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< littérature
jeunesse avril 2007>
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L'éditeur
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Un parfum de
meurtre de Sarah K. Rageot, Heure noire, 2007
dès 13 ans
Réalité et fiction ne cesse de s’entremêler
dans ce roman policier épistolaire, où s’élabore
une étonnante relation entre une meurtrière
et un commissaire, tous deux romanciers. Des crimes sont commis,
puis revendiqués par une inconnue qui propose au policier
de « l’aider » dans son enquête s’il
accepte de correspondre avec elle… Un jeu pervers et
déstabilisant se met ainsi en place, mené par
celle que le commissaire a choisi de surnommer « Agathe
» - une femme de toute évidence frustrée
par ses déconvenues littéraires, qui a décidé
de ne plus écrire que la réalité des
meurtres qu’elles concocte et de tendre des pièges
au commissaire, qu’elle dit tant admirer… Ce polar
atypique et habilement construit propose une intrigue complexe,
retorse jusqu'au bout et joue habilement sur les limites fluctuantes
entre réel et imaginaire. Du grand Sarah K. !
B. Longre (avril 2007)
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L'éditeur
du même
auteur |
Le canard, la
mort et la tulipe de Wolf Erlbruch, La joie
de lire, 2007
Wolf Erlbruch se spécialise dans les récits
philosophiques à l’usage des petits et celui-ci
traite de la question de la mort à travers une histoire
simple et des illustrations très dépouillés
: un canard rencontre la mort et s’inquiète alors
de savoir si c’est pour tout de suite. Il se rassure
en apprenant qu’elle a toujours été près
de lui et passe le reste de son temps en sa compagnie, jouant,
parlant, posant des questions auxquelles elle répond
simplement ou pas du tout.
Que devient-on quand on meurt ? les anges et l’enfer
existent-ils ? qu’est ce qui peut causer la mort ? réponse
: c’est la vie, avec ses événements. Faut-il
en avoir peur ? Certes non.
Tout cela est évoqué sur un ton paisible auquel
correspondent parfaitement les illustrations : fond crème,
teintes bistres, noir du crayonné, concentré
dans un corbeau qui passe, vert de l’étang, mauve
de la tulipe. Et la tulipe dans tout ça ? c’est
un détail, toujours là, qui prend son sens aux
dernières pages. Nul doute qu’il y aura beaucoup
à dire sur le fait qu’ici la mort n’est
pas la faucheuse, mais celle qui s’avance une fleur
à la main.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
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L'éditeur |
Des princesses
et des hommes d’Emmanuelle Delafraye,
Le Rouergue, doAdo, 2007 dès
13 ans
Lucille, 16 ans, n’a qu’un homme dans sa vie
: Johnny Tebbud, l’acteur américain qu’elle
idolâtre par le biais de ses films qu’elle connaît
par cœur. Les garçons en chair et en os ? Hormis,
peut-être, le nouveau voisin, il ne lui font guère
d’effet – trop réels à son goût,
même Vincent, le musicien, qui semble pourtant apprécier
la jeune fille, exubérante et avant tout adepte du
rêve éveillé. Car Lucille refuse de se
plier au diktat du fameux principe de réalité,
qui risque pourtant de lui « retomber dessus
» un de ces jours, selon sa prof de maths…
Le ton est enlevé, l’écriture soignée
et le tout très rythmé (avec l’intervention
de narrateurs successifs), et même si le roman n’échappe
pas à un certain didactisme (par le biais de quelques
personnages trop fonctionnels pour être crédibles
– la prof de philo ou l’éducateur qui tombent
à pic), on passe un excellent moment de lecture en
compagnie de Lucille, de ses souffrances (bien réelles)
et de ses fantasmes à paillettes. B.
Longre (avril 2007)
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Donner c’est
donner de Stéphanie Blake, L’école
des loisirs, 2007 dès 4 ans
Le voleur volé
Un troc désavantageux, quel enfant n’a pas connu
cela ? De même que la formule qui suit, quand on s’en
rend compte : « Donner c’est donner, reprendre
c’est voler » ? Et la révolte quand
on sait que le vrai voleur, c’est l’autre qui
vous a grugé.
