< littérature jeunesse >


 
mars 2007

 

Dans la rue de Xavier Emmanuelli, Clémentine Frémontier, Olivier Tallec, Le baron perché, 2006 dès 13 ans

Quatre portraits de « naufragés de la vie » qui grâce au Samu Social ont réussi à reprendre goût à la vie. Quatre portraits bouleversants qui retracent le parcours de ces gens ordinaires qui un jour ont sombré, se sont parfois résignés à leur condition. Ces silhouettes furtives et fatiguées qui peuplent nos villes et que l’on ne voit même plus. Les illustrations d’Olivier Tallec, toute en délicatesse et sobriété, aux contours flous et couleurs sombres traduisent bien la condition de ces exclus. Un album à découvrir dès l’adolescence pour changer encore un peu notre regard sur l’exclusion, « cette maladie de la modernité » Une note positive, certains, grâce à la persévérance des équipes du Samu social (qui est ici soulignée) reprennent le cours de leur vie, se réinsèrent dans la société.
F. Mattes (mars 2007)

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L'éditeur

La grenouille et le crocodile, le chat et l’oiseau de Pittau et Gervais, Gallimard jeunesse (giboulées), 2007

Récits en images et en kit pour tout petits Première étape, la construction : le chat, puis l’oiseau, ou la grenouille, puis le crocodile, apparaissent d’abord en morceaux sur les pages : les moustaches d’un côté, la truffe de l’autre, etc. le premier animal bondit, rencontre sa proie ou son prédateur en pièces détachées. Celui-ci se construit à son tour et enfin l’événement se produit : le chat mange l’oiseau tout rond mais le recrache dans un rôt ; le crocodile qui a avalé la grenouille s’en va en sautant sur place au gré des sauts de sa locataire.
Ces petits albums cartonnées carrés proposent des histoires très simples sous une forme très ingénieuse. Celle-ci semble très propice à faire parler les tout petits. A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

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L'éditeur

Réservé à ceux d’Audren- L’école des loisirs (neuf), 2007 dès 8 ans

Vive le vent ! Alizé n’a jamais connu son père, ne sait même pas son nom ni son prénom. Elle est, d’après sa mère, « la fille d’un courant d’air ». De cette simple phrase, elle a construit une vérité : son père est le vent. Elle sent sa présence, connaît ses humeurs et ses douceurs. Sur la plage, tandis que sa mère s’abrite autant qu’elle peut ou s’enferme, Alizé attend le vent, autant dire le prince charmant. Celui-ci s’incarne dans un beau moniteur de planche à voile (un peu trop âgé pour elle et qui la prend pour ce qu’elle est : une petite fille). L’histoire de ses rêves et de sa déception est assez banale, hors le fait qu’un séjour trop prolongé au soleil lui fait avoir une vision tout à fait étrange et énigmatique (d’où le titre), ce qui donne à ce roman plein de fantaisie une allure encore plus particulière.
C’est très bien écrit et le point de vue d’Alizé – narratrice – sur sa mère, sur les êtres qui peuplent la plage ou sur son hallucination rend le récit très savoureux. Ajoutons que le happy-end (du moins du côté d’une vision un peu plus réaliste des choses) qui fait qu’Alizé et sa mère se retrouvent enfin satisfera tout le monde. A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

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Olivia et sa fanfare, Ian Falconer, Seuil jeunessse 2007

Et voilà le retour en fanfare d’Olivia, transformée en femme orchestre à l’aide de casseroles, jouets et autres artifices. Elle va réussir à elle toute seule à faire autant de bruit qu’une vraie fanfare ! Nous suivons sans nous lasser le moins du monde les tribulations de la petite cochonne toujours pleine d’entrain, d’idées, de malice. Ian Falconer croque à merveille les attitudes de la vie quotidienne, les illustrations sont toujours pleines d’humour et le ton toujours aussi juste : on s’y croirait !
Ses illustrations d’ordinaire en rouge, noir et blanc jouent cette fois-ci avec d’autres couleurs ; du bleu pour Olivia et un magnifique feu d’artifice multicolore. En bouquet final : une chute fracassante ! Un album vraiment réussi, une série qui ne s’essouffle pas, voire qui s’enrichit de trouvailles au fil des parutions. F. Mattes (mars 2007)

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Mini Zoo Logique et Mini-presque tout de Joelle Jolivet, Seuil Jeunesse, 2007

