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< livres
- septembre-octobre 2005>
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L'éditeur
du même auteur
Tâleb (2002)
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Mademoiselle Cœur Solitaire de
Sébastien Ortiz, Gallimard, 2005
Qui se souvient de cette voisine esseulée, souvent
hors champ, surnommée Miss Lonely Hearts par James
Stewart dans Fenêtre sur cour ? Ce fascinant
roman désuet, baignant dans l’atmosphère
de l’époque, contenu « dans le cadre
» du film, s’attache à retracer les
allées et venues de cette éternelle amoureuse
à qui il manque la beauté d’une Grace
Kelly pour plaire aux hommes et dont l’existence «
stérile » se résume à
des journées creuses, entre le bureau et l’appartement
du rez-de-chaussée donnant sur cette fameuses cour,
qui fait office d’espace scénique. Une voix off,
présence incorporelle, l’observe depuis le «
quatrième côté aveugle de la cour
», juste sous l’appartement du photographe
immobilisé, s’adresse à elle et compatit
muettement à sa désolation. Cette femme existe
via les inavouables fictions qu’elle se joue, qui l’incitent
à douter de sa propre réalité, à
se voir en « figurante », « être
de fiction tiré de l’imaginaire d’un scénariste
»… S’instaure un subtil jeu de mise
en abyme (du roman au film, jusqu’au petit théâtre
intime du personnage), de confusion des repères, de
rétrécissement ou d’élargissement
du cadre, assorti d'un voyeurisme qui rejoint l’âme
même du film de Hitchcock, ce «monsieur obèse»
croisé furtivement… B.
L. (oct. 2005)
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L'éditeur |
Desert children de
Waris Dirie, Virago press,
novembre 2005
Farouchement déterminée à faire disparaître
une pratique barbare qu’elle a elle-même subie,
Waris Dirie, ancienne top-modèle d’origine somalienne,
ambassadrice des Nations Unies chargée de la lutte
contre les mutilations sexuelles féminines en Afrique,
livre après Desert Flower et
Desert Dawn, ses deux premiers récits
autobiographiques, un nouveau témoignage bouleversant.
Desert Children part d’un
constat terrifiant – l’excision, qu’elle
soit effective ou à venir, concerne en Europe un demi
million de femmes et de petites filles. Waris, accompagnée
de la journaliste Corinna Milborn mène l’enquête,
comparant la façon d’aborder et de traiter le
problème principalement en France, en Angleterre et
en Allemagne. Porte-voix des victimes, elle souligne avec
force leur immense détresse morale et les conséquences
dévastatrices qu’implique ce rituel ancestral.
Face à des conclusions trop souvent consternantes,
elle place ses espoirs dans les leaders religieux musulmans,
seuls capables de faire évoluer les mentalités.
Une lecture instructive et dérangeante.
F. C. (septembre 2005) |
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L'éditeur |
Correspondance et art postal, 9 de
cœur n° 5
revue de création et d'initiation,
septembre 2005, Le Seuil. de 9 à 99 ans.
Après l'Afrique, la revue
9 de cœur nous entraîne à la découverte
d'une forme d’expression souvent méconnue, l’art
postal ou « mail art », qui a pris son essor au
XXe siècle, de Picasso à Ray Johnson, d’Eni
Looka (on trouvera dans ce numéro un entretien accompagné
de nombreuses reproductions de ses œuvres) à Michel
Hosszù (artiste d’origine hongroise dont le matériau
dominant est le timbre), mais aussi à travers les créations
de nombre d’amateurs. Ainsi, la revue comprend quelques
idées d’ateliers (créer une carte postale
unique, découvrir les activités proposées
par le Musée de la Poste), mais aussi des récits
et des poèmes, des précisions étymologiques
– et invite chaque lecteur à créer des
enveloppes originales à faire parvenir à la
rédaction…
A l’heure du courriel ou du SMS (dont nous ne nierons
pourtant pas l’efficacité), ce superbe numéro
encourage à revenir, de façon détournée,
à un moyen de communication que d’aucuns jugent
obsolète, mais dont les ressources poétiques
et esthétiques demeurent inépuisables.
B.
