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L'éditeur
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La
sorcière dans le congélateur de Dorothée
Piatek et Mary-Loup, Petit à petit, 2008
La sorcière dans le congélateur
écrit par Dorothée Piatek est
illustré par Mary-Loup, jeune artiste peintre au talent
délirant. "Hantée par des influences
baroques et surréalistes et habitée par des
visions enfantines", l'illustratrice colore ce conte
loufoque et glacial d'un camaïeu de rouges brûlants.
On y croise de jeunes sorcières aux yeux de billes
et à l'air candide. Les demoiselles s'indignent de
voir arriver dans leur classe une nouvelle élève
détestable de supériorité et givrante
à souhait, Violette Dumalasourire. Au fil du temps
elle se métamorphose et finit par ressembler à
ce qu'elle est au fond, un véritable glaçon.
Mais que cache cette froideur maladive et cette assurance
trop flagrante ? Que dissimule la petite fille derrière
son armure de glace ? Un cœur bat-il sous cet iceberg?
A travers ce texte drôle et métaphorique, l'auteur
montre bien les difficultés à s'intégrer
dans un groupe quand on se sent inférieur... C.
Scandale (sept. 2008)
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L'éditeur
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Le
miraculeux voyage d’Édouard Tulane, Kate
DiCamillo, illustrations de Bagram Ibatoulline, traduit
par Sidonie Van Den Dries, Tourbillon, 2007
Miraculeux ? Assurément. Ce roman
illustré, aux allures de beau-livre, réserve
d’insoupçonnables ravissements au lecteur. Littérature
« jeunesse » ? Pas vraiment. Éminemment
picaresque, et pourtant bâtie comme un conte qui s’inspirerait
de nombreux autres tout en demeurant unique, l’histoire
d’Édouard, lapin de porcelaine narcissique et
superficiel, recèle tant de niveaux de lecture que
chacun est susceptible d’y trouver son compte. Malmené
par de multiples événements, balloté
par les éléments ou les humains qui croisent
sa route, Édouard est un héros au prime abord
peu sympathique, qui évolue bien malgré lui,
de la déchéance à la rédemption
: il s’humanise peu à peu, se métamorphosant
au fil des ans, tandis qu'il se découvre un cœur
et des sentiments. Le raffinement des illustrations à
l’ancienne rappelle par instants la précision
d’un Norman Rockwell et ajoute à l’ensemble
un charme désuet qui s’accorde à la perfection
à ce roman sans âge, qui a déjà
tout d’un classique.
B.
Longre (sept. 2008)
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L'éditeur
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Apocalypse
Maya de Frédérique Lorient,
Syros, collection Soon, 2008
Une nouvelle collection a vu le jour aux
éditions Syros : dirigé par Denis Guiot, Soon
entend proposer des romans de SF intelligents, ouverts sur
l’ailleurs – une façon comme une autre
d’inciter à réfléchir à
l’ici et au maintenant, mais aussi de divertir le lecteur.
Des caractéristiques habilement conjuguées dans
Apocalypse Maya, qui peut se lire
de diverses manières – comme un roman d’apprentissage
relatant l’éveil d’une conscience sociale
et environnementale ; comme une fable qui rappellerait que
l’Histoire est composée de situations cycliques
et d’atrocités (il est ici question de deux génocides,
à des décennies de distance) vouées à
se répéter à moins d’agir pour
en atténuer l’ampleur ; comme une illustration
de ce qui ne manque pas d’arriver si on laisse la rentabilité
l’emporter sur l’humain, sur l’éthique
et sur l’équilibre naturel (le fameux «
science sans conscience »…) ; ou encore comme
une aventure plutôt bien menée et écrite,
qui réserve nombre de rebondissements. Certaines «
leçons » écologiques ou historiques sont
parfois amenées de manière très explicite
(trop, peut-être), mais on lit d’une traite l’histoire
du jeune Jové, du vieil Indien qui le convertit à
ses valeurs et de l’étonnant peuple des Suris
(leur langage, en particulier, fascine, tout comme leur propension
artistique), confrontés à l’organisation
toute-puissante qui a colonisé la planète Maya.
B.
Longre (sept. 2008)
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Un
cow-boy dans les étoiles de Claire Mazard,
Seuil jeunesse, collection chapitre, 2008
Une fillette passe des vacances estivales
à la Fariguette, où elle a retrouvé ses
grands cousins, Louis et Tristan, qu’elle admire ; en
leur compagnie, Anne se fait aventurière, partage leurs
rêves et découvre un trésor (un vrai,
qui sera en quelque sorte l’un des fils conducteurs
du récit) et grandit un peu. Ces instants presque idylliques
sont pourtant anéantis, peu de temps après,
par un coup du sort sur lequel aucun des personnages n’aura
de prise. Des années plus tard, Anne se souvient, revenant
sur cette période figée dans un passé
à jamais révolu, mais pourtant inoubliable,
toujours vivante en elle. Une évocation nostalgique
de l’insouciance bouleversée, un récit
entre enfance et adolescence qui se goûte avec un plaisir
rare.
B. Longre (sept. 2008)
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L'éditeur
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Moi,
mon truc, de M. Lisa et D. Perret, L’Atelier
du poisson soluble / musée du Louvre, 2008
Un titre du Poisson soluble à classer,
une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités…
D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage
souple offre la possibilité de l’envoyer tel
quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il
contient : une énumération de situations où
l’on se sent en position d’infériorité,
par la faute de petits détails en réalité
bien anodins ; des situations qui sentent assurément
le vécu et qui partent d’un postulat commun à
nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus
me voir en peinture… », d’où
l’une des raisons du partenariat éditorial avec
le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple
mais efficace pour s’accepter tel que l’on est
– encore fallait-il y penser.
B. Longre (sept. 2008)
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L'éditeur
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Grand
et petit, de Henri Meunier et Joanna Concejo,
L’atelier du poisson soluble, 2008, à partir
de 5 ans
« Grand et petit », c’est l’histoire
d’une amitié inattendue entre un petit garçon
et son alter ego géant, né le même jour
que lui, et dont la taille va diminuer jusqu’à
disparition, à mesure que le petit garçon deviendra
grand à son tour. Le récit, dont on peut faire
bien des lectures symbolistes, est empreint de merveilleux
et de grâce poétique, de beauté et de
silences. Les dessins crayonnés sur du papier jauni,
à la manière d’un vieux carnet au charme
sépia, ajoutent encore en émotion et délicatesse
à la mystérieuse amitié de grand et petit.
Cet album, particulièrement soigné, sait convoquer
d’une manière originale l’imagination et
la sensibilité du jeune lecteur.
