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< littérature
jeunesse - mars 2004>
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dernières
brèves
février
2004

L'éditeur |
L’homme qui levait des pierres,
de Jean-Claude Mourlevat
Petite Poche, Thierry Magnier 2004 à
partir du CP
« Ruper Oaza est l’homme le plus fort du
monde », assurent les adultes. Le petit Peio, «
maigre comme un poulet plumé », rêve
d’apprendre lui aussi à lever des pierres. Il
se demande quand même pourquoi le colosse a toujours
l’air si triste. Après des mois de leçons
éreintantes, puis cinq années occupées
à « ne pas grossir », le frêle
garçon affronte l’ultime épreuve face
à la roche de granit… Un miracle se produit et
la tristesse du géant « s’envole
» avec Peio…
Après la sagesse de L’homme qui ne
possédait rien en 2002, puis la malice
de L’homme à l’oreille coupée
en 2003, voici le don de L’homme qui levait
des pierres. Aux enfants de se créer
les images des trois contes courts qui parlent de la vie :
choix, vérités, apprentissages. Vivement le
quatrième homme…
M.F. (mars 2004)
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L'éditeur
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Entre terre et ciel,
Eric Sanvoisin, illustrations de Eric Héliot
Dès 8-9 ans
Milan poche cadet 2004
Depuis son accident qui l’a cloué dans un fauteuil
roulant, Killian se sent « la moitié de quelqu’un
» et ne supporte plus de vivre au ralenti. «
Tête de mule et fier de l’être »,
il persuade son père de l’inscrire dans un club
d’escalade.
Se déplacer n’est déjà pas une
mince affaire dans la vie quotidienne ! Le projet suscite
tant d’incrédulité que le papa de Killian
s’acharne. Enfin, M. Loiseau, le vieux casse-cou au
fichu caractère, met le garçon à l’épreuve…
Le récit tendre, jamais pathétique, et les dessins
aux couleurs franches traduisent les difficultés de
l’expérience. Le lecteur complice apprécie
la victoire émouvante d’un p’tit aventurier
qui « ira loin, même sans ses jambes
»…
M.F. (mars 2004)
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L'éditeur
L'auteur
L'auteur
- bis |
Toi et Moi
de Rascal Didier jeunesse Dès
5 ans
Toi et Moi est un album sans textes,
un imagier d’une grande finesse visuelle. L’ouvrage
est axé sur la représentation symbolique d’un
ensembles de signes qui « font sens ».
Le fonctionnement des images par associations d’idées
est très large et diversifié. Un parallèle
est souvent établi entre l’homme et l’animal.
Un « toi » et « moi » qui se répondent
dans la différence et l’acceptation. L’album
débute sur une figure de l’homme, évoquée
par deux symboles distincts. Puis d’autres analogies
suivront… une main bien ouverte sur ses cinq doigts
est face à une fourmi campée sur ses multiples
pattes ; un hippocampe vert anis (majestueusement découpé
sur un fond rouge) fait face à un cheval fougueux (violet
sur fond vert), ainsi les deux « chevaux » de
terre et de mer se rencontrent. Tout comme le parapluie qui
ouvre grand son armature face à la chauve souris qui
étend ses ailes. L’album s’achève
sur une plume pointée en direction de l’autre
page, qui n’est autre qu’une… feuille blanche.
à remplir par le lecteur, nous prouvant ainsi que cette
chaîne de vie est infinie. Un livre d’une grande
qualité graphique, par un auteur remarquable, dans
lequel la couleur joue un rôle essentiel. C.G.
(mars 2004)
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L'éditeur
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J'explore la forêt vierge /
J'explore le bord du ruisseau Dès
4 ans
C. Allaire / C. Delafosse
Gallimard jeunesse, 2004
La collection « mes premières découvertes
» s'enrichit de nouveaux titres, le principe de la loupe
de papier (fournie avec l'ouvrage) fonctionnant toujours très
bien, car il permet une appropriation visuelle progressive.
J'explore la forêt vierge incite
le jeune lecteur/explorateur à partir à la découverte
de quelques animaux minuscules, qu'il ne risque pas de rencontrer
tous les jours : le colibri, la sauterelle épineuse,
la rainette-singe ou encore la cicadelle, un insecte impressionnant,
muni d'une redoutable aiguille. On pourrait penser que le
bord du ruisseau (J'explore le bord du ruisseau)
réserve moins de surprises, ce monde-là étant
géographiquement plus proche… mais pas du tout
! Car certaines des petites bestioles présentées
ici, comme la ranatre ou le gyrin, ne nous sont pas vraiment
familières… une façon de donner envie
aux enfants d'aller voir de plus près, concrètement,
à l'aide d' une vraie loupe cette fois !
B.L. (mars 2004)
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L'éditeur |
Le livre d’yeux S.
Delabruyère, photos J.M Fiess.
Dès 5 ans
T. Magnier, 2003, album hors collection
Le livre d’yeux répertorie
de nombreuses expressions de la langue française liées
à ce vocable, avec le "clin d’œil"
ludique qui caractérise les éditions T.Magnier.
« Faire les yeux doux », « ne
pas avoir les yeux dans sa poche »… un passage
en revue de ce qu’un enfant peut regarder, du trou de
la serrure à l’assiette que l’on redessine
quand « on a les yeux plus gros que le ventre
»… La première page commence par «
Moi j’aime …ouvrir de grands yeux »
et la dernière finit sur le coucher « Puis
il fait noir. Tout le monde croit qu’on dort. Mon œil
! ».
L’idée de l’album n’est pas sans
rappeler le livre de fesses, superbe et déroutant,
mais l’impact en est bien moindre. Même si le
texte est riche et captivant, les images restent souvent muettes,
suscitent peu d’engouement et ne s'accordent pas toujours
à l’univers imaginaire de l’enfant. C.G.
