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< littérature
jeunesse - avril-mai 2006>
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L'éditeur
dès 7 ans |
Mon ombre et moi, I.
Vandenabeele, P. Van Oudheusden, Le Rouergue
2006
Un petit garçon vit avec son ombre, qu’il personnifie
comme son double, il la nomme « Elle ». Ainsi,
elle le suit au gré de sa journée. «
Elle marche devant moi… sous l’eau, elle nage
en cachette, derrière mon dos… elle aime bien
regarder la télé…». L’ombre
s’envole à la tombée de la nuit, et l’enfant
vit à travers elle une autre vie - « Elle
danse avec les indiens…En Chine, elle monte sur la scène
des théâtres… ». Mais, le matin,
elle se dépêche de revenir aux côtés
de l’enfant, épuisée.
« Ça t’étonne, après
une nuit pareille ? » la gronde t-il.
Une qualité graphique, un texte bleu sur fond écru,
une mise en page alternée de découpages et collages,
et la gravure sur bois, accompagnée de couleurs primaires.
A travers la journée du garçon, cet album fait
le récit du monde refoulé de l’enfance,
aux portes de l’imaginaire. Il aimerait tant grandir
et devenir «autonome», libre, que son
ombre en est la meilleure représentante. L’enfant
créé son double, pour mieux dépasser
ses peurs, vivre sans contrainte.
C.G. (mai 2006)
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La dentriste, Thomas
Scotto et Jean-François Martin, T.
Magnier 2006 dès 5 ans
La vie des dents
Un album pas triste : en attendant que vienne son tour, à
la première visite chez la “dentriste”,
on se distrait en pensant aux dents, dents de lait et de sagesse,
dents qui tombent (avec la souris), dents de vieux, dents
de loup, de crocodile ou de tortue, dents de peigne et de
râteaux…
Les doubles pages s’enchaînent en proposant face
aux pages blanches du texte de belles images très inventives,
à la fois sobres et pleines de petits détails
souvent cocasses. Mais à intervalles réguliers,
la réalité de l’attente revient, avec
l’angoisse, sur des pages de plus en plus sombres où
s’inscrit la formule fatidique “ au suivant
! ”, jusqu’à l’arrivée
de la dentiste, finalement pas si terrible que ça.
Ce très bel album arrive à parler d’un
sujet difficile (on ne nie pas la peur ni la difficulté
de l’attente) en y mettant une belle fantaisie et un
soupçon de savoir autour de la dent. A-M.
M-F. (mai 2006) |
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L'éditeur
L'auteur |
Ce qui compte dans le premier baiser
de Thierry Lefevre,
Gulfstream 2006
dès 13 ans
Ce roman est un pur délice des sens, un retour en
adolescence, dans les émois d’un moment si important
: le premier baiser. L’auteur se pose ici les questions
fondamentales du où, quand, comment, passant en revue
les aspects techniques divers et variés : «
la langue, comment ? Dans quel sens ? Qui commence ?... ».
Autant de questions qui ne se soulèvent qu’au
moment opportun, celui de LA rencontre avec le Premier Amour.
Dénommée Julie. Et notre héros n’aura
de cesse que de résoudre son problème, n’ayant
qu’une seule obsession : l’embrasser. Il se retrouve
ainsi à la croiser chez son dentiste, donnant tout
pour un frôlement sur le seuil d’une porte, aux
prises malheureuses avec un « emploi du temps dentaro-amoureux
» dont le dentiste n’est pas dupe.
Dépité, il se confie ensuite à son ami
Nicolas, espérant ainsi pouvoir approcher la belle
avec méthode. Et malgré le rendez-vous mis en
place par ce dernier, cette rencontre sera un fiasco. Mais
notre héros arrivera à ses fins, après
moult tribulations romanesques. Un récit tendre et
humoristique qui dépeint avec réalisme cet univers
du premier amour. « Ce qui compte dans le premier
baiser, c’est de s’en souvenir ; toute sa vie
». C.G.
