< littérature jeunesse >


 
novembre 2007
 

 

 

L'association Lecture Jeunesse fait paraître, quatre fois par an, une revue baptisée Lecture Jeune, qui traite spécifiquement des ouvrages pour ados. Le dossier du dernier numéro est consacrée à Arnaud Cathrine, un auteur qui navigue entre littérature générale (Sweet Home, Exercices de deuil) et littérature jeunesse (Nous ne grandirons pas ensemble, publié à L'Ecole des Loisirs, est l'un des derniers parus). Un dossier détaillé et précis, qui retrace le(s) parcours de l'auteur et analyse son rapport à l'écriture. La revue propose aussi un grand nombre de notes critiques et de recensions de parutions récentes.

Sommaire du n°123, septembre 2007.
www.lecturejeunesse.com

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Cathy Ytak

L’ombre d’Adrien de Cathy Ytak, Syros, 2007

Le suicide, sujet très difficile et souvent tabou en littérature de jeunesse, est abordé ici avec beaucoup de délicatesse. Il est vu de biais, comme une question (accident ou suicide, on n’en saura rien) et du point de vue des vivants (Olivier Adam avait choisi la même technique dans La Messe anniversaire).
Ecrit à la troisième personne, mais tout entier centré sur Jeremy qui marchait à côté d’Adrien sur le rocher d’où il est tombé, ce récit est une quête. Quête du souvenir effacé en lui des dernières secondes avant le drame, quête de la vraie personnalité de son ami et de ses relations aux autres, enfin quête de la paix intérieure qui lui permettra de vivre avec une ombre, comme beaucoup d’autres avant lui. Ainsi, le traumatisme de la mort d’un ami jeune est montré comme une chose qui arrive, parfois, et avec laquelle il faut vivre.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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Tertium éditions

Quelques présentations

Funambule de Martine Delerm, Seuil Jeunesse, 2007
Un jeune funambule est passé, un jeune funambule est mort ; ça se passe dans un pays du nard. Dessins sobres, texte poétique économe de mots et d’effets, tons doux, tout cela est charmant, mais laisse peu de traces.

Je veux un vieux Noël, de Irène Cohen-Janca, éditions du Rouergue (ZigZag), 2007
Drame de Noël : une mère écolo refuse d’acheter un sapin pour Noël. Révolte des enfants, fugue, retrouvailles et pardon autour du consensus du sapin en pot.

Les Chevaux du Paradis de Michel Cosem, Tertium, 2007
Dans un Quercy encore sauvage où des tribus capturent des chevaux sauvages, une belle histoire d’amitié entre un jeune garçon et un jeune étalon. Le thème n’est pas original, non plus que les péripéties, mais la poésie des lieux est là.
A-M. Mercier-Faivre (décembre 2007)

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Rêve de Tortue de Maïté Laboudigue, Editions du Rocher, Lo Païs d’Enfance
A partir de 5 ans

Les matins sont parfois difficiles… Le réveil n’est pas toujours un bon moment… Et quelquefois, on préfèrerait rester sous la couette. Pourquoi pas, se dit Caroline ce matin-là ? Pourquoi ne pas hiberner avec ma tortue ? Voilà c’est parti pour un mois de novembre et demi sous la couverture aux allures d’Halloween. Bientôt il est déjà décembre et cinquante minute, le père Noël ne va pas tarder, suivi en janvier des rois mages pour la galette… Mais trop traîner au lit, n’est-ce pas ennuyeux à la longue ? La couette, le lit, les draps, les coussins, tout est moelleux, douillet, tendre et voluptueux. Parti pris de la douceur, l’album sur fond blanc transporte au pays des rêves et de la poésie. Avec en trame de fond, une petite explication de la notion de temps. Pas évident, mais les enfants s’y retrouvent.
L. Fontanella (novembre 2007)

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Ces matins-là de Didier Jean et Zad, Syros A partir de 8 ans

