< littérature jeunesse - avril-mai 2006>


 

 

L'éditeur

dès 7 ans

Mon ombre et moi, I. Vandenabeele, P. Van Oudheusden, Le Rouergue 2006

Un petit garçon vit avec son ombre, qu’il personnifie comme son double, il la nomme « Elle ». Ainsi, elle le suit au gré de sa journée. « Elle marche devant moi… sous l’eau, elle nage en cachette, derrière mon dos… elle aime bien regarder la télé…». L’ombre s’envole à la tombée de la nuit, et l’enfant vit à travers elle une autre vie - « Elle danse avec les indiens…En Chine, elle monte sur la scène des théâtres… ». Mais, le matin, elle se dépêche de revenir aux côtés de l’enfant, épuisée.
« Ça t’étonne, après une nuit pareille ? » la gronde t-il.
Une qualité graphique, un texte bleu sur fond écru, une mise en page alternée de découpages et collages, et la gravure sur bois, accompagnée de couleurs primaires.
A travers la journée du garçon, cet album fait le récit du monde refoulé de l’enfance, aux portes de l’imaginaire. Il aimerait tant grandir et devenir «autonome», libre, que son ombre en est la meilleure représentante. L’enfant créé son double, pour mieux dépasser ses peurs, vivre sans contrainte.
C.G. (mai 2006)

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La dentriste, Thomas Scotto et Jean-François Martin, T. Magnier 2006 dès 5 ans

La vie des dents
Un album pas triste : en attendant que vienne son tour, à la première visite chez la “dentriste”, on se distrait en pensant aux dents, dents de lait et de sagesse, dents qui tombent (avec la souris), dents de vieux, dents de loup, de crocodile ou de tortue, dents de peigne et de râteaux…
Les doubles pages s’enchaînent en proposant face aux pages blanches du texte de belles images très inventives, à la fois sobres et pleines de petits détails souvent cocasses. Mais à intervalles réguliers, la réalité de l’attente revient, avec l’angoisse, sur des pages de plus en plus sombres où s’inscrit la formule fatidique “ au suivant ! ”, jusqu’à l’arrivée de la dentiste, finalement pas si terrible que ça.
Ce très bel album arrive à parler d’un sujet difficile (on ne nie pas la peur ni la difficulté de l’attente) en y mettant une belle fantaisie et un soupçon de savoir autour de la dent. A-M. M-F. (mai 2006)

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L'éditeur

L'auteur

Ce qui compte dans le premier baiser de Thierry Lefevre, Gulfstream 2006
dès 13 ans

Ce roman est un pur délice des sens, un retour en adolescence, dans les émois d’un moment si important : le premier baiser. L’auteur se pose ici les questions fondamentales du où, quand, comment, passant en revue les aspects techniques divers et variés : « la langue, comment ? Dans quel sens ? Qui commence ?... ».
Autant de questions qui ne se soulèvent qu’au moment opportun, celui de LA rencontre avec le Premier Amour. Dénommée Julie. Et notre héros n’aura de cesse que de résoudre son problème, n’ayant qu’une seule obsession : l’embrasser. Il se retrouve ainsi à la croiser chez son dentiste, donnant tout pour un frôlement sur le seuil d’une porte, aux prises malheureuses avec un « emploi du temps dentaro-amoureux » dont le dentiste n’est pas dupe.
Dépité, il se confie ensuite à son ami Nicolas, espérant ainsi pouvoir approcher la belle avec méthode. Et malgré le rendez-vous mis en place par ce dernier, cette rencontre sera un fiasco. Mais notre héros arrivera à ses fins, après moult tribulations romanesques. Un récit tendre et humoristique qui dépeint avec réalisme cet univers du premier amour. « Ce qui compte dans le premier baiser, c’est de s’en souvenir ; toute sa vie ». C.G. (mai 2006)

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dans la même collection :
Mon ptit vieux de Jo Hoestlandt

