami, Anne Brouillard Seuil jeunesse, 2005
dès 5 ans

Un rêve de lune est un trésor que l’on garde au fond de soi, une part d’intime. Avec délicatesse, Elisabeth Brami et Anne Brouillard sont parvenues à exprimer l’inexprimable… On décolle de la lune pour un atterrissage en douceur sur la terre. A l’aide de savants découpages et d’une conception graphique aiguisée, on passe d’un monde à l’autre grâce à un jeu d’ouvertures et de fenêtres. Chaque «personnage-passage» se retrouve de l’autre coté de la page, en continuité. Elisabeth Brami utilise savamment chaque phrase, courte, pour faire durer le suspense. Le lecteur entre aussi dans l’univers si reconnaissable d’Anne Brouillard, teintes ocres, lumières tamisées pour traduire la douceur du petit matin, personnages fondus qui se mêlent aux ombres de la nuit. La lenteur du cheminement pour parvenir enfin au lieu qui nous intéresse, derrière les «volets fermés», le monde de celui qui rêve : «une chambre. Tout au fond de la chambre, un lit, une couette. Et sous la couette, un enfant ». Un enfant dans son univers, entouré de peluches qui veillent, prêtes à s’aventurer pour le prochain voyage… sur la lune… « jusqu’au soleil du matin ». Un ouvrage «gigogne» remarquable qui a le souci du détail pour imprégner le lecteur et l’embarquer dans l’autre monde… C.G. (novembre 2005)

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L'éditeur

Nouvelles fantastiques de l'antiquité à nos jours, présentation d'Alain Grousset Flammarion, Castor Poche, 2005 dès 10 ans

L'introduction a le mérite de la clarté et de la concision, et s'efforce de circonscrire le genre fantastique en insistant sur la notion de peur : "On veut avoir peur ! (…) Mais on veut avoir peur pour de faux" écrit Alain Grousset ; d'où la nécessité de lire cet agréable recueil, composé de dix nouvelles organisées chronologiquement, et qui retrace les évolutions de la veine fantastique de Pline Le Jeune à Pierre Bordage... Le rapprochement peut paraître incongru, mais l'histoire de fantôme que raconte l'écrivain romain (La Maison hantée) rappelle de nombreux récits victoriens (Mrs Riddell, Dickens ou Wilkie Collins) ; on (re)lira aussi avec plaisir Ray Bradbury (Le coquillage), Gérard de Nerval, Poe ou Maupassant. Cette approche diachronique crée ainsi des connivences inattendues entre des auteurs pourtant éloignés les uns des autres, mais dont les textes ne se sont nullement affaiblis au fil du temps, car le matériau reste le même : la terreur ne connaît pas de frontières temporelles et la fiction continue de se nourrir de peurs rationnelles ou non. Une anthologie classique mais intelligente. B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

Grrrrr ! de Sophie Dieuaide, ill. Vanessa Hié Casterman Junior, dès 10 ans

Tibor du clos de la Vorgne (rien que ça !), excellent narrateur canin, est en pleine déprime : le basset ne supporte plus Marie-Amélie, sa maîtresse trop attentionnée, les promenades le long de rues bordées de marronniers tous semblables, la monotonie de son existence ou les cachets et les poudres du vétérinaire, sensés lui apporter bien-être et joie de vivre. Seule consolation : rêver à une vie dans laquelle, chien de cow-boy, il pourrait partir à l’aventure, braver des dangers et explorer des terres inconnues en compagnie de son maître inventé, John … Un jour, le vétérinaire, agacé par Marie-Amélie, conseille à cette dernière un remède qui a déjà fait ses preuves : il faut un enfant à Tibor, un gamin qui lui redonne le goût de vivre…
L’auteure prête aux animaux des qualités humaines, un anthropomorphisme échappant cependant à tous les clichés du genre et amené avec subtilité : Tibor est né chien et chien il restera, et les « toutous à mémères » ne sont pas de son goût. Rien d’abêtissant ici, plutôt une bonne dose de cocasserie et une ironie constante qui ancre assurément le récit dans le réel.
B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

Les Celtes ne mettent pas de chaussettes le dimanche de Philippe Fournier et Sébastien Heurtel, ill. Nicolas Duffaut dès 8-10 ans
L’Atelier du Poisson Soluble, collection En queue-de-poisson, 2005