(mai 2006)
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dans la même collection :
Mon ptit vieux de Jo Hoestlandt
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Collection «
Les Orpailleurs » Editions Le Baron
perché dès 9 ans
Le Baron Perché présente cette très
jolie collection avec des textes pour jeunes lecteurs à
partir de 9 ans. Un format poche cartonné, une mise
en page soignée, un graphisme sobre pour les trois
titres de cette collection naissante, illustrés par
Sandrine Martin.
Monsieur Tristan (de Stéphanie
Hoyos-Gomez) évoque un écrivain pris dans son
tourbillon imaginaire, vivant reclus au pays des mots. Ceux-ci
le réveillent un matin pour l’emmener sur le
chemin « d’un conte de fées de toute
beauté ». Une grande première pour
notre homme. Mais l’histoire se termine mal et le rêve
rejoint la réalité quand les signes parlent
et conduisent à l’amour. Une écriture
fluide et légère, qui dresse le portrait d’un
écrivain fantaisiste, qui trouve l’amour en acceptant
de sortir de chez lui.
Voleuse (de Franck Prévot)
est le récit douloureux d’une enfant accusée
de vol dans sa classe - on fait porter à Patricia le
poids familial d’un père emprisonné pour
vol. Il faudra tout le courage nécessaire au père
et à l’enfant pour retrouver courage et dignité
et faire face aux a priori, aux jugements, des professeurs
aux élèves. Un texte pudique et sensible.
C.G. (mai 2006)
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L'éditeur |
En voiture Simone de
Luc Tartar, Lansman jeunesse 2006 dès
9 ans
D’emblée, l’étonnement est grand
face à la distribution des personnages : on trouve
évidemment Simone (une jeune fille qui a toujours du
mal à se lever le matin), sa mère (qui a toujours
du mal à la réveiller le matin), la police,
le journaliste, le brancardier… mais aussi la vue, l’ouïe,
le goût, le toucher et le nez, « plus un qui
dit être le sixième sens et qui se croit plus
intelligent que tout le monde.» ! Les sens de Simone
vont en effet prendre corps (littéralement) et s’allier
pour tâcher de ramener leur propriétaire à
la vie après qu’une automobiliste l’a renversée,
alors qu’elle sortait du lycée. Un coma plus
profond que le sommeil qui la tient clouée au lit chaque
matin… car Simone a-t-elle encore envie de vivre ?
Pièce intelligente et loufoque à souhait (en
dépit de la gravité apparente de la situation),
construite sur des dialogues vifs et teintés d’une
absurdité légère, ponctuée d’amusantes
chansonnettes, En voiture Simone
en est à sa troisième version, écrite
pour sa création à Paris (mise en scène
de Sarah Sandre), mais peut aussi s’apprécier
via une lecture, seul ou à plusieurs.
B.L. (mai 2006)
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Bébé Cadum de Stéphanie
blake - Ecole des loisirs,
2006 dès 5 ans
Le lapin est de retour !
Avec une façon de traiter les événements
qui n’appartient qu’à elle, Stéphanie
Blake s’empare de la venue d’un petit frère
à la maison pour en faire un sujet drôle, en
le dédramatisant.
Des mines dépités du petit lapin devant le séjour
« pour toujours » de son petit frère,
à celles d’un « bébé
cadum » qu’il est bon de réconforter,
en grand frère protecteur, les soirs où le loup
rôde… Il n’y a qu’un pas de la colère
à la tendresse, et Simon le franchit aisément
en acceptant d’être un vrai grand frère.
C.G. (mai 2006)
L'éditeur |
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L'éditeur |
Firestarter de
Catherine Forde - Egmont 2006
dès 12 ans
Keith est chargé de garder sa petite sœur Annie,
trois ans, une semaine durant, tandis que sa mère part
suivre une formation ; ces jours s’annoncent plaisants,
mais la présence inquiétante d’un nouveau
voisin, Reece, un garçon apparemment désaxé,
met en péril la tranquillité d’esprit
de Keith – un garçon responsable et attachant,
que ses parents ont souvent mis en garde à propos des
«pensionnaires» très spéciaux de
la voisine, de jeunes délinquants qu’elle accueille
afin de leur offrir temporairement un cadre familial stabilisant.
