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< littérature
jeunesse - 2006>
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L'éditeur
de Géraldine Alibeu |
La bonne bouillie, de
Coline Promeyrat et Géraldine Alibeu,
Didier jeunesse 2006 - dès
5 ans
Cette adaptation du conte des frères Grimm se révèle
plus douce et plus optimiste que la mouture originale. Un
chaudron enchanté est offert à Finette par une
très vieille fée aux allures de sorcière.
Un jour, en l’absence de la fillette, le récipient
«bouillotte» tant que la soupe envahit la maison
; elle se déverse dans les rues jusqu’à
ce que Finette l’arrête enfin avec la bonne «
formulette ». Mais il y aura de quoi nourrir tout le
village pendant longtemps !
Les illustrations conservent du conte les couleurs de la terre
et de la tradition tout en proposant des détails plus
actuels : ballon de foot, trottinette… Des collages
d’imprimés divers ou de papiers écoliers
suggèrent les trois espaces, maison, hameau et forêt.
Les personnages sont plutôt naïfs, leurs cheveux
crayonnés et leurs dos arrondis en confirment la pauvreté
; quant à la bouillie, elle s’empare du décor
en coloriages souples et transparents. Voici un album appétissant
dont on accepte de prendre une bonne part : une invitation
à goûter et à lire !
M. Falgayrac (août
2006) |
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L'éditeur |
The Midnight Library I, de
Nick Shadow, Nathan
2006 - dès 11 ans
Ne vous attachez pas trop aux jeunes héros des trois
récits de ce recueil, car leurs « chutes »
sont mortelles… The Midnight Library,
bibliothèque secrète, mystérieuse création
d’un collectif d’auteurs préférant
rester dans l’ombre, impose de terribles contraintes.
Chaque histoire inscrit ses personnages dans la réalité
: voici des adolescents ordinaires, plutôt sympathiques,
qui évoluent dans un monde familier, mais dont soudain
la vie bascule dans le fantastique et l’angoisse. Les
éléments déclencheurs sont eux aussi
communs : antennes de téléphonie mobile, baskets
neuves, pommes appétissantes. Des choses «bizarres»
se produisent, les enfants en jouent d’abord mais ne
parviennent plus à en maîtriser le courant irréversible.
Sorcellerie, magie, superstition, autant d’ingrédients
alléchants pour des lecteurs néanmoins avertis.
Cependant, ne se lassera-t-on pas de la recette dans les recueils
prochains ? A vérifier bientôt dans le volume
II…
M. Falgayrac (août
2006) |
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L'éditeur |
Amour toujours de
Béatrice Masini et Roberto Piumini,
La joie de lire 2006
dès 13 ans
Amour Toujours, échange
épistolaire entre deux adolescents, débute par
une lettre de la « demoiselle » qui s’interroge
sur le « sac à dos de Hugo ».
Elle se décide enfin à écrire à
l’élu de son cœur, alors que celui-ci ne
la connaît pas, même s’il est dans sa classe.
«Je m’amuse à t’aimer. Parce
que tu ne me sais pas»… Hugo lui répond
sur le tableau.
Ce qui n’est au départ qu’un jeu devient
très vite une correspondance amoureuse, et celle qu’Hugo
surnomme « Euly » va doucement, au rythme des
mots écrits, prendre place dans son cœur. «
Les mots écrits ne font pas de bruits » dit Euly.
Les deux adolescents se disent, s’apprennent, se parlent
de leur mal être, de leurs souffrances. Le temps de
la rencontre approche, et par-delà la peur, la certitude
de l’amour qui est promis « parce qu’on
sera là, corps et âmes tout ensemble, sans les
belles cachettes des mots, des silences ».
«Je suis jalouse du futur», dit Viola.
La réponse d’Hugo sera la seule «Je
t’aime».
Un duo d’écriture délicat qui respecte
les sentiments naissants, les maladresses. Des mots au plus
près de ce qui est caché.