Le récit très simple de Stéphanie Blake
et ses images qui suivent la narration de façon très
claire et sans fioritures inutiles illustrent cette situation
(qui se retourne contre le grugeur) de façon très
convaincante et humoristique.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
L'éditeur
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L'éditeur
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Dragon’s
Keep de Janet Lee Carey, Harcourt, 2007 dès
13 ans
Un royaume d’exilés, une jeune princesse manipulée
par sa mère la reine obsédée par une
ancienne prophétie, des croyances obscurantistes et
des attaques de dragons, des meurtres et des sorcières,
et un jeune tueur de dragons… Qui est véritablement
la princesse Rosalind ? Quel est son lien avec les créatures
qui sèment la terreur sur l’île, hormis
la griffe de dragon qu’elle arbore en place et lieu
d’un annulaire ? Une malformation si honteuse que sa
mère l’oblige à la dissimuler depuis la
naissance.
Tout est réuni pour composer un récit de fantasy
médiévale assez captivant (en dépit de
la lenteur de certains passages), un roman d’apprentissage
parsemé de révélations, qui met en scène
une jeune narratrice tenace et touchante (et pour une fois
qui n’est pas orpheline…), mais nécessairement
ambivalente, à l'image des dragons qu'elle va se voir
obligée de côtoyer...
B. Longre (avril 2007)
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L'éditeur
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La revanche de
l’ombre rouge de Jean Molla,
Nouvelles, T. Magnier 2007
dès 13 ans
Comment s’en sortir face à une armoire diabolique,
un téléphone portable meurtrier, un livre vampire,
ou tout simplement face à un destin écrit d’avance
? Dans ce recueil macabre et réjouissant, qui décline
à la perfection tous les degrés de l’angoisse,
les thématiques fantastiques explorées sont
certes classiques mais jamais le suspense ne se relâche
; et on aura beau entrevoir d’emblée quels dénouements
l’auteur nous réserve, la curiosité est
attisée par le fait que chaque récit mène
vers une issue inéluctable, à laquelle nul personnage
(même averti) n’échappera. On saluera entre
autres l’excellente nouvelle éponyme, qui se
distingue des autres par sa nature plus fantaisiste et sa
belle mise en abîme romanesque. B.
Longre (avril 2007)
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L'éditeur
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Le cirque imaginaire
de Serge Ceccarelli, Gulf Stream éditeur,
2007
Belles images pour un cirque rêvé
Un monsieur Loyal nous invite à entrer dans ce cirque
imaginaire où chaque double page nous propose une attraction
incroyable. Le texte vante l’inouï de la performance,
donne le nom en général très exotique
de celui qui la réalise et décrit en peu de
mots la nature de l’exploit ; porter un éléphant,
être piétiné par un hippopotame, jongler
avec un menhir, sauter dans un verre d’eau.… la
logique du lourd/léger ou du grand/petit est constamment
perturbée.
Des animaux hors de leur milieu comme des baleines, des requins
effectuent des numéros normalement réservés
à des mammifères. Il y a des monstres, des géants,
des siamois, des clowns aussi, mais qui volent. Toutes les
attractions du cirques sont ainsi présentées
de façon détournées et les illustrées
aux couleurs vives en font un beau livre d’images fantastiques.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
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L'éditeur |
Peindre
de Blexbolex, T. Magnier, Petite poche BD, 2007
Nouveau titre de la collection petite poche BD, à
glisser dans sa poche, Peindre raconte
la farce de l’Art… Un homme prend la décision,
en passant devant une galerie d’art, de se mettre lui
aussi à peindre. A lui l’expérience des
Impressionnistes qui peignent en plein air ! Mais que faire
quand la nature fait des caprices et l’empêche
d’exercer son art ? On est vraiment mieux chez soi,
à peindre sur chevalet. Enfin l’inspiration…
! Il est temps d’aller montrer ses chefs d’œuvre
à un galeriste et bientôt la gloire et la notoriété
; mais notre homme se fait jeter dehors. De rage, il détruit
ses toiles et les jettent sur le trottoir. Quelques jours
plus tard, il repasse devant la galerie… c’est
le vernissage d’une expo : il découvre avec stupeur
que ce sont ses tableaux qui sont exposés… Petit
clin d’œil sur le difficile métier d’artiste
qui ne va pas de soi ! Les personnages sont stylisés,
originaux et ne manquent pas d’humour. Blexbolex, diplômé
des Beaux Arts se passionne pour la réalisation de
livres et plus particulièrement pour l’illustration
jeunesse. D. Cossin (avril 2007)
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programme complet le
site
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LA SEMAINE DU
LIVRE JEUNESSE DES OLONNES 23-28 avril 2007
L'association SLJO souhaite " promouvoir la Littérature
de Jeunesse en tant que genre littéraire ouvrant sur
le monde, facilitant l’accès à la culture
et à la citoyenneté et favorisant les liens
inter-générationnels et inter-culturels."
