< littérature jeunesse - février / avril 2005>


octobre-novembre 2004

 


L'éditeur
L'auteur

Contes de printemps de Grégoire Solotareff
Neuf de l’école des loisirs, 2005 dès 9 ans

Offrir une histoire par jour et les regrouper par saison : voilà une idée intéressante ! Cette entreprise d’envergure n’a pas fait peur à Grégoire Solotareff dont l’imagination débordante, foisonnante et malicieuse a nourri le projet sans trop d’efforts. L’auteur émaille ses mini-fables d’interrogations sur la vie et ses origines, de réflexions sur l’amitié et l’amour, de morales au goût d’humanité. Cependant, malgré la flopée de héros attachants, animaux familiers et lutins, la brièveté de leurs aventures respectives laisse le lecteur sur sa faim. Le plaisir est inégal et l’on retient surtout le rajeunissement de quelques thèmes traditionnels, par exemple « L’étroit petit cochon » face au « GML » (Grand Méchant Loup). Ce sont donc des contes plaisants, frais, mais souvent étroits eux aussi, que nous invite à partager le lapin détendu et souriant de couverture : ils peuvent cependant mettre en appétit pour redécouvrir d’autres ouvrages plus élaborés du même auteur. M.F. (avril 2005)

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L'éditeur

Quel radis dis donc ! Praline Gay-Para, illustrations Andrée Prigent
Didier jeunesse, 2004 dès 2 ans

La conteuse imprègne de son expérience cette adaptation d’une historiette traditionnelle de légume récalcitrant. Grâce à la mise en page du texte, à la taille ou à la couleur des lettres et des mots, le lecteur entend la voix du narrateur et devient son complice. Il s’amuse avec lui du plaisir de la petite souris, omniprésente, qui suit et observe, l’air coquin et moqueur, les essais infructueux des protagonistes pour venir à bout de l’encombrant radis. Chaque tableau, bien encadré, dessiné et peint dans un style sobre et naïf, ajoute un ton universel à l’atmosphère populaire de ce conte d’origine russe. Déjà paru en 1998 et repris en 2004 par Didier jeunesse dans la collection «A petits petons», cet album léger et sans prétention reprend la tradition avec fantaisie et humour. Il constitue une valeur sûre et sa structure répétitive permet une exploitation pédagogique intéressante. A goûter de toute façon ! M.F. (avril 2005)

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Les dimanches de verre, Alain Sasson - Médium de l’école des loisirs 2004
dès 12 ans

Ce sont des dimanches rares, fragiles, délicats et précieux qui animent la vie de Benjamin. Ces jours-là, sa mère lui apprend « plein de choses, en cachette » sur cette « Vallée de larmes » qu’est la vie. L’enfant s’est déjà « faufilé » pour naître, il aspire maintenant à grandir et s’acharne à devenir un homme. Impossible de compter sur le père, éternel étudiant, paranoïaque et sévère, «aux nerfs misanthropes», qui ne supporte pas son fils. En semaine, à la pension, le quotidien consiste surtout en brimades, coups et punitions. Que «la vie est lente» à onze ans, alors qu’il y a tant de choses à découvrir : les filles, le cinéma… promesses délicieuses ! Benjamin a «soif des autres» et s’attache à Pierrot, enfant déjanté, toujours «hors-sujet», qui devient son «poteau pas beau» mais si sincère !
Alain Sasson raconte une enfance (son enfance ?) pleine de «violente espérance» ; le récit est poignant, juste, intime, souvent triste et parfois très drôle. Une quête du bonheur qui ne peut laisser indifférent !
M.F. (avril 2005)

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Existence zéro - Tome 2. Le pouvoir de Framboise de Maëlle Fierpied
Petit à petit 2004 dès 10 ans