Ce grand album de Dider Jean et Zad fête ses un an. Sitartmag le propose à cette occasion. Puisque c’est un grand album, qu’il a vécu sa première année, qu’il a été partagé, lu et relu. A chaque relecture, une émotion renouvelée.
« Ces matins-là », ce sont tous ces moments offerts à chacun de partager avec l’autre, de transmettre à son enfant, de donner de soi à autrui. Le père propose à son fils d’entrer dans ses tableaux et de découvrir le monde à travers son regard. Tout en lui laissant la liberté de son propre regard. « Ainsi au fil du temps, il l’aide à prendre son envol ». C’est une belle philosophie de vie qui est donnée : on ne peut grandir qu’en vivant soi-même les choses. C’est fondamental, capital, vital pour l’enfant. Le jeune garçon qui grandit d’année en année jusqu’à tenir lui-même le pinceau. Des couleurs soutenus, vives, un rendu peinture d’une infinie délicatesse. Un album à mettre entre toutes les mains. Au moins une fois. L. Fontanella (novembre 2007)

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Sorcier ! (vol.4) de Moka, Ecole des loisirs, 2007

Ce quatrième volume renoue heureusement avec le rythme des premiers. Plusieurs actions se déroulent en parallèle : celle du héros qui franchit une nouvelle étape de la compréhension de son rôle à défaut de savoir qui il est, celles des héroïnes qui prennent une place de plus en plus grande (la série devient quelque peu féministe), celle des traîtres qui cherchent à conquérir le petit monde dessiné par la carte du début : royaumes moyenâgeux, terres des sorciers et des mages, dunes et forêts.
Beaucoup d’humour, de l’action (parfois violente), de la stratégie et des énigmes qui restent entières en attendant le cinquième volume qui devrait sortir prochainement.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

L'éditeur

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L’alphabet fabuleux de Martin Jarrie, Giboulées, Gallimard Jeunesse, 2007

Abécédaire grand format avec des illustrations pleine page, autant de tableaux « fabuleux » au service de définitions souvent bien anciennes, issues pour la plupart des petits Larousse des éditions de 1934 à 1963. Elles ont été choisies par l’artiste pour leur portée poétique ou leur originalité. Ce qui nous offre des définitions très hétérogènes (pas toujours très accessible pour un enfant jeune), mais nous permet de voyager aussi bien dans le texte que dans l’image à travers un univers surréaliste et fantastique.
Un album (ou un livre d’art ?) que l’on se plaira à explorer à tout âge pour le plaisir des mots et des images.
F. Mattes (novembre 2007)

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Gros sur la tomate de Dominique Brisson, Syros (tempo), 2007

A l’origine, un projet généreux : faire un portrait qui ne soit pas triste d’un enfant en échec scolaire total, dyslexique, incapable du moindre esprit logique en calcul, tyrannisé puis abandonné par sa maîtresse. Ses problèmes se manifestent par des difficultés à retenir les expressions toutes faites (d’où le titre) et des réponses absurdes aux questions qu’on lui pose. Aussi généreuse soit-elle, cette entreprise suscite un malaise : faut-il souscrire à cette démolition du corps enseignant ? Peut-on rire de ses erreurs ? Faut-il croire au bonheur de cet enfant et à l’aisance de la relation avec sa mère qui font croire que la vie peut être si simple ? Qu’attend-on d’un lecteur de 10 ans face à cette histoire ?
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L'éditeur

Toni Mannaro de Manuela Salvi et Maurizio A. C. Quarello, traduit de l’italien par Marc Voline, Editions du Rouergue

Un loup saxophoniste veut entrer dans l’orchestre New Yorkais d’une chanteuse de Jazz qui s’appelle Piggy, une truie. Scandale, rejet. Il ne parviendra à fonder le groupe de ses rêves qu’en rencontrant une sympathique taupe pianiste.
Décor des années 20, avec le « catton club », belles images, mais on doute de l’intérêt de cette histoire, dont le texte en outre est assez complexe, pour les plus jeunes (l’album est censé s’adresser à eux à partir de 4 ans). Ce loup est d’ailleurs assez effrayant, d’autant plus qu’on nous affirme que non. Les plus grands pourront être interloqués par l’originalité de la couverture, en carton très épais, et séduits par ces illustrations originales et cette vision noire du New York musical qui s’achève sur un happy end.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L’invité de Rita et machin de Jean Philippe Arrou-Vignod et Olivier Tallec, Gallimard jeunesse, 2007