Collection « Les Orpailleurs » Editions Le Baron perché dès 9 ans

Le Baron Perché présente cette très jolie collection avec des textes pour jeunes lecteurs à partir de 9 ans. Un format poche cartonné, une mise en page soignée, un graphisme sobre pour les trois titres de cette collection naissante, illustrés par Sandrine Martin.
Monsieur Tristan (de Stéphanie Hoyos-Gomez) évoque un écrivain pris dans son tourbillon imaginaire, vivant reclus au pays des mots. Ceux-ci le réveillent un matin pour l’emmener sur le chemin « d’un conte de fées de toute beauté ». Une grande première pour notre homme. Mais l’histoire se termine mal et le rêve rejoint la réalité quand les signes parlent et conduisent à l’amour. Une écriture fluide et légère, qui dresse le portrait d’un écrivain fantaisiste, qui trouve l’amour en acceptant de sortir de chez lui.
Voleuse (de Franck Prévot) est le récit douloureux d’une enfant accusée de vol dans sa classe - on fait porter à Patricia le poids familial d’un père emprisonné pour vol. Il faudra tout le courage nécessaire au père et à l’enfant pour retrouver courage et dignité et faire face aux a priori, aux jugements, des professeurs aux élèves. Un texte pudique et sensible.
C.G. (mai 2006)

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L'éditeur

En voiture Simone de Luc Tartar, Lansman jeunesse 2006 dès 9 ans

D’emblée, l’étonnement est grand face à la distribution des personnages : on trouve évidemment Simone (une jeune fille qui a toujours du mal à se lever le matin), sa mère (qui a toujours du mal à la réveiller le matin), la police, le journaliste, le brancardier… mais aussi la vue, l’ouïe, le goût, le toucher et le nez, « plus un qui dit être le sixième sens et qui se croit plus intelligent que tout le monde.» ! Les sens de Simone vont en effet prendre corps (littéralement) et s’allier pour tâcher de ramener leur propriétaire à la vie après qu’une automobiliste l’a renversée, alors qu’elle sortait du lycée. Un coma plus profond que le sommeil qui la tient clouée au lit chaque matin… car Simone a-t-elle encore envie de vivre ?
Pièce intelligente et loufoque à souhait (en dépit de la gravité apparente de la situation), construite sur des dialogues vifs et teintés d’une absurdité légère, ponctuée d’amusantes chansonnettes, En voiture Simone en est à sa troisième version, écrite pour sa création à Paris (mise en scène de Sarah Sandre), mais peut aussi s’apprécier via une lecture, seul ou à plusieurs. B.L. (mai 2006)

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Bébé Cadum de Stéphanie blake - Ecole des loisirs, 2006 dès 5 ans

Le lapin est de retour !
Avec une façon de traiter les événements qui n’appartient qu’à elle, Stéphanie Blake s’empare de la venue d’un petit frère à la maison pour en faire un sujet drôle, en le dédramatisant.
Des mines dépités du petit lapin devant le séjour « pour toujours » de son petit frère, à celles d’un « bébé cadum » qu’il est bon de réconforter, en grand frère protecteur, les soirs où le loup rôde… Il n’y a qu’un pas de la colère à la tendresse, et Simon le franchit aisément en acceptant d’être un vrai grand frère. C.G. (mai 2006)

L'éditeur

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L'éditeur

Firestarter de Catherine Forde - Egmont 2006 dès 12 ans

Keith est chargé de garder sa petite sœur Annie, trois ans, une semaine durant, tandis que sa mère part suivre une formation ; ces jours s’annoncent plaisants, mais la présence inquiétante d’un nouveau voisin, Reece, un garçon apparemment désaxé, met en péril la tranquillité d’esprit de Keith – un garçon responsable et attachant, que ses parents ont souvent mis en garde à propos des «pensionnaires» très spéciaux de la voisine, de jeunes délinquants qu’elle accueille afin de leur offrir temporairement un cadre familial stabilisant. Et quand Reece, un pathétique punk peinturluré qu’Annie surnomme le « clown », commence à s’insinuer dans son quotidien, Keith est désemparé mais tâche de résister malgré tout à cette influence néfaste. Ce roman bien construit, à la manière d’un court thriller, reste un peu anecdotique mais met parfaitement en relief les paradoxes qui agitent Keith, qui prend peu à peu conscience des souffrances d’autrui (en dépit de ce que Reece peut faire subir aux autres) et il parvient à dépasser le regard négatif que les adultes posent généralement sur Reece, un adolescent à la dérive, qui est évidemment une victime plus qu'un bourreau, mais pour qui il ne semble pas avoir de rédemption possible... . B.L. (mai 2006)

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lire aussi
Où est passé mon coeur ? d'A-C. Lévêque & S. Desmazières (Le Baron Perché)

