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< littérature
jeunesse - novembre 2006>
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Mathurin de Natali
Fortier, Albin Michel Jeunesse, 2006
dès7-8 ans
On avait aimé Lili
Plume (Goncourt jeunesse 2005) et l’univers
étonnant sorti de l’imagination de Natali Fortier.
La poésie est à nouveau au rendez-vous avec
Mathurin, un petit être bien triste que tous rejettent
– « un bon à rien » pour
l’institution scolaire, invisible pour ses parents.
Le salut viendra de l’écrivaine (tiens ?) croisée
dans un parc et de la plume qu’il lui chipe et qui lui
donnera enfin des ailes… Partant à l’aventure,
l’enfant malicieux rencontre une affreuse reine, une
confrérie étrange et d’autres mal-aimés
comme lui, qui « broient du noir »…
Le littéral et le métaphorique ne cessent de
s’entremêler avec finesse, à l’image
des fils que Mathurin parviendra pourtant à démêler
afin de venir au secours de ses compagnons, les « oubliés
». L’histoire est belle et les illustrations plus
encore, entre crayonné et esquisse, conférant
à l’ensemble la qualité que l’on
attend d’un véritable livre d’artiste –
ce qu’est assurément Natali Fortier.
B. Longre (nov. 2006) |
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Une journée de chien de
Walter Emmanuel & Cecil Aldin, traduit
de l’anglais par Frédéric Brument, le
Rocher jeunesse, 2006 dès
6-7 ans
Ce journal canin, d’une impertinence rare, provoque
immanquablement le rire, toutes générations
confondues. Un chien roublard et glouton raconte une journée
qui, selon lui, serait « on ne peut plus monotone
»… Entre deux sommes, il passe le plus clair
de son temps à voler de la nourriture qui ne lui est
pas destinée (s’attirant les foudres de la chatte
de la maison) et ne cesse d’en être malade…
Ces tranches de vie désopilantes, ponctuées
de réflexions qui ne sont pas tendres pour les humains
qui l'entourent , forment un petit livre délicieusement
atemporel. Paru en Grande-Bretagne en 1902, ce récit
atypique n’a rien perdu de son mordant, bien au contraire,
et en dit long sur la façon dont les animaux domestiques
étaient déjà perçus à l’époque
– rien n’a changé, semble-t-il… B.
Longre (nov. 2006)
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L'éditeur |
En rentrant de l’école
de Maïa Brami et Yann Autret, Grasset
jeunesse, 2006 dès7-8 ans
La route est parfois longue pour un petit garçon qui
doit rentrer seul de l’école… pour la première
fois. Longue comme le temps d’une histoire qui décrit
par le menu les impressions, les angoisses et les petits bonheurs
d’un enfant sur le chemin de l’autonomie, un enfant
heureux d’être enfin considéré comme
un « grand » mais qui rencontre encore quelques
obstacles dans cette belle entreprise. Faut-il rentrer en
courant, flâner en chemin – au risque d’en
oublier la nuit qui tombe – ou bien se montrer prudent,
éviter de se faire peur et penser à la surprise
qui attend dans la cuisine ?
Les émotions de la première fois sont habilement
évoquées par la plume douce et sereine de Maïa
Brami et par la mise en images de Yann Autret – qui
convoque des palettes pastel et changeantes pour les décors,
en contraste avec le petit personnage à la gaucherie
attendrissante. Un récit d’apprentissage plein
de justesse, entre réalité et imaginaire, qui
donne vraiment envie de grandir ! B.
Longre (nov. 2006)
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L'éditeur
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Et nous ? de Dorothée de Monfreid,
L’école des Loisirs, 2006 dès
4 ans
Quand Madame Coincoin voit éclore ses sept œufs,
elle n’a d’yeux que pour le dernier né,
son « petit canard chéri », le
seul à qui elle donne un prénom. Les six autres
? Trop vilains à son goût. Ils ont beau essayer
de se faire aimer de leur mère, rien n’y fait.
