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< littérature
jeunesse - janvier-février 2007>
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L'éditeur
Aurélia Fronty |
L’enfant qui mangeait les nuages
d’Agnès de Lestrade &
Aurélia Fronty, Le Rouergue, 2006
dès 6 ans
« Nous avons tellement besoin des autres »
dédicace l’auteur… et voilà levé
le thème si profond, si intense de cet album à
la couverture rouge avec un soleil bleu et au titre intrigant.
Agnès de Lestrade et Aurélia Fronty ont mêlé
leur talent de plume et de pinceau pour offrir aux petits
et aux grands une histoire aux richesses sans frontière
et sans temporalité ; un conte moderne, une leçon
de solidarité. Dans un monde urbain il est difficile
de tisser des relations, alors l’enfant, au dernier
étage d’une tour, mange les nuages, pour tromper
l’ennui. Un nuage après l’autre, il n’en
reste aucun dans le ciel. Pas une goutte de pluie dans le
sol, au robinet… Si bien, qu’en bas de la tour,
les gens s’organisent pour trouver de l’eau, ils
sont solidaires, ils deviennent amis, l’enfant aussi.
Et il oublie de manger les nuages… Cet album est une
belle collaboration : le texte intime et sensible et l’image
aux tons chauds à l’accent traditionnel mexicain
se coordonnent à merveille. Les illustrations pleine
page s’organisent en tableaux et le texte est délicatement
placé en cartouche, comme pour mieux révéler
sa force et son message : la solidarité pour le bien-être
de chacun. L.
Fontanella (février 2007)
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dès 6 ans |
Pierre dans le loup d’Elisabeth
Quin & Thomas Perino, Seuil jeunesse,
2006
Anna est une petite fille qui se pose beaucoup de questions.
Ses parents se sont séparés et la maman d’Anna
a un nouvel amoureux, Pierre. Il est très gentil. Mais
Anna est partagée entre le désir de voir sa
maman heureuse et celui de voir disparaître l’intrus.
Alors la nuit elle rêve qu’un loup mange Pierre…
C’est un album à part, à plusieurs titres.
L’illustration proposée par Thomas Perino (étudiant
aux beaux-arts qui signe là son premier album) surprend
et dérange, en particulier par le choix des couleurs
(noir, blanc, rouge, noir) mais colle bien au propos. Le récit
proposé par Elisabeth Quin (journaliste et critique
de cinéma) est à la deuxième personne
du singulier ce qui déstabilise mais interpelle directement
le lecteur et permet une identification au héros. Les
enfants y trouveront un écho à du vécu
et la fin positive de l’histoire peut aussi les aider
à grandir. Un bon support de discussion mais pas très
facile d’accès.
F. Mattes (février 2007)
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L'éditeur
Samuel
Ribeyron
Voir aussi : Yllavu |
38 Perroquets de
Grigori Oster (traduit du russe par Marina Abelskaïa)
et Samuel Ribeyron, Points de Suspension,
2006 - dès 4 ans
Un singe, un éléphanteau et un perroquet tâchent
de venir en aide à un «petit» (tout est
relatif) boa constrictor qui s’est mis en tête
de se mesurer… Le problème mathématique
agite les quatre compagnons, d’abord parce que le boa
est long (si long qu’il faut parfois du temps pour remonter
de sa queue à sa tête), mais aussi parce qu’il
est bien difficile d'appréhender la notion d’unité
de mesure… C’est le perroquet, ainsi que le laisse
entendre le titre, qui détient la solution et donnera
l’exemple à ses compagnons.
Ce joli conte au didactisme léger, mené par
des dialogues enlevés (que l’on doit à
l’un des grands noms de la littérature jeunesse
en Russie), est mis en scène par Samuel Ribeyron, quia
créé, pour l’occasion, quatre personnages
(entre papier mâché et pâte à modeler)
photographiés avec, à l’arrière-plan,
quelques sobres décors peints ; des animaux aux mines
très expressives, naïfs et amusants, et toujours
en mouvement, ce qui confère à l’ensemble
la vivacité d’un dessin animé.
