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< littérature
jeunesse - février / avril 2005>
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L'éditeur
L'auteur
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Contes de printemps
de Grégoire Solotareff
Neuf de l’école des loisirs, 2005 dès
9 ans
Offrir une histoire par jour et les regrouper par saison
: voilà une idée intéressante ! Cette
entreprise d’envergure n’a pas fait peur à
Grégoire Solotareff dont l’imagination débordante,
foisonnante et malicieuse a nourri le projet sans trop d’efforts.
L’auteur émaille ses mini-fables d’interrogations
sur la vie et ses origines, de réflexions sur l’amitié
et l’amour, de morales au goût d’humanité.
Cependant, malgré la flopée de héros
attachants, animaux familiers et lutins, la brièveté
de leurs aventures respectives laisse le lecteur sur sa faim.
Le plaisir est inégal et l’on retient surtout
le rajeunissement de quelques thèmes traditionnels,
par exemple « L’étroit petit cochon
» face au « GML » (Grand Méchant
Loup). Ce sont donc des contes plaisants, frais, mais souvent
étroits eux aussi, que nous invite à partager
le lapin détendu et souriant de couverture : ils peuvent
cependant mettre en appétit pour redécouvrir
d’autres ouvrages plus élaborés du même
auteur. M.F. (avril 2005)
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L'éditeur
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Quel radis dis donc ! Praline
Gay-Para, illustrations Andrée Prigent
Didier jeunesse, 2004 dès
2 ans
La conteuse imprègne de son expérience
cette adaptation d’une historiette traditionnelle de
légume récalcitrant. Grâce à la
mise en page du texte, à la taille ou à la couleur
des lettres et des mots, le lecteur entend la voix du narrateur
et devient son complice. Il s’amuse avec lui du plaisir
de la petite souris, omniprésente, qui suit et observe,
l’air coquin et moqueur, les essais infructueux des
protagonistes pour venir à bout de l’encombrant
radis. Chaque tableau, bien encadré, dessiné
et peint dans un style sobre et naïf, ajoute un ton universel
à l’atmosphère populaire de ce conte d’origine
russe. Déjà paru en 1998 et repris en 2004 par
Didier jeunesse dans la collection «A petits petons»,
cet album léger et sans prétention reprend la
tradition avec fantaisie et humour. Il constitue une valeur
sûre et sa structure répétitive permet
une exploitation pédagogique intéressante. A
goûter de toute façon ! M.F.
(avril 2005)
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L'éditeur
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Les dimanches de verre, Alain
Sasson - Médium de l’école
des loisirs 2004
dès 12 ans
Ce sont des dimanches rares, fragiles, délicats et
précieux qui animent la vie de Benjamin. Ces jours-là,
sa mère lui apprend « plein de choses, en
cachette » sur cette « Vallée
de larmes » qu’est la vie. L’enfant
s’est déjà « faufilé
» pour naître, il aspire maintenant à grandir
et s’acharne à devenir un homme. Impossible de
compter sur le père, éternel étudiant,
paranoïaque et sévère, «aux nerfs
misanthropes», qui ne supporte pas son fils. En
semaine, à la pension, le quotidien consiste surtout
en brimades, coups et punitions. Que «la vie est
lente» à onze ans, alors qu’il y a
tant de choses à découvrir : les filles, le
cinéma… promesses délicieuses ! Benjamin
a «soif des autres» et s’attache
à Pierrot, enfant déjanté, toujours «hors-sujet»,
qui devient son «poteau pas beau» mais
si sincère !
Alain Sasson raconte une enfance (son enfance ?) pleine de
«violente espérance» ; le récit
est poignant, juste, intime, souvent triste et parfois très
drôle. Une quête du bonheur qui ne peut laisser
indifférent !
M.F. (avril 2005)
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L'éditeur |
Existence zéro - Tome 2. Le
pouvoir de Framboise de
Maëlle Fierpied
Petit à petit 2004 dès
10 ans
Tome 1 : Le réveil de Mélusine
LIRE l'article
Tome 3 : parution mai 2005
Même s’il n’y a plus l’effet de surprise,
on revisite avec intérêt l’Université
Invisible, et quand même Inquiétante, où
fut admise Mélusine grâce à ses qualités
de « Penseur ». Framboise, elle, doit son intégration
à ses dons de « Voleur », entendez par
là son potentiel en télékinésie.