C. Genin (août
2006) |
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Havre de paix, de
Fujino Chiya, éditions T. Magnier 2006
- dès 15 ans
Les héroïnes féminines des quatre nouvelles
de ce recueil sont très attachantes et la description
détaillée de leur quotidien tokyoïte nous
les rend sympathiques. Prise d’otage d’une joueuse
de mah-jong dans un club pourtant « havre de paix »,
journée banale d’une collégienne qui se
fait porter pâle, sensations à fleur de peau
d’une jeune mariée dans son nouvel appartement,
questionnement d’une étudiante aussi inquiète
de son poisson rouge que de sa sœur « ex-frère
» : toutes ces histoires, agréablement traduites
et non dénuées d’humour, se lisent avidement.
Chaque fois on espère une chute à la mesure
de ce plaisir. Mais les quatre récits s’arrêtent
brutalement, comme suspendus dans le temps. Le dernier, «
Lovely Planet », construit comme un vrai roman, évoque
la transsexualité, thème personnel et douloureux
pour Chiya Fujino : elle-même a sûrement ressenti
le malaise de ses proches et leurs difficultés à
admettre sa nouvelle identité sexuelle. L’ouvrage
est donc intéressant et instructif, mais on reste sur
ses fins…
M. Falgayrac (juillet
2006)
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L'éditeur |
La mémoire kidnappée,
de Thierry Robberecht,
Syros 2006 dès 12 ans
Walter - mais s’appelle-t-il vraiment Walter ? - se
réveille à l’hôpital. Il a perdu
la mémoire, à la suite d’un accident lui
dit-on. Curieusement le garçon n’a aucune égratignure
! Une seule infirmière, revêche, et un seul médecin
s’occupent de lui ; sa mère le photographie sans
cesse avec un polaroïd et son père lui adresse
à peine la parole. Rentré chez lui, habillé
de vêtements trop grands, il s’aperçoit
qu’il habite un château isolé ; sa chambre
est quasiment vide. Et ces pilules vertes, qu’il doit
prendre cinq fois par jour, l’assomment. Walter est
partagé : ne faut-il pas toujours faire confiance à
ses parents ? Quand même, il se passe des choses étranges
; et voilà que sa mère, perdant tout sang-froid,
le frappe…
Pour comprendre ce qui lui arrive, le héros petit à
petit démêle les fils de son passé jusqu’à
déjouer une sombre machination. Abordant les dérives
de l’industrie pharmaceutique, Thierry Robberecht construit
un récit accessible au jeune amateur de roman noir.
Suspense entretenu, courses-poursuites, dénouement
qui laisse planer une part d’angoisse, voilà
de quoi impressionner la mémoire du lecteur. M.
Falgayrac (juillet 2006)
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L'éditeur
L'ouvrage vient d'obtenir "Le prix littéraire
européen" décerné par
l'Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF)
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Contes des six trésors, Emmanuelle
et Benoît de Saint Chamas, Ill. Éric Puybaret
, Editions du Jasmin 2006 dès
9 ans
Six histoires tenues par le lien du secret. Tout en respectant
le rituel et la sémantique du conte, les auteurs recadrent
des classiques de la littérature enfantine dans un
contexte moderne. Chacun se découvre précisément
comme un « trésor ».
Ainsi, dans « Lettres anonymes », une concierge
prend conscience qu’elle ne reçoit jamais de
courrier et décide d’écrire à des
personnages célèbres du Louvre...La réponse
ne se fera pas attendre et nous fera voyager en nocturne dans
ce grand musée, en très bonne compagnie !
Dans la nouvelle du « coffre-fort » une petite
fille fait la découverte d’un coffre chez son
grand-père, ne sachant ce qu’il contient, elle
n’aura de cesse que de percer ce secret, comme feu sa
grand-mère. L’enfant s’astreint à
tester 30 combinaisons par jour. Ainsi, sa vie se rythme en
« mollettes ». Enfin, le jour tant attendu arrive,
Béatrice est une vieille dame à présent,
et le déclic magique se fait entendre, emportant avec
lui une grand-mère à l’âme d’enfant,
endormie sourire aux lèvres avec sa découverte…
C. Genin (juillet 2006)
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L'éditeur
dès 3 ans |
Le plus beau des trésors, raconté
par Albena Ivanovitch-Lair et Robert Giraud, illustré
par Charlotte Gastaut, Père Castor
Flammarion 2006
Les illustrations naïves de Charlotte Gastaut intègrent
avec bonheur le texte sobre de ce conte traditionnel malgache.
