< littérature jeunesse - mai-juin 2005>


octobre-novembre 2004

 



L'éditeur

C'est la rentrée Amélie Grault, textes d'Antonin Poirée, PetitPOL, 2005
dès 4 ans

Chaque album de « la petite classe » met en scène l’histoire particulière d’un de ses élèves et porte ainsi un regard particulier sur le petit groupe d’amis. C’est la rentrée ! raconte l’arrivée de Yasmine dans la petite classe et ses premières impressions : «Ils sont tous un peu bizarres dans ma classe», soupire-t-elle. Carla la timide parle d’une toute petite voix, le petit rouquin est un bébé pleurnichard. Et en plus, Yasmine est jolie. Elle attire donc les regards des garçons et la jalousie de certaines filles, surtout des deux jumelles qui se moquent d’elle. Ces pestes passent leur temps à embêter les autres : elles volent le lapin d’Amandine et jouent avec le cartable de Marco. Yasmine intervient pour remettre les choses en ordre, suscitant l’admiration de la petite classe. Elle se voit alors décerner la carte de membre du club des copains de la petite classe ; une belle récompense pour la nouvelle venue ! L.C. (juin 2005)

Toute rouge ! Amélie Grault, textes d'Antonin Poirée, PetitPOL, 2005

Le problème de Carla, ce n’est pas vraiment d’être timide, c’est surtout que ça se voit. A chaque fois qu’elle doit se mettre en avant, elle devient toute rouge et la petite classe ne peut s’empêcher de rire. Marion se met alors en tête d’aider Carla. Après avoir essuyé de cuisants échecs, Carla doit se rendre à l’évidence : elle doit faire avec. Le lendemain, l’occasion se présente de tourner cet inconvénient en sa faveur : alors qu’un conducteur est sur le point d’écraser la petite classe sur le chemin de la piscine, Carla devient toute rouge, obligeant le chauffeur à s’arrêter… au rouge ! Carla nous en fait voir de toutes les couleurs ; elle passe du rouge de la timidité au rouge de la frayeur pour finir, acclamée par la petite classe… rouge de plaisir !
L.C. (juin 2005)

< haut >

L'éditeur

Anton et les filles, Ole Könnecke, l’école des loisirs 2005, dès 4 ans

Deux fillettes jouent dans le bac à sable. Anton aimerait bien se joindre à elles et leur propose sa pelle puis son seau, mais elles ne lui jettent même pas un regard. Il fait rouler sa «supergrosse» voiture : elles ne réagissent toujours pas. Il saute et s’active pour leur montrer comme il est fort et ingénieux ! Rien n’y fait! A bout d’arguments, le pauvre éclate en sanglots… Les filles accourent…
Ole Könnecke dessine cette dramatique enfantine avec tendresse et sobriété : sur fond blanc, d’un trait noir et économe de couleurs, il traduit efficacement les efforts de son petit héros avide de compagnie. Après les tons dominants jaune et orange, un éclat unique de bleu dans la dernière scène annonce le danger et un sentiment terrible, la jalousie… Tout n’est pas encore gagné pour Anton ! Jeux et émotions sont si évidents qu’on pourrait se passer du texte qui accompagne fidèlement les images. Mais le narrateur insiste et on l’écoute avec plaisir. M.F. (juin 2005)

