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Dans la rue de
Xavier Emmanuelli, Clémentine Frémontier, Olivier
Tallec, Le baron perché, 2006 dès
13 ans
Quatre portraits de « naufragés de la vie
» qui grâce au Samu Social ont réussi
à reprendre goût à la vie. Quatre portraits
bouleversants qui retracent le parcours de ces gens ordinaires
qui un jour ont sombré, se sont parfois résignés
à leur condition. Ces silhouettes furtives et fatiguées
qui peuplent nos villes et que l’on ne voit même
plus. Les illustrations d’Olivier Tallec, toute en délicatesse
et sobriété, aux contours flous et couleurs
sombres traduisent bien la condition de ces exclus. Un album
à découvrir dès l’adolescence pour
changer encore un peu notre regard sur l’exclusion,
« cette maladie de la modernité »
Une note positive, certains, grâce à la persévérance
des équipes du Samu social (qui est ici soulignée)
reprennent le cours de leur vie, se réinsèrent
dans la société.
F. Mattes (mars 2007)
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L'éditeur |
La grenouille
et le crocodile, le chat et l’oiseau de
Pittau et Gervais, Gallimard jeunesse (giboulées),
2007
Récits en images et en kit pour tout petits
Première étape, la construction : le chat, puis
l’oiseau, ou la grenouille, puis le crocodile, apparaissent
d’abord en morceaux sur les pages : les moustaches d’un
côté, la truffe de l’autre, etc. le premier
animal bondit, rencontre sa proie ou son prédateur
en pièces détachées. Celui-ci se construit
à son tour et enfin l’événement
se produit : le chat mange l’oiseau tout rond mais le
recrache dans un rôt ; le crocodile qui a avalé
la grenouille s’en va en sautant sur place au gré
des sauts de sa locataire.
Ces petits albums cartonnées carrés proposent
des histoires très simples sous une forme très
ingénieuse. Celle-ci semble très propice à
faire parler les tout petits. A-M.
Mercier-Faivre (mars 2007)
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L'éditeur |
Réservé
à ceux d’Audren-
L’école des loisirs (neuf), 2007
dès 8 ans
Vive le vent ! Alizé n’a jamais
connu son père, ne sait même pas son nom ni son
prénom. Elle est, d’après sa mère,
« la fille d’un courant d’air ».
De cette simple phrase, elle a construit une vérité
: son père est le vent. Elle sent sa présence,
connaît ses humeurs et ses douceurs. Sur la plage, tandis
que sa mère s’abrite autant qu’elle peut
ou s’enferme, Alizé attend le vent, autant dire
le prince charmant. Celui-ci s’incarne dans un beau
moniteur de planche à voile (un peu trop âgé
pour elle et qui la prend pour ce qu’elle est : une
petite fille). L’histoire de ses rêves et de sa
déception est assez banale, hors le fait qu’un
séjour trop prolongé au soleil lui fait avoir
une vision tout à fait étrange et énigmatique
(d’où le titre), ce qui donne à ce roman
plein de fantaisie une allure encore plus particulière.
C’est très bien écrit et le point de vue
d’Alizé – narratrice – sur sa mère,
sur les êtres qui peuplent la plage ou sur son hallucination
rend le récit très savoureux. Ajoutons que le
happy-end (du moins du côté d’une vision
un peu plus réaliste des choses) qui fait qu’Alizé
et sa mère se retrouvent enfin satisfera tout le monde.
A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)
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Olivia et sa
fanfare, Ian Falconer,
Seuil jeunessse 2007
Et voilà le retour en fanfare d’Olivia, transformée
en femme orchestre à l’aide de casseroles, jouets
et autres artifices. Elle va réussir à elle
toute seule à faire autant de bruit qu’une vraie
fanfare ! Nous suivons sans nous lasser le moins du monde
les tribulations de la petite cochonne toujours pleine d’entrain,
d’idées, de malice. Ian Falconer croque à
merveille les attitudes de la vie quotidienne, les illustrations
sont toujours pleines d’humour et le ton toujours aussi
juste : on s’y croirait !
Ses illustrations d’ordinaire en rouge, noir et blanc
jouent cette fois-ci avec d’autres couleurs ; du bleu
pour Olivia et un magnifique feu d’artifice multicolore.
En bouquet final : une chute fracassante ! Un album vraiment
réussi, une série qui ne s’essouffle pas,
voire qui s’enrichit de trouvailles au fil des parutions.
F. Mattes (mars 2007)
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Mini Zoo Logique
et Mini-presque tout de
Joelle Jolivet, Seuil Jeunesse, 2007
Les imagiers très réussis de Joëlle Jolivet
(Zoo logique et Presque
Tout) de très grand format nous sont
désormais proposés en version poche. Les illustrations
ne souffrent pas de leur petite taille, et sont toujours aussi
élégantes et précises (réalisées
en linogravure). La forme est la même : une accumulation
d’images qui habitent harmonieusement l’espace.