Enfant heureuse, active et « porte-poisse »,
la fillette de onze ans est enlevée, avec l’incroyable
consentement de ses parents, par un être curieux nommé
Dante, un Vampire Collaborateur. Les membres d’une brigade
spéciale conduisent Framboise sur l’Ile Invisible
où elle doit s’adapter aux règles strictes
de l’Université. Mais l’enfant ne peut
admettre d’être gommée de la mémoire
de sa famille. Mélusine a connu cette douleur et les
deux filles sympathisent en cachette. Maëlle Fierpied
construit son récit avec rigueur, joue l’humour
qui dissipe les malaises, enrôle son lecteur qui se
laisse faire et se pose encore des questions. Tristan, annoncé
dans le prochain tome, aura-t-il le don d’y répondre
? M.F. (mars 2005)
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Nuria la nomade, de Jean-Jacques Marimbert
Syros jeunesse/Unicef 2004 dès
13 ans L'Unicef
Dans un campement improvisé du bush africain, Nuria
s’occupe de son petit frère Ali ; dans le ciel,
se profilent les avions meurtriers…
Au début de ces années 1980, les Ethiopiens
chassent les habitants de l’Ogaden qui passent la frontière
et sont recueillis par les Somaliens. Nuria, la petite nomade
de douze ans, a l’habitude des départs mais se
résout difficilement à cette fuite. L’auteur,
marqué par son expérience de Médecin
Sans Frontières, raconte l’arrivée de
l’enfant dans le camp de réfugiés, sa
volonté, ses angoisses, les efforts de tous pour vivre
et l’immense espoir. Au terme du récit, le lecteur,
ému, cherche à se documenter sur une contrée
trop ignorée et s’interroge sur le destin de
la courageuse Nuria et de sa famille. D’une belle écriture
fluide et juste, Jean-Jacques Marimbert ouvre aux jeunes les
portes d’un monde où l’action de l’Unicef
demeure essentielle.
M.F. (mars 2005)
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L'éditeur |
Oedipe (L'incroyable histoire de)
de Valérie Terranova,
RMN, 2004 dès 7 ans
A travers la collection "L'incroyable histoire de"
la Réunion des Musées Nationaux souhaite présenter
"un livre, une histoire, un tableau pour revisiter
les sources de la civilisation européenne...".
Alors entrons dans l'univers de celle d’Oedipe... La
linéarité du récit tragique est entrecoupée
de détails extraits d'un tableau d'Ingres (1808) que
le lecteur retrouvera en fin d'ouvrage, dans le dos de couverture:
"Oedipe explique l'énigme du sphinx ".
Grâce à un jeu typographique très étudié,
certains noms sont mis en valeur et repris en fin d'ouvrage
dans un index explicatif.
Le lecteur relira avec plaisir la légende d'Oedipe,
fournie et détaillée. Le format carré
et la couverture souple de l'album sont appréciables
et cet ouvrage est destiné aux enfants dans la mesure
où le ton se veut parfois familier. On peut malheureusement
regretter le parti pris de légèreté qui
ôte le dramatique d'un si grand mythe fondateur.
C.G. (mars 2005)
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L'éditeur
voir aussi Les
aventures mondiales de Francine et Jacky au Cameroun |
Octavi vend sa voiture de
Cathy Ytak et Corinne Cretin-Salvi dès
6 ans
La cabane sur le chien, 2004
Octavi possède la chance inouïe d'avoir une voiture
peu commune ! Il décide cependant de la vendre, mais
quelques travaux seront nécessaires à la rénovation
du dit objet, car cette dernière est "très
belle mais un peu vieille". Les rafistolages d'Octavi
permettent de "remettre la porte", revoir
le moteur "qui a des ratés", mais
tout de même, "le klaxon fonctionne très
bien"! Et ce dernier point convient entièrement
à l'acheteur, pour lui c'est "parfait",
et l’achat est conclu. Laissons planer le suspense sur
le final...
Le plaisir du lecteur n'a d'égal que celui de l'auteur,
tant il est évident que chaque page de ce petit album
est savoureuse et cocasse. La présentation très
inventive de la situation recèle de menus détails
attachants et cet ouvrage ne manque ni d'humour, ni d'imagination.