M. Gallot (sept. 2008)
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L'éditeur
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Le
livre le plus génial que j’ai jamais lu…
de Christian Voltz, L’École des Loisirs,
Collection Off-Pastel, 2008
À l’abordage ! - Voici
un ouvrage qui tient les promesses de son titre car, oui,
Le livre le plus génial que j’ai jamais lu…
est tout bonnement génial ! Une jeune fille pirate
combattant au pistolet laser et se délectant de saucissons
à la queue de chat est incapable de s’endormir
sans son nounours et cherche gaîment son Prince Charmant.
Le trouvera-t-elle ? Et quel est ce bonhomme grognon qui,
muni d’une langue bien pendue, se permet d’interférer
entre chaque double page, voire carrément de s’immiscer
dans l’histoire narrée par l’auteur ? Ces
deux personnages farfelus auraient-ils des points en commun
? Autant de questions dont les réponses seront dévoilées
au fil de cette étonnante lecture.
« Off-Pastel » est définie, sur la 4e de
couverture, comme « une collection de livres d’humeur,
de livres d’humour qui parlent aux enfants et aussi
aux plus grands. Des livres singuliers avec un brin de folie
ou de philosophie qui sortent des rails sans toutefois dérailler
– quoique. » Contrat largement rempli avec
ce petit concentré d’originalité, drôle
et décalé. Avec des bouts de ficelles, des morceaux
de tissu, des débris de fer, des copeaux de bois et
autres matériaux de récupération, il
s’amuse des conventions littéraires, les détourne
et les saborde… à notre plus grand bonheur !
S. Hammami (sept. 2008)
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L'éditeur
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L'âge
d'ange d'Anne Percin - L'école des
loisirs, Médium, 2008
Retenez ce titre : L'âge
d'ange. Un roman dont il est bien difficile
de parler, pour diverses raisons dont certaines n'apparaissent
qu'au fil de la lecture... Disons simplement qu’il s'agit
d'une rencontre inattendue autour d'un livre fascinant (d’abord
adoré, puis désacralisé, et pour finir
inoubliable), de l'éveil d'une conscience et d’un
corps, d’une émancipation et, surtout, du bouleversement
intime (« Le choc fut si violent que, des années
plus tard, alors que j’écris ces lignes, je tremble.
») qu’éprouve un ange solitaire, au contact
d’un autre ange, peut-être : « A la
limite, on pouvait presque lui trouver une tête romaine.
Un peu comme Marlon Brando, du temps de sa splendeur. »
L’histoire, d’une grande justesse, est teintée
de nostalgie mais aussi de fatum, et l’intrigue emprunte
nécessairement à la tragédie grecque,
entre terreur et pitié, violence et tension (mais il
faut le lire pour comprendre). L’ensemble va bien au-delà
du très conventionnel roman d’apprentissage et
le regard rétrospectif de la narration confère
une richesse certaine au récit, qui navigue entre impressions
et sensations passées et souvenirs au présent
de ces moments d’une rare intensité.
B.
Longre (sept. 2008)
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L'éditeur
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L’apprenti
de Daniel Kenne - Editions Théâtrales
jeunesse, 2008
Julien aborde Pascal à la terrasse d’un café.
L’homme est d’abord étonné de ce
petit garçon qui semble le connaître. Julien
habite en face, et il observe Pascal depuis longtemps. Aujourd’hui
il l’aborde et il a une drôle d’idée
en tête. Pour Julien, chacun devrait avoir la possibilité
de choisir son père.
La pièce se déroule en treize scènes,
sur une année. D’un mois d’avril à
l’autre, la relation étrange qui se noue entre
l’adulte et l’enfant bouge, se tord, et dans leurs
discussions, Pascal et Julien questionnent le monde. L’apprenti
est une pièce très courte qui
convoque énormément de choses. Dans ses «
Notes pour la mise en scène » (L’apprenti
a notamment été joué lors du festival
Off d’Avignon 2008), Daniel Keene précise qu’on
« ne devra en aucun cas essayer de créer
un environnement réaliste ». Il y a des
choses universelles – la famille, le lien, l’amour
– qui ne se donnent peut-être que dans le dénuement
ou le vide autour. Devant l’amour de Julien, Pascal
est forcé d’interroger ce qui le lie lui à
son père. Non, on ne choisit pas sa famille, mais l’amour
peut changer des choses, celles-là même qu’on
croyait figées l’instant d’avant.
M. Roth (sept. 2008)
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Inezspéré,
de Paco Livan et Ivan Prieto, OQO éditions,
2007
Dessins bariolés, papiers découpés,
typographie démonstrative, accompagnent un récit
original, tiré d’une légende canadienne
: un vieux mage laisse trois objets magiques à ses
trois filles. La plus jeune utilise le sien pour rencontrer
un beau prince (le prince de l’île d’Abeau).
Mal lui en prend car il la trompe et lui vole son précieux
objet. Elle le revoit par deux fois, avec les objets prêtés
par ses sœurs compatissantes, se fait tout dérober
et ne retrouve les biens hérités de son père
que grâce à une ruse finale qui dénoue
tout. Ils ne se marient pas et l’on ne sait si le prince
en devient meilleur, la fantaisie est le but de l’histoire.
A-M. Mercier (août
2008) |
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L'éditeur |
Bonne nuit mon
tout-petit, Soon-hee Jeong, texte français
de Michèle Moreau, Didier jeunesse, 2008, à
partir de 2 ans
Cet album est l’adaptation d’une berceuse coréenne.
Une mère tient son enfant dans ses bras et lui montre
les animaux endormis, chien, souris, poissons, grenouilles
se reposent - et le bébé à son tour s’endort
sur son tatami. Tout en douceur et en tendresse, sur des tons
pastels posés sur papier mat, texte et images invitent
au calme et au silence de la nuit, dans la chaleur des bras
maternels. Cette atmosphère paisible et rassurante,
en accord avec le rythme de la nature, est propice à
l’endormissement. Une lecture conseillée à
l’heure du coucher, en particulier pour les petits qui
ont du mal à trouver le sommeil ou ont peur du noir.
M. Gallot (juillet 2008)
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Mords-le ! de
Michel Backès, l’école des loisirs,
2007
Un cauchemar de chasseur, à rapprocher du Petit
humain d’Alain Serres. Le chasseur et
son chien prennent un tout petit lapin, qui leur promet de
les emmener dans un lieu où il y en a de plus gros.
Ils tombent sur des lapins géants qui renversent l’échelle
des tailles. Ils se proposent d’engraisser l’humain
(bien trop petit à leur goût) pour le repas d’anniversaire
de leur petit.