B. Longre (février 2007)
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dès 7 ans |
Le samouraï errant de Marcelino
Truong, Gauthier Languereau, 2006
Marcelino Truong, passionné par les guerriers et les
samouraïs propose ici l’histoire de l’un
d’eux : Akira, samouraï sans maître ni logis
qui parcourt le monde accompagné de son fils Tojiro.
Lors d’une halte chez un puissant seigneur, un duel
lui est proposé contre un Maître qui paraît
invincible. Akira relève le défi, gagne le combat
puis refuse de s’engager au service de ce seigneur qui
emploie des guerriers sans compassion. La liberté et
la possibilité de continuer à apprendre valent
plus pour lui que le confort matériel.
Belle leçon de sagesse bien servie par une illustration
très réussie qui varie dans sa forme : illustrations
pleine page ou vignettes qui rappellent la bande dessinée,
le « story-board» du film d’animation. Le
texte aussi bien que l’illustration nous permettent
de voyager dans un autre univers, celui du japon d’autrefois
et proposent un beau regard aussi sur les relations père/fils.
F. Mattes (février 2007)
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L'éditeur
L'auteure
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Les enquêtes d'Enola Holmes,
La double disparition, de Nancy Springer,
traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo, Nathan, 2007
dès 12 ans
Dans ce premier ouvrage de la série des “Enquêtes
d’Enola Holmes”, on fait la connaissance d’une
héroïne très subversive en la personne
d’Enola - la jeune sœur du « grand »
Sherlock, qui évolue pourtant à contre-courant
de ce frère si sérieux, passablement ennuyeux.
Enola se trouve à la charnière de deux époques
et de deux visions sociales : l’une, victorienne, soucieuse
des convenances, et l’autre, progressiste et féministe
– incarnée par la mère de la jeune fille,
qui disparaît du jour au lendemain. La fugitive a toutefois
laissé des indices derrière elle (des messages
cryptés) et sa fille ne tarde pas à partir à
sa recherche, à l’insu de ses frères (le
second est encore moins amusant que Sherlock…), croisant
en route une autre énigme à résoudre.
Le ton est vivifiant et le rythme soutenu, l’intrigue
débridée et le dénouement laisse suffisamment
d’éléments en suspens pour que le lecteur
se surprenne à attendre impatiemment le prochain tome
(The Case of the Left-Handed Lady).
B. Longre (février
2007) |
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L'éditeur |
Extra-terrestres et vieux canifs de
Mathis - T. Magnier (petite poche), 2006
dès 8 ans
Petite histoire, grands ressorts
Un tout petit récit, texte court, intrigue simple et
déroulement bref, avec pourtant de nombreux ingrédients
que l’on trouve dans les grands (on croirait que c’est
copié de la devise inscrite au dos du livre, «
des romans comme les grands », mais c’est
bien la vérité).
Un héros, ‘Little One’, embarqué
dans une aventure qui le dépasse : une rumeur qui naît
d’une invasion de martiens, le récit d’un
crime, la police qui enquête (croit-on) et Little One
obligé d’aller dans le bois en pleine nuit…
Où les grands frères ne sont pas forcément
d’affreux tortionnaires, où le mensonge sort
de la bouche des infaillibles (l’enfant dont le père
est gendarme), et où le drame et l’humour se
côtoient de près. Une belle leçon de distance
critique à travers un petit récit qui se veut
léger.
A-M. Mercier-Faivre (février
2007) |
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L'éditeur
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Harald le Viking d’Anie
et Michel Politzer, Gulf Stream Editeur, 2006
dès 8-9 ans
On suit le parcours d’Harald, de l’enfance (vite
achevée) à l’âge adulte et c’est
à travers ce récit à la première
personne, très vivant, que l’on découvre
le quotidien et l'histoire des Vikings. La vie d’Harald
est mouvementée, rythmée par des voyages (du
Danemark à l’Islande, où il va fonder
sa propre colonie, pour finir en Normandie), des pillages
et des combats, des vengeances qui se transmettent de père
en fils (le terrible Knut le pourchassera des années
durant) et de courtes périodes d’accalmie. L’histoire
d’Harald n’est pas inscrite dans un temps figé
et aborde entre autres l’installation des Vikings en
Neustrie (l’actuelle Normandie) après le traité
de Saint-Clair-sur-Epte (911), une cérémonie
à laquelle Harald assiste. Ce bel album conjugue donc
agréablement l’Histoire et la fiction, un peu
à la manière du Tour
de Gaule raconté par deux enfants
de Gérard Coulon. B. Longre
(février 2007)
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L'éditeur
dès 4 ans |
Dessine-moi des ailes
Heinz Janish & Seida Marlin Soganci, Didier
jeunesse, 2006
Il est rare dans le monde du livre pour la jeunesse de croiser
un ouvrage de langue autrichienne. Dessine-moi
des ailes est l’un de ceux-là.