(mars 2004) |
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L'éditeur
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Le fantôme du bagne
Jean-Yves Loude, illustrations
d’Alex Godard
les p’tits fantastiques Magnard jeunesse, Dès
7 ans
Les parents de Zé ont quitté les terres arides
du Cap Vert, à la recherche d’une vie meilleure.
La musique nourrit le petit garçon et son grand-père
qui sont restés au pays et forment un duo très
recherché... Zé peut aller à l’école,
le jour, dans une prison désaffectée. Un soir,
il doit y retourner, avec son accordéon : Esperança
l’a convaincu de jouer pour son père «
le prisonnier qui gémit la nuit dans le bagne de
Tarrafal » ! Zé affronte vaillamment la
peur et rapporte de l’expédition une «
chanson interdite » ; dès lors la chance
lui sourit…
Les couleurs estompées accentuent la mélancolie
du récit qui reprend les thèmes traditionnels
d’amour, d’espoir et de liberté chers aux
Capverdiens. Un joli roman pour découvrir une culture
et une enfance d’ailleurs…
M.F. (mars 2004)
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L'éditeur |
Louise croit encore aux fées
Sophie Tasma
(L'Ecole des Loisirs, Neuf, 2004) Dès
9 ans.
"Louise croit encore aux fées",
elles lui sont d’un grand secours quand elle est triste
et perdue, ce qui arrive souvent. A cause de Nicolas et Nieves,
qui sont beaux et amoureux, à côté d’elle
qui est « ordinaire ». A cause de son père,
méchant avec elle et avec sa mère, car il voulait
un garçon pour continuer sa lignée de diamantaire.
Esther-la-clocharde aide Louise, alors que celle-ci lui emprunte
3 pièces d’or. Elle sera punie pour ce méfait,
mais en rendant les pièces une à une, sera libérée,
protégée par sa « fée ».
Maintenant qu’elle a grandi, Louise n’a plus peur.
Elle va retrouver l’amour de son père, qui lui
explique sa douleur ; Nieves et Nicolas deviennent ses amis,
et elle pourra enfin avoir confiance en elle. C’est
un livre qui demande de voir au-delà de la réalité,
pour la transformer. Ainsi, Esther-la-clocharde est une archéologue
renommée, et le papa de Louise est surtout un homme
qui souffre… Un roman où les fées fabriquent
des « manteaux de joie » pour les enfants
tristes, pour aider à comprendre et accepter la réalité,
parfois très dure quand on a onze ans.
C.G. (mars 2004) |
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L'éditeur
L'auteur |
La légende du jardin japonais
Arnauld Pontier, illustrations François
Place
(Albin Michel jeunesse) Dès
7-8 ans.
Il y a très longtemps, « par égoïsme
», un puissant seigneur perdit sa fille, une jolie princesse
dont le cœur avait battu très fort pour un jeune
étudiant. Parti pour la guerre, décidé
à mourir, le samouraï sortait pourtant toujours
indemne des combats. Un petit pot de terre cuite ne le quittait
jamais et semblait agir en talisman…
Avec cette légende qui parle d’amours, l’un
pur et éternel, l’autre passionné et perdu,
Arnauld Pontier invente l’origine des jardins miniatures,
ornés d’une élégante statuette,
« porte-bonheur » des maisons japonaises. Les
illustrations de François Place rappellent les estampes
traditionnelles et leurs couleurs atténuent les souffrances
qui émanent de ce beau «conte de sagesse»…
M.F. (mars 2004) |
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Au revoir et bon vent Tormod
Haugen illustrations de Nadja
(L'Ecole des Loisirs, Mouche, 2003) Dès
7 ans. L'éditeur
Grégoire et Gloria décident de s’aimer
« jusqu’à ce que le temps s’arrête
». Ils échangent des bagues en guise de
serment. Pendant le week-end, chacun vie l’absence de
l’autre comme un vide, si grand que lorsqu’ils
se retrouvent c’est bien peu (« n’y
a-t-il que ça après tout ce manque que j’ai
ressenti ? »). Puis Gloria trouve la bague de Grégoire,
dans l’herbe, près du banc où elle l’attend,
dans «leur» parc. La souffrance s’abat sur
elle, « dans son cœur le crépuscule
était total ».
Le reste sera la reconquête du cœur de l’un
et de l’autre, à travers les lettres et les non-dits.
L’auteur traduit avec une pointe d’humour tous
les tourments qui traversent l’amour, avant qu'il ne
dure, peut-être, toute une vie. Nous attendrons avec
impatience la suite des aventures de Grégoire et Gloria.
C.G. (mars 2004) |
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L'éditeur |
le nuage immobile
Michèle Ferri (Sarbacane, 2003) Dès
9 ans.
Voici un album de poésie pure. L’histoire d’un
homme qui avait rendez-vous avec un nuage… Un homme
face à la mer « par une aube sans vent ».
A travers ses jumelles, il voit la vague engloutir le navire
qui passe ; seule la fumée flotte, « intacte
», tel un « nuage immobile » qui
s’obscurcit. Dans la chaleur du soleil, représentée
par une lumière d’or pur, jour après jour,
l’homme se sent happé par ce nuage noir et décide
d’aller le voir en barque. Arrivé sous le nuage,
celui-ci est secoué « de spasmes profonds »
; une pluie de larmes s’écoule alors sur l’homme
et sur la mer : « je regarde le nuage pleurer sur
moi ». La vie peut alors continuer.
Une écriture patiente et contemplative, des illustrations
d’une poésie éblouissante, chaque image
est un tableau immobile de peintre. La force des dessins est
si intense que ça pourrait être une histoire
sans paroles. C.G. (mars 2004) |
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