Tome 1 : Le réveil de Mélusine LIRE l'article
Tome 3 : parution mai 2005

Même s’il n’y a plus l’effet de surprise, on revisite avec intérêt l’Université Invisible, et quand même Inquiétante, où fut admise Mélusine grâce à ses qualités de « Penseur ». Framboise, elle, doit son intégration à ses dons de « Voleur », entendez par là son potentiel en télékinésie. Enfant heureuse, active et « porte-poisse », la fillette de onze ans est enlevée, avec l’incroyable consentement de ses parents, par un être curieux nommé Dante, un Vampire Collaborateur. Les membres d’une brigade spéciale conduisent Framboise sur l’Ile Invisible où elle doit s’adapter aux règles strictes de l’Université. Mais l’enfant ne peut admettre d’être gommée de la mémoire de sa famille. Mélusine a connu cette douleur et les deux filles sympathisent en cachette. Maëlle Fierpied construit son récit avec rigueur, joue l’humour qui dissipe les malaises, enrôle son lecteur qui se laisse faire et se pose encore des questions. Tristan, annoncé dans le prochain tome, aura-t-il le don d’y répondre ? M.F. (mars 2005)

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Nuria la nomade, de Jean-Jacques Marimbert
Syros jeunesse/Unicef 2004 dès 13 ans L'Unicef

Dans un campement improvisé du bush africain, Nuria s’occupe de son petit frère Ali ; dans le ciel, se profilent les avions meurtriers…
Au début de ces années 1980, les Ethiopiens chassent les habitants de l’Ogaden qui passent la frontière et sont recueillis par les Somaliens. Nuria, la petite nomade de douze ans, a l’habitude des départs mais se résout difficilement à cette fuite. L’auteur, marqué par son expérience de Médecin Sans Frontières, raconte l’arrivée de l’enfant dans le camp de réfugiés, sa volonté, ses angoisses, les efforts de tous pour vivre et l’immense espoir. Au terme du récit, le lecteur, ému, cherche à se documenter sur une contrée trop ignorée et s’interroge sur le destin de la courageuse Nuria et de sa famille. D’une belle écriture fluide et juste, Jean-Jacques Marimbert ouvre aux jeunes les portes d’un monde où l’action de l’Unicef demeure essentielle.
M.F. (mars 2005)

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Oedipe (L'incroyable histoire de) de Valérie Terranova, RMN, 2004 dès 7 ans

A travers la collection "L'incroyable histoire de" la Réunion des Musées Nationaux souhaite présenter "un livre, une histoire, un tableau pour revisiter les sources de la civilisation européenne...". Alors entrons dans l'univers de celle d’Oedipe... La linéarité du récit tragique est entrecoupée de détails extraits d'un tableau d'Ingres (1808) que le lecteur retrouvera en fin d'ouvrage, dans le dos de couverture: "Oedipe explique l'énigme du sphinx ". Grâce à un jeu typographique très étudié, certains noms sont mis en valeur et repris en fin d'ouvrage dans un index explicatif.
Le lecteur relira avec plaisir la légende d'Oedipe, fournie et détaillée. Le format carré et la couverture souple de l'album sont appréciables et cet ouvrage est destiné aux enfants dans la mesure où le ton se veut parfois familier. On peut malheureusement regretter le parti pris de légèreté qui ôte le dramatique d'un si grand mythe fondateur.
C.G. (mars 2005)

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L'éditeur
voir aussi Les aventures mondiales de Francine et Jacky au Cameroun

Octavi vend sa voiture de Cathy Ytak et Corinne Cretin-Salvi dès 6 ans
La cabane sur le chien, 2004

Octavi possède la chance inouïe d'avoir une voiture peu commune ! Il décide cependant de la vendre, mais quelques travaux seront nécessaires à la rénovation du dit objet, car cette dernière est "très belle mais un peu vieille". Les rafistolages d'Octavi permettent de "remettre la porte", revoir le moteur "qui a des ratés", mais tout de même, "le klaxon fonctionne très bien"! Et ce dernier point convient entièrement à l'acheteur, pour lui c'est "parfait", et l’achat est conclu. Laissons planer le suspense sur le final...