Le graphisme habille nature et paysans de dentelles ouvragées,
épouse les dunes du paysage, les vagues de la mer,
les courbes d’un singe facétieux, les boucles
d’un petit garçon rusé. La voix de l’enfant
dessine en l’air une mélodie, précieux
héritage, et les clés de sol se mêlent
au chant des oiseaux. L’alternance des planches en couleur
ou noir et blanc appuie les contrastes : élégants
palmiers du palais ou arbres sévères du village,
tristesse du roi gavé d’ors, gaieté des
paysans riches de leurs traditions. L’humour est de
mise et cache la gravité de la situation : le collecteur
d’impôts postillonne autant que la vache récalcitrante
qu’il veut emporter. Tout est plaisant dans cet album
du père Castor, dynamique support pour une mise en
scène enfantine où tout est bien qui finit bien
!
M. Falgayrac (juillet
2006)
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L'éditeur
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Entre les vagues de
Claudine Galea, Rouergue, collection doAdo,
2006
dès 14 ans
Un été, Tommy rencontre Cécil. Ils partagent
de très bons moments ensemble. Seulement, Tommy voudrait
connaître davantage Cécil, il ressent des émotions
proches du sentiment amoureux. Entre les vagues
est un récit plein de pudeur pour dire l’homosexualité
naissante. Une écriture à rebondissements, qui
suit les aléas du cœur de Tommy. Un phrasé
contemporain, brut et sensible. Ce premier roman pour adolescents
de Claudine Galea a tout d’un livre passionné
et passionnant. Déjà publiée aux éditions
du Rouergue dans la collection La Brune (Même pas
peur, Jusqu’au os) et déjà récompensée
par des prix littéraires, l’auteure nous offre
un très bon roman, court et fort.
L. Fontanella (juillet 2006)
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L'éditeur |
Comment je suis devenu Marc Chagall
de Bimba Landmann, Grasset
jeunesse, collection « Lecteurs en herbe », 2006
dès 8 ans
Cet ouvrage biographique est très richement documenté
et délicatement illustré. Grâce à
un récit librement inspiré de Ma
vie de Marc Chagall, il offre aux lecteurs la
possibilité de partir à la rencontre d’un
petit garçon russe plein de rêves, devenu l’un
des plus grands artistes du XXe siècle. Ecrit à
la première personne, le texte éveille la curiosité
au fil des pages. La vie de bohème, remplie d’émotions
et d’amour qu’a menée Marc Chagall, est
ici très finement relatée. L’artiste a
« vécu » ses tableaux, pleinement, avec
son cœur et son âme, mettant toute son histoire
personnelle au centre de son œuvre. Œuvre délicatement
respectée dans les illustrations de l’auteur
: Bimba Landmann intègre des personnages, des paysages
ou des scènes des tableaux du peintre dans ses propres
décors, faits de cartons, de fils et de tissus. Et
tel l’artiste, on comprend qu’il existe «
des dimensions et des espaces invisibles à l’œil,
que notre monde intérieur pouvait être plus réel
que le monde extérieur ». Une belle et artistique
leçon de vie. L. Fontanella
(juillet 2006)
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L'éditeur
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Souviens-toi de
Franck Secka, Pierre Pech, Le Rouergue, 2006
dès 7 ans
Souvenirs d’une rose
Dans cet album, des voix se croisent, évoquant des
souvenirs, sans que l’on sache immédiatement
qui parle et à qui. Progressivement, on se rend compte
qu’il ne faut pas chercher de personnage, qu’on
ne nous raconte pas une histoire, mais que ce sont d’abord
des objets qui se souviennent et que chaque double page propose
un univers, celui de l’œuf, celui du cuir (de croco
?) ou de la fleur avant d’être celui de la femme
ou de l’homme, du vieux et du jeune. Mais tout est dans
les questions, les réponses ne peuvent venir que du
lecteur.
Un très bel album qui invite à la rêverie
et à la méditation, qui est un appel à
l’imagination. Très peu de texte, tout est dans
l’image, dans ses pleins et dans ses vides et dans les
questions.