Cette année, le pays choisi est l'Inde et la thématique
Les Droits des Enfants. Expositions, rencontres, ateliers
dans les écoles, actions solidaires, etc.
quelques-uns des intervenants
Patrice
Favaro, Françoise
Malaval, Philippe Godard, Claude
Burneau, Jose Feron Romano, Nathalie Novi
Littératures indiennes
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L'éditeur |
A Moitié,
de Bernard Friot et Anne Herbauts, Martinière
jeunesse, 2007
Avant de se coucher, Monsieur Léon range ses chaussures
dans le placard. Ce soir, il ne trouve que sa chaussure droite.
Où est passée la gauche ? Monsieur Léon
se couche. Le lendemain matin, il se réveille avec
un pied en moins. Et chaque matin, il réalise qu’il
a perdu quelque chose : un bras, une jambe, un œil….
Il retrouve son bras sur une maman blessée à
l’usine, son pied sur un soldat estropié…
Il apprend à vivre dans ce corps disloqué qui
sauve les gens. Il est à moitié dans son corps,
mais à moitié aussi dans sa tête. Il est
triste, mais heureux de faire plaisir aux autres. Dans ce
récit sur la quête d’identité, la
vie, c’est çà : choisir entre son bien-être
personnel et la solidarité. Anne Herbauts a réalisé
des illustrations en parfait accord avec le texte et avec
le personnage. D.
Cossin (avril 2007)
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L'éditeur |
Quatre histoires
fantastiques d’E. A Poe, illustrées par
Gris Grimly, traduction de Charles Baudelaire, Flammarion,
2007
Fantastique et grosses ficelles. Les quatre
histoires choisies ici (Le Chat noir, Hop-Frog, La Masque
de la mort rouge et la chute de la maison Usher)
font partie des plus bizarres et des plus macabres des histoires
de Poe, maître du genre. Ici, le bizarre et le mystérieux
ne font pas qu’intriguer ou attirer par un plaisir paradoxal
: ils tuent, de la plus effroyable manière (et parfois
plusieurs fois). Ce qui réunit aussi ces nouvelles
c’est l’extrême attention au décor,
aux murs, aux objets, qui semblent vivre leur propre vie.
Les illustrations « gothiques » de Grimly encadrent
le texte, lui donnent un arrière-plan tout entier orienté
vers ces effets de précision horrible. Redondance des
effets ? peut-être, mais actualisation au goût
du jour aussi, contamination par la B.D. Humour aussi, tant
les procédés sont visibles : on peut voir ici,
de façon plus intéressante, une façon
d’insister sur le fait que dans le texte l’auteur
n’a pas non plus craint la redondance et la surcharge,
sans que cela affecte la qualité de ses histoires.
L’image, au delà du plaisir qu’elle peut
procurer, peut être aussi au service d’un apprentissage
des styles.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
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J’ai eu
des ailes d’Audren, L’école
des loisirs (neuf) 2007 dès
8 ans
Vol au vent Dans ce tout petit récit charmant et léger,
la jeune héroïne se réveille avec de ailes.
Cela lui pose quelques problèmes (comment s’habiller,
mettre son cartable, par exemple… ) mais elle est la
seule à s’en inquiéter : personne dans
son entourage ne s’en rend compte. De même, quand
elle transforme sa maîtresse en cochon d’Inde
et décide de la marier avec le sien.