C’est le rêve d’un jeune garçon dessinant
un ange, par un jour paisible, allongé sur l’herbe.
De ce dessin, naît une petite fille. «Une»
ange sans ailes… « dessine-moi des ailes ».
Alors à la manière d’un petit prince,
l’enfant la pare d’ailes de vagues, d’herbes
folles, de flocons de neige, de fleurs des champs, et aussi
de tâches de rousseur… La douceur et la complicité
entre les deux personnages sont si fortes qu’elles font
de cet album un petit événement. L’illustration
prend toute la page et toute l’histoire. Elle happe
le lecteur dans son originalité, sa richesse et sa
densité. Cet album traverse le temps, enveloppe d’une
douce caresse, amène près des nuages, fait vivre
un fabuleux voyage… mais « chut, c’est
un secret ! ». Avec peu de mots mais de bien belles
images, nous voilà conquis par ce bel ouvrage d’un
autre pays. L’univers des enfants est bien le même
quelque soit le pays, leur imaginaire est le plus beau des
voyages. L. Fontanella (février
2007)
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L'éditeur
L'auteur
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Demain L’An Mil de
Claude Cénac, Le Navire en pleine ville,
2006 – dès 12 ans
La terreur qui s’empare des esprits (toutes classes
sociales confondues) en cette veille de l’an mil paraît
aujourd’hui bien saugrenue, mais pour ceux à
qui on a inculqué l’idée d’un Dieu
tout-puissant et vengeur, la fin des temps est une terrifiante
éventualité… Pourtant le jeune Ernaut,
contrairement au châtelain de Maurevers (son terrible
oncle Gauthier qui a pris la place de feu son père
et a épousé sa mère), n’y croit
qu’à moitié. Il se préoccupe davantage
du sort des paysans sans logis, prêts à se révolter,
que son oncle a abandonnés avant de partir se réfugier
à Aubagnac avec son épouse, ses biens et des
vivres. Et à la compagnie des prêtres bedonnants
ou des soldats avinés, Ernaut, honnête, droit
et courageux, préfère celle des serfs, si pauvres
et affamés qu’ils n’ont plus rien à
perdre.
C’est un beau roman d’apprentissage, dans langue
vivante, que nous offre Claude Cénac, la découverte
d’un monde sombre et violent qui semble marcher à
l’envers, mais où la liberté, la loyauté
et l’amitié ne manquent pas d’intensité.
B. Longre (février 2007)
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dès 2-3 ans
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La petite bête se déguise
et Le bateau de la petite bête d’Antonin
Louchard, Petit POL 2006
De nouveaux livres autour du personnage créé
par Antonin Louchard, la «petite bête »,
bonhomme qui ressemble aux biscuits anthropomorphes de Noël
(les manalas ou mennele), et qui illustrent bien son talent
de dessinateur et de conteur.
Dévoilement progressif de l’objet dans Le bateau,
arrivée du vent, et surprise finale avec une mise en
abyme pleine d’humour. Succession de déguisements
qui sont autant de personnalités différentes
créées autour d’un même visage (avec
un même rond évidé dans toutes les pages
cartonnées) avant le dévoilement de son être
naturel de « petite bête », nue et rieuse.
Une belle série, inventive et simple, qui combine répétition
et variation pour les tout petits. A-M.
Mercier-Faivre (février 2007)
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dès 8 ans
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L’odyssée d’avalanche
de Taï Marc Le Thanh & Elodie
Nouhen, Gauthier Languereau 2006
Après Avalanche le terrible
paru en 2005, Taï Marc Le Thanh et Elodie Nouhen proposent
une nouvelle aventure de leur petit « héros».