Bien heureusement, l’intervention de leur père
redonnera le sens des réalités à Madame
Coincoin, un peu penaude d’avoir ainsi rejeté
ses petits…
L’attachement maternel, les rivalités enfantines
et le rôle du père sont habilement évoqués
dans cette fable familiale en apparence bien anecdotique,
et pourtant marquée au coin du bon sens. Les plus jeunes
lecteurs s’amuseront de l’inversion concoctée
par l’auteure (qui détourne évidemment
l’histoire du Vilain petit canard) et les plus grands
liront beaucoup d’autres choses entre les lignes…
B. Longre (nov. 2006) |
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Nom d’une plante ! de
Muriel Hazan & Sophie Fleury, Vilo jeunesse
2006 dès 6 ans
Les gros plans photographiques de ce bel album documentaire
éveillent d’emblée l’attention des
jeunes lecteurs. On entre ainsi dans l’univers de la
botanique avec plaisir, en découvrant les plantes autrement
– des dizaines de plantes connues ou exotiques, chacune
présentée en détail par un court texte
(abordable dès 6 ou 7 ans) et bien sûr par le
biais des photographies de Muriel Hazan, botaniste de formation,
qui, cela se sent, cherche avant tout à faire partager
une passion. Le parti pris de donner d’abord le nom
commun, toujours très évocateur, des plantes
(et non leur appellation latine), ajoute à l’aspect
ludique et vivant de cette encyclopédie : le cactus
raquette (plutôt que « opuntia echios), le bonnet
de cardinal (plutôt que « Euonymus europaeus »),
le figuier étrangleur, la langue à vieille femme,
le moule à tarte ou la fiente d’oiseau –
les jardins botaniques devraient en prendre de la graine !
B. Longre (nov. 2006)
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Cécile
Geiger |
J’ai deux maisons de
Cécile Beaucourt & Cécile Geiger
– Gautier Languereau, 2006 dès
4 ans
Comment un enfant peut-il accepter la séparation de
ses parents ? Thierry Lenain aborde déjà ce
thème dans C’est
une histoire d’amour, un album qui
dit tout haut les choses, telles qu’elles sont. Même
si le texte est ici plus simple, c’est sur ce même
principe que se fonde la démarche des auteures de J’ai
deux maisons, où une petite fille se
fait l’observatrice de la vie des deux personnes qui
comptent le plus pour elle, deux adultes qui « ont
arrêté d’être amoureux. ».
L’histoire de cet enfant qui raconte son chagrin, puis
ses petits bonheurs quand elle se réconcilie avec la
vie, est éclairée par le travail pictural original
de Cécile Geiger, qui donne à voir chaque émotion
de la narratrice. Un livre à mettre entre toutes les
mains. B. Longre (nov. 2006)
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Une si jolie rencontre de
Martine Laffon et Fabienne Burckel, Seuil
jeunesse, 2006 - dès 8 ans
Bel album grand format, pudique et tendre, Une
si jolie rencontre relate en réalité
deux rencontres : celle de deux fillettes avec le passé
de leur grand-mère, et celle de cette dernière
avec Lucien, mort en 1915 à la guerre, et qu’elle
a aimé. Les peintures de Fabienne Burckel redonnent
de la texture au passé lointain et la grand-mère
en question n’est jamais vue que sous les traits d’une
jeune fille au visage radieux – qui ressemble justement,
à l’une des deux petites – dans une atmosphère
afréablement rétro. C’est une lettre trouvée
un peu par hasard qui dévoile un pan de vie de leur
grand-mère ; une vieille dame qui fait soudain l’effet
d’être quelqu'un d'autre… Le dialogue transgénérationnel
se met en place par le biais des mots, mais les enfants n’en
discutent pas, trop émues par cette découverte,
préférant laisser les roses du jardin garder
les secrets et les blessures du passé…
B. Longre (nov. 2006)
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L'éditeur
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L’affaire Jules Bathias, de
Patrick Pécherot, Syros 2006 dès
12 ans
Au collège, Madame Trouchain propose de travailler
sur la généalogie. Valentin Moineau, dit «
crâne de piaf », garçon rêveur
et souvent « à côté de la plaque
», n’est d’abord pas certain de «
vouloir remonter le cours de la vraie vie ».
