< littérature jeunesse >


 
Actualité
 


L'éditeur

La sorcière dans le congélateur de Dorothée Piatek et Mary-Loup, Petit à petit, 2008

La sorcière dans le congélateur écrit par Dorothée Piatek est illustré par Mary-Loup, jeune artiste peintre au talent délirant. "Hantée par des influences baroques et surréalistes et habitée par des visions enfantines", l'illustratrice colore ce conte loufoque et glacial d'un camaïeu de rouges brûlants. On y croise de jeunes sorcières aux yeux de billes et à l'air candide. Les demoiselles s'indignent de voir arriver dans leur classe une nouvelle élève détestable de supériorité et givrante à souhait, Violette Dumalasourire. Au fil du temps elle se métamorphose et finit par ressembler à ce qu'elle est au fond, un véritable glaçon. Mais que cache cette froideur maladive et cette assurance trop flagrante ? Que dissimule la petite fille derrière son armure de glace ? Un cœur bat-il sous cet iceberg? A travers ce texte drôle et métaphorique, l'auteur montre bien les difficultés à s'intégrer dans un groupe quand on se sent inférieur... C. Scandale (sept. 2008)

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L'éditeur

Le miraculeux voyage d’Édouard Tulane, Kate DiCamillo, illustrations de Bagram Ibatoulline, traduit par Sidonie Van Den Dries, Tourbillon, 2007

Miraculeux ? Assurément. Ce roman illustré, aux allures de beau-livre, réserve d’insoupçonnables ravissements au lecteur. Littérature « jeunesse » ? Pas vraiment. Éminemment picaresque, et pourtant bâtie comme un conte qui s’inspirerait de nombreux autres tout en demeurant unique, l’histoire d’Édouard, lapin de porcelaine narcissique et superficiel, recèle tant de niveaux de lecture que chacun est susceptible d’y trouver son compte. Malmené par de multiples événements, balloté par les éléments ou les humains qui croisent sa route, Édouard est un héros au prime abord peu sympathique, qui évolue bien malgré lui, de la déchéance à la rédemption : il s’humanise peu à peu, se métamorphosant au fil des ans, tandis qu'il se découvre un cœur et des sentiments. Le raffinement des illustrations à l’ancienne rappelle par instants la précision d’un Norman Rockwell et ajoute à l’ensemble un charme désuet qui s’accorde à la perfection à ce roman sans âge, qui a déjà tout d’un classique. B. Longre (sept. 2008)

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L'éditeur

Apocalypse Maya de Frédérique Lorient, Syros, collection Soon, 2008

Une nouvelle collection a vu le jour aux éditions Syros : dirigé par Denis Guiot, Soon entend proposer des romans de SF intelligents, ouverts sur l’ailleurs – une façon comme une autre d’inciter à réfléchir à l’ici et au maintenant, mais aussi de divertir le lecteur. Des caractéristiques habilement conjuguées dans Apocalypse Maya, qui peut se lire de diverses manières – comme un roman d’apprentissage relatant l’éveil d’une conscience sociale et environnementale ; comme une fable qui rappellerait que l’Histoire est composée de situations cycliques et d’atrocités (il est ici question de deux génocides, à des décennies de distance) vouées à se répéter à moins d’agir pour en atténuer l’ampleur ; comme une illustration de ce qui ne manque pas d’arriver si on laisse la rentabilité l’emporter sur l’humain, sur l’éthique et sur l’équilibre naturel (le fameux « science sans conscience »…) ; ou encore comme une aventure plutôt bien menée et écrite, qui réserve nombre de rebondissements. Certaines « leçons » écologiques ou historiques sont parfois amenées de manière très explicite (trop, peut-être), mais on lit d’une traite l’histoire du jeune Jové, du vieil Indien qui le convertit à ses valeurs et de l’étonnant peuple des Suris (leur langage, en particulier, fascine, tout comme leur propension artistique), confrontés à l’organisation toute-puissante qui a colonisé la planète Maya. B. Longre (sept. 2008)

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Un cow-boy dans les étoiles de Claire Mazard, Seuil jeunesse, collection chapitre, 2008

Une fillette passe des vacances estivales à la Fariguette, où elle a retrouvé ses grands cousins, Louis et Tristan, qu’elle admire ; en leur compagnie, Anne se fait aventurière, partage leurs rêves et découvre un trésor (un vrai, qui sera en quelque sorte l’un des fils conducteurs du récit) et grandit un peu. Ces instants presque idylliques sont pourtant anéantis, peu de temps après, par un coup du sort sur lequel aucun des personnages n’aura de prise. Des années plus tard, Anne se souvient, revenant sur cette période figée dans un passé à jamais révolu, mais pourtant inoubliable, toujours vivante en elle. Une évocation nostalgique de l’insouciance bouleversée, un récit entre enfance et adolescence qui se goûte avec un plaisir rare.
B. Longre (sept. 2008)

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L'éditeur

Moi, mon truc, de M. Lisa et D. Perret, L’Atelier du poisson soluble / musée du Louvre, 2008

Un titre du Poisson soluble à classer, une fois encore, parmi les inclassables et autres curiosités… D’abord, la couverture astucieuse de ce petit ouvrage souple offre la possibilité de l’envoyer tel quel par la poste ; mais on insistera davantage sur ce qu’il contient : une énumération de situations où l’on se sent en position d’infériorité, par la faute de petits détails en réalité bien anodins ; des situations qui sentent assurément le vécu et qui partent d’un postulat commun à nombre d’entre nous (« Quand je ne peux plus me voir en peinture… », d’où l’une des raisons du partenariat éditorial avec le Louvres). Les auteures nous offre une petite solution simple mais efficace pour s’accepter tel que l’on est – encore fallait-il y penser.
B. Longre (sept. 2008)

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L'éditeur

Grand et petit, de Henri Meunier et Joanna Concejo, L’atelier du poisson soluble, 2008, à partir de 5 ans

« Grand et petit », c’est l’histoire d’une amitié inattendue entre un petit garçon et son alter ego géant, né le même jour que lui, et dont la taille va diminuer jusqu’à disparition, à mesure que le petit garçon deviendra grand à son tour. Le récit, dont on peut faire bien des lectures symbolistes, est empreint de merveilleux et de grâce poétique, de beauté et de silences. Les dessins crayonnés sur du papier jauni, à la manière d’un vieux carnet au charme sépia, ajoutent encore en émotion et délicatesse à la mystérieuse amitié de grand et petit. Cet album, particulièrement soigné, sait convoquer d’une manière originale l’imagination et la sensibilité du jeune lecteur.
M. Gallot (sept. 2008)

