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< littérature
jeunesse - mai-juin 2005>
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L'éditeur |
C'est la rentrée Amélie
Grault, textes d'Antonin Poirée, PetitPOL,
2005
dès 4 ans
Chaque album de « la petite classe »
met en scène l’histoire particulière d’un
de ses élèves et porte ainsi un regard particulier
sur le petit groupe d’amis. C’est
la rentrée ! raconte l’arrivée
de Yasmine dans la petite classe et ses premières impressions
: «Ils sont tous un peu bizarres dans ma classe»,
soupire-t-elle. Carla la timide parle d’une toute petite
voix, le petit rouquin est un bébé pleurnichard.
Et en plus, Yasmine est jolie. Elle attire donc les regards
des garçons et la jalousie de certaines filles, surtout
des deux jumelles qui se moquent d’elle. Ces pestes
passent leur temps à embêter les autres : elles
volent le lapin d’Amandine et jouent avec le cartable
de Marco. Yasmine intervient pour remettre les choses en ordre,
suscitant l’admiration de la petite classe. Elle se
voit alors décerner la carte de membre du club des
copains de la petite classe ; une belle récompense
pour la nouvelle venue ! L.C. (juin
2005)
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Toute rouge ! Amélie
Grault, textes d'Antonin Poirée, PetitPOL,
2005
Le problème de Carla, ce n’est pas vraiment
d’être timide, c’est surtout que ça
se voit. A chaque fois qu’elle doit se mettre en avant,
elle devient toute rouge et la petite classe ne peut s’empêcher
de rire. Marion se met alors en tête d’aider Carla.
Après avoir essuyé de cuisants échecs,
Carla doit se rendre à l’évidence : elle
doit faire avec. Le lendemain, l’occasion se présente
de tourner cet inconvénient en sa faveur : alors qu’un
conducteur est sur le point d’écraser la petite
classe sur le chemin de la piscine, Carla devient toute rouge,
obligeant le chauffeur à s’arrêter…
au rouge ! Carla nous en fait voir de toutes les couleurs
; elle passe du rouge de la timidité au rouge de la
frayeur pour finir, acclamée par la petite classe…
rouge de plaisir !
L.C.
(juin 2005) |
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L'éditeur
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Anton et les filles,
Ole Könnecke, l’école des
loisirs 2005, dès 4 ans
Deux fillettes jouent dans le bac à sable. Anton aimerait
bien se joindre à elles et leur propose sa pelle puis
son seau, mais elles ne lui jettent même pas un regard.
Il fait rouler sa «supergrosse» voiture
: elles ne réagissent toujours pas. Il saute et s’active
pour leur montrer comme il est fort et ingénieux !
Rien n’y fait! A bout d’arguments, le pauvre éclate
en sanglots… Les filles accourent…
Ole Könnecke dessine cette dramatique enfantine avec
tendresse et sobriété : sur fond blanc, d’un
trait noir et économe de couleurs, il traduit efficacement
les efforts de son petit héros avide de compagnie.
Après les tons dominants jaune et orange, un éclat
unique de bleu dans la dernière scène annonce
le danger et un sentiment terrible, la jalousie… Tout
n’est pas encore gagné pour Anton ! Jeux et émotions
sont si évidents qu’on pourrait se passer du
texte qui accompagne fidèlement les images. Mais le
narrateur insiste et on l’écoute avec plaisir.
M.F. (juin 2005)
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L'éditeur
L'auteur |
Tout en Haut de
Mario Ramos, Pastel, 2005, dès
3 ans
Avec un petit bruit de pas très seyant, « plop,
plop, plop », le crocodile s’en va escalader la
montagne, mais reste recalé en bas, la mine dépitée
: « Oh ! dommage. Bien essayé quand même.
Bravo le crocodile ! ». Ainsi de suite, l’éléphant,
le rhinocéros, « houf, houf, houf ! »,
la girafe, « pom, pom, pom », et… le singe,
« hi, hi hi ! ».
La superposition de l’un va favoriser l’ascension
de l’autre : « le singe sur la girafe sur le rhinocéros
sur l’éléphant sur le crocodile ».