< haut >

L'éditeur

L'auteur

Tout en Haut de Mario Ramos, Pastel, 2005, dès 3 ans

Avec un petit bruit de pas très seyant, « plop, plop, plop », le crocodile s’en va escalader la montagne, mais reste recalé en bas, la mine dépitée : « Oh ! dommage. Bien essayé quand même. Bravo le crocodile ! ». Ainsi de suite, l’éléphant, le rhinocéros, « houf, houf, houf ! », la girafe, « pom, pom, pom », et… le singe, « hi, hi hi ! ».
La superposition de l’un va favoriser l’ascension de l’autre : « le singe sur la girafe sur le rhinocéros sur l’éléphant sur le crocodile ». Mais « BaDaBoum », voilà que tout s’écroule. Et la fin de nous réserver une surprise espiègle. Du plus gros au plus large, du plus grand au plus petit, qui donc parviendra au sommet de cette montagne ? Le plus malin peut-être… Cet ouvrage ne manque ni d’humour ni d’allant, et la chaîne d’animaux n’est pas sans rappeler les sentiments humains, évocateurs de fourberie, de roublardise, mais aussi d’amitié et d’espièglerie. Un album à confier à tous les adversaires de la compétition ! C.G .(juin 2005)

< haut >

L'éditeur

L'auteur

Mon arbre ami, de Maïa Brami et Ingrid Monchy, Casterman 2005 dès 5 ans

«Personne ne serait plus jamais seul» si chacun avait son propre «arbre ami» pour partager bonheurs, peines et secrets. Il suffirait de le rechercher et de le reconnaître… Victor s’accroche à cette idée soudaine qui le rassure ; il imagine l’«arbre ami» qui sera le sien. Il le voit immense, lumineux, prospère et généreux. Le «petit poète», comme le nomme tendrement sa maman, parviendra-t-il à trouver le compagnon qu’il espère ?
Les illustrations aux couleurs chaudes intègrent naturellement la musique douce du texte. Toutes sur double page, riches de l’univers familier de l’enfance, elles participent à l’ambiance onirique de l’album. Victor rêve d’avenir, se détache un peu de sa maman pour découvrir un ami merveilleux : il lui prête toutes les qualités qu’il aimerait lui-même posséder. Ce bel hymne, entonné dans l’imagination de Victor, imprégné de confiance et d’amour pour la nature, traduit l’espoir de grandir… Un projet pour la vie…
M.F. (juin 2005)

Maïa Brami a écrit deux romans pour adolescents, publiés par Grasset Jeunesse : Vis ta vie Nina, qui a obtenu le Prix Chronos 2002 et Les pères aussi ont leurs secrets.

< haut >

L'éditeur

Cinq sorcières, Nathalie Kuperman, ill. Jean-Luc Englebert, Mouche de l’école des loisirs, 2005, dès 6 ans

Laides et repoussantes à souhait, les présentes sorcières, anciennes et nouvelles créations de l’auteur, acceptent de faire quelques entorses à leur réputation. Rapapouille devient coquette pour son prince charmant, Joukipic apprécie le chocolat sans crachat, Crimini achète comme tout le monde ses gigots chez le boucher et Clochemine soigne sa fille en maman attentionnée ; quant aux ennemies de Crapeluche, voilà qu’çelles prennent l’habitude de se laver les dents.
Les récits courts et structurés de Nathalie Kuperman, fidèlement illustrés, répondent à l’attrait naturel des jeunes lecteurs pour les descriptions monstrueuses, les mixtures répugnantes et les mots aux résonances burlesques. Mais les sorcières traditionnelles se révèlent ici presque sympathiques et humaines… On leur pardonne de continuer à s’asperger du parfum « Pet-de-puce sauvage ». A lire et à relire, pour mimer le dégoûté et rire à volonté. M.F. (mai 2005)

< haut >

L'éditeur

Tu peux toujours courir ! de Jo Hoestlandt Nathan 2005, dès 10-12 ans

En classe, les autres se moquent de Johnny parce qu’il bégaye, qu’il tarde à comprendre et qu’il rêve. Alors, bien sûr, Daphné lui fait l’effet d’un «extraterrestre» car elle étudie chez elle avec un prof particulier : c’est trop de chance ! Or on se moquait d’elle aussi lorsqu’elle allait à l’école, mais parce qu’elle était trop brillante… La solitude des deux enfants les rapproche et les rend curieux l’un de l’autre. Daphné initie son ami à la lecture plaisir et lui démontre que les mots peuvent alimenter le rêve. Johnny l’emmène courir et lui apprend «sa» rue, dont il est « le roi ».
Jo Hoestlandt, d’une écriture sensible et juste, raconte comment les différences, en nourrissant l’amitié et le partage, deviennent des richesses. Le titre ne correspond pas à l’expression familière qui refuse l’espoir. Ici il s’agit d’un élan vers l’avenir : « Tu peux toujours courir », très vite, «filer comme le vent» pour dépasser l’hostilité ou la haine et commencer à apprivoiser l’humanité.
M.F. (mai 2005)