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L'éditeur

Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… de Christian Voltz, L’École des Loisirs, Collection Off-Pastel, 2008

À l’abordage ! - Voici un ouvrage qui tient les promesses de son titre car, oui, Le livre le plus génial que j’ai jamais lu… est tout bonnement génial ! Une jeune fille pirate combattant au pistolet laser et se délectant de saucissons à la queue de chat est incapable de s’endormir sans son nounours et cherche gaîment son Prince Charmant. Le trouvera-t-elle ? Et quel est ce bonhomme grognon qui, muni d’une langue bien pendue, se permet d’interférer entre chaque double page, voire carrément de s’immiscer dans l’histoire narrée par l’auteur ? Ces deux personnages farfelus auraient-ils des points en commun ? Autant de questions dont les réponses seront dévoilées au fil de cette étonnante lecture.
« Off-Pastel » est définie, sur la 4e de couverture, comme « une collection de livres d’humeur, de livres d’humour qui parlent aux enfants et aussi aux plus grands. Des livres singuliers avec un brin de folie ou de philosophie qui sortent des rails sans toutefois dérailler – quoique. » Contrat largement rempli avec ce petit concentré d’originalité, drôle et décalé. Avec des bouts de ficelles, des morceaux de tissu, des débris de fer, des copeaux de bois et autres matériaux de récupération, il s’amuse des conventions littéraires, les détourne et les saborde… à notre plus grand bonheur ! S. Hammami (sept. 2008)

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L'éditeur

L'âge d'ange d'Anne Percin - L'école des loisirs, Médium, 2008

Retenez ce titre : L'âge d'ange. Un roman dont il est bien difficile de parler, pour diverses raisons dont certaines n'apparaissent qu'au fil de la lecture... Disons simplement qu’il s'agit d'une rencontre inattendue autour d'un livre fascinant (d’abord adoré, puis désacralisé, et pour finir inoubliable), de l'éveil d'une conscience et d’un corps, d’une émancipation et, surtout, du bouleversement intime (« Le choc fut si violent que, des années plus tard, alors que j’écris ces lignes, je tremble. ») qu’éprouve un ange solitaire, au contact d’un autre ange, peut-être : « A la limite, on pouvait presque lui trouver une tête romaine. Un peu comme Marlon Brando, du temps de sa splendeur. » L’histoire, d’une grande justesse, est teintée de nostalgie mais aussi de fatum, et l’intrigue emprunte nécessairement à la tragédie grecque, entre terreur et pitié, violence et tension (mais il faut le lire pour comprendre). L’ensemble va bien au-delà du très conventionnel roman d’apprentissage et le regard rétrospectif de la narration confère une richesse certaine au récit, qui navigue entre impressions et sensations passées et souvenirs au présent de ces moments d’une rare intensité. B. Longre (sept. 2008)

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L'éditeur

L’apprenti de Daniel Kenne - Editions Théâtrales jeunesse, 2008

Julien aborde Pascal à la terrasse d’un café. L’homme est d’abord étonné de ce petit garçon qui semble le connaître. Julien habite en face, et il observe Pascal depuis longtemps. Aujourd’hui il l’aborde et il a une drôle d’idée en tête. Pour Julien, chacun devrait avoir la possibilité de choisir son père.
La pièce se déroule en treize scènes, sur une année. D’un mois d’avril à l’autre, la relation étrange qui se noue entre l’adulte et l’enfant bouge, se tord, et dans leurs discussions, Pascal et Julien questionnent le monde. L’apprenti est une pièce très courte qui convoque énormément de choses. Dans ses « Notes pour la mise en scène » (L’apprenti a notamment été joué lors du festival Off d’Avignon 2008), Daniel Keene précise qu’on « ne devra en aucun cas essayer de créer un environnement réaliste ». Il y a des choses universelles – la famille, le lien, l’amour – qui ne se donnent peut-être que dans le dénuement ou le vide autour. Devant l’amour de Julien, Pascal est forcé d’interroger ce qui le lie lui à son père. Non, on ne choisit pas sa famille, mais l’amour peut changer des choses, celles-là même qu’on croyait figées l’instant d’avant.
M. Roth (sept. 2008)

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Inezspéré, de Paco Livan et Ivan Prieto, OQO éditions, 2007

Dessins bariolés, papiers découpés, typographie démonstrative, accompagnent un récit original, tiré d’une légende canadienne : un vieux mage laisse trois objets magiques à ses trois filles. La plus jeune utilise le sien pour rencontrer un beau prince (le prince de l’île d’Abeau). Mal lui en prend car il la trompe et lui vole son précieux objet. Elle le revoit par deux fois, avec les objets prêtés par ses sœurs compatissantes, se fait tout dérober et ne retrouve les biens hérités de son père que grâce à une ruse finale qui dénoue tout. Ils ne se marient pas et l’on ne sait si le prince en devient meilleur, la fantaisie est le but de l’histoire.
A-M. Mercier (août 2008)

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L'éditeur

Bonne nuit mon tout-petit, Soon-hee Jeong, texte français de Michèle Moreau, Didier jeunesse, 2008, à partir de 2 ans

Cet album est l’adaptation d’une berceuse coréenne. Une mère tient son enfant dans ses bras et lui montre les animaux endormis, chien, souris, poissons, grenouilles se reposent - et le bébé à son tour s’endort sur son tatami. Tout en douceur et en tendresse, sur des tons pastels posés sur papier mat, texte et images invitent au calme et au silence de la nuit, dans la chaleur des bras maternels. Cette atmosphère paisible et rassurante, en accord avec le rythme de la nature, est propice à l’endormissement. Une lecture conseillée à l’heure du coucher, en particulier pour les petits qui ont du mal à trouver le sommeil ou ont peur du noir.
M. Gallot (juillet 2008)

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Mords-le ! de Michel Backès, l’école des loisirs, 2007