Cette fable (qui finit bien) est illustrée un peu à
la manière de Benjamin Rabier, avec un charme désuet
rafraîchissant.
A-M. Mercier (août
2008)
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Une peinture
de rêve, un voyage en Australie,
de Cyril Hahn, Hatier, 2007
Japara, 10 ans, aborigène du nord de l’Australie,
n’a plus ou pas envie de se joindre aux autres, petits
ou grands. Ce qu’il préfère, c’est
aller seul dans le bush où il épie le peintre
sur écorce.
L’album raconte la découverte par Japapra de
ce qui est dans la peinture, le temps de la création,
appelé le temps des rêves, dans lequel les grands
ancêtres se sont transformés en animaux et structurent
le monde.
Si la narration est assez plate et convenue, les dessins du
rêve de Japara sont magnifiques (les autres moins intéressants
par leur maladresse appuyée). Les dernières
pages proposent un petit résumé de l’histoire
des aborigènes (assez optimiste sur leur état
présent), un lexique.
A-M. Mercier (août
2008)
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Pêches
du bout du monde, de John Frank et Peter Sylvada,
adaptation (de l’anglais) par Fenn Troller, Sorbier,
2008
Treize doubles pages, proposant chacune un poème évoquant
une pêche particulière (à la ligne, au
trou, au cormoran…) et une image illustrant celui-ci
avec de belles huiles représentant des pêches
de tous les continents.
Le texte est simple, concret et évoque avec bonheur
les moments et les gestes.
A-M. Mercier (août
2008)
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Les deux frères
de Chris Smith et Aurélia Fronty, Gautier-Languereau,
2007
Deux frères qui se disputent demandent le jugement
du roi Salomon. Celui-ci leur raconte la légende de
la fondation de Jérusalem : elle serait issue de la
réunion de deux frères parfaits qui rivalisent
d’affection l’un pour l’autre, un peu comme
les deux amis de La Fontaine. Et ils sont convaincus.
Cette belle histoire, rassurante sur les liens familiaux,
est joliment illustrée de peintures naïves et
très colorées.
A-M. Mercier (août
2008)
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Le secret d’Horace,
de Oskar Farkoa et Eva Offredo, Gautier Languereau,
2007
Un récit étiologique qui combine la naissance
des nuages et de la pluie avec la création de la recette
de l’île flottante (donnée enfin d’ouvrage).
Horace est un dragon malheureux et moqué par ses congénères
: au lieu de cracher du feu, il crache des nuages. Grâce
aux conseils d’un vieux dragon sage, de l’amitié
de Léa et de la méchanceté des hommes,
il invente la pluie qui sauvera tout le monde et fera de lui
un héros bienfaisant.
Le récit est savoureux et rythmé par des images
de différents styles et différentes tailles,
alliant arabesques et motifs, gaiement colorées.
A-M. Mercier (août
2008)
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Le géant
Patenplon, de Fabian Negrin, Editions du Rouergue,
2007
La légende du pet
Patenplon a des oreilles de Mickey, un nez de Pinocchio menteur,
un caleçon rayé. C’est un géant
effrayant et très bête cherche à se goinfrer
de tout ce qu’il trouve. Des oies, tout d’abord,
qui le roulent dans la farine en se faisant passer pour des
chameaux. Dialogue cocasse et absurde. Ensuite un nuage, puis
tous ceux qu’il trouve, des gris, des roses, des petits,
des énormes, tant qu’il enfle. Arrivé
à la taille d’une montgolfière, il explose
d’un premier pet, dévastateur, un second, etc.
A la fin, il a disparu, reste son essence, le pet, qui rôde
partout et chez tous comme une possible présence du
géant disparu… jusque sous les jupes de maman.
D’aucuns n’apprécieront pas cette dernière
pointe, pourtant vraie et, comme tout ce qui est vrai, salutaire
bien qu’irrévérencieuse.
Fantaisie totale dans le dessin, qui joue sur l’ «
Hénaurme », le disloqué, le décalé.
Fantaisie sur la mise en page et la mise en texte, la typographie,
couleurs qui claquent.
Un vent de fraîcheur.
A-M.
Mercier (août 2008)
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Catsou,
de Benedicte Brunet et Charlotte Mollet, Editions
du Rouergue, 2008
L’histoire est très simple, presque minimale,
une histoire ordinaire de gens ordinaires : un chat, Catsou,
fait le bonheur de la famille et vit dans un jardin. Celle-ci
en déménageant fait le malheur du chat et décide
finalement de lui rendre sa liberté. Les illustrations
sont très intéressantes et mêlent différentes
techniques superposées, varient les échelles
de grandeur et proposent tantôt des scènes d’intérieur
simples et quotidiennes, tantôt des recréations
imaginaires.
A-M. Mercier (août
2008)
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Chasseur noir,
de Michel Honaker, Flammarion, 2008
New York, époque contemporaine… des sorciers
noirs rôdent, mais le serviteur du bien saura les contrer.
Cette intrigue un peu usée est en partie sauvée
par un rythme rapide, des chapitres qui s’enchaînent
en ménageant des ellipses, des changements de personnages.
Le fantastique est doublé d’une intrigue portant
sur l’assassinat d’un maire et son incidence sur
la politique locale. Tout cela se résout pour finir
à une enquête policière, avec un détective
sympathiquement malheureux et un jeune adjoint perpétuellement
étonné.
A-M. Mercier (août
2008)
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La feuille de
bananier magique, une aventure de
Kanchil, le petit cerf-souris, de Nathan Kumar-Scott et Radhashyam
Raut, traduction (anglais) de Fenn Troller, Syros,
2008
Kanchil est un personnage traditionnel des contes de malices
indonésien : il est le petit qui s’en tire grâce
à sa ruse, un peu notre renard. Ici, tombé dans
un trou, il y attire plusieurs animaux en leur faisant croire
qu’ainsi ils échapperont à la fin du monde,
toue proche et il se débrouille pour être lui-même
chassé du trou.
Les illustrations en style traditionnel indonésien,
le patachitra, sont belles et surprenantes.
A-M. Mercier (août
2008)
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Hippocrate, le
médecin de l’île aux jasmins, Orietta
Ombrosi et Anna Castagnoli, Seuil jeunesse, 2008
Ce petit album de la collection coup de génie propose
une biographie d’Hippocrate très sensible, qui
retrace à travers lui l’évolution de la
médecine : du traitement par les prêtres d’Asclépios
au diagnostic de ce moderne et à l’invention
de la théorie des humeurs (bien expliquée, avec
des mots simples), jusqu’au serment d’Hippocrate
encore actuel (ne pas viser la richesse, ne jamais prescrire
de poison, transmettre son savoir…). Elle montre les
débuts de la célébrité, les étapes
et le fait tout en dressant le portrait d’un enfant,
puis d’un homme et d’un vieillard attachant, guidé
par l’observation, le souci d’autrui et l’expérience.