C.G. (mars 2005)
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L'éditeur
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Malade d’amour d’Alan
Mets, Mouche de l’Ecole des Loisirs,
2005 dès 6 ans
Jimmy-Renard, misanthrope invétéré,
se satisfait de ses choix de vie, entre bons livres et excellents
ragoûts de lapin. C’est sans compter sur l’amour,
qui frappe invariablement quand on s’y attend le moins
; mais le cœur de la belle renarde (entraperçue
lors d’une chasse au… lapin) n’est pas gagné
; comble de l’ironie, le renard aura besoin de toute
la science d’un lapin, justement, pour comprendre que
la réciprocité sentimentale ne coule pas de
source.
Malade d’amour ne se contente
pas d’évoquer la complexité du lien amoureux,
et le point de départ du récit se lit aussi
comme un joli prétexte pour que puisse éclore
une amitié singulière entre deux créatures
dissemblables : le périple du lapin et du renard les
rapproche, immanquablement, et auprès de ce professeur
particulier, Jimmy grandit, ouvre son esprit et renonce à
sa solitude. Dans la lignée du Bilsdungroman,
cette fable d’apprentissage vive et charmante, rythmée
par les amusantes illustrations de l’auteur, met en
scène des personnages attachants qui incarnent l’idée
que l’on s’enrichit au contact des autres et ce,
malgré les différences de surface.
B.L. (février 2005)
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L'éditeur
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Sors de ta coquille, de
Frédéric Kessler et Olivier Charpentier
Didier jeunesse, 2005 dès
3 ans
« Je te réchaufferai… je t’apprendrai…
je te protègerai… » : que de promesses
rassurantes à celui qui va naître… N’est-ce
pas l’espoir et la tâche de toute mère
: aider son enfant à grandir, à s’exprimer,
à exister ? Ici, une maman cane s’adresse au
premier œuf de sa couvée : le caneton semble peu
pressé d’en casser la coquille. Enfin convaincu,
le nouveau-né peut à son tour, sous la protection
maternelle, transmettre à ses frères et sœurs
la motivation pour éclore.
Le rôle d’initiateur accordé à l’aîné
rend original le propos de ce petit album rose tendre. Texte
alerte, traits nets, couleurs franches et composition dynamique
s’accordent dans l’humour : un charmant petit
livre est né, fable issue de deux imaginations complices
et confiantes. Des mêmes auteurs, de la même veine,
Qui m’aime me suive, histoire
plus grinçante et moralisatrice sur la découverte
de la liberté et le goût du risque, paraît
moins accessible aux petits lecteurs : à découvrir
cependant, pour rire ! M.F. (février
2005)
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| 
du même auteur
Le cabossé
Syros, 2003
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La p’tite Helène de Claire
Mazard, Syros jeunesse, 2004 dès
13 ans
Hélène, adolescente en mal de vivre, qui se
sent «mal aimée», va passer l’année
de son bachot chez son père à Lille. Sa mère,
enseignante, est à Perpignan, mais elle est «
dure, conventionnelle ». Elle s’ennuie avec
son père qu’elle trouve décalé
et perdu ; elle fréquente Cathy et Eve, un peu paumées
aussi, qui passent leur temps à chaparder dans les
magasins. Hélène est emprisonnée dans
une «non-envie de vivre» mais à
travers son journal intime, elle peut raconter son quotidien
et ouvrir son cœur. Elle décide qu’elle
ne passera pas son bac, et s’apprête à
retourner vivre chez sa mère.
En chemin, elle descend inopinément à Avignon,
où elle a la chance de croiser son ange-gardien, Laure,
qui est allée vers elle pour «son regard
désespéré, un appel au secours».
Entre elles, la révolte cèdera la place à
l’amitié, grâce à l’infinie
patience de Laure, qui va aussi initier Hélène
à la peinture, et s’employer à lui faire
passer son bac, avec succès.
Ce roman sous forme de journal devient un récit à
deux voix, celles d’Hélène et de Laure,
l’une renvoyant à l’autre histoire. Cette
adolescente en souffrance ne désire qu’une chose
: avoir « une vie bleue »… Laure
a su accorder une crédibilité à Hélène
: pour elle, cette "crise"est importante car «la
vie se joue, se décide à 17 ans».
En fin d’ouvrage, nous apprenons qu’Hélène
est artiste-peintre à Avignon et que Laure reste
"une des plus belles couleurs» de sa vie.
C.G.. (février 2005)
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