Un cauchemar de chasseur, à rapprocher du Petit humain d’Alain Serres. Le chasseur et son chien prennent un tout petit lapin, qui leur promet de les emmener dans un lieu où il y en a de plus gros. Ils tombent sur des lapins géants qui renversent l’échelle des tailles. Ils se proposent d’engraisser l’humain (bien trop petit à leur goût) pour le repas d’anniversaire de leur petit.
Cette fable (qui finit bien) est illustrée un peu à la manière de Benjamin Rabier, avec un charme désuet rafraîchissant.
A-M. Mercier (août 2008)

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Une peinture de rêve, un voyage en Australie, de Cyril Hahn, Hatier, 2007

Japara, 10 ans, aborigène du nord de l’Australie, n’a plus ou pas envie de se joindre aux autres, petits ou grands. Ce qu’il préfère, c’est aller seul dans le bush où il épie le peintre sur écorce.
L’album raconte la découverte par Japapra de ce qui est dans la peinture, le temps de la création, appelé le temps des rêves, dans lequel les grands ancêtres se sont transformés en animaux et structurent le monde.
Si la narration est assez plate et convenue, les dessins du rêve de Japara sont magnifiques (les autres moins intéressants par leur maladresse appuyée). Les dernières pages proposent un petit résumé de l’histoire des aborigènes (assez optimiste sur leur état présent), un lexique.
A-M. Mercier (août 2008)

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Pêches du bout du monde, de John Frank et Peter Sylvada, adaptation (de l’anglais) par Fenn Troller, Sorbier, 2008

Treize doubles pages, proposant chacune un poème évoquant une pêche particulière (à la ligne, au trou, au cormoran…) et une image illustrant celui-ci avec de belles huiles représentant des pêches de tous les continents.
Le texte est simple, concret et évoque avec bonheur les moments et les gestes.
A-M. Mercier (août 2008)

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Les deux frères de Chris Smith et Aurélia Fronty, Gautier-Languereau, 2007

Deux frères qui se disputent demandent le jugement du roi Salomon. Celui-ci leur raconte la légende de la fondation de Jérusalem : elle serait issue de la réunion de deux frères parfaits qui rivalisent d’affection l’un pour l’autre, un peu comme les deux amis de La Fontaine. Et ils sont convaincus.
Cette belle histoire, rassurante sur les liens familiaux, est joliment illustrée de peintures naïves et très colorées.
A-M. Mercier (août 2008)

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Le secret d’Horace, de Oskar Farkoa et Eva Offredo, Gautier Languereau, 2007

Un récit étiologique qui combine la naissance des nuages et de la pluie avec la création de la recette de l’île flottante (donnée enfin d’ouvrage).
Horace est un dragon malheureux et moqué par ses congénères : au lieu de cracher du feu, il crache des nuages. Grâce aux conseils d’un vieux dragon sage, de l’amitié de Léa et de la méchanceté des hommes, il invente la pluie qui sauvera tout le monde et fera de lui un héros bienfaisant.
Le récit est savoureux et rythmé par des images de différents styles et différentes tailles, alliant arabesques et motifs, gaiement colorées.
A-M. Mercier (août 2008)

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Le géant Patenplon, de Fabian Negrin, Editions du Rouergue, 2007

La légende du pet
Patenplon a des oreilles de Mickey, un nez de Pinocchio menteur, un caleçon rayé. C’est un géant effrayant et très bête cherche à se goinfrer de tout ce qu’il trouve. Des oies, tout d’abord, qui le roulent dans la farine en se faisant passer pour des chameaux. Dialogue cocasse et absurde. Ensuite un nuage, puis tous ceux qu’il trouve, des gris, des roses, des petits, des énormes, tant qu’il enfle. Arrivé à la taille d’une montgolfière, il explose d’un premier pet, dévastateur, un second, etc.
A la fin, il a disparu, reste son essence, le pet, qui rôde partout et chez tous comme une possible présence du géant disparu… jusque sous les jupes de maman. D’aucuns n’apprécieront pas cette dernière pointe, pourtant vraie et, comme tout ce qui est vrai, salutaire bien qu’irrévérencieuse.
Fantaisie totale dans le dessin, qui joue sur l’ « Hénaurme », le disloqué, le décalé. Fantaisie sur la mise en page et la mise en texte, la typographie, couleurs qui claquent.
Un vent de fraîcheur. A-M. Mercier (août 2008)

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Catsou, de Benedicte Brunet et Charlotte Mollet, Editions du Rouergue, 2008

L’histoire est très simple, presque minimale, une histoire ordinaire de gens ordinaires : un chat, Catsou, fait le bonheur de la famille et vit dans un jardin. Celle-ci en déménageant fait le malheur du chat et décide finalement de lui rendre sa liberté. Les illustrations sont très intéressantes et mêlent différentes techniques superposées, varient les échelles de grandeur et proposent tantôt des scènes d’intérieur simples et quotidiennes, tantôt des recréations imaginaires.
A-M. Mercier (août 2008)

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Chasseur noir, de Michel Honaker, Flammarion, 2008

New York, époque contemporaine… des sorciers noirs rôdent, mais le serviteur du bien saura les contrer. Cette intrigue un peu usée est en partie sauvée par un rythme rapide, des chapitres qui s’enchaînent en ménageant des ellipses, des changements de personnages.
Le fantastique est doublé d’une intrigue portant sur l’assassinat d’un maire et son incidence sur la politique locale. Tout cela se résout pour finir à une enquête policière, avec un détective sympathiquement malheureux et un jeune adjoint perpétuellement étonné.
A-M. Mercier (août 2008)

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La feuille de bananier magique, une aventure de Kanchil, le petit cerf-souris, de Nathan Kumar-Scott et Radhashyam Raut, traduction (anglais) de Fenn Troller, Syros, 2008

Kanchil est un personnage traditionnel des contes de malices indonésien : il est le petit qui s’en tire grâce à sa ruse, un peu notre renard. Ici, tombé dans un trou, il y attire plusieurs animaux en leur faisant croire qu’ainsi ils échapperont à la fin du monde, toue proche et il se débrouille pour être lui-même chassé du trou.
Les illustrations en style traditionnel indonésien, le patachitra, sont belles et surprenantes.
A-M. Mercier (août 2008)

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Hippocrate, le médecin de l’île aux jasmins, Orietta Ombrosi et Anna Castagnoli, Seuil jeunesse, 2008