Les imagiers très réussis de Joëlle Jolivet (Zoo logique et Presque Tout) de très grand format nous sont désormais proposés en version poche. Les illustrations ne souffrent pas de leur petite taille, et sont toujours aussi élégantes et précises (réalisées en linogravure). La forme est la même : une accumulation d’images qui habitent harmonieusement l’espace. Seules 6 planches sur 13 ont été sélectionnées à partir de la version originale et les explications qui se trouvaient à la fin de l’ouvrage ont été supprimées. Cette version cartonnée et simplifiée permettra à de très jeunes enfants de s’y plonger à volonté. Le format permet même une manipulation plus facile.
Dans Mini Zoo logique on découvre toutes sortes de bêtes classées selon leurs lieux d’habitation. Dans Mini presque tout, on se promène dans le monde à travers les costumes, les moyens de locomotion, les maisons et les instruments de musique. Un plaisir des yeux pour les plus petits et les plus grands ! F. Mattes (mars 2007)

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L'éditeur

Une faim de crocodile de Pittau et Gervais, Gallimard jeunesse (giboulées), 2007

Une nouvelle collaboration de Francesco Pittau et Bernadette Gervais, dans laquelle on retrouve l’humour qui caractérise leurs ouvrages (comme dans le titre) mais, cette fois, dans un album plutôt grand format (30x 24). Il s’agit d’un crocodile qui a une faim dévorante et mange tout ce qui lui tombe sous la dent, tous les insectes, tous les oiseaux, les mammifères, les poissons, les végétaux puis la terre elle-même…Où s’arrêtera-t-il ?
On suit le périple du crocodile et on découvre, au fil de sa quête, des planches d’animaux, de végétaux… des croquis au crayon noir éclairés de taches de couleur. Le texte est très simple, bien servi par l’illustration, qui fait penser à Mini Zoo Logique. Un album dont le propos est peut-être à mettre en relation avec Miam de Christian Roux.
F. Mattes (mars 2007)

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L’heure du bisou d’Antoine Guilloppé, Gautier Languereau, 2007

Des bisous, des bisous partout… Dans l’eau, Maman éléphant embrasse son petit….Normal ! Sur la blanche banquise … L’ours blanc embrasse l’orque. Bisou improbable ? Des bisous pour toutes les occasions, de tous temps ….
Un album aux couleurs chatoyantes qui nous fait découvrir que la tendresse peut être partout. Antoine Guilloppé propose des associations étonnantes, parfois des rapprochements les plus inattendus : le guépard embrasse la girafe, le loup, l’écureuil)
Une belle réussite graphique, un album à découvrir dès le plus jeune âge.
F. Mattes (mars 2007)

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Les éditions du jasmin
fêtent cette année leurs dix ans. Leurs objectifs : «éditer des livres pour la jeunesse au sens large (de la petite enfance à l'adolescence, dans des genres très différents…) et de faire découvrir les cultures du monde entier»

Au fil du temps. Maryvonne Le Quellec, Frank Lanot
Editions du Jasmin, 2006 dès 4 ans

Frank Lanot et Maryvonne le Quellec avaient déjà collaboré en 2003 en réalisant un abécédaire sur le thème du voyage, Le tour du monde en vingt-six lettres. Cet album tout en délicatesse effeuille les mois de l’année. Le texte est simple mais poétique et rythmé. Les illustrations, faites de découpages, sont très réussies. Les couleurs sont chatoyantes et accompagnent le texte qui est lui-même en couleur avec un jeu sur la disposition : le rapport texte image est particulièrement réussi. C’est comme une invitation au voyage dans le temps et dans l’espace et l’ensemble est aérien et plein de charme.
Ce bel album qu’il fait bon feuilleter devrait plaire en particulier aux enseignants de Maternelle toujours à la recherche de livres mettant en jeu le temps qui passe.
F. Mattes (mars 2007)

parution récente, chez le même éditeur
Frida Kahlo. Les ailes froissées de Pierre Clavilier

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L'éditeur

Mona Lisa et moi d’Elena Villovitch - L’école des loisirs (neuf), 2007 dès 8 ans

Paris, mode d’emploi
Thomas habite à Champilly sur Gardon, mais ce n’est pas pour autant qu’il doit tout ignorer des difficultés du vaste monde, au contraire. Ainsi, lorsqu’il part voir sa tante à Paris, il a dans le train des angoisses de rencontres de pickpockets, voire de voleurs d’enfants et fait l’apprentissage difficile de l’orientation et de l’usage du bon sens en toutes circonstances. Ce n’est pas non plus une raison de ne pas savoir quoi voir à Paris : il a déjà décidé, ce sera le moulin rouge et la Joconde.
Zazie inversé (c’est un garçon, il s’exprime bien, est respectueux des usages et voit le métro sans l’avoir demandé), il a comme point commun avec elle la déception par rapport à l’objet principal de son désir de Paris (Mona Lisa est invisible) et déploie une certaine naïveté dans ses visites : la mosquée de Paris, la mode, les touristes, la Goutte d’Or, la cuisine exotique, les filles - enfin, une fille… l’étonnent). Il offre ainsi un assez joli exemple (peut-être un peu désuet ?) du petit provincial à Paris. A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