Une collection de petits albums carrés qui décrivent la vie de Rita, une petite fille malicieuse, et de son chien Machin. Un duo décapant qui nous entraîne avec dynamisme dans des petites histoires de la vie quotidienne. Dans ce titre, Rita décide d’inviter son voisin Bob-Edouard… qui s’avère ne pas être le compagnon de jeu vraiment idéal… Un trait au crayon très expressif, un texte simple mais plein d’humour … Une collaboration vraiment réussie et rafraîchissante, dans la même veine que Olivia, de Ian Falconer.
Un autre titre qui colle à l’actualité : Le noël de Rita et Machin.
F. Mattes (novembre 2007)

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Les trois pépins de Véronique Chéneau, Gulf Stream éditeur

Sous ce titre, un album plus haut que trois pommes et riche d’émotions fortes. De grande taille et de belle facture, cet ouvrage fait une part belle à l’illustration en page de front. L’histoire d’une vie. La profondeur du vécu est ici limitée par la grandeur des images, uniquement. Elles en sont vertigineuses, ces illustrations, elles en sont d’autant plus émouvantes. Cette vie, c’est celle d’Audrey, une vieille dame anglaise qui vit seule au bord des marais salants. Quand son chemin croise celui du jeune Thomas, leurs destins se mêlent, leurs deux solitudes se rencontrent. Elle lui raconte son amour pour un jeune résistant, il écoute et garde le secret. C’est une très belle histoire de partage, d’amour et d’avenir. De ces visages et de ces regards toujours tournés vers le levant, vers l’espoir, se dégagent un désir immense d’exister, une envie de croquer la vie à pleine dent, comme dans une belle pomme… L. Fontanella (novembre 2007)

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Les éléphants n’oublient jamais de Anushka Ravishankar et Christiane Pieper, Tourbillon, 2007

Un bébé éléphant est perdu, seul dans la forêt… Des buffles qui passaient par là vont l’adopter. Mais se pose la question de l’identité : qui est-il à présent ? Un éléphant ou un buffle ? Que va-t-il choisir ? Rejoindre sa famille biologique ou être fidèle à sa famille d’adoption ? Comme les éléphants n’oublient jamais rien…
L’histoire délicate et pleine de bonne humeur d’une adoption joyeuse, bien servie par une illustration artisanale en sérigraphie. Bel objet et belle histoire.
F. Mattes (novembre 2007)

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Le chat machin de Marcus Malte et Candice Hayat, Syros, 2007

Un jour, seul, sale et tremblotant le chat machin est arrivé… Un beau jour, las de se faire bousculer, repousser, il s’est écarté du droit chemin, il est passé par-dessus la clôture d’une villa et s’est retrouvé nez à nez… avec le chien Pacha. Et, contre toute attente, chien et chat … sont devenus amis.
Un texte en vers au service de l’exclusion, de l’amitié … Une belle écriture. Des illustrations de papiers collés assez déroutantes pour l’adulte qui font contraste avec le texte mais qui fonctionnent bien avec les enfants.
F. Mattes (novembre 2007)

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L'éditeur

Il est Où ? de Christian Voltz, Le Rouergue 2007

Christian Voltz fait preuve une nouvelle fois d’une grande originalité avec cet album, qui propose aux tout-petits une réflexion sur le corps, sous la forme d’une comptine ludique.
« Il est où ? » : question récurrente qui permet à l’auteur de faire une variation sur la construction de soi et la fragilité de chaque être. Qui se cache derrière le gros caillou ? La touffe de poils ? Le fil de fer ?...rien ! Mais si ! Un bonhomme. Attention, car si le personnage se prend les pieds dans un drôle de petit bouton, on se retrouve au début de l’histoire. L’enfant découvre la construction d’un petit bonhomme plutôt original dont chaque partie du corps apparaît au fil des pages, et se demande ce qu’il va découvrir. La surprise finale est double.
Christian Voltz connaît bien les enfants puisqu’il reprend un de leurs jeux favoris qui consiste à donner vie à des objets. Il collabore avec de nombreuses maisons d’éditions (dont le Rouergue à qui il est resté fidèle). Ces albums de format adapté pour les petits sont traduits en de nombreuses langues (le talent n’a pas de frontière …) et ses personnages fabriqués à partir d’écrous, de fil de fer…et autre récupération racontent de belles histoires et font rire petits et grands. D. Cossin (novembre 2007)