A-M. Mercier-Faivre
(juillet 2006)
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L'éditeur
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La photo de classe de
Pascale Bougeault, Ecole des loisirs, Mouche,
2006
dès 8 ans
Antonia est une enfant anxieuse. Elle n’aime pas les
mauvaises nouvelles. Son ventre se tord à la moindre
contrariété. Cependant, avec quelques efforts,
Antonia arrive à se détacher du monde. Elle
s’échappe en rêve.
Mais, ce jour là, rien n’y fait. C’est
comme ça tous les ans, c’est le jour de la photo
de classe. Si elle redoute autant ce jour, c’est à
cause du photographe… La couverture révèle
la couleur du livre : un récit de la vie quotidienne
en rouge et noir, en émotion et en tension, entre adulte
et enfant. L’écriture est fraîche, tout
autant que les illustrations que signe aussi l’auteur.
Une belle tranche de vie à l’école, adaptée
aux premières lectures du primaire.
L. Fontanella (juillet 2006)
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L'éditeur
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Mon ami Merlin de
Thierry Cazals, Motus, 2006. (Mouchoir de
poche)
dès 6-7 ans
Merlin est partout sans doute, mais on ne le voit pas. Merlin
est sage mais on ne le sait pas. Merlin regarde le monde comme
personne ne le voit plus.
Merlin est capable de voir le monde dans un atome de poussière.
Merlin sait des choses que l’on a perdues. Il sait les
saisons, les rêves et les chemins, il sait être
là où il faut, faire hululer les présentateurs
de télé et chasser les mauvaises pensées.
Nul ne le voit, nul ne sait à quoi il ressemble. Seul
le narrateur connaît encore son existence.
Pourtant, Merlin est nécessaire et vital dans notre
monde qui marche sur la tête. Alors, surtout, ne l’oublions
pas et faisons-le exister ! Un texte simple et évident
sur le pouvoir du rêve et de l’imaginaire, deux
moteurs essentiels à l’existence des hommes !
C. Gentile (juillet
2006)
La collection
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L'éditeur
dès 5 ans |
Ombroglios de
Benoit Perroud, L’Atelier du poisson
soluble, 2006
Trait(é)s de l’ ombre. Un
album très particulier, par son format, son graphisme
très sobre (dessin au trait noir sur fond blanc, personnage
souligné de jaune), et par son contenu. Au long de
plusieurs petites scènes, un renard (disons plutôt
un personnage, tant il est humanisé), est aux prises
avec son ombre qui le trahit, le persécute, se moque,
l’aguiche… Mais cette ombre peut aussi bien être
une trace graphique qui cache tout autre chose que ce que
l’on croit.
Beaucoup d’humour, une absence de texte qui laisse le
lecteur savourer chaque image, un grand dynamisme dans la
page… un régal. A-M.
Mercier-Faivre (juillet
2006) |
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L'éditeur
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Où vont les ombres ? d’Alain
Korkos Motus, 2006. (Mouchoir de poche)
C’est vrai, ça, où vont les ombres quand
le noir de la nuit les efface ?
Heureusement , parfois, les écrivains se posent des
questions essentielles!
Alain Korkos se
l’est posée et il nous propose une réponse
(que nous ne dévoilerons pas ici pour laisser intact
le plaisir de la découverte) poétique et lumineuse,
où le texte, court et précis, est éclairé
de dessins blancs qui se détachent sur le noir de la
page et de la nuit.
Les silhouettes ombrées que Korkos met en pages dansent
et virevoltent, quittent le sol pour aller caresser les étoiles,
vivent la nuit avec passion, elles sont gaies et vivantes.
Alors, la nuit, en observant les étoiles, regardons
bien là-haut, et peut-être verrons-nous une ombre
patinant dans le ciel…
C. Gentile (juillet
2006)
La collection
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L'éditeur
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Parfum de liberté de
Gwénola de Villanfray, Bleu de Chine,
2006
dès 7 ans
Parfum de Chine Un album souple au format
carré qui imite quelque peu l’esthétique
des albums venus de l’Est, un dessin et des couleurs
qui rappellent le style chinois, népalais… ou
mongols, puisque c’est là que commence l’histoire
et on pourrait croire à une traduction d’ouvrage
venu de ces terres. L’histoire met en scène des
éléments familiers à ces récits
: un sage empereur, une jeune fille libre et cavalière
émérite… et d’autres plus courants
encore comme l’animal que l’on sauve et que l’on
apprivoise.