Les illustrations ont elles aussi beaucoup de charme, mêlant
détails antiques et scènes naïves. A-M.
Mercier (août 2008)
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L’anniversaire,
de Philippe Lechermeier et Isabelle Chatellard, Goutier-Languereau,
2007
Un anniversaire (six ans), occasion d’en rappeler d’autres
avec leurs catastrophes e leurs bizarreries, et les moments
de folie aussi. Chaque famille a son style, chaque enfant
a ses craintes et ses envies.
Les illustrations sont belles et surprenantes et évoquent
des scènes de cirque en chambre très réussies.
A-M. Mercier (août
2008)
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Jean et Jeanne
d’Yves Pinguilly et Aurélie Blanz, Vilo
jeunesse, 2008, à partir de 6 ans
Un album grand format aux superbes illustrations
oniriques très colorées. Une jeune fille prisonnière
d’une vilaine sorcière maléfique qui l’a
transformée en oiseau. Un jeune amoureux bien décidé
à la délivrer. Tels sont les ingrédients
de ce bel album qui propose une adaptation d’un conte
des frères Grimm (« Jorinde et Joringel »).
L’histoire ne brille certes pas par son originalité,
puisqu’elle suit le schéma le plus commun des
contes de fées, mais les dessins pétillants,
qui proposent un univers tendre et fleuri, d’un romantisme
non dénué d’humour, font toute la beauté
de cet album.
M. Gallot (juillet 2008)
L'éditeur
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L'éditeur
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24
heures dans la vie de Théo de Virginie Lydie,
ill. Yann Hamonic, Balivernes, 2008, dès 6
ans
24 heures dans la vie de Théo nous
plonge au cœur d’une journée riche en rebondissements,
où tout bascule dans sa vie. Sa maman ne va pas bien
du tout. Sur le trottoir, à côté des galeries
Farfouinettes, elle a posé un petit carton, à
côté d’elle, à même le sol.
Elle n’aurait jamais fait ça si elle n’était
pas malade, mais la poudre blanche coute cher. Théo
doit faire quelque chose pour la sauver. Ce petit roman réaliste
traite avec sensibilité d’un sujet délicat,
rarement évoqué dans des livres pour petits.
Il rend compte de la souffrance d’un petit garçon
face à une maman toxicomane et sans le sou. Destiné
à des lecteurs en herbe, il est résolument optimiste
et se clôt sur une note d’espoir. Ses jolies illustrations,
son thème moderne et son écriture dynamique
font de ce court roman un excellent petit objet littéraire
qui ne prend pas les enfants pour des bébés.
C. Scandale (juillet 2008)
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Mer en poèmes
de Michelle Daufresne, Seuil jeunesse, 2008
à partir de 4 ans
Des collages de matériaux divers peints
à l’aquarelle sur un beau papier mat épais
créent de changeants effets de matière et de
lumière. Chaque double page illustre et définit
un mot de la mer (grève, falaises, jeux de plage, oiseaux
de mer, etc.), assorti d’un ou plusieurs courts poèmes
marins qui correspondent au mot. Aimé Césaire,
Baudelaire, Blaise Cendrars et bien d’autres –
dont l’auteur elle-même - prêtent leur plume
à cet album propice à l’imagination, qui
compose une belle initiation au pouvoir d’évocation
des mots et à la poésie. « C’est
la mer pour la mer/ et pour ceux qui en rêvent »
(Supervielle)
M. Gallot (juillet 2008)
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Emily the Strange,
Voir c’est décevoir, de Rob Reger,
Seuil jeunesse, 2008
La très gothique Emily revient dans
un petit album intelligent, en rouge, noir et blanc, comme
à l’accoutumée, et dont l’atmosphère
forcément strange et troublante doit cependant
beaucoup au thème abordé : la vision, qu’elle
passe par le regard (un mécanisme complexe présenté
avec cocasserie) ou les miroirs (aux reflets mouvants…),
modifiée par l’ombre et/ou la lumière,
par divers déplacements ou changements de perspective.
Il n’y pas de trame narrative à proprement parler,
seulement une succession de saynètes ponctuées
d’adages qui posent d’intéressantes questions
(«Emily voit les yeux fermés », «
l’étrangeté est dans le regard »,
« Exister c’est croire »…) où
Emily, philosophe en herbe, se met en scène pour illustrer
de diverses manières à quel point la vision
subjective est forcément illusoire et fluctuante.
B. Longre (juillet 2008)
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L'éditeur
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Molosse
d’Olivier Morel, Ed. courtes et longues, 2007,
dès 3 ans
Molosse, le chien de Jojo, porte bien son
nom. Sous le regard amusé de son maître, il terrorise
les matous et les enfants, défèque sur les pâtés
de sable et pourchasse le facteur… Puis un jour Molosse
ne fait qu’une seule bouchée d’un petit
caniche à sa maman. C’est la goutte qui fait
déborder le vase, la fourrière intervient et
l’embarque. Peu de temps après, le petit garçon
le remplace par un poisson rouge dénommé Tiburon.
Mais au bout de quelques jours l’animal inoffensif devient
piranha. A travers de jolies illustrations enfantines, Olivier
Morel nous amène à réfléchir sur
le mal et la responsabilité humaine. Il pose ouvertement
la question suivante : qui du maître ou de l’animal
est réellement le plus mauvais ?
C. Scandale (juillet 2008)
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L'auteure
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Au feu les pompiers
j’ai le cœur qui brûle, de Christine
Beigel et Élise Mansot, Gautier-Languereau,
2008
Quand Rose, une sage vieille dame, aperçoit
Isidore Valentin Brû, pompier de son état, dans
le poste de télévision, c’est le coup
de foudre. Comment rencontrer ce héros ? Rose n’hésite
pas une seconde et, prétextant avoir perdu son chat,
appelle les pompiers… Isidore intervient mais semble
plutôt intimidé et ému par cette dame
qui a demandé à ce que ce soit lui et pas un
autre qui vienne lui porter secours. Quand il s’en va,
Rose se met à l’attendre… vainement, semble-t-il.