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Bêêêtes de Christian Voltz. Editions du Rouergue, 2007

Il était une fois une exposition… prétexte à l’écriture d’un petit album plein d’humour qui joue sur le sens du mot « Bête ». L’auteur nous invite à réfléchir sur la tolérance et l’intelligence. Qui est le plus bête ? Le chasseur qui aboie des ordres, le mouton qui rumine son foin, le chien qui pense… ? On en arrive à admettre qu’il arrive parfois que l’homme soit plus bête que n’importe quel animal…Vraiment drôle … même pour les adultes !
F. Mattes (novembre 2007)

L'éditeur

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Le Pinceau magique de Françoise Jay, ill. Zhong Jie, Magnard, 2007

Ce conte se rapproche des histoires classiques : un enfant pauvre, dont la constance triomphe de bien des obstacles et qui débarrasse le pays d’un méchant tyran.
C’est aussi une variation sur les pouvoirs de l’art et on y retrouve le thème de la nouvelle de Marguerite Yourcenar, « Comment Wanf fo fut sauvé » : le pinceau magique de Chen donne vie à tout ce qu’il représente et lui permet de s’échapper de sa prison et de faire partir un bateau sur la mer. Mais ici c’est le tyran qui s’embarque et est noyé (un destin de pharaon dans la Mer rouge). Les illustrations de cet album grand format sont magnifiques, en pleine page vis-à-vis du texte, sauf au moment de l’invention de la mer et du vent. Elles imitent le style des estampes chinoises, avec des distorsions de formes, des couleurs chaudes, un cadrage et un usage de l’espace originaux. Un joli conte fort bien mis en images.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L'éditeur

Les yeux qui chantent d'Alex Cousseau, éditions du Rouergue (doAdo), 2007

La mort d’une grand-mère, comment la vivre lorsqu’on a 13 ans, lorsqu’on a six ans ? les larmes qui ne viennent pas, l’incompréhension, puis le chagrin et les souvenirs.
Tout passe par les relations entre William et sa petite sœur. Elle qui a cru tout ce qu’on lui a dit (la grand-mère aimait broder et s’inventer une vie plus drôle que celle qu’elle avait vécue) et qui imagine que sa grand-mère s’est transformée en abeille, et lui qui tue cette abeille sans comprendre ce que cela va déclencher. Suit un trajet du frère et de la sœur dans la forêt, où il tente de répondre à ses questions sans lui mentir, tout en ménageant ses illusions. Un très joli texte bien écrit et sensible.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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, de Séverin Millet, Seuil, 2007

Avec le principe des albums du type « Où est Charlie », Séverin Millet nous présente ici un livre magnifique, au format large et original, aux pages colorées et bellement illustrées, dans un style très graphique, avec de nombreuses citations iconiques que les adultes se plairont à retrouver. Chaque page est indépendante des autres et propose un paysage, une nature morte, etc. dans lequel il faut trouver dix clefs cachées. Cette quête est encore plus savoureuse du fait des nombreux jeux sur le mot « clé » dans les phrases qui accompagnent les images. Un très bel objet pour une recherche qui fascinera les petits (et peut-être les autres, car tout n’est pas simple) inlassablement.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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Entre deux rives. Noël 43, de Cécile Roumiguière et Natali Fortier, Gautier-Languereau, 2007

Un beau conte de Noël, qui présente une période difficile vue à travers les yeux de deux enfants, qui sont amis malgré la haine de leurs deux familles. L’arrivée d’une jeune femme en fuite, hébergée en secret par l’une des familles, puis la naissance de son enfant provoquent la réconciliation le soir de Noël 1943.
Il n’y a pas que des bons sentiments dans cet album, malgré ce sujet : on voit que les décisions ne sont pas faciles à prendre, mais l’histoire est simple et optimiste. Les illustrations lui donnent une belle légèreté. Vignettes ou images en pleine page, papier kraft crayonné ou papier chiffon aux teintes pastel, dessins et mises en couleurs à la fois simples et très expressifs, le résultat est très beau.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L'éditeur