Ce petit album de la collection coup de génie propose une biographie d’Hippocrate très sensible, qui retrace à travers lui l’évolution de la médecine : du traitement par les prêtres d’Asclépios au diagnostic de ce moderne et à l’invention de la théorie des humeurs (bien expliquée, avec des mots simples), jusqu’au serment d’Hippocrate encore actuel (ne pas viser la richesse, ne jamais prescrire de poison, transmettre son savoir…). Elle montre les débuts de la célébrité, les étapes et le fait tout en dressant le portrait d’un enfant, puis d’un homme et d’un vieillard attachant, guidé par l’observation, le souci d’autrui et l’expérience.
Les illustrations ont elles aussi beaucoup de charme, mêlant détails antiques et scènes naïves. A-M. Mercier (août 2008)

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L’anniversaire, de Philippe Lechermeier et Isabelle Chatellard, Goutier-Languereau, 2007

Un anniversaire (six ans), occasion d’en rappeler d’autres avec leurs catastrophes e leurs bizarreries, et les moments de folie aussi. Chaque famille a son style, chaque enfant a ses craintes et ses envies.
Les illustrations sont belles et surprenantes et évoquent des scènes de cirque en chambre très réussies.
A-M. Mercier (août 2008)

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Jean et Jeanne d’Yves Pinguilly et Aurélie Blanz, Vilo jeunesse, 2008, à partir de 6 ans

Un album grand format aux superbes illustrations oniriques très colorées. Une jeune fille prisonnière d’une vilaine sorcière maléfique qui l’a transformée en oiseau. Un jeune amoureux bien décidé à la délivrer. Tels sont les ingrédients de ce bel album qui propose une adaptation d’un conte des frères Grimm (« Jorinde et Joringel »). L’histoire ne brille certes pas par son originalité, puisqu’elle suit le schéma le plus commun des contes de fées, mais les dessins pétillants, qui proposent un univers tendre et fleuri, d’un romantisme non dénué d’humour, font toute la beauté de cet album.
M. Gallot (juillet 2008)

L'éditeur

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L'éditeur

24 heures dans la vie de Théo de Virginie Lydie, ill. Yann Hamonic, Balivernes, 2008, dès 6 ans

24 heures dans la vie de Théo nous plonge au cœur d’une journée riche en rebondissements, où tout bascule dans sa vie. Sa maman ne va pas bien du tout. Sur le trottoir, à côté des galeries Farfouinettes, elle a posé un petit carton, à côté d’elle, à même le sol. Elle n’aurait jamais fait ça si elle n’était pas malade, mais la poudre blanche coute cher. Théo doit faire quelque chose pour la sauver. Ce petit roman réaliste traite avec sensibilité d’un sujet délicat, rarement évoqué dans des livres pour petits. Il rend compte de la souffrance d’un petit garçon face à une maman toxicomane et sans le sou. Destiné à des lecteurs en herbe, il est résolument optimiste et se clôt sur une note d’espoir. Ses jolies illustrations, son thème moderne et son écriture dynamique font de ce court roman un excellent petit objet littéraire qui ne prend pas les enfants pour des bébés.
C. Scandale (juillet 2008)

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Mer en poèmes de Michelle Daufresne, Seuil jeunesse, 2008
à partir de 4 ans

Des collages de matériaux divers peints à l’aquarelle sur un beau papier mat épais créent de changeants effets de matière et de lumière. Chaque double page illustre et définit un mot de la mer (grève, falaises, jeux de plage, oiseaux de mer, etc.), assorti d’un ou plusieurs courts poèmes marins qui correspondent au mot. Aimé Césaire, Baudelaire, Blaise Cendrars et bien d’autres – dont l’auteur elle-même - prêtent leur plume à cet album propice à l’imagination, qui compose une belle initiation au pouvoir d’évocation des mots et à la poésie. « C’est la mer pour la mer/ et pour ceux qui en rêvent » (Supervielle)
M. Gallot (juillet 2008)

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Emily the Strange, Voir c’est décevoir, de Rob Reger, Seuil jeunesse, 2008

La très gothique Emily revient dans un petit album intelligent, en rouge, noir et blanc, comme à l’accoutumée, et dont l’atmosphère forcément strange et troublante doit cependant beaucoup au thème abordé : la vision, qu’elle passe par le regard (un mécanisme complexe présenté avec cocasserie) ou les miroirs (aux reflets mouvants…), modifiée par l’ombre et/ou la lumière, par divers déplacements ou changements de perspective. Il n’y pas de trame narrative à proprement parler, seulement une succession de saynètes ponctuées d’adages qui posent d’intéressantes questions («Emily voit les yeux fermés », « l’étrangeté est dans le regard », « Exister c’est croire »…) où Emily, philosophe en herbe, se met en scène pour illustrer de diverses manières à quel point la vision subjective est forcément illusoire et fluctuante.
B. Longre (juillet 2008)

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L'éditeur

Molosse d’Olivier Morel, Ed. courtes et longues, 2007, dès 3 ans

Molosse, le chien de Jojo, porte bien son nom. Sous le regard amusé de son maître, il terrorise les matous et les enfants, défèque sur les pâtés de sable et pourchasse le facteur… Puis un jour Molosse ne fait qu’une seule bouchée d’un petit caniche à sa maman. C’est la goutte qui fait déborder le vase, la fourrière intervient et l’embarque. Peu de temps après, le petit garçon le remplace par un poisson rouge dénommé Tiburon. Mais au bout de quelques jours l’animal inoffensif devient piranha. A travers de jolies illustrations enfantines, Olivier Morel nous amène à réfléchir sur le mal et la responsabilité humaine. Il pose ouvertement la question suivante : qui du maître ou de l’animal est réellement le plus mauvais ?
C. Scandale (juillet 2008)

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L'auteure

 

Au feu les pompiers j’ai le cœur qui brûle, de Christine Beigel et Élise Mansot, Gautier-Languereau, 2008