Un beau jour, Avalanche s’aperçut que la terre
était ronde et décida d’aller conquérir
le monde. Il embarqua donc avec un ramassis de borgnes, manchots
et culs-de-jatte pour un voyage délirant qui allait
du « Cap de l’espoir brisé »
au « Méridien maudit » en
passant par « La crête de la peste noire
»… Ils rencontrèrent des pirates, un monstre
marin, accostèrent sur plusieurs îles plus étranges
les unes que les autres pour finalement s’arrêter
sur une terre accueillante… jusqu’au moment où…
Un récit à chute, un voyage rocambolesque mais
un peu sombre. On se laisse porter dans un monde tout en finesse,
coloré de bleu et de vert mais le texte est porteur
de clins d’œil un peu « grinçants
» et n’est pas très facile d’accès
– il pourrait néanmoins plaire à des garçons
à partir de 8 ans. F. Mattes
(février 2007)
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L'éditeur |
Street Love de
Walter Dean Myers, Amistad (HarperCollins),
2006 dès 13 ans
Les romans-poèmes sont en vogue dans les pays anglophones
et trouvent des lecteurs, en particulier adolescents. Street
Love est une histoire d’aujourd’hui,
narrée en vers libres, par le biais de monologues intérieurs
et de quelques dialogues plein de vivacité qui oscillent
entre intensité des sentiments et brutalité
des faits et des décors urbains ; on y fait la connaissance
de Junice, une jeune noire dont la mère est en prison,
et de Damien. Tout les sépare et plusieurs obstacles
vont se mettre en travers de leur amour naissant (des services
sociaux aux pressions des parents ou des pairs). Même
si on n’est jamais loin d’un Romeo et Juliette
moderne, le dénouement (certes un peu inattendu) n’a
rien de tragique et le lecteur se laisse agréablement
porter par les brefs chapitres, à la fois tendres et
poignants, qui mettent aussi en scène la petite sœur
de Janice, sa mère emprisonnée ou celle de Damien.
Les émotions sont décrites avec finesse, les
personnages sont attachants, et les poèmes successifs
restent ancrés dans la réalité et dans
une langue authentique, très vraisemblable. B.
Longre (février 2007)
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Quand Toutou se carapate
de Mikhail Yasnov (traduit du russe
par Jean-Luc Moreau), Sacha Polikova (illustrations) et Aurélien
Lemonier (pop-up) Gautier Languereau 2006
dès 5 ans
Poésie en pop up De très
courts et très simples poèmes (proches de l’esthétique
du haiku) autour de la vie quotidienne, des animaux, du tricot…
sont proposés ici en version bilingue. La dimension
poétique n’est pas toujours bien perceptible,
malgré les rimes (ou peut-être à cause
d’elles), mais ils sont magnifiquement illustrés
et les « pop-up » sont très ingénieux,
variés, joueurs, une belle réussite de conception.
A-M. Mercier-Faivre (février
2007)
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L'éditeur |
Le Secret du Templier de
Brigitte Heller-Arfouillère, Castor
Poche, Flammarion, 2007 dès
10 ans
Ce roman se déroule au début du XIVe siècle,
avec pour toile de fond la dissolution de l’ordre des
Templiers par Philippe le Bel. On y suit surtout Bertrand
de Ségur, chevalier de l’ordre des Hospitaliers
de Saint-Jean qui, dix ans plus tôt, avant de partir
en croisade, a secouru deux petits enfants qui ont été
placés chez des paysans auvergnats. Géraud et
Madeleine ne connaissent rien de leur passé et pour
eux, Mathilde et Léon sont leurs vrais parents. Le
jour où sa sœur disparaît dans la forêt,
Géraud s’inquiète ; tous la croient perdue,
quand Bertrand de Ségur, qui est revenu dans la région,
offre son aide et son amitié au jeune garçon.
Le roman a beau être très court, il n’en
est pas moins riche en rebondissements et en découvertes
(on reste néanmoins un peu sur sa faim – Géraud
va-t-il enfin rencontrer son père ?) et prend même
le temps de dépeindre avec beaucoup de réalisme
les mœurs et le quotidien de nos ancêtres, tout
en s’inscrivant dans un contexte historique et social
précis et documenté.