Le plaisir du lecteur n'a d'égal que celui de l'auteur, tant il est évident que chaque page de ce petit album est savoureuse et cocasse. La présentation très inventive de la situation recèle de menus détails attachants et cet ouvrage ne manque ni d'humour, ni d'imagination.
C.G. (mars 2005)

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L'éditeur

Malade d’amour d’Alan Mets, Mouche de l’Ecole des Loisirs, 2005 dès 6 ans

Jimmy-Renard, misanthrope invétéré, se satisfait de ses choix de vie, entre bons livres et excellents ragoûts de lapin. C’est sans compter sur l’amour, qui frappe invariablement quand on s’y attend le moins ; mais le cœur de la belle renarde (entraperçue lors d’une chasse au… lapin) n’est pas gagné ; comble de l’ironie, le renard aura besoin de toute la science d’un lapin, justement, pour comprendre que la réciprocité sentimentale ne coule pas de source.
Malade d’amour ne se contente pas d’évoquer la complexité du lien amoureux, et le point de départ du récit se lit aussi comme un joli prétexte pour que puisse éclore une amitié singulière entre deux créatures dissemblables : le périple du lapin et du renard les rapproche, immanquablement, et auprès de ce professeur particulier, Jimmy grandit, ouvre son esprit et renonce à sa solitude. Dans la lignée du Bilsdungroman, cette fable d’apprentissage vive et charmante, rythmée par les amusantes illustrations de l’auteur, met en scène des personnages attachants qui incarnent l’idée que l’on s’enrichit au contact des autres et ce, malgré les différences de surface.
B.L. (février 2005)

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L'éditeur

Sors de ta coquille, de Frédéric Kessler et Olivier Charpentier
Didier jeunesse, 2005 dès 3 ans

« Je te réchaufferai… je t’apprendrai… je te protègerai… » : que de promesses rassurantes à celui qui va naître… N’est-ce pas l’espoir et la tâche de toute mère : aider son enfant à grandir, à s’exprimer, à exister ? Ici, une maman cane s’adresse au premier œuf de sa couvée : le caneton semble peu pressé d’en casser la coquille. Enfin convaincu, le nouveau-né peut à son tour, sous la protection maternelle, transmettre à ses frères et sœurs la motivation pour éclore.
Le rôle d’initiateur accordé à l’aîné rend original le propos de ce petit album rose tendre. Texte alerte, traits nets, couleurs franches et composition dynamique s’accordent dans l’humour : un charmant petit livre est né, fable issue de deux imaginations complices et confiantes. Des mêmes auteurs, de la même veine, Qui m’aime me suive, histoire plus grinçante et moralisatrice sur la découverte de la liberté et le goût du risque, paraît moins accessible aux petits lecteurs : à découvrir cependant, pour rire ! M.F. (février 2005)

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du même auteur
Le cabossé
Syros, 2003

La p’tite Helène de Claire Mazard, Syros jeunesse, 2004 dès 13 ans

Hélène, adolescente en mal de vivre, qui se sent «mal aimée», va passer l’année de son bachot chez son père à Lille. Sa mère, enseignante, est à Perpignan, mais elle est « dure, conventionnelle ». Elle s’ennuie avec son père qu’elle trouve décalé et perdu ; elle fréquente Cathy et Eve, un peu paumées aussi, qui passent leur temps à chaparder dans les magasins. Hélène est emprisonnée dans une «non-envie de vivre» mais à travers son journal intime, elle peut raconter son quotidien et ouvrir son cœur. Elle décide qu’elle ne passera pas son bac, et s’apprête à retourner vivre chez sa mère.
En chemin, elle descend inopinément à Avignon, où elle a la chance de croiser son ange-gardien, Laure, qui est allée vers elle pour «son regard désespéré, un appel au secours». Entre elles, la révolte cèdera la place à l’amitié, grâce à l’infinie patience de Laure, qui va aussi initier Hélène à la peinture, et s’employer à lui faire passer son bac, avec succès.
Ce roman sous forme de journal devient un récit à deux voix, celles d’Hélène et de Laure, l’une renvoyant à l’autre histoire. Cette adolescente en souffrance ne désire qu’une chose : avoir « une vie bleue »… Laure a su accorder une crédibilité à Hélène : pour elle, cette "crise"est importante car «la vie se joue, se décide à 17 ans». En fin d’ouvrage, nous apprenons qu’Hélène est artiste-peintre à Avignon et que Laure reste "une des plus belles couleurs» de sa vie. C.G.. (février 2005)

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