Quand Rose, une sage vieille dame, aperçoit Isidore Valentin Brû, pompier de son état, dans le poste de télévision, c’est le coup de foudre. Comment rencontrer ce héros ? Rose n’hésite pas une seconde et, prétextant avoir perdu son chat, appelle les pompiers… Isidore intervient mais semble plutôt intimidé et ému par cette dame qui a demandé à ce que ce soit lui et pas un autre qui vienne lui porter secours. Quand il s’en va, Rose se met à l’attendre… vainement, semble-t-il. Elle se morfond, s’affaiblit, perd le goût de vivre, des mois durant. Ce bel album grand format dont les aplats bariolés, presque naïfs, sont en harmonie avec le texte, tour à tour chaleureux et mélancolique, ne nous donne que le point de vue de Rose, mais cela suffit à nous convaincre de l’authenticité de cette histoire d’amour ; et puisque les Valentin Brû (on comprend mieux l’allusion quand on sait que l’auteure a un faible pour l’œuvre quenienne) sont apparemment destinés à épouser des femmes d’âge mûr, le tout s’achèvera sur une happy ending très satisfaisante, pour le lecteur comme pour les protagonistes - qui n'auront peut-être pas "beaucoup d'enfants", selon la formule consacrée, mais vivront un amour très, très chaud !
B. Longre (juillet 2008)

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Daniela Cytryn

Amnesty International

L’enfant et le buffle, de Muriel Carminati et Daniela Cytryn, Le Sorbier, collection « Les Ethniques », en partenariat avec Amnesty International, 2008

Après une collaboration avec Jocelyne Sauvard pour Aïssata et Tatihou, Daniela Cytryn illustre avec un même soin un nouvel album aux éditions du Sorbier, dans une collection qui prône l’ouverture sur le monde en proposant des récits qui sensibilisent le lecteur à des situations ou des événements qui ne lui sont pas toujours familiers. Un pays africain en guerre pour Aïssata et Tatihou, la Birmanie pour Cet Enfant et le buffle, un pays où il ne fait pas bon vivre si l’on tient compte du mépris des dirigeants pour la population qu’ils maltraitent, emprisonnent ou laissent mourir. La Birmanie, que l’on découvre à travers le regard d’Aung Kyaw Kyaw, jeune garçon très attaché au buffle que son père a pourtant décidé de vendre. Il s’enfuit, part à la recherche de l’animal et revient bredouille pour trouver son village vidé de ses habitants, «réquisitionnés» pour construire une route. Au-delà de la difficulté de vivre sous un régime dictatorial évoquée ici, une certaine plénitude préside malgré tout à l’ensemble, peut-être discernable dans l’attitude résignée des adultes, que l’auteure ne se permet pas de juger, et dans la beauté des images. B. Longre (juillet 2008)

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L'éditeur

Bou et les 3 Zours d’Elsa Valentin et Ilya Green, Poisson soluble, 2008

« L’était une fois une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe et son païe.
Un jour, elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.
— Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dirent sa maïe et son païe.
— Dakodak, respondit Bou. »

Et ainsi de suite… Bou rencontre le piaf, le scargot, la flore mini piquinote, etc. jusqu’à la casa des zours… La trame de l’histoire, on la connaît, mais la variante imaginée par Elsa Valentin et illustrée avec humour et candeur par Ilya Green est savoureuse à souhait, dans ce langage à la fois enfantin, joueur et très savant, que l’enfant lecteur décryptera sans mal, tandis que les plus grands s’amuseront à reconnaître archaïsmes, emprunts (à l’espagnol, à l’italien, à l’anglais…), à distinguer les registres de langue et à décortiquer les néologismes polysémiques (qui rappellent par instants l’imaginaire d’un Claude Ponti), comme cette chaise «confordouillette » qui « se bricassa » sous le poids de la fillette. On ne se lasse pas de citer le texte, qui se déguste mieux s’il est lu à haute voix.
B. Longre (juillet 2008)

 

La chanson interprétée par Peter, Paul and Mary

Puff le dragon de Lenny Lipton et Eric Puybaret, adaptation-traduction de Christine Beigel, Gautier-Languereau, 2008 - à partir de 4 ans

« Puff the magic dragon », chanté par le groupe Peter, Paul and Mary, fut un tube dans les années 60. La chanson, écrite par Lenny Lipton et mise en musique par Peter Yarrow, raconte la relation complice entre un dragon « qui gambade dans la brume du royaume sous le vent » et un petit garçon, jusqu’à ce que ce dernier grandisse et délaisse son vieil ami, qui sombre dans la nostalgie. Cette jolie fable sur la fin de l’enfance et de l’amitié paraît aujourd’hui sous la forme d’un grand album, illustré avec talent par la peinture imaginative et émouvante d’Eric Puybaret. Ce magnifique album, tour à tour joyeux et mélancolique, ravit autant par ses personnages simples au graphisme attachant que par son rythme musical, qui lui confère une remarquable originalité.
M. Gallot (juillet 2008)

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L'éditeur

Comment les vaches font-elles pour vendre leur lait ? de Nathalie Magnien, Ed. courtes et longues, 2007

Voici un petit album « ovni », qui après maints feuilletages, continue à m’interroger sur son sens… Le résumé est pourtant limpide : « Très haut sur la montagne, une vache s’interroge : comment faire pour vendre elle-même son lait ? La solution est simple : il lui suffit de se transformer en brique de lait. Alors, la montagne devient triangle, la prairie carrée, et la vache se métamorphose… Un conte sur la liberté dit sur un ton simple et joyeux. » Illustré de formes géométriques acidulées, ce conte un peu barré interpellera les enfants sur la nouvelle ère laitière et l’indépendance des vaches modernes…
C. Scandale (juillet 2008)

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L'éditeur

Le maïs de Luisa de Sophie Cottin et Amandine Piu, Petit à petit, 2008

Dans la collection « Marmitontaine et Tonton » des éditions petit à petit, on trouve Les pâtes de Francesca (Viva la pasta !), Le riz de Ly (Faisons danser les grains de riz !) et ce dernier album, qui nous emmène, après l’Italie et le Vietnam, au Mexique ; là, une jeune guide, Luisa, propose plusieurs plats relativement faciles à réaliser et pour la plupart savoureux - comme les fajitas au bœuf, le cocktail de poisson crus marinés, ou encore le riz à la mexicaine. Mais plus qu’un simple manuel gastronomique énumérant les recettes, ce livre aux illustrations foisonnantes et bigarrées est aussi prétexte à faire voyager le lecteur, qui découvre un peuple (détails historiques, du quotidien, des cartes, quelques mots d’espagnol ponctuent l’ensemble…) par le biais de sa cuisine, dont le maïs, « cadeau des dieux » pour les mayas, est la base. Un joli album à ranger dans la cuisine, forcément.
B. Longre (juillet 2008)