B. Longre (février 2007)
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Aurélia Fronty
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Les mots à la bouche, Aurélia
Fronty, Gauthier-Languereau 2006
dès 8 ans
Ce recueil de quinze poèmes autour de la gourmandise
nous met l’eau à la bouche …. On voyage
avec des auteurs très différents : Jean-Luc
Moreau, René de Obaldia, Victor Hugo, Pierre Coran,
Maurice Carême… qui nous permettent de goûter
à des univers très différents.
Trop différents ? Les illustrations sont magnifiques,
denses, colorées, peuplées de personnages naïfs.
Elles servent bien les textes, la dominante de couleur qui
varie à chaque double page nous accompagne dans le
changement d’univers d’auteurs. C’est un
magnifique album, très soigné, très réussi
graphiquement mais qui nous laisse un peu sur notre faim.
A partager en famille ? F. Mattes
(février 2007)
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Histoire de Babar de Jean de Brunhoff,
Hachette (album animé) 2006
dès 4 ans
Babar, tel qu’en lui-même, et pourtant
mobile
On retrouve ici la reproduction de l’album original
de Babar, en format plus petit, carré, et sous forme
animée. L’histoire et les dessins sont bien connus
(il semble cependant y avoir des images manquantes dans la
narration de la mort de sa mère).
Les animations sont bien réalisées, permettant
de faire bouger parfois plusieurs figures à la fois
et l’ouvrage est réalisé avec soin : couverture
fortement cartonnée cachant une reliure plastique qui
permet une bonne manipulation du livre, papier carton solide
: il est fait pour durer, ce qui est une qualité rare
dans la catégorie des albums animés.
A-M. Mercier-Faivre
(février 2007)
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L'éditeur
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La loi du roi Boris de Gilles Barraqué,
Nathan poche, 2006 dès 8
ans
Les lipogrammes d’un Père Ubu
Publié dans la catégorie « humour »,
ce texte va cependant vers le noir et le grinçant :
Le roi Boris Ouglouzof s’ennuie. Pour se distraire,
il envisage de faire la guerre à son voisin. Une faute
d’orthographe dans sa déclaration de guerre l’en
détourne et c’est à la lettre «
e » qu’il va déclarer la guerre. Suivent
toute une série d’édits, répression
et assassinats destinés à convaincre ses sujets
de réformer leur langage (parlé et écrit)
et auxquels répond une rébellion qui finit par
permettre aux choses de rentrer dans l’ordre.
L’essentiel de l’intérêt de cet ouvrage,
outre le récit d’une tyrannie grotesque à
la Ubu, réside dans les textes lipogrammatiques, tantôt
ceux du roi et de ses acolytes, sans e, tantôt ceux
des rebelles, excluant toutes les autres voyelles.
A-M. Mercier-Faivre (février
2007)
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Sous l’arbre à palabres
- Yves Pinguilly & Arnaud Floc’h, Vilo
jeunesse 2006
dès 9 ans
Comme ceux d’Europe, les contes africains mêlent
merveilleux et quotidien, sagesse et folie, drame et drôlerie.
Les animaux parlent (ou du moins ils parlaient), les filles
sont parfois un peu trop coquettes et les garçons présomptueux,
le dévouement n’est pas toujours récompensé,
les promesses sont dangereuses, mais avec un peu de chance
et de ruse on peut devenir le roi du monde…
Tout cela est conté, et véritablement conté
car on y entend la voix du conteur. La langue est simple,
le récit est entrecoupé de nombreux dialogues
souvent délicieux, et l’on rencontre parfois
des termes savoureux et peu connus, désignant des choses
de là-bas (le tamarin et le jujube). Un glossaire éclaire
les possibles mystères. Les illustrations de Floc’h
aux couleurs intenses ajoutent encore davantage de vie à
ces histoires qui pourraient être les nôtres tout
en restant bien d’ailleurs.