Elle se morfond, s’affaiblit, perd le goût de
vivre, des mois durant. Ce bel album grand format dont les
aplats bariolés, presque naïfs, sont en harmonie
avec le texte, tour à tour chaleureux et mélancolique,
ne nous donne que le point de vue de Rose, mais cela suffit
à nous convaincre de l’authenticité de
cette histoire d’amour ; et puisque les Valentin Brû
(on comprend mieux l’allusion quand on sait que l’auteure
a un faible pour l’œuvre quenienne) sont apparemment
destinés à épouser des femmes d’âge
mûr, le tout s’achèvera sur une happy
ending très satisfaisante, pour le lecteur comme
pour les protagonistes - qui n'auront peut-être pas
"beaucoup d'enfants", selon la formule consacrée,
mais vivront un amour très, très chaud !
B. Longre (juillet 2008)
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Daniela
Cytryn
Amnesty
International
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L’enfant
et le buffle, de Muriel Carminati et Daniela Cytryn,
Le Sorbier, collection « Les Ethniques », en partenariat
avec Amnesty International, 2008
Après une collaboration avec Jocelyne
Sauvard pour Aïssata
et Tatihou, Daniela Cytryn illustre avec
un même soin un nouvel album aux éditions du
Sorbier, dans une collection qui prône l’ouverture
sur le monde en proposant des récits qui sensibilisent
le lecteur à des situations ou des événements
qui ne lui sont pas toujours familiers. Un pays africain en
guerre pour Aïssata et Tatihou,
la Birmanie pour Cet Enfant et le buffle,
un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on tient
compte du mépris des dirigeants pour la population
qu’ils maltraitent, emprisonnent ou laissent mourir.
La Birmanie, que l’on découvre à travers
le regard d’Aung Kyaw Kyaw, jeune garçon très
attaché au buffle que son père a pourtant décidé
de vendre. Il s’enfuit, part à la recherche de
l’animal et revient bredouille pour trouver son village
vidé de ses habitants, «réquisitionnés»
pour construire une route. Au-delà de la difficulté
de vivre sous un régime dictatorial évoquée
ici, une certaine plénitude préside malgré
tout à l’ensemble, peut-être discernable
dans l’attitude résignée des adultes,
que l’auteure ne se permet pas de juger, et dans la
beauté des images. B.
Longre (juillet 2008)
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L'éditeur
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Bou et les 3
Zours d’Elsa Valentin et Ilya Green,
Poisson soluble, 2008
« L’était une fois
une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe
et son païe.
Un jour, elle partit caminer dans la forest pour groupir des
flores.
— Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui
dirent sa maïe et son païe.
— Dakodak, respondit Bou. »
Et ainsi de suite… Bou rencontre le piaf, le scargot,
la flore mini piquinote, etc. jusqu’à la casa
des zours… La trame de l’histoire, on la connaît,
mais la variante imaginée par Elsa Valentin et illustrée
avec humour et candeur par Ilya Green est savoureuse à
souhait, dans ce langage à la fois enfantin, joueur
et très savant, que l’enfant lecteur décryptera
sans mal, tandis que les plus grands s’amuseront à
reconnaître archaïsmes, emprunts (à l’espagnol,
à l’italien, à l’anglais…),
à distinguer les registres de langue et à décortiquer
les néologismes polysémiques (qui rappellent
par instants l’imaginaire d’un Claude Ponti),
comme cette chaise «confordouillette »
qui « se bricassa » sous le poids de
la fillette. On ne se lasse pas de citer le texte, qui se
déguste mieux s’il est lu à haute voix.
B. Longre (juillet 2008)
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La
chanson interprétée par Peter, Paul and Mary |
Puff le dragon
de Lenny Lipton et Eric Puybaret, adaptation-traduction de
Christine Beigel, Gautier-Languereau, 2008 - à
partir de 4 ans
« Puff the magic dragon »,
chanté par le groupe Peter, Paul and Mary, fut un tube
dans les années 60. La chanson, écrite par Lenny
Lipton et mise en musique par Peter Yarrow, raconte la relation
complice entre un dragon « qui gambade dans la brume
du royaume sous le vent » et un petit garçon,
jusqu’à ce que ce dernier grandisse et délaisse
son vieil ami, qui sombre dans la nostalgie. Cette jolie fable
sur la fin de l’enfance et de l’amitié
paraît aujourd’hui sous la forme d’un grand
album, illustré avec talent par la peinture imaginative
et émouvante d’Eric Puybaret. Ce magnifique album,
tour à tour joyeux et mélancolique, ravit autant
par ses personnages simples au graphisme attachant que par
son rythme musical, qui lui confère une remarquable
originalité.
M. Gallot (juillet 2008)
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L'éditeur
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Comment les vaches
font-elles pour vendre leur lait ? de Nathalie Magnien,
Ed. courtes et longues, 2007
Voici un petit album « ovni », qui après
maints feuilletages, continue à m’interroger
sur son sens… Le résumé est pourtant limpide
: « Très haut sur la montagne, une vache
s’interroge : comment faire pour vendre elle-même
son lait ? La solution est simple : il lui suffit de se transformer
en brique de lait. Alors, la montagne devient triangle, la
prairie carrée, et la vache se métamorphose…
Un conte sur la liberté dit sur un ton simple et joyeux.
» Illustré de formes géométriques
acidulées, ce conte un peu barré interpellera
les enfants sur la nouvelle ère laitière et
l’indépendance des vaches modernes…
C. Scandale (juillet 2008)
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L'éditeur |
Le maïs
de Luisa de Sophie Cottin et Amandine Piu,
Petit à petit, 2008
Dans la collection « Marmitontaine
et Tonton » des éditions petit à petit,
on trouve Les pâtes de Francesca (Viva la pasta
!), Le riz de Ly (Faisons danser les grains de riz !) et
ce dernier album, qui nous emmène, après l’Italie
et le Vietnam, au Mexique ; là, une jeune guide, Luisa,
propose plusieurs plats relativement faciles à réaliser
et pour la plupart savoureux - comme les fajitas au bœuf,
le cocktail de poisson crus marinés, ou encore le riz
à la mexicaine. Mais plus qu’un simple manuel
gastronomique énumérant les recettes, ce livre
aux illustrations foisonnantes et bigarrées est aussi
prétexte à faire voyager le lecteur, qui découvre
un peuple (détails historiques, du quotidien, des cartes,
quelques mots d’espagnol ponctuent l’ensemble…)
par le biais de sa cuisine, dont le maïs, « cadeau
des dieux » pour les mayas, est la base. Un joli
album à ranger dans la cuisine, forcément.