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Babayaga, de Taï-Marc Le Than, ill. Rebecca Dautremer, Gauthier-Languereau, Les petits Gautier, 2008, dès 4 ans

On retrouve dans ce conte deux figures emblématiques de l’imaginaire féminin diabolique, la méchante sorcière et l’odieuse marâtre. Babayaga est l’incarnation russe de la dévoreuse d’enfants. L’adaptation par Taï-Marc le Thanh, illustrée par Rébecca Dautremer, rend parfaitement compte de l’atmosphère froide et rustre des confins d’une Sibérie fantasmée. Babayaga n’a qu’une seule dent. Et c’est probablement ce qui l’a rendue si méchante. Ogresse par vocation, elle n’a de passion que pour la dégustation de petits enfants bien dodus et bien gras. Le jour où la vieille femme n’a plus rien à se mettre sous la dent, elle s’adresse à sa sœur Cacayaga pour lui trouver de la chair fraîche. Cette dernière devenue marâtre de la petite Miette l’envoie mielleusement chercher du fils et une aiguille à coudre chez sa sœur, la méchante ogresse. Comment s’en sortir quand on est une fillette haute comme trois pommes et qu’on se retrouve coincée dans l’antre de Babayaga ? S’ensuit une angoissante fuite. Pleine d’ingéniosité et de courage la petite fille se débrouille plutôt bien pour retrouver sa liberté…
C. Scandale (juillet 2008)

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L'éditeur

Rendez-vous d’Elisa Géhin, Le poisson soluble, 2008

Ce petit livre carré qui se présente sous la forme de pochette (forcément surprise) amusera les enfants et étonnera les plus grands. Car cette «histoire à rebondissements dépliables» et transformable au fil de la lecture (et du dépliage, donc) est-elle vraiment un livre ? Parlons plutôt de jeu narratif astucieusement conçu, qui propose un récit évolutif tant au niveau des images (dont la découverte se fait peu à peu) que du texte (sur le mode du cadavre exquis), une histoire par conséquent presque impossible à raconter, sauf pour dire qu’il y est question d’amour, de petits animaux et de quelques monstres… Une réalisation réjouissante (fournie avec le mode d’emploi…), à découvrir sans tarder.
B. Longre (juillet 2008)

http://mesjeudisamusants.over-blog.com/

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Sorcier ! vol. 6, les quatre dragons, de Moka, L’école des loisirs (neuf), 2008

Les prophéties se dévoilent ; le langage secret est déchiffré, les textes mystérieux se multiplient. Ainsi, la princesse Mélipona lit dans un message laissé par sa mère que Miricaï, le père supposé de Finn a rencontré les quatre dragons et a obtenu une clef d’or, un miroir d’argent et un livre, et enfin une graine d’amandier. Dans la forteresse de Lur, le vieux Copiraille traduit un texte qui évoque le Gardien de l’étoile qui fera fleurir l’amandier. Entre-temps, Finn s’évade de son cachot, les enfants de Mélipona viennent au monde, Siki Siki part en quête… et leurs adversaires rôdent sans cesse.
Mystères qui s’emboîtent, action, suspens, humour, voilà encore une bonne étape dans les aventures de ces trois héros. A-M. Mercier (juillet 2008)

Les autres tomes

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Le fantôme de Canterville, d’Oscar Wilde, illustré par Merlin, Hachette jeunesse, 2007

Le texte de Wilde ne finit pas de nous faire sourire et la traduction-adaptation de Sophie Koechlin le sert à merveille : on découvre un nouveau charme, on le lit comme pour la première fois, avec son humour décapant, ses portraits vifs et son rythme endiablé.
Les illustrations de Merlin pour cet album grand format sont théâtrales, gothiques, satiriques, mettent bien en valeur les ressorts du texte.
A-M. Mercier (juillet 2008)

L'éditeur

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Le cavalier bleu de Philippe Lechermeier illustré par Delphine Jacquot, Thierry Magnier, 2007

C’est une histoire noire et… bleue…Le bleu du « cavalier que l’on ne voit jamais mais qu’on entend passer », le cavalier qui finira sa vie en fuyant inlassablement pour semer des poursuivants. Le début est plutôt rose, un enfant est déposé devant la porte d’un roi et d’une reine qui se lamentaient de ne pouvoir avoir de fils. Les premières années sont très heureuses, ils sont tout à leur bonheur d’éduquer cet enfant tombé du ciel. Mais cela ne dure qu’un temps, le roi est rapidement exaspéré par la douceur de cet enfant dans lequel il se reconnait si peu. Il congédie donc épouse, nourrices et précepteur et décide de s’occuper lui même de l’éducation de son fils. Une éducation « à la dure » où on lui apprend la ruse du renard, la cruauté de l’aigle, l’agressivité du loup… L’enfant devenu adulte ressemble plus à une bête qu’à un humain… Il est craint de tous. A la mort de son père (heureux d’avoir façonné son fils à son image), le cavalier part à la recherche d’une épouse… mais malgré sa puissance, n’arrive pas à ses fins et finit enchaîné dans un cachot. Celle qu’il avait convoitée a pitié de lui et le libère de sa prison… Un album grand format où les illustrations prennent toute leur place et renforcent admirablement la tension sous-jacente. Une histoire un peu sombre mais fort bien écrite. F. Mattes(juillet 2008)

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En attendant le printemps de Martine Laffon et Sacha Poliakova, Thierry Magnier

Un format original pour cet album cartonné, moyen, comme un vrai livre. Une histoire peu loufoque : le voyage de deux corbeaux et deux pies vers le midi qui à chaque page emportent deux ceci, trois cela cinq d’un autre… pour former un bagage hétéroclite. Les chiffres sont au cœur de l’histoire, tout en en étant des éléments décoratifs à chercher dans la page.
Un très beau texte étrange et poétique, et de très belles illustrations noires sur fond bleu.
A-M. Mercier (juillet 2008)

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L'éditeur

Petit pois de Yaël Delalandre, Ecole des loisirs

Les aventures d’un petit pois esseulé qui rêvait de voler et qui trouve de l’aide en la personne de Catapulte, la cuillère ! Une incitation à aider d’autres pois malheureux… (« Si tu veux, tu peux l’aider ») en leur permettant de rencontrer une cuillère !
Des illustrations épurées (des tâches de couleur sur fond blanc, un clin d’œil à « Petit bleu et petit jaune » ?) pour un livre drôle et décalé … à ne pas prendre au premier degré…
F. Mattes(juillet 2008)