Mais « BaDaBoum », voilà que tout s’écroule.
Et la fin de nous réserver une surprise espiègle.
Du plus gros au plus large, du plus grand au plus petit, qui
donc parviendra au sommet de cette montagne ? Le plus malin
peut-être… Cet ouvrage ne manque ni d’humour
ni d’allant, et la chaîne d’animaux n’est
pas sans rappeler les sentiments humains, évocateurs
de fourberie, de roublardise, mais aussi d’amitié
et d’espièglerie. Un album à confier à
tous les adversaires de la compétition ! C.G
.(juin 2005)
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L'éditeur
L'auteur
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Mon arbre ami, de
Maïa Brami et Ingrid Monchy, Casterman
2005 dès 5 ans
«Personne ne serait plus jamais seul»
si chacun avait son propre «arbre ami»
pour partager bonheurs, peines et secrets. Il suffirait de
le rechercher et de le reconnaître… Victor s’accroche
à cette idée soudaine qui le rassure ; il imagine
l’«arbre ami» qui sera le sien. Il le voit
immense, lumineux, prospère et généreux.
Le «petit poète», comme le nomme
tendrement sa maman, parviendra-t-il à trouver le compagnon
qu’il espère ?
Les illustrations aux couleurs chaudes intègrent naturellement
la musique douce du texte. Toutes sur double page, riches
de l’univers familier de l’enfance, elles participent
à l’ambiance onirique de l’album. Victor
rêve d’avenir, se détache un peu de sa
maman pour découvrir un ami merveilleux : il lui prête
toutes les qualités qu’il aimerait lui-même
posséder. Ce bel hymne, entonné dans l’imagination
de Victor, imprégné de confiance et d’amour
pour la nature, traduit l’espoir de grandir… Un
projet pour la vie…
M.F. (juin 2005)
Maïa Brami a écrit deux romans
pour adolescents, publiés par Grasset Jeunesse : Vis
ta vie Nina, qui a obtenu le Prix
Chronos 2002 et Les pères aussi ont leurs
secrets.
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L'éditeur
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Cinq sorcières, Nathalie
Kuperman, ill. Jean-Luc Englebert, Mouche
de l’école des loisirs, 2005, dès
6 ans
Laides et repoussantes à souhait, les présentes
sorcières, anciennes et nouvelles créations
de l’auteur, acceptent de faire quelques entorses à
leur réputation. Rapapouille devient coquette pour
son prince charmant, Joukipic apprécie le chocolat
sans crachat, Crimini achète comme tout le monde ses
gigots chez le boucher et Clochemine soigne sa fille en maman
attentionnée ; quant aux ennemies de Crapeluche, voilà
qu’çelles prennent l’habitude de se laver
les dents.
Les récits courts et structurés de Nathalie
Kuperman, fidèlement illustrés, répondent
à l’attrait naturel des jeunes lecteurs pour
les descriptions monstrueuses, les mixtures répugnantes
et les mots aux résonances burlesques. Mais les sorcières
traditionnelles se révèlent ici presque sympathiques
et humaines… On leur pardonne de continuer à
s’asperger du parfum « Pet-de-puce sauvage
». A lire et à relire, pour mimer le dégoûté
et rire à volonté. M.F.
(mai 2005)
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L'éditeur
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Tu peux toujours courir ! de Jo Hoestlandt
Nathan 2005, dès 10-12 ans
En classe, les autres se moquent de Johnny parce qu’il
bégaye, qu’il tarde à comprendre et qu’il
rêve. Alors, bien sûr, Daphné lui fait
l’effet d’un «extraterrestre» car
elle étudie chez elle avec un prof particulier : c’est
trop de chance ! Or on se moquait d’elle aussi lorsqu’elle
allait à l’école, mais parce qu’elle
était trop brillante… La solitude des deux enfants
les rapproche et les rend curieux l’un de l’autre.
Daphné initie son ami à la lecture plaisir et
lui démontre que les mots peuvent alimenter le rêve.