Bien sûr, à la fin, tout redevient « normal
», hors le sentiment d’étrangeté
qui demeure, chez le personnage comme chez le lecteur, tant
la frontière entre imaginaire et réalité
est effacée.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
L'éditeur
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L'éditeur
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Qui veut tuer
Britney ? de Sean Olin, traduit de l’anglais
par N. MC. Laverroux, Albin Michel jeunesse, Wiz suspense,
2007 - dès 13-14 ans
Autour de Britney, c’est l’hécatombe :
après sa mère, morte noyée quelques années
plus tôt, c’est au tour de son petit copain Ricky,
champion de hockey, de mourir, écrasé par un
chauffard. Ou bien serait-ce un meurtre ? Qui peut en vouloir
à la jolie Britney, superficielle à souhait,
qui ne demande qu’à être heureuse et à
s’attirer les bonnes grâces de ses nouvelles amies,
les « femmes de hockeyeurs » ? Le très
sarcastique Adam, fils d’un ami de son père,
qui vit avec eux depuis quelque temps ? L’étrange
Bobby, amoureux d’elle, qui ne cesse de l’épier
? Ou bien Karl, le frère de son amie Melissa, petit
délinquant qui vient de sortir de prison ? Le lecteur
n’est pas au bout de ses surprises et perdra souvent
le nord au fil des révélations de ce thriller
sanglant et bien construit, premier titre de la collection
« Wiz suspense ». Second titre à venir,
en mai : Tokyo. Perdus dans la grande ville,
de Graham Marks. B. Longre (avril
2007)
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L'éditeur
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Trois enfants
uniques de Friedrich Karl Waechter, L’école
des loisirs, 2007
Enfant unique cherche copains. Successivement,
on assiste à une scène similaire dans trois
familles pourtant bien différentes (oiseau, cochon,
poisson), mais qui ont un point commun, avoir un enfant unique.
Celui-ci s’ennuie, rejette toutes les distractions habituelles
qu’on lui propose et se désespère de ne
pouvoir partager ses jeux avec un enfant du même âge.
On le devine, la fin est heureuse (mais un peu utopique :
les trois petits se retrouvent malgré leurs différences
pour partager leurs activités, le poisson leur apprend
à nager (enfin, ils peuvent le penser) et on devine
que bientôt le cochon aura des ailes, imaginaires sinon
réelles.
Cet album ne s’en tient pas à cette leçon
encourageante, il propose aussi des découpages à
faire pour un enfant seul et qui n’aura pas encore trouvé
l’ami de ses rêves.
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
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L'illustrateur
L'éditeur
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Les trois notes
d’Hyppolite Isocèle, de Gérard
Moncomble et Barroux, Nathan, 2007 dès
4-5 ans
Les inimitables illustrations de Barroux, entre crayonnages
et aplats de peinture, mettent en scène un personnage
maladroit et attendrissant, un musicien qui s’attriste
de ne jamais être entendu… Car Isocèle
est joueur de triangle (forcément !) et ses trois notes
(« ting-ting-ting ») passent inaperçues
au milieu des autres instruments (c’est du moins ce
qu’il s’imagine). Qu’à cela ne tienne,
Hyppolite (orthographe inhabituelle du prénom…)
est prêt à tout essayer : la harpe, la contrebasse,
la cornemuse, et on en passe. Mais… il y a évidemment
des mais.
L’histoire des déboires d’Hyppolite permet
de découvrir un orchestre, de sensibiliser le jeune
lecteur à la musique symphonique, mais aussi d’insister
sur l’idée que chacun peut trouver sa place dans
un ensemble (musical ou non), quel que soit son rôle
ou sa fonction. Un bel exemple de confraternité et
d’harmonie…
B. Longre (avril 2007)
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L'éditeur
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In urbe animalia
(les animaux dans la ville) de Nolwenn Godais, illustré
par Anne Keating-Hart, Points de suspension, 2006-
dès 4 ans
Safari moderne Dans cette ville (où
les lyonnais reconnaîtront quelques paysages malgré
la stylisation), l’enfant qui se promène rencontre
toutes sortes d’animaux : léopards, éléphants,
Rhinocéros, singes… Chaque rencontre est l’occasion
de tracer de chacun d’eux un mini portrait précis
sur leurs habitudes, caractéristiques, etc.