Seules 6 planches sur 13 ont été sélectionnées
à partir de la version originale et les explications
qui se trouvaient à la fin de l’ouvrage ont été
supprimées. Cette version cartonnée et simplifiée
permettra à de très jeunes enfants de s’y
plonger à volonté. Le format permet même
une manipulation plus facile.
Dans Mini Zoo logique on découvre toutes sortes de
bêtes classées selon leurs lieux d’habitation.
Dans Mini presque tout, on se promène dans le monde
à travers les costumes, les moyens de locomotion, les
maisons et les instruments de musique. Un plaisir des yeux
pour les plus petits et les plus grands ! F.
Mattes (mars 2007)
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L'éditeur
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Une faim de
crocodile de Pittau et Gervais,
Gallimard jeunesse (giboulées), 2007
Une nouvelle collaboration de Francesco Pittau et Bernadette
Gervais, dans laquelle on retrouve l’humour qui caractérise
leurs ouvrages (comme dans le titre) mais, cette fois, dans
un album plutôt grand format (30x 24). Il s’agit
d’un crocodile qui a une faim dévorante et mange
tout ce qui lui tombe sous la dent, tous les insectes, tous
les oiseaux, les mammifères, les poissons, les végétaux
puis la terre elle-même…Où s’arrêtera-t-il
?
On suit le périple du crocodile et on découvre,
au fil de sa quête, des planches d’animaux, de
végétaux… des croquis au crayon noir éclairés
de taches de couleur. Le texte est très simple, bien
servi par l’illustration, qui fait penser à Mini
Zoo Logique. Un album dont le propos est peut-être à
mettre en relation avec Miam de
Christian Roux.
F. Mattes (mars 2007)
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L’heure
du bisou d’Antoine Guilloppé,
Gautier Languereau, 2007
Des bisous, des bisous partout… Dans l’eau, Maman
éléphant embrasse son petit….Normal !
Sur la blanche banquise … L’ours blanc embrasse
l’orque. Bisou improbable ? Des bisous pour toutes les
occasions, de tous temps ….
Un album aux couleurs chatoyantes qui nous fait découvrir
que la tendresse peut être partout. Antoine Guilloppé
propose des associations étonnantes, parfois des rapprochements
les plus inattendus : le guépard embrasse la girafe,
le loup, l’écureuil)
Une belle réussite graphique, un album à découvrir
dès le plus jeune âge.
F. Mattes (mars 2007)
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Les éditions du jasmin fêtent
cette année leurs dix ans. Leurs objectifs : «éditer
des livres pour la jeunesse au sens large (de la petite enfance
à l'adolescence, dans des genres très différents…)
et de faire découvrir les cultures du monde entier»
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Au fil du temps.
Maryvonne Le Quellec, Frank Lanot
Editions du Jasmin, 2006 dès
4 ans
Frank Lanot et Maryvonne le Quellec avaient déjà
collaboré en 2003 en réalisant un abécédaire
sur le thème du voyage, Le tour du monde
en vingt-six lettres. Cet album tout en délicatesse
effeuille les mois de l’année. Le texte est simple
mais poétique et rythmé. Les illustrations,
faites de découpages, sont très réussies.
Les couleurs sont chatoyantes et accompagnent le texte qui
est lui-même en couleur avec un jeu sur la disposition
: le rapport texte image est particulièrement réussi.
C’est comme une invitation au voyage dans le temps et
dans l’espace et l’ensemble est aérien
et plein de charme.
Ce bel album qu’il fait bon feuilleter devrait plaire
en particulier aux enseignants de Maternelle toujours à
la recherche de livres mettant en jeu le temps qui passe.
F. Mattes (mars 2007)
parution récente, chez le même éditeur
Frida Kahlo. Les ailes froissées
de Pierre Clavilier
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L'éditeur |
Mona Lisa et
moi d’Elena Villovitch
- L’école des loisirs (neuf), 2007
dès 8 ans
Paris, mode d’emploi
Thomas habite à Champilly sur Gardon, mais ce n’est
pas pour autant qu’il doit tout ignorer des difficultés
du vaste monde, au contraire. Ainsi, lorsqu’il part
voir sa tante à Paris, il a dans le train des angoisses
de rencontres de pickpockets, voire de voleurs d’enfants
et fait l’apprentissage difficile de l’orientation
et de l’usage du bon sens en toutes circonstances. Ce
n’est pas non plus une raison de ne pas savoir quoi
voir à Paris : il a déjà décidé,
ce sera le moulin rouge et la Joconde.
Zazie inversé (c’est un garçon, il s’exprime
bien, est respectueux des usages et voit le métro sans
l’avoir demandé), il a comme point commun avec
elle la déception par rapport à l’objet
principal de son désir de Paris (Mona Lisa est invisible)
et déploie une certaine naïveté dans ses
visites : la mosquée de Paris, la mode, les touristes,
la Goutte d’Or, la cuisine exotique, les filles - enfin,
une fille… l’étonnent). Il offre ainsi
un assez joli exemple (peut-être un peu désuet
?) du petit provincial à Paris. A-M.