Lundi Matin de Sandra Desmazières Editions Le Baron perché dès 6 ans

Cet album, tout en teintes pastels, passe avec tendresse du monde des rêves à celui de la réalité.
Un petit garçon, évoluant au fil des pages dans un blanc de craie, se retrouve à l’école, un « lundi matin » en pyjama, s’évade ensuite dans les airs en «s’accrochant aux nuages », s’envole sur un oiseau « aux plumes douces comme le duvet de ma couette »… puis vient la tempête…
Avant qu’il ne s’aperçoive, en tombant…, qu’il était dans son lit ! A la toute dernière page, la vraie semaine commence, et il est tout habillé de chaud pour affronter la vraie neige.
Une manière espiègle de débuter la semaine, et d’affronter la peur de la réalité.
C.G. (mai 2006)

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L'éditeur

L’autre, Zaza Pinson & Goeffroy de Pennart, Kaléidoscope 2006 dès 5 ans

Partager : une vie de chien
Raoul (le chien) était heureux avant. Arrive un homme dans la vie de sa maîtresse, puis un bébé, puis un autre, et c’est le cauchemar.
C’est Raoul qui raconte. Le ton est digne, mais indigné. Le récit est sobre et laconique, mais les dessins détaillent de façon savoureuse son bonheur d’avant (la belle “ vie de chien ” !), ses tentatives pour lutter contre les changements, et ses relations avec l’enfant, du mépris à la curiosité, puis l’indifférence, puis…
Une histoire d’amour, de jalousie, de hargne et d’acceptation progressive qui peut offrir aux enfants le point de vue de l’animal dit “ de compagnie ”, dont l’affection n’est pas acquise a priori.
A-M. M-F.
(mai 2006)

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La dentriste, Thomas Scotto et Jean-François Martin, T. Magnier 2006 dès 5 ans

La vie des dents
Un album pas triste : en attendant que vienne son tour, à la première visite chez la “dentriste”, on se distrait en pensant aux dents, dents de lait et de sagesse, dents qui tombent (avec la souris), dents de vieux, dents de loup, de crocodile ou de tortue, dents de peigne et de râteaux…
Les doubles pages s’enchaînent en proposant face aux pages blanches du texte de belles images très inventives, à la fois sobres et pleines de petits détails souvent cocasses. Mais à intervalles réguliers, la réalité de l’attente revient, avec l’angoisse, sur des pages de plus en plus sombres où s’inscrit la formule fatidique “ au suivant ! ”, jusqu’à l’arrivée de la dentiste, finalement pas si terrible que ça.
Ce très bel album arrive à parler d’un sujet difficile (on ne nie pas la peur ni la difficulté de l’attente) en y mettant une belle fantaisie et un soupçon de savoir autour de la dent. A-M. M-F. (mai 2006)

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La baby-sitter de Mathis, Thierry Magnier 2006 dès 5 ans

Un loup pour baby-sitter ?
Les parents de Gaspard sortent, ils ont fait appel à une baby-sitter. Ils s’en vont et Gaspard refuse de la voir ; et puis c’est un loup, mais un loup rassurant puisqu’il a réponse à tout. Un loup qui ne dévore que les enfants désobéissants, ou des livres, quand les enfants sont sages…
Un album surprenant, dont la qualité principale réside dans le graphisme très particulier de Mathis : couleurs franches, dessin dépouillé et drôle.
A-M. M-F. (mai 2006)

du même auteur Cinq, six bonheurs (Thierry Magnier, 2004)

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L'éditeur

Tout sur la musique ! Livre-CD présenté par Michaël Rosenfeld, ill. d’Aurélia Fronty et Christine Destours - Gallimard Jeunesse Musique, 2006 dès 7 ans

Michaël Rosenfeld explore le langage musical, son alphabet, sa syntaxe et son lexique… Il revient avec clarté sur des notions en apparence complexes (l’harmonie, la mélodie, les modes, etc.) mais présente aussi les familles d’instruments (les vents, les cordes, sans oublier la voix ou les technologies nouvelles) ainsi que divers courants musicaux et leurs évolutions diachroniques (polyphonie, baroque, romantisme, jazz, musique moderne et sérielle…). Cet ouvrage passionnant et presque exhaustif, agréablement mis en page et rehaussé d’illustrations vives et colorées, est certes réservé aux enfants qui possèdent déjà un minimum de connaissances musicales et qui surtout auront eu l’occasion de les mettre en pratique - mais il n’exclut toutefois pas les débutants, et ce grâce au CD qui l’accompagne et permet une approche concrète et vivante - 35 plages musicales soigneusement sélectionnées, en écho avec les notions abordées sur le papier ; un livre essentiel, loin des austères manuels de solfège... B.L. (mai 2006)