Les contes loufoques et fantaisistes concoctés par Philippe Fournier et Sébastien Heurtel ont une fonction précise d’après leurs auteurs : réhabiliter les aventures célèbres des Celtes (guerriers curieux et vaillants, pour la plupart irlandais), qui avaient malheureusement été « déformées » pour cause de bouche-à-oreille et de temps qui passe… On rit de bon coeur et on sourit beaucoup en découvrant les personnages pittoresques, naïfs ou retors (paysans, lutins, gnomes, jeunes princesse, princes parfois peu amènes, enchanteurs ou troubadours…) qui peuplent ces histoires, dont certaines délibérément embrouillées, parfois (mais en apparence seulement) sans queue ni tête ; on s’amuse en particulier de Fenris et le géant vachement grand (Fenris est si menteur que les villageois ne le croient pas quand il dit avoir vu un géant…) ou de Edain, deux, trois (le titre même présage de la suite…) ou les métamorphoses successives d'une jolie princesse, malmenée par divers protagonistes. A lire dans la même collection, et dans la même veine, Le génie de l’aubergine et les mémoires de Satan, signés Pierre Cormon et illustrés par Claire Gourdin. B.L. (novembre 2005)

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La promenade d’un distrait, Gianni Rodari, ill. de Béatrice Allemagna
Seuil jeunesse, 2005 dès 5 ans

Béatrice Allemagna nous offre un album accompagné d’un dvd dans lesquels elle revisite une œuvre de Gianni Rodari, considéré comme le meilleur écrivain pour la jeunesse en Italie. L'illustratrice est elle très appréciée depuis 1996 pour son style très particulier et son illustration de bricolage, au bon sens du terme.
Quand Giovanni demande à sa maman s’il peut aller se promener seul, celle-ci lui fait toujours mille recommandations car son fils est toujours très distrait. Il part pour un petit tour, sautillant en chemin comme un moineau. Mais Giovanni est si distrait qu’il en oublie qu’il est distrait. Et voilà qu’il perd d’abord sa main, puis son bras et encore son pied...
Le dvd a été crée par l’auteur, avec l’aide de Emmanuel Feliu et Guiseppe Bianchi. Décliné en trois langues, on retrouve l’atmosphère de l’album, étoffée d’un décor plus détaillé et mis en musique (René Aubry et les Têtes raides). Entre ambiance rétro et nouvelle illustration futuriste, Béatrice Alemagna réussit pleinement à rendre la poésie du texte de Gianni Rodari.
Mélange d’art et de poésie, La promenade d’un distrait est un livre et un film d’animation magnifique à ne pas manquer. L.F. (novembre 2005)

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dès 6 ans

Où est passé mon coeur ? Anne-Claire Lévêque, Sandra Desmazières
Le Baron Perché, 2005

Une fillette s’interroge : « Où est passé mon cœur ? …on dirait que personne ne connaît la vérité… ». Et de chercher la réponse autour d’elle. Celle-ci ne sera que jeux de mots et expressions communes, voire populaires. Le docteur cherche son cœur dans son poignet ; pour sa mamie elle est « son cœur d’artichaut ». Papa voit qu’elle a « le cœur gros. Mais comment faire maigrir un truc invisible ? » ; le « mystère reste entier »… Pourtant, quand Lucas passe à côté d’elle, il lui semble bien que quelque chose se passe…
Sous forme d’interrogations, la petite fille va tenter de chercher ce cœur dont tout le monde parle, sans peut-être jamais l’avoir rencontré…la douceur des dessins et des tons favorise l’introspection de ce petit texte léger, en apparence seulement. C.G. (novembre 2005)

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L'éditeur

Sorcières, citrouilles et frissons glacés, de Natalie Zimmermann, ill. de Véronique Deiss, Nathan poche 6-8 ans, C’est la vie !