Mais, on l’aura compris, ces animaux sont en fait des
images de ce que l’enfant côtoie dans la page
de gauche, consacrée au dessin, tandis que la page
du texte, sur fond blanc lui fait face : ce sont des voitures,
ou des autobus, des enfants, ou des adultes. Son regard métamorphose
ces visions grises et noires au fusain (lui même apparaît
dessiné en sépia) selon sa fantaisie. Ce procédé
n’est pas tout à fait nouveau (on se souvient
du fameux Safari de Ann Jonas), mais la mise en page,
la typographie et le graphisme sont très différents
de ce modèle et font de ce livre un bel objet très
cohérent. A-M. Mercier-Faivre
(avril 2007)
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L'auteure
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C’est la
soupe à la grimace de Françoise Grard,
illustré par Benoît Perroud, Actes Sud
Junior, 2007 - dès 8 ans
Paul a invité Rémi à venir passer quelques
jours de vacances en Auvergne, aux « Pierres Noires
», la maison de son grand-père. Rémi hésite
un peu mais ses parents sont ravis pour lui, il prendra «
le bon air »… Tout s’aggrave quand Rémi
fait la connaissance du fameux grand-père, un homme
taciturne et quelque peu inquiétant ; dès le
premier soir, il apparaît comme un « tyran »
au petit Rémi. L’auteure décrit avec justesse
les émotions qui traversent l’enfant et le regard
d’abord biaisé qu’il porte sur le vieil
homme (en définitive solitaire, aigri et plus malheureux
que méchant), tout en ménageant quelques instants
plus légers qui font sourire le lecteur. Une belle
histoire d’amitié, de confiance retrouvée
et de rencontre entre les générations. Car comme
le fait très sagement remarquer Paul : «
Finalement, on est tous un peu pareils… »
B. Longre (avril 2007)
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Lire aussi
Le marchand de parapluies
L'auteure
- L'illustrateur
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L’enfant
et l’allumeur de rêves de Dorothée
Piatek et Gwendal Blondelle, Le Petit Phare, 2006
dès 5-6 ans
Construit à la manière d’une fable, le
récit se déroule dans un monde qui ressemble
au nôtre, à une différence près
: la nuit est désormais éternelle et seul l’allumeur
de rêves, un géant filiforme qui veille sur la
terre, peut encore apporter un peu de lumière aux êtres
humains. Un jour (ou une nuit), il croise un enfant qui a
trouvé – c’est un miracle – une graine
de tournesol… Une « fleur de soleil »
qui pourrait bien redonner espoir à la Terre et à
ses habitants, à condition de trouver de quoi l’arroser.
Cette histoire (dont l’atmosphère rappellera
à certains les univers à la Tim Burton) recèle
évidemment une leçon écologiste salutaire,
mais qui n’est pourtant pas jamais transmise de façon
appuyée, la fantaisie et l’onirisme de l’ensemble
(les illustrations y étant pour beaucoup) permettant
d’alléger toute tentation didactique. Un album
à partager, pour un éveil des consciences.
B. Longre (avril 2007)
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L'éditeur
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La nuit du marchand
de sable de Clair Arthur, illustré par Stéphane
Girel, Père Castor 2007
Pagaille au pays des rêves Partons
d’un fait : le marchand de sable utilise du vrai sable
(mais quand même un sable spécial) et un avion.
On est loin du tapis volant de Bonne nuit les petits, mais
rassurez-vous cet avion a une bonne allure de tapis, c’est
un tout petit avion, un genre de jouet à hélice
(une seule) et son pilote est à l’avenant : grande
moustache à la gauloise et casque de cuir. Mais voilà,
quand on est dans ce réel, ça grippe, il y a
des pannes : c’est de la semoule et pas du sable, c’est
du sable et pas du sable doux… mais enfin tout s’arrange
et les enfants vont pouvoir dormir.
Le charme de cet album tient en partie à la gratuité
de ses épisodes. On pourrait imaginer bien des aventures
supplémentaires à ce marchand, s’il n’y
avait à en finir enfin pour que les enfants se calment.
Il tient aussi et surtout à ses images : grand ciel
nocturne, déserts lunaires, envol d’étoiles,
les doubles pages ouvrent à un espace infini, proposent
un espace chamboulé et tourbillonnant. Tout cela peut
faire rêver… et dormir, peut-être ?
A-M. Mercier-Faivre
(avril 2007)
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L'éditeur
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Homère
à l’école des oiseaux de Jennifer
Dalrymple, L’école des loisirs, 2007
C-U-I C-U-I : cui, cui. Dans la série
des albums qui parlent de l’école de façon
un peu détournée, celui-ci offre un exemple
original et intéressant : le petit Homère (rien
à voir avec l’auteur de l’Odyssée,
même si le personnage fait un voyage fabuleux), tétine
en bouche, est accroché par ses parents à un
fil à linge (« pour que les petites bêtes
ne l’embêtent pas », on aura reconnu
ici le thème de la précaution malvenue). Il
s’envole et atterrit dans un arbre dans lequel se trouve
l’école des oiseaux. Une fois sa tétine
ôtée (condition indispensable, ce n’est
pas neutre), il participe aux apprentissages donnés
par une maîtresse sévère mais juste, jusqu’au
moment où un ours s’attaque à l’école
et tout le monde s’envole… y compris Homère
qui retourne ainsi à son point de départ.
Pas de leçon, sinon celles de la maîtresse, joliment
croquée en oiseau maigre gris et mauve à lunettes.