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L'éditeur

Sorcière blanche d'Anne-Marie Desplat-Duc, Rageot Romans, 2006 dès 12 ans

Les éditions Rageot lancent une collection de romans – destinée à remplacer Cascade (dont certains titres seront réédités au fil du temps) : 12 ouvrages ont vu le jour en avril (auxquels s’ajouteront une quinzaine d’autres d’ici la fin de l’année), dont l’agréable Sorcière blanche, un roman « en costumes » (l’action se déroule au XVIIe siècle) tout au long duquel on écoute Agathe nous conter son enfance et sa jeunesse mouvementées : fille d’un aristocrate emprisonné par le roi, elle vit dans une indigence extrême avant d’être recueillie par sa tante de Kercado, qui lui offre réconfort et… confort matériel. Mais Agathe doit la quitter et accompagner ses parents à Saint-Domingue, où son père (échappé de prison) pense pouvoir faire fortune. La jeune fille a reçu entre-temps un don à double tranchant : le pouvoir de guérir, transmis par une vielle paysanne qui lui a aussi enseigné les secrets des plantes…Une aventure pleine de rebondissements (que l'on aimerait parfois plus détaillée) attend la jeune héroïne (et le lecteur), qui apprend, au contact des esclaves, ce qu’être libre signifie. On regrette un dénouement abrupt et un peu hâtif (qui nous montre une Agathe soumise, ayant renoncé à ses ambitions...) tout en espérant une suite… B.L. (mai 2006)

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Petites histoires des noms de pays D. Dumaine & R. Badel, Flammarion, 2006 dès 8 ans

Si vous n’avez jamais entendu parler de l’île du cuivre, de la terre des Angles, du pays des mélangés ou encore du fleuve aux crevettes, il vous faut sans tarder compulser cet ouvrage drôle et érudit, qui mêle anecdotes et modifications linguistiques visant à expliquer brièvement l’origine du nom de plus d’une quarantaine de pays, d’un bout à l’autre de la planète.
Certains semblent logiques mais d’autres sont souvent dus à l’ignorance d’explorateurs plus intéressés par les richesses potentielles des terres «découvertes» que par leurs habitants… (On ira lire entre autres pourquoi la Guinée est la Guinée ou comment la Barbade en est venue à s’appeler ainsi…) Un petit guide passionnant et joliment illustré.
B.L. (mai 2006)

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La petite bibliothèque imaginaire - Alain serres et un collectif d’illustrateurs Rue du Monde, 2006 dès 8 ans

Les éditions Rue du Monde innovent en proposant un vrai-faux catalogue de parutions… imaginaires : vingt albums présentés en détails (première de couverture créée par un illustrateur - un vrai - , résumé de l’histoire, extraits de presse, prix obtenus…et nom farfelu d’une maison d’édition - inventée), des ouvrages dont on aimerait que certains existent vraiment… comme Les voleurs d’enfants de François Place (Le Jardin aux images), Touclick, l’éléphant numérique de « Christophe Plume », illustré par Martin Jarrie (L’Atelier du crayon rouge), ou bien Mon papa n’est pas sérieux d’O. Douzou (La Louiote)!
A partir de ces amorces, à chaque lecteur de créer sa propre histoire et de la partager ou encore de l’écrire : une excellente incitation à la créativité. B.L. (mai 2006)

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L'éditeur

Les Gaulois contre César de Jean Markale et Xavier Musquera
Larousse 2006 dès 9 ans

La Guerre des Gaules de Jules César est l’une des seules sources primaires permettant de connaître en détail la lutte qui opposa Gaulois contre Romains à partir des années 50 avant notre ère, de la défaite des Armoricains à celle d’Alésia. Cette bande dessinée retrace l’histoire de ces combats et des diverses stratégies employées par l’un et l’autre camp en s’appuyant essentiellement sur l’ouvrage de César, mais le point de vue qui prévaut est celui des Celtes et de leurs tentatives de rassemblement – leur plus grande faiblesse résidant dans l’éparpillement des tribus ; ce que tenta de résoudre Vercingétorix – qui est ici montré très objectivement comme un chef de guerre sans pitié (qui n’hésitait pas à faire raser villes et champs pour affamer l’armée romaine).
L’ouvrage, bien documenté, passionne les jeunes lecteurs en donnant vie à des épisodes souvent abordés très brièvement dans les manuels scolaires, et se lit aussi comme une aventure qui remet parfaitement en cause l’idée que les Gaulois et seulement eux furent nos ancêtres…
B.L. (avril 2006)