B. Longre (juillet 2008) |
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Babayaga,
de Taï-Marc Le Than, ill. Rebecca Dautremer,
Gauthier-Languereau, Les petits Gautier, 2008, dès
4 ans
On retrouve dans ce conte deux figures emblématiques
de l’imaginaire féminin diabolique, la méchante
sorcière et l’odieuse marâtre. Babayaga
est l’incarnation russe de la dévoreuse d’enfants.
L’adaptation par Taï-Marc le Thanh, illustrée
par Rébecca Dautremer, rend parfaitement compte de
l’atmosphère froide et rustre des confins d’une
Sibérie fantasmée. Babayaga n’a qu’une
seule dent. Et c’est probablement ce qui l’a rendue
si méchante. Ogresse par vocation, elle n’a de
passion que pour la dégustation de petits enfants bien
dodus et bien gras. Le jour où la vieille femme n’a
plus rien à se mettre sous la dent, elle s’adresse
à sa sœur Cacayaga pour lui trouver de la chair
fraîche. Cette dernière devenue marâtre
de la petite Miette l’envoie mielleusement chercher
du fils et une aiguille à coudre chez sa sœur,
la méchante ogresse. Comment s’en sortir quand
on est une fillette haute comme trois pommes et qu’on
se retrouve coincée dans l’antre de Babayaga
? S’ensuit une angoissante fuite. Pleine d’ingéniosité
et de courage la petite fille se débrouille plutôt
bien pour retrouver sa liberté…
C. Scandale (juillet 2008)
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L'éditeur |
Rendez-vous
d’Elisa Géhin, Le poisson soluble, 2008
Ce petit livre carré qui se présente
sous la forme de pochette (forcément surprise) amusera
les enfants et étonnera les plus grands. Car cette
«histoire à rebondissements dépliables»
et transformable au fil de la lecture (et du dépliage,
donc) est-elle vraiment un livre ? Parlons plutôt de
jeu narratif astucieusement conçu, qui propose un récit
évolutif tant au niveau des images (dont la découverte
se fait peu à peu) que du texte (sur le mode du cadavre
exquis), une histoire par conséquent presque impossible
à raconter, sauf pour dire qu’il y est question
d’amour, de petits animaux et de quelques monstres…
Une réalisation réjouissante (fournie avec le
mode d’emploi…), à découvrir sans
tarder.
B. Longre (juillet 2008)
http://mesjeudisamusants.over-blog.com/
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Sorcier ! vol.
6, les quatre dragons, de Moka, L’école
des loisirs (neuf), 2008
Les prophéties se dévoilent
; le langage secret est déchiffré, les textes
mystérieux se multiplient. Ainsi, la princesse Mélipona
lit dans un message laissé par sa mère que Miricaï,
le père supposé de Finn a rencontré les
quatre dragons et a obtenu une clef d’or, un miroir
d’argent et un livre, et enfin une graine d’amandier.
Dans la forteresse de Lur, le vieux Copiraille traduit un
texte qui évoque le Gardien de l’étoile
qui fera fleurir l’amandier. Entre-temps, Finn s’évade
de son cachot, les enfants de Mélipona viennent au
monde, Siki Siki part en quête… et leurs adversaires
rôdent sans cesse.
Mystères qui s’emboîtent, action, suspens,
humour, voilà encore une bonne étape dans les
aventures de ces trois héros. A-M.
Mercier (juillet 2008)
Les autres
tomes
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Le fantôme
de Canterville, d’Oscar Wilde, illustré
par Merlin, Hachette jeunesse, 2007
Le texte de Wilde ne finit pas de nous faire
sourire et la traduction-adaptation de Sophie Koechlin le
sert à merveille : on découvre un nouveau charme,
on le lit comme pour la première fois, avec son humour
décapant, ses portraits vifs et son rythme endiablé.
Les illustrations de Merlin pour cet album grand format sont
théâtrales, gothiques, satiriques, mettent bien
en valeur les ressorts du texte.
A-M. Mercier (juillet 2008)
L'éditeur
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Le cavalier bleu
de Philippe Lechermeier illustré par Delphine Jacquot,
Thierry Magnier, 2007
C’est une histoire noire et…
bleue…Le bleu du « cavalier que l’on
ne voit jamais mais qu’on entend passer »,
le cavalier qui finira sa vie en fuyant inlassablement pour
semer des poursuivants. Le début est plutôt rose,
un enfant est déposé devant la porte d’un
roi et d’une reine qui se lamentaient de ne pouvoir
avoir de fils. Les premières années sont très
heureuses, ils sont tout à leur bonheur d’éduquer
cet enfant tombé du ciel. Mais cela ne dure qu’un
temps, le roi est rapidement exaspéré par la
douceur de cet enfant dans lequel il se reconnait si peu.
Il congédie donc épouse, nourrices et précepteur
et décide de s’occuper lui même de l’éducation
de son fils. Une éducation « à la dure
» où on lui apprend la ruse du renard, la cruauté
de l’aigle, l’agressivité du loup…
L’enfant devenu adulte ressemble plus à une bête
qu’à un humain… Il est craint de tous.
A la mort de son père (heureux d’avoir façonné
son fils à son image), le cavalier part à la
recherche d’une épouse… mais malgré
sa puissance, n’arrive pas à ses fins et finit
enchaîné dans un cachot. Celle qu’il avait
convoitée a pitié de lui et le libère
de sa prison… Un album grand format où les illustrations
prennent toute leur place et renforcent admirablement la tension
sous-jacente. Une histoire un peu sombre mais fort bien écrite.
F. Mattes(juillet 2008)
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En attendant
le printemps de Martine Laffon et Sacha Poliakova,
Thierry Magnier
Un format original pour cet album cartonné, moyen,
comme un vrai livre. Une histoire peu loufoque : le voyage
de deux corbeaux et deux pies vers le midi qui à chaque
page emportent deux ceci, trois cela cinq d’un autre…
pour former un bagage hétéroclite. Les chiffres
sont au cœur de l’histoire, tout en en étant
des éléments décoratifs à chercher
dans la page.
Un très beau texte étrange et poétique,
et de très belles illustrations noires sur fond bleu.
A-M. Mercier (juillet 2008)
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L'éditeur
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Petit pois de
Yaël Delalandre, Ecole des loisirs
Les aventures d’un petit pois esseulé qui rêvait
de voler et qui trouve de l’aide en la personne de Catapulte,
la cuillère ! Une incitation à aider d’autres
pois malheureux… (« Si tu veux, tu peux l’aider
») en leur permettant de rencontrer une cuillère
!