La narration est sobre, le récit se contente de livrer
les étapes d’un récit qui conduit l’héroïne
de sa yourte mongole au palais de Pékin. L’histoire
qui se met au service d’une approche documentaire de
la Mongolie qui se développe sur les dernières
pages à travers des photos et des schémas commentés.
A-M. Mercier-Faivre (juillet
2006)
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L'éditeur |
Qui a croqué mon goûter
? et Qui a volé ma fusée ?
de Fabienne Teyssèdre,
Seuil jeunesse 2006 dès 2-3
ans
Voici deux livres animés pour aiguiser l’attention
des petits curieux. Dans le premier, l’enfant cherche
qui a mangé son goûter, évoqué
par le livre dévoré sur le bas ; dans le second,
il doit déballer tous les cadeaux en soulevant les
rabats, pour découvrir qui lui a volé sa fusée.
Deux « premières enquêtes »,
annoncées comme étant destinées à
des enfants deux ans, quelques peu amères et corsées…
Dans Qui a croqué mon goûter ?, difficile
d'accepter que le petit mouton, héros des deux livres,
mange des bananes, et de surcroît des bananes qui ont
du mal à ressembler à des bananes tant elles
sont croquées… Dans Qui a volé ma
fusée ?, à faire trop de rimes, le vocabulaire
s’en trouve bien soutenu pour son public… Après
le succès de Qui a écrasé mon pâté
? en 1999, à force de trop reprendre le concept,
on noie l’idée ! Ces livres animés attirent
quand même par leur coloris et leur graphisme, bien
destinés, eux, aux tous jeunes lecteurs.
L. Fontanella (juillet 2006)
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L'éditeur
L'auteure |
Le Fils du loup bleu
de Martine Pourchain - Nathan poche 2006 dès
8 ans
Boyantogtosch a cinq ans et voit le monde depuis les épaules
de son père. Ce monde, c’est celui d’Ulambator,
en Mongolie, mais une Mongolie bien éloignée
des clichés habituels : son père fait partie
des “ hommes-taupes ”, qui peuplent les égouts
de la ville et tentent de survivre dans un univers glacial
et corrompu. Pourtant, l’ombre des yourtes, des grands
espaces, de Gengis Khan et des chevaux libres peuple aussi
ce livre, à travers les récits du père
et à travers l’imaginaire du fils. A ces aspects
s’ajoute une aventure cruelle : l’enfant se perd,
est enlevé par un réseau de prostitution et,
drogué, se sauve et erre dans les rues. Son père
se saoule. La sœur Agnès résout enfin tout,
avec l’aide de Gengis Khan.
Martine Pourchain réussit ici un pari difficile : concilier
l’aspect documentaire avec l’aventure, la réflexion
sur le monde actuel avec l’imaginaire des légendes,
la douceur et la cruauté. Le récit ne cache
rien au lecteur et la réalité qui y est montrée
est désespérante, mais on est emporté
aussi parfois dans la fantaisie des visions poétiques
ou opiacées de l’enfant et dans le rêve
d’un monde plus humain ou plus libre.
A-M. Mercier-Faivre (juillet 2006) |
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L'éditeur
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Sac en papier, sac en plastique de
Sylvain Victor
Drozophile / Quiquandquoi, 2006 (La Collection)
La vie est quelquefois sacrée, sac de nœuds,
saccagée ou sacrément belle, mais elle est surtout
pleine de sacs, que l’on remplit de choses parfois superflues
ou encombrantes, que l’on vide aussi des choses inutiles
ou abîmées. Il y a les sacs en papier, acceptables,
et les sacs en plastique, qui mettent des siècles pour
disparaître … Il y a aussi d’autres sacs,
plus gais, plus chauds, plus habités, qu’ils
soient à malice, à puces ou de couchage…
C’est autour de ce concept que Sylvain Victor organise
son livre malicieux et intelligent, qui joue bien sûr
sur les expressions bâties autour du mot «sac»,
qu’il utilise parfois au strict pied de la lettre, et
qu’il prend un réel plaisir à mettre en
images. Chaque page décline une image et un sac , scandée
par une chute qui revient comme un refrain.