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L'éditeur
du même auteur

Jonas, le poisson et moi de Sylvie Weil L'Ecole des loisirs 2006 dès 9 ans

La Bible vue d’enfance
L’histoire biblique du prophète Jonas, du moment où il cherche à fuir les ordres de l’Eternel par la mer à celui où il quitte Ninive qu’il a menacée de la colère divine, est racontée par son serviteur de 12 ans, Yekoutiel. L’épisode de la baleine et le séjour à Ninive sont les principaux temps de cette histoire.
Le choix du narrateur (proche de ce que Pierre Michon a fait dans Maîtres et serviteurs) permet d’aborder cette histoire avec un regard d’enfant. Yekoutiel, intrigué, incapable de comprendre ce qui fait agir son maître avant que les événements n'en donnent l’explication, nous fait vivre l’action de l’intérieur, ce qui lui donne un rythme, une couleur tout à fait prenante.
C’est un beau petit roman, bien écrit, sensible : le prophète Jonas apparaît dans toute son étrangeté et son serviteur dans toute son humanité. Une belle façon de faire connaître les “ récits fondateurs ” que l’on étudie en classe de sixième.
A-M. M-F.
(avril 2006)

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Edgar Flanders : la guerre des sorciers Noël Simsolo - Seuil 2005

Encore des sorciers ! Mais cette fois davantage du côté ado. Il en résulte des choix narratifs discutables. L’intrigue se situe dans les années 30, c’est intéressant : on y croise Cocteau et d’autres. Le détective a de nombreux pouvoirs, il est protégé par de grand(e)s magicien(ne)s (bon(ne)s) contre des méchantes très cruels qui veulent s’emparer du monde. La sorcellerie est un mixte de tous les rites connus (africains, européens, asiatiques, etc., ou parfois proches de la science-fiction). Il y a certainement une volonté de pastiche à l’origine de cette intrigue pleine de rebondissements trop souvent artificiels, de cette accumulation de traditions diverses et sans grande cohérence, de cette écriture pauvre et de ces scènes très répétitives. Mais la lecture en est pesante et je doute que les ados apprécient ce travail en ce sens : à moins d’y voir du second degré, on est face à un roman mal organisé, à des personnages très creux (je me suis ennuyée). Enfin, le thème du satanisme et les scènes de cruauté dont jouissent les méchants ne peuvent que faire s’interroger ceux qui s’intéressent aux rapports entre littérature et éducation (au sens large) : faut-il rivaliser avec la télé ? Aux autres de voir s’ils y trouvent leur compte. A-M. M-F. (avril 2006)

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L'éditeur
Claire Ubac

Mon beau tomatchou de Claire Ubac, Mouche de l’Ecole des Loisirs, 2006
dès 7 ans

Lola n’a qu’une envie : posséder, comme son ami Quentin, un « tomatchou » (un tamagotchi que l'auteure a renommé avec son habituelle inventivité), petit animal de compagnie électronique et virtuel dont elle pourra prendre soin. Elle l’obtient enfin, en dépit des réticences de sa mère, et ne tarde pas à développer un comportement quasi obsessionnel vis-à-vis de son « Kiki », qui la réveille même la nuit ! Mais les adultes ont beau s’opposer à cette nouvelle lubie, Lola ne peut s’en passer, même si sa présence provoque de nombreuses crises.
Ce court roman, amusant et en apparence sans prétentions, pose entre autres la question des risques que peut entraîner l’utilisation excessive de jeux virtuels, Lola étant prompte à prêter à son tomatchou des caractéristiques humaines, ce qui pourrait inquiéter. Inversement, on se rassurera en se disant que Kiki n’est en définitive qu’un « doudou », certes un peu différent d’une classique peluche, mais néanmoins tout aussi inoffensif… B.L. (avril 2006)

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L'éditeur
Olivier Latyk

Là-bas tout au fond du dessin d'Anne Jonas et Olivier Latyk
Editions Sarbacane, 2005 dès 5 ans