N’est-ce pas plus drôle de « s’inventer
» des histoires ? Mais en fouillant dans la «
cantine» de son papy, Val se voit tel Barberousse devant
son coffre à trésors et se prend au jeu…
D’ailleurs, juste avant de mourir, son père avait
justement commencé un arbre généalogique
: sur une des branches une photo sépia représente
Jules Bathias, ancien « poilu » mort en 1917.
A côté du nom de l’arrière-arrière-grand-père
de Val, un point d’interrogation rouge : de quoi intriguer
le garçon et l’embarquer dans une quête
effrénée du passé.
Patrick Pécherot, d’un style alerte et percutant,
mêle souffrances d’hier et d’aujourd’hui
dans une enquête grave qui réveille, panse et
déplace de vieilles douleurs… « L’affaire
» est instructive, menée de façon sensible
et dynamique, parfaitement adaptée à un public
adolescent.
M. Falgayrac (nov. 2006)
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Comment parler des arts premiers aux
enfants d’Isabelle Glorieux-Desouche,
Le Baron perché, 2006
Ce guide n’est pas destiné aux enfants –
du moins pas directement ; mais il permettra à des
adultes soucieux de parfaire leurs connaissances, d’apprendre
à aborder les arts premiers pour ensuite partager ces
découvertes avec les plus jeunes. Trente œuvres
sélectionnées pour leur richesse esthétique,
venues de quatre continents (Afrique, Asie, Amériques
et Océanie) et exposées dans divers musées,
sont généreusement commentées à
partir d’observations naïves ou de remarques très
lucides – qui pourraient parfaitement provenir d’enfants
(« elle montre ses seins ! », «c’est
très coloré !», «ses yeux sont vides
! »). Les explications témoignent d’un
souci exemplaire de clarté pédagogique, sans
pourtant imposer d’interprétations figées,
laissant la place à l’imaginaire. L’auteure,
spécialiste des arts premiers (et non plus «primitifs
») a tenu à expliciter certaines différences
terminologiques (art/artisanat, autochtone/indigène…),
propose d’éclairantes analyses sur la perception
fluctuante de ces arts – souvent dévalorisés
par le passé – et rappelle utilement qu’il
« n’existe qu’une seule espèce
humaine »…
B. Longre (nov. 2006)
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dès 3 ans |
La girafe, / Le kangourou de
Pittau & Gervais Seuil jeunesse, 2006
Son cou fait trois fois la hauteur d’un enfant de trois
ans… Sa langue est si longue qu’elle s’en
sert de lasso pour manger les plus hautes branches…
Elle a de bons yeux qui lui permettent de voir jusqu’à
deux kilomètres… C’est la girafe ! Il peut
faire des bonds de dix mètres et sauter au-dessus de
trois voitures alignées… Il supporte très
bien les fortes températures, même plus que 45°C…
Il peut rester deux mois sans boire… C’est le
kangourou !
Pour connaître ces deux animaux, ces livres documentaires
animés sont parfaits. Tirer, soulever, faire glisser
pour découvrir la naissance, les amours, les amis et
les ennemis, l’alimentation, les activités...
On va de découvertes en surprises par des chemins détournés
et bien fléchés. Un graphisme très coloré
et simple et les dessins au pourtour noir de Pittau &
Gervais expliquent sans prétention. En jouant, on apprend.
Même les grands ! L.
Fontanella (nov. 2006)
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