Et quand Reece, un pathétique punk peinturluré
qu’Annie surnomme le « clown », commence
à s’insinuer dans son quotidien, Keith est désemparé
mais tâche de résister malgré tout à
cette influence néfaste. Ce roman bien construit, à
la manière d’un court thriller, reste un peu
anecdotique mais met parfaitement en relief les paradoxes
qui agitent Keith, qui prend peu à peu conscience des
souffrances d’autrui (en dépit de ce que Reece
peut faire subir aux autres) et il parvient à dépasser
le regard négatif que les adultes posent généralement
sur Reece, un adolescent à la dérive, qui est
évidemment une victime plus qu'un bourreau, mais pour
qui il ne semble pas avoir de rédemption possible...
. B.L. (mai 2006)
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lire aussi
Où
est passé mon coeur ? d'A-C. Lévêque
& S. Desmazières (Le Baron Perché)
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Lundi Matin de
Sandra Desmazières Editions Le Baron
perché dès 6 ans
Cet album, tout en teintes pastels, passe avec tendresse
du monde des rêves à celui de la réalité.
Un petit garçon, évoluant au fil des pages dans
un blanc de craie, se retrouve à l’école,
un « lundi matin » en pyjama, s’évade
ensuite dans les airs en «s’accrochant aux
nuages », s’envole sur un oiseau «
aux plumes douces comme le duvet de ma couette »…
puis vient la tempête…
Avant qu’il ne s’aperçoive, en tombant…,
qu’il était dans son lit ! A la toute dernière
page, la vraie semaine commence, et il est tout habillé
de chaud pour affronter la vraie neige.
Une manière espiègle de débuter la semaine,
et d’affronter la peur de la réalité.
C.G. (mai 2006) |
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L'éditeur |
L’autre, Zaza
Pinson & Goeffroy de Pennart, Kaléidoscope
2006 dès 5 ans
Partager : une vie de chien
Raoul (le chien) était heureux avant. Arrive un homme
dans la vie de sa maîtresse, puis un bébé,
puis un autre, et c’est le cauchemar.
C’est Raoul qui raconte. Le ton est digne, mais indigné.
Le récit est sobre et laconique, mais les dessins détaillent
de façon savoureuse son bonheur d’avant (la belle
“ vie de chien ” !), ses tentatives pour
lutter contre les changements, et ses relations avec l’enfant,
du mépris à la curiosité, puis l’indifférence,
puis…
Une histoire d’amour, de jalousie, de hargne et d’acceptation
progressive qui peut offrir aux enfants le point de vue de
l’animal dit “ de compagnie ”, dont l’affection
n’est pas acquise a priori.
A-M. M-F. (mai 2006)
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La dentriste, Thomas
Scotto et Jean-François Martin, T.
Magnier 2006 dès 5 ans
La vie des dents
Un album pas triste : en attendant que vienne son tour, à
la première visite chez la “dentriste”,
on se distrait en pensant aux dents, dents de lait et de sagesse,
dents qui tombent (avec la souris), dents de vieux, dents
de loup, de crocodile ou de tortue, dents de peigne et de
râteaux…
Les doubles pages s’enchaînent en proposant face
aux pages blanches du texte de belles images très inventives,
à la fois sobres et pleines de petits détails
souvent cocasses. Mais à intervalles réguliers,
la réalité de l’attente revient, avec
l’angoisse, sur des pages de plus en plus sombres où
s’inscrit la formule fatidique “ au suivant
! ”, jusqu’à l’arrivée
de la dentiste, finalement pas si terrible que ça.