Des illustrations épurées (des tâches
de couleur sur fond blanc, un clin d’œil à
« Petit bleu et petit jaune » ?) pour
un livre drôle et décalé … à
ne pas prendre au premier degré…
F. Mattes(juillet 2008)
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Chut,
le roi pourrait t’entendre, de Didier Sustrac
et Eric Puybaret, Gautier-Languereau, 2007
Au pays du roi Chachuffit, il faut employer
le plus possible de mots avec des « ch », sinon
on est puni très cruellement. Ainsi, le roi a changé
tous les mots et exerce une terrible surveillance. La maman
du jeune Zouri vit dans la peur car elle zozote. Une nuit,
son fils part à la recherche des animaux qui ont perdu
leur nom pour prendre un peu de leur force ; il emprunte ainsi
la mâchoire du loup (appelé « chien-loup
»), le cou de la girafe (ou chèvre-cheminée),
etc. et se transforme en monstre hybride qui va terroriser
le roi et rétablir la liberté du langage. Cette
fable originale dont la moitié se passe dans un univers
nocturne et la totalité dans un décor étrange
est superbement illustrée, dans un style rêveur
qui rappelle un peu celui de Rebecca Dautremer.
A-M. Mercier (juillet 2008)
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L'éditeur |
Je
dors parfois dans les arbres, de Paul Vincensini, illustrations
de Jean-Paul Galeron, Motus, 2007
Plusieurs idées de la poésie
sont à l’œuvre ici. Poèmes brefs
presque classiques : « Le cheval / Tout en buvant
l’eau du ciel / Broute un peu l’ombre de ses yeux
». Inventions langagières : « Les noiseaux
mangent des noisettes / Les crapauds des pâquerettes
/ les chats des chalumettes / Quand il fait frais / Des chalumeaux
/ Quand il fait chaud ». Confidences proposant
un autre regard : « Ce n’est pas l’arbre
/ Qui m’intéresse / Mais de voir à travers
ses branches / De voir aussi un peu les branches / Peut-être
». Fantaisies d’invention, soit sur les mots,
soit sur le monde, toutes belles et simples, mais pas sans
profondeur.
Les illustrations au crayon sont drôles, inventives,
sur un papier légèrement gaufré, gris
bleu. Elles aident à voir et proposent une lecture
tantôt au pied de la lettre tantôt décalée.Un
très joli livre pour de beaux textes.
A-M. Mercier (juin 2008)
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Deux rééditions
d’albums d’Elzbieta
Deux albums intimistes dans une langue simple
et poétique, soutenue par des illustrations délicates
de papier déchiré colorisé de teintes
pastel. Deux valeurs sûres qui permettent aux plus jeunes
de s’interroger et de réfléchir sur le
monde et le temps qui passe.
Petite lune,
Le Rouergue, réédition 2008
Un album pour les tout petits sur le moment du coucher. Sujet
largement présent dans la littérature enfantine
mais abordé ici de façon originale. Il n’est
pas question de l’enfant qui redoute ce moment et use
de tous les stratagèmes possibles pour le repousser.
Mais plutôt du plaisir que l’on peut prendre au
temps qui s’étire, aux mille questionnements
sur le monde et au mystère de la lune.
Où vont
les bébés ? Le Rouergue, réédition
2008
C’est la question que se pose Petit Pote, un vieux nounours
qui, lorsqu’il était jeune, a appartenu à
un bébé. Son compère Grosbert lui expliquera
que les bébés deviennent des adultes lesquels,
à leur tour, font des enfants. Un fil de fil à
leur « bébé » leur permettra de
se rendre compte que malgré les années qui ont
passé, ils n’ont pas été oubliés.
Une tendre réflexion sur le temps qui passe, l’oubli,
la mémoire et les souvenirs.
F. Mattes(juillet 2008)
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Arthur
range ta chambre ! de Barroux, Seuil jeunesse,
2008
L’éternelle question du rangement
traitée avec humour. La question qui divise petits
et grands ! Qu’ils sont pénibles, les parents,
à toujours vouloir que les chambres soient rangées…
Mais Arthur prend conscience que ranger à parfois du
bon : on peut retrouver des jouets que l’on croyait
perdus…. avoir plus de place pour jouer…. et même
se rendre compte que ce la peut être amusant de faire
plaisir à sa maman ! Barroux nous propose ici le point
de vue du petit garçon (texte simple et juste) et une
illustration originale, très graphique (simple trait
au stylo à bille, rehaussé de mine de plomb
et colorié à l’acrylique). Une lecture
à partager entre parents et enfants …Dès
trois ans et bien après ! F.
Mattes(juillet 2008)
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Le
roi Arthur, Lancelot du lac de Nicolas Cauchy et Aurélia
Fronty, Gautier-Languereau, 2007
Ces deux volumes parus dans la collection
« légendes de la table ronde »,
sont joliment illustrés, la maquette est soignée
(avec des caractères un peu petits, on ne sait pourquoi,
mais élégants).
Ces adaptations ont le mérite de vouloir donner le
détail des histoires rapportées. Mais ce mérite
est fortement diminué par le fait que le style employé
est très sobre et se limite à une liste d’actions
et de faits, présentés en alinéas extrêmement
brefs, ce qui donne au texte beaucoup de sècheresse.
A-M. Mercier (juillet 2008) |
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Le
paradis des bonobos, le combat d’une femme pour sauver
des grands singes, par Isabelle Aubin et Roland Garrigue,
sous la direction de Claudine André, Seuil
jeunesse, 2007
Cet album documentaire retrace le travail
/ combat de Claudine André en République démocratique
du Congo pour sauver les bonobos, très menacés.
Une interview, des explications sur les familles de singes,
le fonctionnement du sanctuaire des bonobos, des cas particuliers,…
des approches variées pour connaître le travail
de protection de la faune en Afrique et ses difficultés.
A-M. Mercier (juillet 2008)
pour
en savoir plus |
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Yi
et Yo de David Dumortier
/Ah la vache ! texte anonyme
illustré par François Gauthier, collection
mouchoir de poche, Motus 2008
On retrouve avec grand plaisir l’écriture
si personnelle de David Dumortier dans un texte un peu énigmatique.
Yi et Yo, deux amis, si semblables et si différents,
qui se questionnent sur eux, sur le monde , « s’évadent
à l’intérieur d’eux-mêmes
», se confondent : « Yi a tellement cherché
à ressembler à Yo que Yo ne s’est pas
aperçu de son absence…. » Un beau
texte puissant et ciselé sur les rapports entre les
hommes et sur le monde… Les illustrations de Dumortier
ressemblent à des calligraphies qui jalonnent le récit
et lui donnent une petite touche orientale.