Homère est un bon gros garçon tout rond, un
peu comme ses camarades les oiseaux (mais eux en plus petit).
Beaucoup de fantaisie et de choses à dire autour de
cette fable dont la morale reste à construire. A-M.
Mercier-Faivre (avril 2007) |
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L'auteure
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Hôtel de
la terre, de Sigrid Baffert et Julien Rosa,
Seuil, 2007 Dès 6 ans
L’Hôtel de la terre est un lieu paisible, abritant
une petite communauté solidaire (« chacun
participait aux tâches ménagères »)
: un singe, une sardine, un crocodile et un toucan qui s’entendent
à merveille… Jusqu’à l’arrivée
d’un monsieur sans-gêne, Holding, qui semble ici
en terrain conquis. Ce dernier est pourtant un sympathique
inventeur qui fait profiter les autres de ses trouvailles,
mais il a du mal à respecter les règles tacites
de la vie en colocation, ce qui irrite passablement ses compagnons…
Sous couvert d’une série de mésaventures
domestiques, Hôtel de la terre met
en place quelques leçons fort utiles de vivre-ensemble
et le microcosme de l’hôtel pourra bien entendu
être élargi à d’autres contextes.
Un album coloré, de belles illustrations légèrement
déstructurées, des personnages aux mines expressives,
et un texte limpide qui sert une histoire intelligente et
qui parlera aux jeunes lecteurs. B.
Longre (avril 2007)
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Mes images du
Japon de Etsuko Watanabe, Le Sorbier, 2007
dès 4 ans
Yumi, 7 ans, sera notre guide tout au long de cet imagier
sophistiqué, aux illustrations vives et détaillées
; un parcours complet dans la vie d’une écolière
japonaise et de son jeune frère, avec, au programme
: les repas, les ablutions, le matériel scolaire, mais
aussi les vacances et les traditions – dont la fête
des filles (le 3 mars), celle des garçons (en mai)
ou encore celle des sept-cinq-trois. Un album documentaire
réalisé avec soin qui permet de découvrir,
par le biais d’un univers enfantin, un pays qui semble
parfois lointain, et grâce auquel on pourra émettre
d’intéressantes comparaisons, observer des similitudes
et bâtir des ponts entre les cultures. B.
Longre (avril 2007)
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L'éditeur
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La colonuit de
vacances de Jo Hoestland, illustré par Pronto,
Nathan poche, 2007 dès 7
ans
Les jolies colonuits… Il y a un peu
du Petit Vampire de Sfar
dans cette histoire, avec tous les ingrédients qui
ont fait le succès de cette bande dessinée :
le décalage entre le monde réel et le monde
fantastique (ici, celui des fantômes, avec des draps
blancs, mais sans chaînes) et en même temps la
superposition : les petits fantômes partent en «
colonuit », c’est à dire qu’ils y
dorment le jour (pendant que les enfants du monde réel
ont leurs activités de colonie) et ils sortent la nuit
pour des activités très similaires à
celles de tous les groupes d’enfants en vacances.
Jeux de mots faciles (mais c’est tellement mieux ainsi),
farces, vengeances contre les méchants et rencontre
entre les deux mondes pour prouver que toutes les différences
peuvent être surmontées, tout y est pour en faire
une lecture agréable, qui plaira sans déranger.
« Il en faut » (comme on dit à Lyon).
A-M. Mercier-Faivre (avril 2007)
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L'éditeur
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La Marchande
de vent d’Agnès de Lestrade, illustré
par Joanna Boillat, Motus, 2006
Histoire légère «
Sur la plage des cerfs volants, madame Alizée vend
du vent ». C’est sur ce constat que commence
toutes les rencontres : celle de Monsieur Jean, qui veut envoyer
des mots d’amour, celle d’Oreste, qui veut du
vent pour la pêche, de madame Gertrude, qui veut secouer
ses pommiers… Le vent pour tous et partout, jusqu’au
cerf volant du petit garçon qui clôt l’histoire.
Une histoire pleine d’air, d’ellipses, de trous,
où les signes du vent se répètent (cheveux
au vent, enfants courant, papier volants…).
Une histoire qui repose sur peu de choses, comme le vent,
légère et fluide, dont les pages égrènent
les couleurs de l’arc en ciel, charmante. Vite envolée?
Ce serait le paradoxe d’une certaine forme de réussite
qui lui ferait ressembler à son objet. A-M.
Mercier-Faivre (avril 2007)
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