Ce très bel album arrive à parler d’un
sujet difficile (on ne nie pas la peur ni la difficulté
de l’attente) en y mettant une belle fantaisie et un
soupçon de savoir autour de la dent. A-M.
M-F. (mai 2006)
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La baby-sitter de
Mathis, Thierry Magnier 2006 dès
5 ans
Un loup pour baby-sitter ?
Les parents de Gaspard sortent, ils ont fait appel à
une baby-sitter. Ils s’en vont et Gaspard refuse de
la voir ; et puis c’est un loup, mais un loup rassurant
puisqu’il a réponse à tout. Un loup qui
ne dévore que les enfants désobéissants,
ou des livres, quand les enfants sont sages…
Un album surprenant, dont la qualité principale réside
dans le graphisme très particulier de Mathis : couleurs
franches, dessin dépouillé et drôle.
A-M. M-F. (mai
2006)
du même auteur Cinq,
six bonheurs (Thierry Magnier, 2004)
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L'éditeur |
Tout sur la musique ! Livre-CD
présenté par Michaël Rosenfeld, ill. d’Aurélia
Fronty et Christine Destours - Gallimard Jeunesse
Musique, 2006 dès 7 ans
Michaël Rosenfeld explore le langage musical, son alphabet,
sa syntaxe et son lexique… Il revient avec clarté
sur des notions en apparence complexes (l’harmonie,
la mélodie, les modes, etc.) mais présente aussi
les familles d’instruments (les vents, les cordes, sans
oublier la voix ou les technologies nouvelles) ainsi que divers
courants musicaux et leurs évolutions diachroniques
(polyphonie, baroque, romantisme, jazz, musique moderne et
sérielle…). Cet ouvrage passionnant et presque
exhaustif, agréablement mis en page et rehaussé
d’illustrations vives et colorées, est certes
réservé aux enfants qui possèdent déjà
un minimum de connaissances musicales et qui surtout auront
eu l’occasion de les mettre en pratique - mais il n’exclut
toutefois pas les débutants, et ce grâce au CD
qui l’accompagne et permet une approche concrète
et vivante - 35 plages musicales soigneusement sélectionnées,
en écho avec les notions abordées sur le papier
; un livre essentiel, loin des austères manuels de
solfège... B.L. (mai 2006)
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L'éditeur |
Sorcière blanche d'Anne-Marie
Desplat-Duc, Rageot Romans, 2006
dès 12 ans
Les éditions Rageot lancent une collection
de romans – destinée à remplacer Cascade
(dont certains titres seront réédités
au fil du temps) : 12 ouvrages ont vu le jour en avril (auxquels
s’ajouteront une quinzaine d’autres d’ici
la fin de l’année), dont l’agréable
Sorcière blanche, un roman
« en costumes » (l’action se déroule
au XVIIe siècle) tout au long duquel on écoute
Agathe nous conter son enfance et sa jeunesse mouvementées
: fille d’un aristocrate emprisonné par le roi,
elle vit dans une indigence extrême avant d’être
recueillie par sa tante de Kercado, qui lui offre réconfort
et… confort matériel. Mais Agathe doit la quitter
et accompagner ses parents à Saint-Domingue, où
son père (échappé de prison) pense pouvoir
faire fortune. La jeune fille a reçu entre-temps un
don à double tranchant : le pouvoir de guérir,
transmis par une vielle paysanne qui lui a aussi enseigné
les secrets des plantes…Une aventure pleine de rebondissements
(que l'on aimerait parfois plus détaillée) attend
la jeune héroïne (et le lecteur), qui apprend,
au contact des esclaves, ce qu’être libre signifie.