Une manière ludique et apparemment légère
de parler du quotidien le plus banal et de la manière
dont nous consommons sans modération, jetons, utilisons,
gaspillons … C. Gentile
(juillet 2006)
Dans A-Do-Ka-Frè, un album
de BD sans texte, (2003, Ed. Paquet) Sylvain Victor avait
déjà mené une réflexion similaire,
en racontant le parcours, parfois singulier, d’un objet
de consommation courante : un tee-shirt ! |
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L'éditeur |
Loup ne sait pas compter de
Nadine Brun-Cosme et Nathalie Choux, Flammarion,
Les albums du Père castor, 2006 dès
4 ans
Un matin, Loup décide de jouer à cache-cache
avec Lapin, Cochon et Vache. Loup se met à compter
: « Un, deux, trois… ». Mais voilà,
après trois, qu’est-ce qu’il y a ? Loup
ne sait pas. Dans un premier temps, les autres sont trop occupés
à se moquer de lui pour l’aider. Mais, ensuite,
le trio entonne l’air de « Un, deux, trois,
nous irons au bois… », et Loup de répéter
après eux et d’apprendre à compter.
Derrière cet album à l’aspect enfantin,
une histoire pour apprendre et une reprise de comptine amusante.
Les illustrations sont colorées et graphiques, le texte
humoristique. L’idée est bonne, l’interprétation
des plus pédagogiques… à regret, cet aspect
donne un côté un peu pesant aux histoires. Mais
les enfants apprécient toujours de mêler le jeu
et l’apprentissage.
L. Fontanella (juillet 2006)
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L'éditeur
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Jardins en comptines de
Michelle Daufresne, Seuil jeunesse 2006 dès
6 ans
“ Variations sur les jardins ”
Cet album donne plus – et peut être moins
– que ce qu’annonce le titre : il y a non seulement
des comptines, mais aussi quelques petits (trop petits) fragments
de poèmes (Verlaine, Char,…) ; il y a un parcours
sur les différents type de jardins, les aspects du
jardin… et de belles illustrations, mêlant différentes
techniques (aquarelles, papiers découpés…).
Une mini-encyclopédie, un mini recueil de poèmes,
deux genres qui se côtoient ici de façon inattendue.
A-M. Mercier-Faivre
(juillet 2006) |
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Corrida de Yann
Fastier, L’Atelier du poisson soluble,
2006
Cette corrida, c’est celle qui se joue entre un garçon
(homme ou enfant ?) armé d’un couteau, le “
matador ”, et sa victime, homme opulent qui passe en
manteau noir, le taureau. Ce n’est certainement pas
un album “ pour enfants ” : le thème est
ici abordé de façon brute et d’une manière
très discutable si l’on se place sur le plan
moral. Mais c’est un album qui montre le talent de graphiste
de Yann Fastier, en lui-même très intéressant.
A-M. M-F. (juillet
2006)
L'éditeur
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L'éditeur |
La Guerre des cloches de
Gianni Rodari & PEF, Kaléidoscope
2006 dès 5 ans
Ding dong la guerre. Deux grands noms de
la littérature de jeunesse sont réunis dans
cet album. On retrouve l’invention de l’auteur
de la Grammaire de l’imagination et le trait
féroce de Pef dans une fable pacifiste qui utilise
toutes les ressources du texte et de l’image pour démontrer
l’absurdité des guerres : les deux camps sont
interchangeables, les deux généraux aussi, ne
les différencient que les couleurs des uniformes et
des drapeaux. Le titre est à double sens et désigne
aussi bien la nature des guerres pour les auteurs que l’un
des moyens de se faire la guerre. L’histoire, simple
et savoureuse, s’achève en défaite jubilatoire
des bellicistes et en triomphe de la fraternité.