Prouts des prénoms de Noé Carlain et Magali Le Huche, Sarbacane 2007

Après le succès mérité de Prout de Mammouth (et autres petits bruits d’animaux) et de Prout de Pompier (et autres petits bruits des métiers), Noé Carlain (deux auteurs en un) récidive, en concoctant un nouvel ouvrage (cette fois un petit format que l’on peut garder sur soi) qui décline d’autres prouts, plus ou moins bruyants ou agréables, associés à des dizaines de prénoms par ordre alphabétique ; chacun donne lieu, sur le même principe que les ouvrages précédents, à une courte maxime en rime – les plus terre-à-terre étant parfois les plus drôles. Les rimes s’enchaînent (« Prout de Lucas, fait fuir les nanas », « Prout d’Héloïse, fais tes valises », « Prout de Léon, couette au plafond »…) pour le plus grand plaisir des enfants (de tout âge, il faut l’admettre). Une scatologie légère, sans prétention, mais dont les lecteurs ne se lassent pas, et qui s’accorde parfaitement aux mises en scènes humoristiques de Magali le Huche (qui illustrait aussi La grande roue, de Christine Beigel).
B. Longre (novembre 2007)

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L'éditeur

L’énigme de la maison Robie de Blue Balliett, traduit de l’anglais (USA) par Alice Marchand, Nathan, 2007

Blue Balliett s’est fait connaître avec L’énigme Vermeer dans le genre du roman policier culturel, popularisé il y a quelque temps par le Da Vinci Code. Ici, il s’agit d’une œuvre architecturale du 20e siècle, la fameuse maison construite par Franck Lloyd Wright pour la famille Robie en 1909 à Chicago. L’intrigue montre les deux collégiens détectives du roman précédent, Petra et Calder (une fille et un garçon) rejoints par Tommy, grand ami de Calder, très jaloux de l’amitié que celui-ci porte à Petra. Aussi l’histoire est elle tout autant celle de leur enquête que celle d’un trio qui a du mal à se former et où l’hostilité de Tommy menace à chaque instant de faire échouer leurs recherches. Un bon suspens de policier classique est augmenté par le mystère de la maison elle-même qui semble douée de vie et par une touche légère de fantastique. La lecture parallèle de L’homme invisible par Petra, qui se superpose à leurs interrogations, embrouille encore les fils, de même que l’usage des pentominos par Calder, qui exercent la logique du lecteur. Des images cachées dans les illustrations augmentent l’aspect « jeu de piste » de ce roman, complexe et ambitieux qui sert bien l’un de ses projets : montrer qu’une œuvre architecturale peut susciter bien des passions. A-M. Mercier-Faivre (nov. 2007)

 

Lire aussi
Nasredine

Nasredine et son âne de Odile Weulersse et Rebecca Dautremer, Flammarion (Père Castor), 2007

Le célèbre Nasredine Hodja de la tradition orale, à la fois simple et sage, est ici représenté dans son enfance. Chargé par son père d’aller vendre les produits de leur ferme au marché, il se fait voler son âne. Il arrive cependant à le récupérer grâce à son astuce et à son talent de conteur. Ce conte montre les pouvoirs de la parole, les effets qu’on peut produire sur un auditoire en calculant bien ses effets et les bénéfices qu’on peut retirer d’une histoire bien racontée.
L’histoire est savoureuse, le texte est simple et varié, faisant alterner narration et dialogues. Il s’inscrit tantôt dans une page blanche face aux illustrations, tantôt sur une double page d’image. Les dessins de Rebecca Dautremer sont magnifiques, dans cet album au grand format. Ils varient les points de vue, les plans, les coloris (du brun sombre au bleu pastel) et donnent aux objets, maisons, arbres, animaux, personnages, … des formes qui mettent en valeur leurs caractéristiques profondes et accompagnent l’atmosphère de chaque scène.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L'éditeur

L'article de C. Gentile

Le Mur, mon enfance derrière le rideau de fer, de Peter Sís, traduit de l’anglais par Alice Marchand, Grasset, 2007 dès 9 ans