On regrette un dénouement abrupt et un peu hâtif
(qui nous montre une Agathe soumise, ayant renoncé
à ses ambitions...) tout en espérant une suite…
B.L. (mai 2006)
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Petites histoires des noms de pays
D. Dumaine & R. Badel, Flammarion, 2006
dès 8 ans
Si vous n’avez jamais entendu parler de l’île
du cuivre, de la terre des Angles, du pays des mélangés
ou encore du fleuve aux crevettes, il vous faut sans tarder
compulser cet ouvrage drôle et érudit, qui mêle
anecdotes et modifications linguistiques visant à expliquer
brièvement l’origine du nom de plus d’une
quarantaine de pays, d’un bout à l’autre
de la planète.
Certains semblent logiques mais d’autres sont souvent
dus à l’ignorance d’explorateurs plus intéressés
par les richesses potentielles des terres «découvertes»
que par leurs habitants… (On ira lire entre autres pourquoi
la Guinée est la Guinée ou comment la Barbade
en est venue à s’appeler ainsi…) Un petit
guide passionnant et joliment illustré.
B.L. (mai 2006)
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La petite bibliothèque imaginaire
- Alain serres et un collectif d’illustrateurs
Rue du Monde, 2006 dès
8 ans
Les éditions Rue du Monde innovent en proposant un
vrai-faux catalogue de parutions… imaginaires : vingt
albums présentés en détails (première
de couverture créée par un illustrateur - un
vrai - , résumé de l’histoire, extraits
de presse, prix obtenus…et nom farfelu d’une maison
d’édition - inventée), des ouvrages dont
on aimerait que certains existent vraiment… comme Les
voleurs d’enfants de François Place (Le
Jardin aux images), Touclick, l’éléphant
numérique de « Christophe Plume »,
illustré par Martin Jarrie (L’Atelier du crayon
rouge), ou bien Mon papa n’est pas sérieux
d’O. Douzou (La Louiote)!
A partir de ces amorces, à chaque lecteur de créer
sa propre histoire et de la partager ou encore de l’écrire
: une excellente incitation à la créativité.
B.L. (mai 2006)
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L'éditeur |
Les Gaulois contre César de
Jean Markale et Xavier Musquera
Larousse 2006 dès 9 ans
La Guerre des Gaules de Jules César
est l’une des seules sources primaires permettant de
connaître en détail la lutte qui opposa Gaulois
contre Romains à partir des années 50 avant
notre ère, de la défaite des Armoricains à
celle d’Alésia. Cette bande dessinée retrace
l’histoire de ces combats et des diverses stratégies
employées par l’un et l’autre camp en s’appuyant
essentiellement sur l’ouvrage de César, mais
le point de vue qui prévaut est celui des Celtes et
de leurs tentatives de rassemblement – leur plus grande
faiblesse résidant dans l’éparpillement
des tribus ; ce que tenta de résoudre Vercingétorix
– qui est ici montré très objectivement
comme un chef de guerre sans pitié (qui n’hésitait
pas à faire raser villes et champs pour affamer l’armée
romaine).
L’ouvrage, bien documenté, passionne les jeunes
lecteurs en donnant vie à des épisodes souvent
abordés très brièvement dans les manuels
scolaires, et se lit aussi comme une aventure qui remet parfaitement
en cause l’idée que les Gaulois et seulement
eux furent nos ancêtres…
B.L. (avril 2006)
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L'éditeur
du même
auteur
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Jonas, le poisson et moi de
Sylvie Weil L'Ecole
des loisirs 2006 dès 9 ans
La Bible vue d’enfance
L’histoire biblique du prophète Jonas, du moment
où il cherche à fuir les ordres de l’Eternel
par la mer à celui où il quitte Ninive qu’il
a menacée de la colère divine, est racontée
par son serviteur de 12 ans, Yekoutiel. L’épisode
de la baleine et le séjour à Ninive sont les
principaux temps de cette histoire.
Le choix du narrateur (proche de ce que Pierre Michon a fait
dans Maîtres et serviteurs) permet d’aborder
cette histoire avec un regard d’enfant. Yekoutiel, intrigué,
incapable de comprendre ce qui fait agir son maître
avant que les événements n'en donnent l’explication,
nous fait vivre l’action de l’intérieur,
ce qui lui donne un rythme, une couleur tout à fait
prenante.