A-M. Mercier-Faivre
(février 2007)
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L'éditeur
Lire aussi Zazie et les femmes
nues de T. lenain
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Amour à gogo de
Maryvette Balcou. Chrystelle Aguilar. Où
sont les enfants ? 2006 dès
5 ans
Un choix éditorial singulier pour cette jeune maison
d’édition : proposer des livres photo pour les
enfants. Cet album nous emmène à la réunion
où l’auteur Maryvette
Balcou vit et écrit ses livres pour enfants. On
va y suivre Max , un petit garçon qui se sent «
aussi fripé qu’une noix de coco qui perd toute
son eau ». Il va retrouver sa joie de vivre grâce
à la présence attentive et aimante de Pa’jo
et Madou, ses grand-parents. Il pourra alors réapprendre
le rire à sa maman.
Chrystelle Aguilar nous propose des photos gaies, aux couleurs
vives avec des prises de vue originales. Un album qui change
dans la production actuelle : on y trouve une certaine fraîcheur
aussi bien dans le texte que dans la mise en images.
F. Mattes (janvier 2007)
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L'éditeur |
Intrigues au bal masqué de
Patricia Finney, traduit de l’anglais
par Aurélia Lenoir et Rose-Marie Vassallo, Flammarion
2006 dès 11 ans
Un bon roman documentaire ou un policier banal ? Voilà
le troisième volume du journal intime de la jeune Lady
Grace, demoiselle d’honneur de la reine Elisabeth première
d’Angleterre. On y découvre tout d’abord
la vie et les préoccupations de son auteur fictif,
et cela est assez bien rendu et très documenté.
On y suit la vie de la cour dans toute sa matérialité
: comment on se déplace, comment on se nourrit, on
se vêt, on se distrait… On assiste aux conversations
de ces demoiselles, les unes un peu pimbêches, les autres
plus tendres. On suit l’amitié (assez improbable)
de la jeune Lady avec une fille de cuisine et la vie difficile
de ceux qui rendent la vie des grands confortable. Enfin,
c’est aussi et surtout un roman policier pour pré-ados
qui se donne toutes les facilités du genre, et même
un peu trop. Tout ce que l’aspect documentaire avait
de sérieux s’efface dans la construction de l’intrigue
et les actions des personnages : nobody is perfect!
A-M. Mercier-Faivre (janvier 2007)
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de Muriel Kerba |
Un nouveau monde de
Muriel Kerba, Gauthier Languereau, 2006
dès 4 ans
La ville tousse, fume, crache. Elle est malade, il faut la
sauver ! Notre héros s’embarque vers des contrées
lointaines pour essayer de trouver une solution. Il arrive
dans une île enchanteresse mais son récit de
tours gigantesques et d’usines inquiétantes séduit
les habitants qui à leur tour vont construire une ville.
Sa volonté, sa persévérance vont payer
: avec quelques graines sauvées de l’immense
chantier, il va réussir à redonner du souffle
à sa ville et même décider de sauver d’autres
contrées.
Les illustrations qui tiennent une grande place dans la narration
sont éblouissantes de finesse, de recherche. Elles
mêlent collages et peinture et sont au service d’une
belle idée : comment sauver notre planète de
son inéluctable dégradation ? Un très
bel album à explorer et à méditer. F.
Mattes (janvier 2007)
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L'éditeur
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Contes des mille et une nuits, de
Michel Laporte et Charlotte Gastaut, Albums
du Père Castor, Flammarion, 2006
Cinq contes sont proposés ici, dans une langue claire
et précise : Ali Baba, l’histoire du prince et
de la dame de beauté, l’histoire d’Ali
Cogia, le pêcheur et le génie et l’histoire
du petit bossu. Le choix des textes est intéressant.
Il mêle des contes connus avec d’autres qui le
sont moins, des contes merveilleux et d’autres plus
réalistes, certains qui font l’éloge de
la ruse, d’autres qui mettent en valeur le courage,
la vertu et l’honnêteté récompensées.
Les récits ont toute la saveur de ces contes point
trop expurgés (mais un peu quand même) : la vertu
et l’innocence sont respectées mais on y coupe
allègrement les ennemis et les morts.
Les illustrations, encadrant le texte ou en pleine page, imitent
le style des miniatures persanes avec bonheur : coloris, simplicité
des traits, humour des situations accompagnent fort bien les
événements et les personnages.
A-M. Mercier-Faivre (janvier 2007)
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