< haut >

L'éditeur

Alain Crozon (Seuil jeunesse, 2005) dès 3-4 ans
Des bêtes dans mes affaires / C’est cassé / J’aime

C’est d’abord les illustrations aux tons vifs, pleines de drôlerie, qui attirent l’œil (jeune ou moins jeune), les traits simples et volontairement maladroits d’Alain Crozon. Des bêtes dans mes affaires, un petit album à l’agréable format poche, propose des comptines rimées dans lesquelles les animaux prennent des poses humaines (l’araignée qui tricote ou la brebis se goinfrant de spaghettis…) et n’en font qu’à leur tête, en s’immisçant dans l’existence quotidienne du jeune narrateur. S’adressant aux lecteurs, ce sont des animaux, encore et toujours, que l’on retrouve dans les beaux albums cartonnés C’est cassé et J’aime. Ces narrateurs, respectivement une chatte et un lapin, ne cessent de commettre des bêtises, la plupart du temps sans en prendre conscience, et les enfants se reconnaîtront volontiers dans ces petits héros joyeux et facétieux, qui se comportent comme eux. Trois ouvrages à partager avec les plus petits.
B.L. (mai 2005)

< haut >

L'éditeur

Garçon ou fille de Terence Blacker, traduit de l’anglais par Stéphane Carn, Gallimard jeunesse, 2005 dès 12 ans

Quand un cousin d’Amérique aux cheveux longs et au fichu caractère, (mais il vient de perdre sa mère) s’installe dans la famille de Matthew, ce dernier comprend à quel point sa petite vie tranquille risque d’être perturbée. Il impose à l'arrogant cousin une épreuve de taille : se faire passer pour une fille durant la semaine de rentrée des classes ; une façon de se venger des «trois garces» qui empoisonnent Matthew et ses amis depuis l’école primaire. Mais l'Américain endosse si bien son rôle, devenant la coqueluche de l’école, que les garçons commencent à s’inquiéter…
Les traits psychologiques virent parfois à la caricature et certaines péripéties sont très invraisemblables – il reste que ce roman impertinent, en décrivant quelques parcours individuels, fait émerger les a priori que filles et garçons portent sur le sexe opposé (regards entretenus par la binarité du monde adulte) et propose une relecture tolérante et amusante des rapports entre les genres, loin de tout stéréotype : l’inversion des rôles impose une prise de conscience salutaire que les jeunes lecteurs devraient apprécier. B.L. (mai 2005)

< haut >

L'éditeur

Créations de la nature, cahier printemps-été, Playbac, 2005
dès 5 ans

Ce joli cahier d’activités conjugue délicatesse et humour et, tout en guidant les créateurs en herbe, leur permet de laisser voguer leur imagination, au fil de leurs envies ou de leurs lubies : à l’aide des dizaines d’autocollants accompagnant l’ouvrage (des photographies de belle qualité de fruits, feuilles, galets, ou de paires d’yeux), les personnages, la faune et la flore prennent vies ou sont réinventés ; l’enfant est invité à colorier, peindre, découper, ou coller et à remplir ces trente-deux pages de créatures uniques. Une façon intelligente et ludique de s’approprier l’acte artistique et de développer sa créativité, loin des carcans scolaires et des travaux d’imitation qui, souvent, limitent par trop l’imaginaire enfantin. B.L. (mai 2005)

< haut >

 

   
 
Tous droits réservés © Sitartmag 1999-2005