Mercier-Faivre (mars 2007)
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L'éditeur
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Le baume du dragon
de Sylvana Gandolfi,
traduit de l’italien par Faustina Fiore, Panama, 2007
dès 11 ans
Chamailleries en Himalaya
Sylvana Gandolfi ne s’embarrasse pas de vraisemblance,
on le sait : chez elle souvent un certain réalisme
se mêle à la fantaisie la plus généreuse.
Ici, la fable est d’emblée du côté
du merveilleux : un cinquantenaire mange le baume du dragon
qu’il devait remettre à la Kumari (déesse
vivante) de Katmandu. Conséquence : il rajeunit à
vue d’œil (un an par jour) et doit pour échapper
à la mort aller chercher l’antidote dans une
vallée de l’Himalaya avec la Kumari elle-même
(10 ans).
Aventures (on croise même le Yéti et une avalanche),
couleur locale (le Népal apparaît de façon
assez fidèle, du moins vu par un touriste), amour et
drôlerie. Celle-ci n’est pas toujours subtile
(le touriste et sa femme sont traités de façon
très caricaturale), mais tout cela est bien enlevé.
A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)
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L'éditeur |
Le chat au pays
des nombres d'Ivar Ekeland, illustré
par John O’Brien, Le Pommier 2006 dès
6 ans
Maths pour tous (ou Cantor et Hilbert pour les petits)
Il y avait une fois un hôtel infini, dans lequel habitaient
les nombres. Le un habitait dans la chambre 1, le deux dans
la chambre 2, le trois millions huit cent trente trois mille,
dans la 3 833 000, etc.
A partir de là, on cherche à déplacer
ces nombres pour en faire entrer d’autres, ou pour y
placer les lettres de l’alphabet. S’en suivent
toute une série de jeux mathématiques qui ont
pour but de faire comprendre la notion d’infini (notion
que le chat a bien du mal à se représenter),
celle de nombres pairs et impairs, celle de fractions, et
de faire différentes opérations. Tout cela étant
inspiré de deux grands mathématiciens, Cantor
et Hilbert.
L’histoire tient, elle est cocasse, les nombres prennent
vie avec les illustrations de J. O’Brien, les explications
à propos de notions complexes sont claires et progressent
bien, c’est un bel exemple de fiction adaptée
à la connaissance scientifique. A-M.
Mercier-Faivre (mars 2007)
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L'éditeur
dès 11 ans
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Les terribles
aventures du capitaine Crochet de J. V. Hart,
Flammarion, 2006
traduit de l'anglais par Alice Marchand
Impasse au pays de nulle-part
Raconter l’histoire d’un personnage secondaire
d’un texte célèbre dans un autre roman,
c’est en général une bonne idée.
Ici, elle n’est pas si bonne. En effet, le capitaine
Crochet de Peter Pan n’est pas vraiment un personnage,
de même que les indiens, ou les sirènes. On pourrait
aller au-delà et dire que développer l’un
ou l’autre des personnages de Peter Pan n’est
pas une bonne idée, tant ils sont délibérément
schématiques et troués, mais ce serait peut
être aller un peu vite et négliger des oeuvres
qui ont pu être des réussites.
Donc ici, Crochet. On ouvre le livre, sans parti pris, pour
voir, en se disant que l’entreprise est originale. Et
ce qu’on voit c’est des personnages qui ne sont
pas plus consistants, mais sont dans des rôles, des
scènes convenues qui mettent en œuvre les ressorts
de l’humiliation et le sadisme. Une entreprise de justification
de la cruauté, sans mystère, sans poésie,
sans raison aucune. J’avoue, je ne suis pas allée
jusqu’au pays de nulle-part : rien ne m’y attirait.
A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)
lire aussi L’Habit rouge
de Peter Pan de G.McCaughrean - Pocket jeunesse |
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L'éditeur
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Sorcier ! 3 :
le premier temps du chaos de
Moka L’école des loisirs (neuf),
2007 dès 9 ans
Sorcier ! à suivre…
Un peu d’essoufflement ? le rythme endiablé des
tribulations de Finn, l’anti-héros de la série
Sorcier ! semble se ralentir. On n’est
plus aussi pris, il y a des longueurs, et ce troisième
tome dont on pensait qu’il allait clore une trilogie
s’avère être un simple autre volume au
milieu d’une suite dont on ne sait combien de tomes
elle comportera.
Il y a de beaux moments pourtant. La pédagogie anti-superstitieuse
menée par Finn reprend des idées de Fontenelle
(celle notamment de l’Origine des fables ou de l’Histoire
des oracles) qui seraient mises à la portée
des enfants. Et pendant ce temps, la guerre et les complots
qui se trament sentent leur Machiavel. Cela reste donc un
plaisir de retrouver ce héros, mais on se demande si
cette saga si bien commencée supportera la durée
(à suivre, donc !). A-M.
Mercier-Faivre (mars 2007)
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