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Chut, le roi pourrait t’entendre, de Didier Sustrac et Eric Puybaret, Gautier-Languereau, 2007

Au pays du roi Chachuffit, il faut employer le plus possible de mots avec des « ch », sinon on est puni très cruellement. Ainsi, le roi a changé tous les mots et exerce une terrible surveillance. La maman du jeune Zouri vit dans la peur car elle zozote. Une nuit, son fils part à la recherche des animaux qui ont perdu leur nom pour prendre un peu de leur force ; il emprunte ainsi la mâchoire du loup (appelé « chien-loup »), le cou de la girafe (ou chèvre-cheminée), etc. et se transforme en monstre hybride qui va terroriser le roi et rétablir la liberté du langage. Cette fable originale dont la moitié se passe dans un univers nocturne et la totalité dans un décor étrange est superbement illustrée, dans un style rêveur qui rappelle un peu celui de Rebecca Dautremer.
A-M. Mercier (juillet 2008)

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L'éditeur

Je dors parfois dans les arbres, de Paul Vincensini, illustrations de Jean-Paul Galeron, Motus, 2007

Plusieurs idées de la poésie sont à l’œuvre ici. Poèmes brefs presque classiques : « Le cheval / Tout en buvant l’eau du ciel / Broute un peu l’ombre de ses yeux ». Inventions langagières : « Les noiseaux mangent des noisettes / Les crapauds des pâquerettes / les chats des chalumettes / Quand il fait frais / Des chalumeaux / Quand il fait chaud ». Confidences proposant un autre regard : « Ce n’est pas l’arbre / Qui m’intéresse / Mais de voir à travers ses branches / De voir aussi un peu les branches / Peut-être ». Fantaisies d’invention, soit sur les mots, soit sur le monde, toutes belles et simples, mais pas sans profondeur.
Les illustrations au crayon sont drôles, inventives, sur un papier légèrement gaufré, gris bleu. Elles aident à voir et proposent une lecture tantôt au pied de la lettre tantôt décalée.Un très joli livre pour de beaux textes.
A-M. Mercier (juin 2008)

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Deux rééditions d’albums d’Elzbieta

Deux albums intimistes dans une langue simple et poétique, soutenue par des illustrations délicates de papier déchiré colorisé de teintes pastel. Deux valeurs sûres qui permettent aux plus jeunes de s’interroger et de réfléchir sur le monde et le temps qui passe.

Petite lune, Le Rouergue, réédition 2008
Un album pour les tout petits sur le moment du coucher. Sujet largement présent dans la littérature enfantine mais abordé ici de façon originale. Il n’est pas question de l’enfant qui redoute ce moment et use de tous les stratagèmes possibles pour le repousser. Mais plutôt du plaisir que l’on peut prendre au temps qui s’étire, aux mille questionnements sur le monde et au mystère de la lune.

Où vont les bébés ? Le Rouergue, réédition 2008
C’est la question que se pose Petit Pote, un vieux nounours qui, lorsqu’il était jeune, a appartenu à un bébé. Son compère Grosbert lui expliquera que les bébés deviennent des adultes lesquels, à leur tour, font des enfants. Un fil de fil à leur « bébé » leur permettra de se rendre compte que malgré les années qui ont passé, ils n’ont pas été oubliés.
Une tendre réflexion sur le temps qui passe, l’oubli, la mémoire et les souvenirs.
F. Mattes(juillet 2008)

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Arthur range ta chambre ! de Barroux, Seuil jeunesse, 2008

L’éternelle question du rangement traitée avec humour. La question qui divise petits et grands ! Qu’ils sont pénibles, les parents, à toujours vouloir que les chambres soient rangées… Mais Arthur prend conscience que ranger à parfois du bon : on peut retrouver des jouets que l’on croyait perdus…. avoir plus de place pour jouer…. et même se rendre compte que ce la peut être amusant de faire plaisir à sa maman ! Barroux nous propose ici le point de vue du petit garçon (texte simple et juste) et une illustration originale, très graphique (simple trait au stylo à bille, rehaussé de mine de plomb et colorié à l’acrylique). Une lecture à partager entre parents et enfants …Dès trois ans et bien après ! F. Mattes(juillet 2008)

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Le roi Arthur, Lancelot du lac de Nicolas Cauchy et Aurélia Fronty, Gautier-Languereau, 2007

Ces deux volumes parus dans la collection « légendes de la table ronde », sont joliment illustrés, la maquette est soignée (avec des caractères un peu petits, on ne sait pourquoi, mais élégants).
Ces adaptations ont le mérite de vouloir donner le détail des histoires rapportées. Mais ce mérite est fortement diminué par le fait que le style employé est très sobre et se limite à une liste d’actions et de faits, présentés en alinéas extrêmement brefs, ce qui donne au texte beaucoup de sècheresse.
A-M. Mercier (juillet 2008)

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Le paradis des bonobos, le combat d’une femme pour sauver des grands singes, par Isabelle Aubin et Roland Garrigue, sous la direction de Claudine André, Seuil jeunesse, 2007

Cet album documentaire retrace le travail / combat de Claudine André en République démocratique du Congo pour sauver les bonobos, très menacés. Une interview, des explications sur les familles de singes, le fonctionnement du sanctuaire des bonobos, des cas particuliers,… des approches variées pour connaître le travail de protection de la faune en Afrique et ses difficultés.
A-M. Mercier (juillet 2008)

pour en savoir plus

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Yi et Yo de David Dumortier /Ah la vache ! texte anonyme illustré par François Gauthier, collection mouchoir de poche, Motus 2008

On retrouve avec grand plaisir l’écriture si personnelle de David Dumortier dans un texte un peu énigmatique. Yi et Yo, deux amis, si semblables et si différents, qui se questionnent sur eux, sur le monde , « s’évadent à l’intérieur d’eux-mêmes », se confondent : « Yi a tellement cherché à ressembler à Yo que Yo ne s’est pas aperçu de son absence…. » Un beau texte puissant et ciselé sur les rapports entre les hommes et sur le monde… Les illustrations de Dumortier ressemblent à des calligraphies qui jalonnent le récit et lui donnent une petite touche orientale.