Mimi et Roxane prennent le Train des Gnomes et des Vampires pour se rendre chez leurs grand parents pour les vacances de Toussaint. Elles vont fêter Halloween avec eux. A la campagne, il y a tout ce qu’il faut : citrouille, araignée, fantôme, forêt sombre, et même des sorcières ! Mais Mimi est un peu effrayée et elle n’ose pas le dire…
Après quelques hésitations dues à la narration à la première personne, le récit de Mimi devient intéressant. On s’attache aux personnages, un brin loufoques mais si communs. Les illustrations accentuent le quotidien de l’histoire et l’horreur des peurs, mais sans en rajouter. On sait au final que ça fait du bien de se faire peur et que ces frissons glacés ne font pas de mal.
L.F. (novembre 2005)

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L'éditeur

Rio Diablo de Christophe Lambert
Magnard jeunesse, Tipik Junior, 2005, dès 10 ans

Martin, un jeune cow-boy, est chargé de ramener à Washington le chef indien Tu-Tanka, un puissant sorcier. Lors d’une étape à Rio Diablo, petite ville au beau milieu du désert, ils sont envoyés en prison ; mais dans la nuit, les cadavres enterrés au cimetière se réveillent, émergent de leurs tombes, et bientôt, la ville est infestée d’une armée de mort-vivants plutôt agressifs…
Avec ce western fantastique, Christophe Lambert délaisse le temps d'un livre la science-fiction et l’anticipation (il faut lire La loi du plus beau...) ; mais Rio Diablo reste un roman fascinant, par le biais d'un suspense rythmé et d’une ambiance peu rassurante : un shérif, une danseuse, un hors-la-loi, un Indien et des cow-boys, rassemblés pour leur survie, plongent le jeune lecteur dans une effroyable aventure...
H. A-L. & B.L. (novembre 2005)

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L'éditeur

A noter : la musique a été éditée dans la collection Grand répertoire (Gallimard), livre-cd, sous la direction de Scott Alan Prouty.

Brundibar, Tony Kushner, ill. de Maurice Sendak, Ecole des loisirs, 2005 dès 5 ans

D’après l’opéra de Hans Krasa et Adolf Hoffmeister, Maurice Sendack et Tony Kushner ont écrit une adaptation réussie. Brundibar fut créé clandestinement dans un orphelinat de Prague durant l’hiver 1942-43 et joué dans le ghetto de Therensienstadt d'où furent déportés la plupart des artistes ayant participé à la création. Maurice Sendak y retrouve ses thèmes de prédilection : la révolte, le désir de justice, le rêve. Pepicek et Aninku doivent aller à la ville chercher du lait pour leur maman malade. Mais ils n’ont pas un sou. Comment gagner de l’argent quand on est un enfant ? C’est alors qu’apparaît un horrible personnage, Brundibar, qui chante une affreuse chanson en s’accompagnant d’un orgue de barbarie. Les deux enfants font de même, mais Brundibar n’est pas d’accord. Les enfants ont pourtant besoin de se faire de l'argent ; ils vont alors demander de l’aide à tous les écoliers de la ville.
« Les méchants n’ont pas froid aux yeux », mais le rêve et la justice l’emportent. Brundibar est un livre fort et incontournable. L.F. (novembre 2005)

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L'éditeur

à propos de l'éditeur

L’est où l’doudou d’Lulu ? Michèle Moreau, Martine Bourre, Alex Grillo, Didier Jeunesse, 2005, dès 3 ans

« Un tout petit opéra pour enfants » qui mérite vraiment un détour ! Un livre complet pour entrer dans le monde du spectacle… Une histoire toute simple : Lulu se réveille en pleine nuit. Où est son doudou ? Alors elle le cherche partout, dans chaque pièce de la maison…
On soulignera d’abord la belle conception matérielle. Dans des tons très colorés, l’illustration de Martine Bourre se compose de découpages et de dessins, qui donnent un ensemble très vivant et très dynamique. Quant au texte de Michèle Moreau, il a les mêmes qualités. Même sans le cd, on peut lire l’histoire en changeant de voix pour chaque personnage : la typographie change pour chacun d’eux.
Dans le cd, des enfants chantent en chœur les aventures de Lulu, sur une musique d'Alex Grillo. Tantôt espiègles, tantôt douces, les voix des petits chanteurs sont accompagnées de jolis bruitages : marimbas, vibraphones et tablas pour jouer les bruits de la maison (lavabo, aspirateur, machine à laver).
Une belle réalisation : un régal pour les oreilles, un bonheur pour les yeux, une belle surprise pour les plus petits. L.F. (novembre 2005)

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