L. (sept. 2005)
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L'éditeur
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Les îles flottantes de
Paul Edmond, Lansman, 2005
Luc et Barbara ont prévu de passer « une
merveilleuse soirée » ensemble, afin d'enterrer...
leur vie de couple ; la situation initiale est suffisamment
cocasse pour intriguer, et les désagréments
et autres imprévus qui vont en s'accumulant ajoutent
aux plaisirs de la lecture : les intempéries et la
fermeture inopinée du restaurant choisi obligent les
deux ex-amoureux à se rabattre sur un autre établissement,
tenu par Max, dont la présence tenace les envahit insidieusement.
Les mesquineries s’enchaînent aux révélations
de dernière minute et le ballet qui suit (du duo au
trio et vice versa) se déroule de manière si
imprévisible, que même le refrain tenace que
Luc et Barbara ne cessent d’entonner (« une
merveilleuse soirée ») ne fait plus illusion.
Paul Edmond signe là une pièce qui, sous des
dehors de comédie, explore brillamment les relations
humaines et la notion d’illusion amoureuse, quand l’image
de celui que l’on regarde n’est en réalité
que le reflet des rêves que l’on projette individuellement.
B. L. (sept 2005)
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L'éditeur
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Jeux d'enfant de
Q-Ta Minami, Casterman, coll. Sakka, 2005
La collection Sakka, désormais bien installée,
ne cesse de faire connaître au lectorat francophone
de nouveaux auteurs japonais, tels Satoshi
Kon ou Kiriko Nananan. Q-Ta Minami,
mangaka qui appartient à la même génération
que les précédents, signe un album (à
lire de droite à gauche, selon la tradition) se présentant
comme une ébauche autobiographique dans l'ensemble
assez cocasse - en dépit d’un parcours archi
classique : une jeune fille se cherche, ne sachant comment
remplir son existence, jusqu'au moment où elle se découvre
une passion pour le manga…
Une fraîcheur certaine se dégage de cette histoire
au demeurant assez banale, mais la galerie de personnages
permet à l'auteure d’explorer divers modes d’expression
graphique.
B. L. (sept 2005)
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L'éditeur
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El Niño - Les Oubliées
de Kra – Tome 4, de Perrissin
et Pavlovic
Les Humanoïdes Associés, 2005
Dans cette série
à suspense, le récit fonctionne en creux,
autour d'une absence : celle du pivot du scénario,
Kolya, dont l'ombre se profile derrière chaque vignette...
Nul ne sait quand la jeune infirmière, Véra,
sera enfin réunie avec ce frère perdu, et son
périple se poursuit dans ce quatrième tome où
on la retrouve en Indonésie puis en Thaïlande,
où elle intervient pour aider des villageois dans la
détresse.
Là encore, au-delà du périple individuel
de Véra, c'est la misère des populations rencontrées
qui frappe le lecteur - de même que la tâche épuisante
et sans fin des organisations humanitaires, en particulier
dans la deuxième partie du tome, dont le dénouement
nous laisse intentionnellement sur notre faim… Dans
l’attente du Paria de Célèbes,
le prochain ouvrage, à paraître en 2006.
B. L. (sept 2005)
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Editions
Espaces 34
Editions
la Dragonne |
Dans le cadre
de
Lire en fête -
Lectures au
Théâtre Des Deux Rives
107, rue de Paris, 94 Charenton-le-Pont
Vendredi 14 octobre 2005 - 19h30
• Lecture de Dernières outrances
de Christian Rullier (Editions Les Impressions Nouvelles)
- Texte lu par l’auteur
• Lecture de L’Oisellerie
de Elie Pressmann (prochainement éditée aux
Editions
Les Impressions Nouvelles) - Lecture dirigée par
Philippe Touzet
Samedi 15 octobre 2005 - 20H30
• Lecture de Une petite égratignure
de Benoît Fourchard (Editions La Dragonne) - Texte lu
par l’auteur
• Lecture de Au bout de tout
de Philippe Touzet (Editions Espaces 34) - Lecture dirigée
par Alexandre Tchobanov |
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L'éditeur |
La Turquie, De l’Empire ottoman
à la république d’Atatürk de
Thierry Zarcone, Découvertes Gallimard,
2005
Dans le contexte d’une entrée dans L’Union
de la Turquie, cet ouvrage familiarise le lecteur à
l’histoire récente et aux singularités
de ce pays « Janus », entre Orient et Occident
– une double appartenance qu’il s’agit de
considérer comme un atout. Thierry Zarcone, chercheur
au CNRS, expose les faits du passé et du présent
avec circonspection, retraçant les soubresauts guerriers
du début du XXe siècle et les tensions entre
progressistes et conservateurs, la montée du «père
des Turcs», Mustafa Kemal, figure charismatique (en
dépit de l’autoritarisme de son «règne»)
des évolutions sociales et politiques vers une modernité
à l’occidentale (en 1925, l’interdiction
du turban et du fez, en faveur du chapeau européen,
est l’une des ses nombreuses réformes symboliques),
réformateur de l’orthographe, champion de l’unification
territoriale.