Ah ! La vache est une rédaction des années 1950 retrouvé et illustré par François Gauthier qui pose, grâce à ses illustrations fantaisistes, un regard plein d’humour et de tendresse sur ce texte. A travers : « Décrivez un animal de votre entourage », on découvre la vache vue par un enfant (que l’on peut imaginer de la campagne). Un petit livre qui plaira aussi bien aux enfants qu’à des personnes qui pourraient avoir l’âge de l’auteur du texte.
F. Mattes (juillet 2008)

Dans la même collection

L'éditeur

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A la mer de Germano Zullo et Albertine, La joie de lire, 2008, dès 18 mois

Voici un avant goût des vacances ! A la mer est un grand album aux couleurs estivales dans l’air du temps puisque la météo semble enfin s’embellir. Sortez lunettes de soleil, crème solaire, masque et tuba et jetez vous à l’eau. L’invitation est lancée par Germano Zullo et Albertine les auteurs de cet album promenade. Pieuvre géante, sirène, avion publicitaire, girafe nageuse, châteaux de sable, radeaux, vendeur de glaces, superman sauveteur, hôtel animé et loufoque, crêpes, coiffeur pour dames, Musée de la marine et parc d’attraction pour vacanciers ravis… L’univers de la mer et des vacances nous tend les bras et nous fait dire bien haut : Vivement les vacances !!! Cet album rafraîchissant à souhait enchantera les plus petits qui inventeront leurs propres histoires. Il séduira aussi les parents restés de grands enfants la tête remplie de beaux souvenirs d’étés passés à s’amuser… A la mer.
Caroline Scandale (juin 2008)

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L'illustratrice

L'été 2008 des bouquins solidaires.

Le bufflon blanc de Fabienne Thiéry et Judith Gueyfier, Rue du monde, 2008

Li, éleveur de buffles, s’inquiète quand naît un bufflon blanc qui dénote dans son troupeau noir. Serait-ce mauvais présage ? Le vieux sage qu’il consulte, connu pour sa clairvoyance, lui assure que non ; mais une fois rentré chez lui, Li est subitement frappé de surdité. Lu, son fils, part alors voir le sage et, dès son retour, est lui aussi victime d’un mal soudain, la cécité. Li et Lu pensent avoir joué de malchance quand des événements bien plus terribles encore s’abattent sur la vallée.
Librement inspiré d’une fable du philosophe chinois Lie-Tseu, maître taoïste, l’histoire que conte Fabienne Thiéry (spécialiste du conte chinois) a vocation universelle et parle à la fois de résilience, de résignation à son sort, d’impuissance face à plus fort que soi ; elle véhicule toutefois l’idée que la vie se compose d’une succession bariolée de bonheurs et de malheurs et que les uns ne peuvent exister sans leurs contraires. Les illustrations de Fabienne Thiéry, qui signe plusieurs albums chez cet éditeur, sont d’une grande finesse dans les plans rapprochés comme dans les plans d’ensemble, avec une attention toute particulière portée aux motifs des textiles, en contraste avec les aplats des paysages à l’arrière-plan ; mais ce sont surtout les visages lumineux tourmentés ou apaisés, en résonance avec le conte, qui séduisent le lecteur. Un bel album à partager et à offrir. B. Longre (juin 2008)

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l'éditeur

Innocent de Magali Turquin, éditions du Jasmin, 2008

Le Rwanda est apparemment un sujet littéraire porteur pour les écrivains français. Depuis le prix Médicis 2007 attribué à Jean Hatzfeld pour La stratégie des antilopes, les récits-témoignages fleurissent. Les éditions du Jasmin publient ainsi le court roman de Magali Turquin, histoire à la première personne d’un rescapé tutsi du génocide. L’auteur cherche à se mettre à la place de celui qui a survécu à l’impossible et nous livre un monologue lyrique de souvenirs décousus et de douleur. Le sujet est inattaquable, et l’intention louable. C’est plutôt bien écrit, le style est limpide et simple, afin que chacun puisse se représenter l’indicible et entendre la voix des victimes. Et pourtant, l’ensemble donne une impression de déjà-vu assez décevante. A réserver à ceux qui n’ont encore rien lu sur le sujet.
M. Gallot (juin 2008)

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L'éditeur

Tonton Zéro de Roland Fuentès, Mini Syros 2008

Dans ce court roman qui se déroule le temps d’une excursion en montagne, un jeune garçon pose un regard tendre, étonné et parfois lucide sur son oncle, grand naïf que tous ont surnommé « Zéro » pour sa maladresse, son côté gaffeur et ses idées lunaires. Malchanceux, cet adulte que les autres voient encore comme un enfant a pourtant bien des qualités, que le narrateur semble être malgré tout le seul à apprécier, sans porter de jugement hâtif. Le sens pratique n’est certes pas son fort, mais lui, au moins, croit à l’existence de Plavnik, l’ami intime et imaginaire de son neveu… Un joli texte atypique, qui met en scène une relation touchante, où les rôles s’inversent en permanence, et qui interroge finement sur la nature même de l’enfance.
B. Longre (juin 2008)

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l'éditeur

Bienvenue à Goma d’Isabelle Collombat, Le Rouergue – doAdo monde, 2008

L’histoire se passe en 1994. Une très jeune fille s’embarque aux côtés d’une journaliste radio pour Goma, au Zaïre, où s’entassent les réfugiés rwandais réchappés du génocide. Elsa a tout juste 18 ans, elle rêve de devenir photographe-reporter. Elle découvre la pénible réalité du terrain et les difficultés du travail de journaliste dans un pays en guerre. Ce roman réaliste est d’inspiration autobiographique, puisque son auteur, fraîchement émoulue d’une école de journalisme, a travaillé pour une radio humanitaire au Zaïre en 1994. L’intérêt de son récit est principalement documentaire : Pourquoi quitte-t-on le confort occidental pour une des régions les plus dangereuses du monde? Comment, pris en étau entre les demandes d’une rédaction versatile, friande de reportages lacrymaux, et la dangerosité de mener une enquête sérieuse et politiquement compromettante, un journaliste peut-il trouver sa place ? Comment photographier l’horreur avec un regard juste ? Comment créer des relations humaines dans de telles conditions ? La trame romanesque est certes un peu grossière, et le style sans relief, mais ce roman pourra séduire de jeunes lecteurs attirés par le journalisme et curieux de connaître certaines réalités du métier. M. Gallot (juin 2008)

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