Ouvrage résolument atypique, entre roman graphique, bande dessinée, journal intime et docu-fiction, Le Mur relate une enfance et une adolescence tchécoslovaques, de 1948 (date de la mainmise soviétique sur le pays) jusqu’à 1989, chute du mur de Berlin. Les textes sont parfaitement adaptés à de jeunes lecteurs (une simplicité qui n’arrêtera cependant pas le lecteur adulte) et les références et événements historiques successifs explicités avec soin (sans pourtant rompre le rythme narratif). Les illustrations noir et blanc, ponctuées d’interludes colorés, peuplées de petits personnages et émaillées de détails cocasses, décrivent parfois à elles seules les privations de la vie quotidienne, l’attrait de l’occident (pour une jeunesse à laquelle tout est interdit), et la lutte individuelle du jeune narrateur, qui rêve de pouvoir dessiner en toute liberté. On retiendra tout particulièrement l’originalité de la mise en page et le caractère inclassable de cet ouvrage qui revient, sans manichéisme, mais très lucidement, sur un passé proche et douloureux.
B. Longre (novembre 2007)

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Le moustique et l’hippopotame, Le papillon et le caméléon, La tortue et l’escargot, Le flamant rose et le serpent
et Quand je serai grand
de Pittau et Gervais
Gallimard jeunesse (giboulées), 2007

Construits sur le même principe que les précédents (la grenouille et le crocodile, le chat et l’oiseau,…) ces petits albums carrés et cartonnés sont joliment construits et pleins d’humour. La chute est variée : une rencontre qui s’achève en combat, en amitié, ou en situations plus cocasses.

Quand je serai grand
Considéré d’un point de vue enfantin, quand on est grand, que fait-on ? tout ce qu’on ne peut pas faire ou ne doit pas faire auparavant. On grandit de partout, on se transforme (des images assez drôles représentent les interrogations des enfants), et vient le temps des responsabilités, le moment où peut-être on se sentira à nouveau tout petit. Un bon support pour parler de tout cela.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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Benjamin Lacombe

Les Amants Papillons de Benjamin Lacombe, Seuil jeunesse 2007

Benjamin Lacombe, dont on avait déjà apprécié le travail dans Cerise Griotte, met cette fois en scène et en mots un conte d’origine chinoise (souvent surnommé le « Roméo et Juliette chinois »), ici transposé dans le Japon médiéval, où deux amoureux se voient cruellement séparés pour ensuite se rejoindre dans la mort. Mais le point de vue est avant tout celui de Maoko, jeune fille à l’âme subversive, bien décidée à vivre selon ses désirs – figure rebelle dans une société ultra codifiée, où chacun est sommé de jouer le rôle attribué à la naissance. Avant de lire cette tragique histoire d’amour, c’est d’abord la qualité graphique de l’album qui attire l’œil – l’épure du trait, la grâce des personnages, l’expressivité de leurs visages, pourtant empreints d’une certaine fixité… tout se conjugue pour donner l’impression que des tableaux vivants sont joués devant nous. Cette théâtralité confère un beau classicisme à l’ensemble et le lecteur, jeune ou moins jeune, s’attardera longtemps et souvent sur les pages de ce bel album grand format qui ne rentrera sur aucune étagère… B. Longre (novembre 2007)

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Dans ma maison, il y a… de Delphine Chedru, Seuil jeunesse (album à compter), 2007

Pour compter jusqu’à 10 (et même 23, mais c’est une blague), on fait entrer dans la maison le père, la mère, une chaussette, etc. A chaque page, se répètent les éléments précédents suivis du nouveau.
Ce joli petit album carré, cartonné, propose une page d’image face à une page proposant le chiffre. Celui ci est imprimé dans une matière rugueuse et brillante, faite pour être touchée, caressée. Des couleurs vives, un dessin très stylisé et drôle, une liste d’objets un peu hétéroclite qui permet de jouer sur la mémorisation.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L’oiseau grognon, de Jeremy Tankard, Seuil, 2007

Cet album séduira les plus jeunes : par son histoire, très simple et répétitive (l’oiseau qui s’est réveillé sans avoir envie de rien décide de marcher. Il rencontre d’autres animaux ; chacun à son tour lui demande ce qu’il fait et l’imite) ; par sa fin, drôle et surprenante, ; par ses dessins, très colorés, mêlant plusieurs techniques et proposant en premier plan les images très fortement stylisées des animaux.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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L'éditeur
lire aussi Gabriel