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Le baume du dragon de Sylvana Gandolfi, traduit de l’italien par Faustina Fiore, Panama, 2007 dès 11 ans

Chamailleries en Himalaya
Sylvana Gandolfi ne s’embarrasse pas de vraisemblance, on le sait : chez elle souvent un certain réalisme se mêle à la fantaisie la plus généreuse. Ici, la fable est d’emblée du côté du merveilleux : un cinquantenaire mange le baume du dragon qu’il devait remettre à la Kumari (déesse vivante) de Katmandu. Conséquence : il rajeunit à vue d’œil (un an par jour) et doit pour échapper à la mort aller chercher l’antidote dans une vallée de l’Himalaya avec la Kumari elle-même (10 ans).
Aventures (on croise même le Yéti et une avalanche), couleur locale (le Népal apparaît de façon assez fidèle, du moins vu par un touriste), amour et drôlerie. Celle-ci n’est pas toujours subtile (le touriste et sa femme sont traités de façon très caricaturale), mais tout cela est bien enlevé.
A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

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Le chat au pays des nombres d'Ivar Ekeland, illustré par John O’Brien, Le Pommier 2006 dès 6 ans

Maths pour tous (ou Cantor et Hilbert pour les petits)
Il y avait une fois un hôtel infini, dans lequel habitaient les nombres. Le un habitait dans la chambre 1, le deux dans la chambre 2, le trois millions huit cent trente trois mille, dans la 3 833 000, etc.
A partir de là, on cherche à déplacer ces nombres pour en faire entrer d’autres, ou pour y placer les lettres de l’alphabet. S’en suivent toute une série de jeux mathématiques qui ont pour but de faire comprendre la notion d’infini (notion que le chat a bien du mal à se représenter), celle de nombres pairs et impairs, celle de fractions, et de faire différentes opérations. Tout cela étant inspiré de deux grands mathématiciens, Cantor et Hilbert.
L’histoire tient, elle est cocasse, les nombres prennent vie avec les illustrations de J. O’Brien, les explications à propos de notions complexes sont claires et progressent bien, c’est un bel exemple de fiction adaptée à la connaissance scientifique. A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

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L'éditeur

dès 11 ans

Les terribles aventures du capitaine Crochet de J. V. Hart, Flammarion, 2006
traduit de l'anglais par Alice Marchand

Impasse au pays de nulle-part
Raconter l’histoire d’un personnage secondaire d’un texte célèbre dans un autre roman, c’est en général une bonne idée. Ici, elle n’est pas si bonne. En effet, le capitaine Crochet de Peter Pan n’est pas vraiment un personnage, de même que les indiens, ou les sirènes. On pourrait aller au-delà et dire que développer l’un ou l’autre des personnages de Peter Pan n’est pas une bonne idée, tant ils sont délibérément schématiques et troués, mais ce serait peut être aller un peu vite et négliger des oeuvres qui ont pu être des réussites.
Donc ici, Crochet. On ouvre le livre, sans parti pris, pour voir, en se disant que l’entreprise est originale. Et ce qu’on voit c’est des personnages qui ne sont pas plus consistants, mais sont dans des rôles, des scènes convenues qui mettent en œuvre les ressorts de l’humiliation et le sadisme. Une entreprise de justification de la cruauté, sans mystère, sans poésie, sans raison aucune. J’avoue, je ne suis pas allée jusqu’au pays de nulle-part : rien ne m’y attirait.
A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

lire aussi L’Habit rouge de Peter Pan de G.McCaughrean - Pocket jeunesse

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L'éditeur

Sorcier ! 3 : le premier temps du chaos de Moka L’école des loisirs (neuf), 2007 dès 9 ans

Sorcier ! à suivre…
Un peu d’essoufflement ? le rythme endiablé des tribulations de Finn, l’anti-héros de la série Sorcier ! semble se ralentir. On n’est plus aussi pris, il y a des longueurs, et ce troisième tome dont on pensait qu’il allait clore une trilogie s’avère être un simple autre volume au milieu d’une suite dont on ne sait combien de tomes elle comportera.
Il y a de beaux moments pourtant. La pédagogie anti-superstitieuse menée par Finn reprend des idées de Fontenelle (celle notamment de l’Origine des fables ou de l’Histoire des oracles) qui seraient mises à la portée des enfants. Et pendant ce temps, la guerre et les complots qui se trament sentent leur Machiavel. Cela reste donc un plaisir de retrouver ce héros, mais on se demande si cette saga si bien commencée supportera la durée (à suivre, donc !). A-M. Mercier-Faivre (mars 2007)

 

 

   
 
 
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