Le dessin de Pef, qui s’éloigne du réalisme
de Zappe la guerre, évoque cependant toujours
celle de 14-18 (on reconnaît la grosse Bertha dans l’arme
secrète), en accentuant les parallélismes et
les détails cocasses sans pour autant gommer totalement
la cruauté. L’air effaré des soldats et
l’aspect ubuesque des généraux commentent
parfaitement le propos. Une fable pacifiste réussie,
où l’humour grinçant accompagne la réflexion
humaniste.
A-M. M-F. (juin 2006)
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L'éditeur
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Les petits bleus au cœur, Elisabeth
Brami, Philippe Bertrand, Seuil 2006
dès 5 ans
Des chagrins, comme Elisabeth
Brami les évoque souvent. Chagrins simples, quotidiens
: ceux de l’école, du coucher du soir, de l’amour
de cour de récréation, de l’anniversaire
raté…
Ce petit livre développe, en courts chapitres, sur
une pseudo feuille à petits carreaux, un texte simple
fait de récits au contenu et au langage banals qui
présentent de nombreux stéréotypes de
la vie familiale et scolaire (la cravate et l’autorité
du père, la tendresse grondeuse de la mère,
les zéros, la maîtresse pas gentille… cet
enfant n’aime de l’école que la récré).
L’originalité du texte vient de son dispositif
qui intercale mots et dessins et fait du texte un rébus
permanent qui peut offrir quelques difficultés intéressantes
à de jeunes enfants.
A-M. M.-F.. (juin 2006)
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L'éditeur
L'auteure
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Comment ça va ? de
Susie Morgenstern, Ill. de Serge
Bloch, le Rouergue 2006 dès
5 ans
Comment ça va ? demande Madame Famisht à son
voisin Mr Shmekeldekel entre deux étages. Question
anodine mais qui va le réveiller du long sommeil dans
lequel il est plongé depuis la mort de sa femme. Deuil
qui a anesthésié ses sens. Rien de tel qu’une
tarte aux blettes achetée au marché pour délier
la langue et retrouver le goût de la vie : le miracle
opère, sitôt dans la bouche de Mr Shmekeldekel,
les saveurs acidulées le titillent et il découvre
devant lui, comme pour la première fois, cette charmante
voisine, seule aussi depuis la mort de son mari… En
quelques phrases esquissées, en quelques traits à
l’encre noire, tout est dit sur la vieillesse, la mort,
le deuil et la vie qui reprend le dessus grâce à
l’espoir d’un amour retrouvé : le rose,
seule couleur du livre, qui teinte les cheveux de Madame Famisht,
la tarte qu’elle tend à son voisin, les cerises
sur sa robe, jusqu’aux trois cheveux sur la tête
de Mr Shmekeldekel qui se dressent soudain comme des antennes
pour capter les ondes de sa voisine. Un petit album carré
aussi savoureux qu’une pâte de fruit. M.Brami
(juin 2006)
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L'éditeur
L'auteure
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Saipas de Joke
Van Leeuwen, La joie de lire/Gerstenberg 2006
dès 7 ans
Au moment de se coucher, une mère commence à
raconter une histoire à sa fille, mais elle est interrompue
par le téléphone et le héros de l’histoire
tombe du livre et se glisse sous la couette de la petite fille…
Pour son premier livre illustré l’auteur néerlandaise
Joke Van Leeuwen — lauréate notamment du Prix
de la littérature Jeunesse en Allemagne — explore
les rouages de la création avec fougue, drôlerie
et une inventivité peu commune, en associant collages,
dessins, photos, BD pour une expérience unique où
texte et graphisme entrent en résonance — le
personnage pleure et les lettres se diluent !
« Saipas » répond le personnage
aux questions de la petite fille qui tente de retrouver son
histoire pour le rendre à sa vie entre les pages du
livre. Seul indice : l’histoire commence par" Il
était une fois". Les voilà donc partis
au pays de l’imaginaire : « Il était
une fois l’histoire qui ne voulait rien dire, l’histoire
que personne ne lira, l’histoire qui avait la répétite,
l’histoire que chacun voulait raconter…»
Attention livre contagieux : quand on a goûté
au plaisir d’inventer, impossible d’arrêter
! (de 5 à 555 ans) M.Brami
(juin 2006)
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