De nombreuses divergences subsistent toutefois, comme la non
reconnaissance du génocide arménien (quand on
sait quelles menaces pèsent sur le grand romancier
Orhan Pamuk) ou la délicate
notion de laïcité « à la turque ».
Mais la lucide objectivité de ce type d’ouvrage
devrait permettre aux Européens de dépasser
les idées reçues - à condition de s'efforcer
de comprendre avant de juger…
B. L. (septembre
2005)
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L'éditeur |
Soyez Libres ! C’est un ordre,
Le corps dans la presse féminine et masculine.
de Sylvette Giet, Autrement,
collection le corps plus que jamais, 2005
«Tout les magazines de genre font du corps un roi
et un esclave » : c'est la mise en scène
des corps qu'analyse l’auteure, docteur en sciences
de la communication, littéraire de formation ; sans
idéologiser, elle propose une réflexion très
fine, étayée d’exemples multiples tirés
de la presse de l’année 2003 : les différences
fondamentales de représentation du corps («marqueur
d’identité et marqueur social») selon
que l’on évolue dans le glamour (Elle)
ou le sentimental (Nous deux), l’émergence
des magazines masculins, l’importance consumériste
et les implacables stratégies commerciales dans un
contexte très concurrentiel, les interactions entre
évolutions sociales et représentations sur papier
glacé ; quoi de plus superficiel en apparence ? Mais
Sylvette Giet part ici de l’idée que tout est
langage et décrypte pour nous ce langage très
singulier : injonction de beauté, normalisation excessive,
recherche d’une éphémère perfection,
focalisation sur la jouissance et les performances sexuelles
- sans grande subversion, pourtant, cet appel à l’autonomie
individualiste n’est «au fond qu’une
façon un peu délurée de parler d’amour»
et paradoxalement, s’inscrit dans une éternelle
tentative de séduction de l’autre. B.
L. (septembre 2005)
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le
site Ent'revues
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Le 15e Salon
de la Revue
Dans le cadre de Lire en fête, une
manifestation organisée par l'association Ent'Revues
(les revues culturelles) : le 15e édition du salon
aura lieu le samedi 15 et le dimanche 16 octobre 2005. 700
revues françaises et étrangères seront
présentes - ainsi que de nombreux auteurs (dont Michel
Deguy, Valère Novarina, André Welter, Paul-Louis
Rossi, Roger Lewinter, Guy Goffette, Gilles
Ortlieb...) et intellectuels.
Débats, conférences, lectures, et une palce
spéciale accordée à la région
Rhône-Alpes (38 revues, dont La Main de Singe, La Polygraphe,
etc.)
ESPACE des BLANCS-MANTEAUX, 48, rue Vieille-du-Temple 75004
Paris.
voir aussi notre sélection.
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L'éditeur
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En province d'Alain
Bertrand, Le Castor Astral, Escales du Nord,
2005
La « province » en question, c’est celle
de l’Ardenne Belge (à ne pas confondre avec les
Ardennes françaises, dont la différence est
nettement marquée), déclinée en 20 textes
brefs, petites scènes de genre, descriptions poétiques,
souvenirs personnels, récits alertes ou nostalgiques…
C’est évidemment la campagne, sauvage ou domestiquée,
apaisante et profonde, qui est chantée (même
si le dernier texte la met en face de l’atmosphère
quelque peu angoissante de la ville de Liège), et André
Dhôtel, nommément cité, n’est
jamais loin de ces évocations du «cœur de
l’Europe».
Que l’on fréquente ou non la région, on
prend un réel plaisir à savourer une prose où
la tendresse n’est jamais loin de l’humour, où
la tradition se colore d’une modernité qui ne
nous dépayse pas, où le naturel inclut tout
simplement l’humain.
J-P.L. (septembre
2005)
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