Ah ! La vache
est une rédaction des années 1950 retrouvé
et illustré par François Gauthier qui pose,
grâce à ses illustrations fantaisistes, un regard
plein d’humour et de tendresse sur ce texte. A travers
: « Décrivez un animal de votre entourage
», on découvre la vache vue par un enfant (que
l’on peut imaginer de la campagne). Un petit livre qui
plaira aussi bien aux enfants qu’à des personnes
qui pourraient avoir l’âge de l’auteur du
texte.
F. Mattes (juillet 2008)
Dans
la même collection
L'éditeur |
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A
la mer de Germano Zullo et Albertine, La joie
de lire, 2008, dès 18 mois
Voici un avant goût des vacances !
A la mer est un grand album aux couleurs estivales dans l’air
du temps puisque la météo semble enfin s’embellir.
Sortez lunettes de soleil, crème solaire, masque et
tuba et jetez vous à l’eau. L’invitation
est lancée par Germano Zullo et Albertine les auteurs
de cet album promenade. Pieuvre géante, sirène,
avion publicitaire, girafe nageuse, châteaux de sable,
radeaux, vendeur de glaces, superman sauveteur, hôtel
animé et loufoque, crêpes, coiffeur pour dames,
Musée de la marine et parc d’attraction pour
vacanciers ravis… L’univers de la mer et des vacances
nous tend les bras et nous fait dire bien haut : Vivement
les vacances !!! Cet album rafraîchissant à souhait
enchantera les plus petits qui inventeront leurs propres histoires.
Il séduira aussi les parents restés de grands
enfants la tête remplie de beaux souvenirs d’étés
passés à s’amuser… A la mer.
Caroline Scandale (juin
2008)
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L'illustratrice
L'été
2008 des bouquins solidaires. |
Le
bufflon blanc de Fabienne Thiéry et Judith Gueyfier,
Rue du monde, 2008
Li, éleveur de buffles, s’inquiète
quand naît un bufflon blanc qui dénote dans son
troupeau noir. Serait-ce mauvais présage ? Le vieux
sage qu’il consulte, connu pour sa clairvoyance, lui
assure que non ; mais une fois rentré chez lui, Li
est subitement frappé de surdité. Lu, son fils,
part alors voir le sage et, dès son retour, est lui
aussi victime d’un mal soudain, la cécité.
Li et Lu pensent avoir joué de malchance quand des
événements bien plus terribles encore s’abattent
sur la vallée.
Librement inspiré d’une fable du philosophe chinois
Lie-Tseu, maître taoïste, l’histoire que
conte Fabienne Thiéry (spécialiste du conte
chinois) a vocation universelle et parle à la fois
de résilience, de résignation à son sort,
d’impuissance face à plus fort que soi ; elle
véhicule toutefois l’idée que la vie se
compose d’une succession bariolée de bonheurs
et de malheurs et que les uns ne peuvent exister sans leurs
contraires. Les illustrations de Fabienne Thiéry, qui
signe plusieurs albums chez cet éditeur, sont d’une
grande finesse dans les plans rapprochés comme dans
les plans d’ensemble, avec une attention toute particulière
portée aux motifs des textiles, en contraste avec les
aplats des paysages à l’arrière-plan ;
mais ce sont surtout les visages lumineux tourmentés
ou apaisés, en résonance avec le conte, qui
séduisent le lecteur. Un bel album à partager
et à offrir. B.
Longre (juin 2008)
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l'éditeur |
Innocent
de Magali Turquin, éditions du Jasmin, 2008
Le Rwanda est apparemment un sujet littéraire
porteur pour les écrivains français. Depuis
le prix Médicis 2007 attribué à Jean
Hatzfeld pour La stratégie des antilopes,
les récits-témoignages fleurissent. Les éditions
du Jasmin publient ainsi le court roman de Magali Turquin,
histoire à la première personne d’un rescapé
tutsi du génocide. L’auteur cherche à
se mettre à la place de celui qui a survécu
à l’impossible et nous livre un monologue lyrique
de souvenirs décousus et de douleur. Le sujet est inattaquable,
et l’intention louable. C’est plutôt bien
écrit, le style est limpide et simple, afin que chacun
puisse se représenter l’indicible et entendre
la voix des victimes. Et pourtant, l’ensemble donne
une impression de déjà-vu assez décevante.
A réserver à ceux qui n’ont encore rien
lu sur le sujet.
M. Gallot (juin
2008)
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L'éditeur
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Tonton Zéro
de Roland Fuentès, Mini Syros 2008
Dans ce court roman qui se déroule
le temps d’une excursion en montagne, un jeune garçon
pose un regard tendre, étonné et parfois lucide
sur son oncle, grand naïf que tous ont surnommé
« Zéro » pour sa maladresse, son côté
gaffeur et ses idées lunaires. Malchanceux, cet adulte
que les autres voient encore comme un enfant a pourtant bien
des qualités, que le narrateur semble être malgré
tout le seul à apprécier, sans porter de jugement
hâtif. Le sens pratique n’est certes pas son fort,
mais lui, au moins, croit à l’existence de Plavnik,
l’ami intime et imaginaire de son neveu… Un joli
texte atypique, qui met en scène une relation touchante,
où les rôles s’inversent en permanence,
et qui interroge finement sur la nature même de l’enfance.
B. Longre (juin 2008)
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l'éditeur |
Bienvenue à
Goma d’Isabelle Collombat, Le Rouergue
– doAdo monde, 2008
L’histoire se passe en 1994. Une très
jeune fille s’embarque aux côtés d’une
journaliste radio pour Goma, au Zaïre, où s’entassent
les réfugiés rwandais réchappés
du génocide. Elsa a tout juste 18 ans, elle rêve
de devenir photographe-reporter. Elle découvre la pénible
réalité du terrain et les difficultés
du travail de journaliste dans un pays en guerre. Ce roman
réaliste est d’inspiration autobiographique,
puisque son auteur, fraîchement émoulue d’une
école de journalisme, a travaillé pour une radio
humanitaire au Zaïre en 1994. L’intérêt
de son récit est principalement documentaire : Pourquoi
quitte-t-on le confort occidental pour une des régions
les plus dangereuses du monde? Comment, pris en étau
entre les demandes d’une rédaction versatile,
friande de reportages lacrymaux, et la dangerosité
de mener une enquête sérieuse et politiquement
compromettante, un journaliste peut-il trouver sa place ?
Comment photographier l’horreur avec un regard juste
? Comment créer des relations humaines dans de telles
conditions ? La trame romanesque est certes un peu grossière,
et le style sans relief, mais ce roman pourra séduire
de jeunes lecteurs attirés par le journalisme et curieux
de connaître certaines réalités du métier.
M. Gallot (juin
2008)
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