C’est un beau petit roman, bien écrit, sensible
: le prophète Jonas apparaît dans toute son étrangeté
et son serviteur dans toute son humanité. Une belle
façon de faire connaître les “ récits
fondateurs ” que l’on étudie en classe
de sixième.
A-M. M-F. (avril
2006)
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Edgar Flanders : la guerre des sorciers
Noël Simsolo -
Seuil 2005
Encore des sorciers ! Mais cette fois davantage du côté
ado. Il en résulte des choix narratifs discutables.
L’intrigue se situe dans les années 30, c’est
intéressant : on y croise Cocteau et d’autres.
Le détective a de nombreux pouvoirs, il est protégé
par de grand(e)s magicien(ne)s (bon(ne)s) contre des méchantes
très cruels qui veulent s’emparer du monde. La
sorcellerie est un mixte de tous les rites connus (africains,
européens, asiatiques, etc., ou parfois proches de
la science-fiction). Il y a certainement une volonté
de pastiche à l’origine de cette intrigue pleine
de rebondissements trop souvent artificiels, de cette accumulation
de traditions diverses et sans grande cohérence, de
cette écriture pauvre et de ces scènes très
répétitives. Mais la lecture en est pesante
et je doute que les ados apprécient ce travail en ce
sens : à moins d’y voir du second degré,
on est face à un roman mal organisé, à
des personnages très creux (je me suis ennuyée).
Enfin, le thème du satanisme et les scènes de
cruauté dont jouissent les méchants ne peuvent
que faire s’interroger ceux qui s’intéressent
aux rapports entre littérature et éducation
(au sens large) : faut-il rivaliser avec la télé
? Aux autres de voir s’ils y trouvent leur compte.
A-M. M-F. (avril
2006)
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L'éditeur
Claire Ubac
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Mon beau tomatchou
de Claire Ubac, Mouche de l’Ecole des
Loisirs, 2006
dès 7 ans
Lola n’a qu’une envie : posséder, comme
son ami Quentin, un « tomatchou » (un tamagotchi
que l'auteure a renommé avec son habituelle inventivité),
petit animal de compagnie électronique et virtuel dont
elle pourra prendre soin. Elle l’obtient enfin, en dépit
des réticences de sa mère, et ne tarde pas à
développer un comportement quasi obsessionnel vis-à-vis
de son « Kiki », qui la réveille même
la nuit ! Mais les adultes ont beau s’opposer à
cette nouvelle lubie, Lola ne peut s’en passer, même
si sa présence provoque de nombreuses crises.
Ce court roman, amusant et en apparence sans prétentions,
pose entre autres la question des risques que peut entraîner
l’utilisation excessive de jeux virtuels, Lola étant
prompte à prêter à son tomatchou des caractéristiques
humaines, ce qui pourrait inquiéter. Inversement, on
se rassurera en se disant que Kiki n’est en définitive
qu’un « doudou », certes un peu différent
d’une classique peluche, mais néanmoins tout
aussi inoffensif… B.L.
(avril 2006)
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L'éditeur
Olivier Latyk
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Là-bas tout au fond du dessin
d'Anne Jonas et Olivier Latyk
Editions Sarbacane, 2005 dès
5 ans
Là-bas tout au fond du dessin, il y a un petit garçon
qui ne dit plus rien. Car il ne reconnaît plus rien…
Ni ses affaires, ni les mots des livres, ni son nom quand
on l’appelle. Il est dans un papier brun vide, seul.
Jusqu’à voir, à l’autre bout du
dessin, une petite fille qui lui tend son sourire. Alors il
comprend que c’est sa vie d’ici, dans son carré
brun, qu’il doit rendre plus belle.
Un album sur les thèmes de la solitude et de la différence.