Là-bas tout au fond du dessin, il y a un petit garçon qui ne dit plus rien. Car il ne reconnaît plus rien… Ni ses affaires, ni les mots des livres, ni son nom quand on l’appelle. Il est dans un papier brun vide, seul. Jusqu’à voir, à l’autre bout du dessin, une petite fille qui lui tend son sourire. Alors il comprend que c’est sa vie d’ici, dans son carré brun, qu’il doit rendre plus belle.
Un album sur les thèmes de la solitude et de la différence. Une invitation au voyage intérieur. Une réflexion sur l’importance de l’ouverture aux autres, au monde. L’auteur a su trouver les mots avec justesse, pour suggérer délicatement ces émotions. Olivier Latyk confirme son talent avec ses collages et ses cadrages étonnants. Il y a quelque chose dans cet album qui transperce, qui retourne, qui plonge en nous. L. F. (avril 2006)

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L'éditeur

Les mille premiers mots en russe – Heather Amery et Stephen Cartwright, Editions Usborne, 2006 dès 6 ans

Après l’allemand, l’anglais, l’arabe ou l’hébreu, les éditions Usborne propose un premier lexique sous forme d’imagier dédié à la langue russe ; un vocabulaire du quotidien décliné par grands thèmes, de l’alimentation à la ferme, en passant par le monde animal et les transports. Une originalité à retenir, que l’on retrouve dans les autres titres de la collection : l’absence de toute traduction française (la compréhension passant uniquement pas les illustrations), qui permet un «bain» linguistique parfait. On notera qu’en guise d’introduction, une double page fait le point sur l’alphabet cyrillique (les termes étant donnés à la fois dans cet alphabet d’origine et en phonétique) ; les débutants peuvent ainsi se familiariser avec cette écriture et sa prononciation – Usborne mettant à disposition des lecteurs un guide phonologique audio sur Internet, où l’on peut entendre tous les mots de l’ouvrage lus par un russophone. B.L. (avril 2006)

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L'éditeur
Chez le même éditeur

Art et jeunesse

Dans l’univers de… Rodin de Sophie Comte-Surcin et Caroline Justin
Belem, collection Carré d’Art, 2005 dès 9 ans

Dans l’univers de… Rodin propose de découvrir l’homme, le sculpteur et son œuvre, ainsi que son environnement social et culturel. L’itinéraire de cet artiste de l’ombre, aujourd’hui reconnu dans le monde, est ici restitué avec détails. On y apprend notamment que c’est sa forte myopie qui l’a conduit vers la sculpture. Ce grand homme a révolutionné, malgré lui, le monde des arts de l’époque, en imposant et enseignant sa vision humaine. Après une biographie développée, citations, galerie d’œuvres, événementiels du moment, bibliographie et adresses de musées s’enchaînent rapidement. Dans un second temps, ce livre propose à son lecteur d’être actif : l’art c’est aussi mettre la main à la « glaise » tel Rodin le fit en son temps. Le tout en s’amusant. Pédagogique et ludique, cet ouvrage est bien documenté, mêlant enseignement et pratique. Dans la collection Carré d’art , le jeune lecteur est convié à « comprendre, découvrir, visiter voyager, jouer, créer » ; ambitions éditoriales réussies !
L. F. (avril 2006)

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du même auteur

Le roi crocodile de Grégoire Solotareff - Ecole des loisirs, 2005
dès 5 ans

Depuis sa naissance, un crocodile mange toute ce qu’il trouve. Tout et de préférence les gros. Jamais rassasié, il veut le plus gros des animaux. Devenu roi, on lui sert les plus beaux plats et un jour, un éléphant, une jeune éléphante pour être précis. Mais celle-ci veut gagner du temps et pour se faire, demande à grossir un peu… Pour son nouvel album, Grégoire Solotareff nous offre une fable animalière un brin satirique et grinçante. Ce roi crocodile, peu aimable dès la couverture du livre, est seul, cruel et antipathique. Il n’a qu’une idée en tête : être toujours plus fort et avoir le pouvoir sur les autres. On se surprend à ne pas l’aimer. Mais l’éléphante va le changer, lui ouvrir les yeux. Et lui redonner l’appétit… de la vie. Une belle morale dans un bel ouvrage à grandeur de crocodile et de la notoriété de son auteur. L. F. (avril 2006)

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