La mort du grand Pupu d’Elisabeth Motsch - L’école des loisirs (Mouche), 2007

Une histoire classique : du fait de l’imprudence d’une sorcière un monstre sévit dans un royaume, il faut envoyer un champion pour le tuer, et cela tombe sur le prince, bien sûr. Ledit prince, très enfantin, n’est pas emballé. Après avoir tenté d’agir en consultant la sorcière, assez nulle, il est bien obligé d’affronter le monstre.Celui-ci se révèle attendrissant, le prince commence à le comprendre, d’où une nouvelle interrogation : faut-il absolument tuer les monstres ? Quelle autre solution peut-on imaginer ?
La fin de l’histoire permet de résoudre le problème au mieux sans répondre vraiment à la question, qui a le mérite tout de même d’avoir été posée…
Les illustrations de Philippe Dumas, excellentes, parfois légèrement décalées par rapport au texte, sont très savoureuses et font voir toute la fantaisie et la poésie de cette histoire légère et pleine d’humour.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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Toupie et confettis, d’Ann et Paul Rand, Seuil jeunesse 2007

Toupie et confettis est un livre sur les mots, pour faire découvrir aux petits le pouvoir et la musicalité du langage de tous les jours. Un livre tout en délicatesse qui décrit un concept qui n’est pas facile à appréhender pour un enfant : qu’est-ce qu’un mot ?
Des exemples parlants et variés sont proposés : « Les mots c’est pour dire ce que tu penses à l’intérieur de toi, les mots se sont les gens que tu aimes, les mots disent aussi ce que tu peux faire : courir, sauter et bien t’amuser…. »
Ann et Paul Rand créent des œuvres dans lesquelles le dessin répond avec justesse au texte, et où les illustrations minimalistes laissent place à la poésie. Un livre intemporel qui n’a pas pris une ride depuis sa première édition en 1957.
F. Mattes (novembre 2007)

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L'éditeur

Lettres des Iles Baladar de Jacques Prévert, Illustré par André François, Gallimard (1952), 2007

Une belle réédition d’un texte enchanteur, plein de rêve et d’humour et d’illustrations faites du vivant de Prévert, qui ont le mérite d’être en accord avec le texte : ces îles Baladar (en fait il n’y est question que d’une) ne sont pas prétextes à chromos, à joliesse, à un déploiement de couleurs, elles sont un paysage mental, fort bien rendu par le noir et blanc et les forts crayonnés d’André François. C’est une fable et une satire : le trait caricatural lui sied. Quant au contenu du texte, trop connu pour qu’on en fasse le détail, disons qu’il y a l’histoire d’une île qui vivait en paix, qu’on veut annexer lorsqu’on découvre qu’elle possède des mines (d’or, mais ce pourrait être tout autre chose), de ses habitants qui se révoltent, du singe balayeur, des oiseaux… Tout un monde d’utopie, une fable sur la colonisation, l’exploitation, et qui finit bien.
A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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La troisième fille de Nefertiti, de Françoise Jay, Magnard (Tipik), 2007

C’est le troisième volume des aventures de la bande du vieux Lyon (les 6 compagnons de la Croix-Rousse ont dévalé la pente et ne sont plus que 4, dont trois filles). Chaque volume est consacré à une enquête policière autour de l’Egypte ancienne et les directeurs de musée, experts, etc. n’ont qu’à bien se tenir, tant nos jeunes détectives sont efficaces (un peu Club des cinq aussi). C’est tant mieux car l’écriture n’est pas plus originale que l’intrigue. Ce troisième volume ajoute à la dimension policière un gramme de fantastique : l’héroïne principale a des « pouvoirs », les adversaires aussi, et le suspens tourne autour de qui arrivera à dominer l’autre, etc. Bien mené, avec des décors intéressants (comme dans les autres volumes, on nous propose une visite d’un aspect mal connu de Lyon – ici les souterrains), c’est un livre qui captivera les jeunes amateurs du genre. A-M. Mercier-Faivre (novembre 2007)

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