Une invitation au voyage intérieur. Une réflexion
sur l’importance de l’ouverture aux autres, au
monde. L’auteur a su trouver les mots avec justesse,
pour suggérer délicatement ces émotions.
Olivier Latyk confirme son talent avec ses collages et ses
cadrages étonnants. Il y a quelque chose dans cet album
qui transperce, qui retourne, qui plonge en nous. L.
F. (avril 2006)
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L'éditeur |
Les mille premiers mots en russe
– Heather Amery et Stephen Cartwright,
Editions Usborne, 2006 dès
6 ans
Après l’allemand, l’anglais, l’arabe
ou l’hébreu, les éditions Usborne propose
un premier lexique sous forme d’imagier dédié
à la langue russe ; un vocabulaire du quotidien décliné
par grands thèmes, de l’alimentation à
la ferme, en passant par le monde animal et les transports.
Une originalité à retenir, que l’on retrouve
dans les autres titres de la collection : l’absence
de toute traduction française (la compréhension
passant uniquement pas les illustrations), qui permet un «bain»
linguistique parfait. On notera qu’en guise d’introduction,
une double page fait le point sur l’alphabet cyrillique
(les termes étant donnés à la fois dans
cet alphabet d’origine et en phonétique) ; les
débutants peuvent ainsi se familiariser avec cette
écriture et sa prononciation – Usborne mettant
à disposition des lecteurs un guide phonologique audio
sur Internet,
où l’on peut entendre tous les mots de l’ouvrage
lus par un russophone. B.L. (avril
2006)
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L'éditeur
Chez le même
éditeur
Art et jeunesse
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Dans l’univers de… Rodin
de Sophie Comte-Surcin et Caroline Justin
Belem, collection Carré d’Art, 2005 dès
9 ans
Dans l’univers de… Rodin
propose de découvrir l’homme, le sculpteur et
son œuvre, ainsi que son environnement social et culturel.
L’itinéraire de cet artiste de l’ombre,
aujourd’hui reconnu dans le monde, est ici restitué
avec détails. On y apprend notamment que c’est
sa forte myopie qui l’a conduit vers la sculpture. Ce
grand homme a révolutionné, malgré lui,
le monde des arts de l’époque, en imposant et
enseignant sa vision humaine. Après une biographie
développée, citations, galerie d’œuvres,
événementiels du moment, bibliographie et adresses
de musées s’enchaînent rapidement. Dans
un second temps, ce livre propose à son lecteur d’être
actif : l’art c’est aussi mettre la main à
la « glaise » tel Rodin le fit en son temps. Le
tout en s’amusant. Pédagogique et ludique, cet
ouvrage est bien documenté, mêlant enseignement
et pratique. Dans la collection Carré d’art ,
le jeune lecteur est convié à « comprendre,
découvrir, visiter voyager, jouer, créer »
; ambitions éditoriales réussies !
L. F. (avril 2006)
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L'éditeur
du même auteur |
Le roi crocodile de
Grégoire Solotareff - Ecole des loisirs,
2005
dès 5 ans
Depuis sa naissance, un crocodile mange toute ce qu’il
trouve. Tout et de préférence les gros. Jamais
rassasié, il veut le plus gros des animaux. Devenu
roi, on lui sert les plus beaux plats et un jour, un éléphant,
une jeune éléphante pour être précis.
Mais celle-ci veut gagner du temps et pour se faire, demande
à grossir un peu… Pour son nouvel album, Grégoire
Solotareff nous offre une fable animalière un brin
satirique et grinçante. Ce roi crocodile, peu aimable
dès la couverture du livre, est seul, cruel et antipathique.
Il n’a qu’une idée en tête : être
toujours plus fort et avoir le pouvoir sur les autres. On
se surprend à ne pas l’aimer. Mais l’éléphante
va le changer, lui ouvrir les yeux. Et lui redonner l’appétit…
de la vie. Une belle morale dans un bel ouvrage à grandeur
de crocodile et de la notoriété de son auteur.
L. F. (avril 2006)
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