Johnny l’emmène courir et lui apprend «sa»
rue, dont il est « le roi ».
Jo Hoestlandt, d’une écriture sensible et juste,
raconte comment les différences, en nourrissant l’amitié
et le partage, deviennent des richesses. Le titre ne correspond
pas à l’expression familière qui refuse
l’espoir. Ici il s’agit d’un élan
vers l’avenir : « Tu peux toujours courir
», très vite, «filer comme le
vent» pour dépasser l’hostilité
ou la haine et commencer à apprivoiser l’humanité.
M.F. (mai 2005)
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L'éditeur
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Alain Crozon (Seuil jeunesse,
2005) dès 3-4 ans
Des bêtes dans mes affaires / C’est cassé
/ J’aime
C’est d’abord les illustrations aux tons vifs,
pleines de drôlerie, qui attirent l’œil (jeune
ou moins jeune), les traits simples et volontairement maladroits
d’Alain Crozon. Des bêtes dans mes affaires,
un petit album à l’agréable format poche,
propose des comptines rimées dans lesquelles les animaux
prennent des poses humaines (l’araignée qui tricote
ou la brebis se goinfrant de spaghettis…) et n’en
font qu’à leur tête, en s’immisçant
dans l’existence quotidienne du jeune narrateur. S’adressant
aux lecteurs, ce sont des animaux, encore et toujours, que
l’on retrouve dans les beaux albums cartonnés
C’est cassé et J’aime.
Ces narrateurs, respectivement une chatte et un lapin, ne
cessent de commettre des bêtises, la plupart du temps
sans en prendre conscience, et les enfants se reconnaîtront
volontiers dans ces petits héros joyeux et facétieux,
qui se comportent comme eux. Trois ouvrages à partager
avec les plus petits.
B.L. (mai 2005)
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L'éditeur |
Garçon ou fille de
Terence Blacker, traduit
de l’anglais par Stéphane Carn, Gallimard jeunesse,
2005 dès 12 ans
Quand un cousin d’Amérique aux
cheveux longs et au fichu caractère, (mais il vient
de perdre sa mère) s’installe dans la famille
de Matthew, ce dernier comprend à quel point sa petite
vie tranquille risque d’être perturbée.
Il impose à l'arrogant cousin une épreuve de
taille : se faire passer pour une fille durant la semaine
de rentrée des classes ; une façon de se venger
des «trois garces» qui empoisonnent Matthew et
ses amis depuis l’école primaire. Mais l'Américain
endosse si bien son rôle, devenant la coqueluche de
l’école, que les garçons commencent à
s’inquiéter…
Les traits psychologiques virent parfois à la caricature
et certaines péripéties sont très invraisemblables
– il reste que ce roman impertinent, en décrivant
quelques parcours individuels, fait émerger les a
priori que filles et garçons portent sur le sexe
opposé (regards entretenus par la binarité du
monde adulte) et propose une relecture tolérante et
amusante des rapports entre les genres, loin de tout stéréotype
: l’inversion des rôles impose une prise de conscience
salutaire que les jeunes lecteurs devraient apprécier.
B.L. (mai 2005)
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L'éditeur
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Créations de la nature, cahier
printemps-été, Playbac, 2005
dès 5 ans
Ce joli cahier d’activités conjugue délicatesse
et humour et, tout en guidant les créateurs en herbe,
leur permet de laisser voguer leur imagination, au fil de
leurs envies ou de leurs lubies : à l’aide des
dizaines d’autocollants accompagnant l’ouvrage
(des photographies de belle qualité de fruits, feuilles,
galets, ou de paires d’yeux), les personnages, la faune
et la flore prennent vies ou sont réinventés
; l’enfant est invité à colorier, peindre,
découper, ou coller et à remplir ces trente-deux
pages de créatures uniques. Une façon intelligente
et ludique de s’approprier l’acte artistique et
de développer sa créativité, loin des
carcans scolaires et des travaux d’imitation qui, souvent,
limitent par trop l’imaginaire enfantin. B.L.
(mai 2005) |
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