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Brèves
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La petite fille devant la porte de
Mariana Kozyrieva
traduit du russe par Luba Jurgenson, Editions des
Syrtes, 2004.
Si la vie est absurde, il est des époques et des circonstances
qui donnent un relief crucial à cette absurdité.
Le stalinisme et la guerre de 1940 en URSS en font partie.
Dans La petite fille devant la porte, Mariana
Kozyrieva (née en 1928) en témoigne à
travers les yeux innocents et perçants de la petite
Victoria, écolière déroutée (dans
tous les sens du terme) par les événements,
la cruauté, les disparitions, la mort, la terreur.
En trois parties et de multiples scènes juxtaposées,
se manifeste la perplexité de l’enfance devant
le monde incompréhensible des adultes, où elle
sent bien pourtant que ce sont des drames qui se jouent, malgré
les bonheurs fugitifs.
Peu à peu elle comprend, s’y insérant
progressivement, comment fonctionne ce monde, et combien la
poésie, les livres en général sont un
palliatif – sinon un remède – au vide de
la vie ou au trop-plein du malheur. Mettre des mots sur les
événements et les sentiments, voilà le
véritable réel. Cette chronique d’enfance,
bien traduite et clairement présentée, en est
une belle preuve. J-P. L.
(décembre 2004) |
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L'éditeur |
De Marquette à Veracruz
de Jim Harrison, Christian Bourgois 2004
On peut subjectivement considérer (et c’est
mon cas) que Jim Harrison, l’ermite du Michigan et Philip
Roth, l’intellectuel juif new-yorkais, sont les deux
plus grands écrivains états-uniens de ce début
de siècle. L’un et l’autre ont chacun un
domaine privilégié, un univers caractéristique
et un énorme et prolifique talent.
Dans ce nouveau roman comparable à un road-movie, l’auteur
crée un de ces personnages dont il a le secret (à
sa démesure) qui cette fois règle son compte
envers ses ancêtres - et surtout son père, alcoolique
et violeur - qui pour faire de l’argent, « le
nouveau dieu de notre pays », ont saccagé en
trois générations les forêts du Michigan.
Torturé par des fautes qu’il n’a pas commises,
le narrateur à la sexualité débridée,
sublime autant la pêche à la truite que les petites
culottes en coton blanc de ses conquêtes ; une écriture
magistrale et un style éblouissant qui ont fait sa
réputation depuis les autres chefs-d’œuvre
que sont Dalva et La Route du Retour. J.
Ch. (décembre 2004) |
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L'éditeur
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Magie de Patmos de
Jacqueline Délia, Arléa, 2004
La « magie de Patmos », qui en vingt
ans ne semble pas avoir changé, opère toujours.
Les photos en noir et blanc de Jacqueline Délia tiennent
à la fois du témoignage et de la construction
esthétique, et fixent en instantanés un visage
riant ou pleurant, une foule dansant ou priant, un paysage,
un rivage, une façade, des ruelles, des animaux, l’intimité
des maisons, l’expression vivante d’une existence
individuelle et collective…
La vie de l’île est saisie dans sa quotidienneté
et dans sa pérennité, pour le plaisir du lecteur
qui feuillette l’album comme on parcourt, flâneur
sans cesse sous le charme, les chemins d’ombre et de
lumière entre mer et maisons.
J-P. L. (décembre 2004)
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Rêves sous le linceul
de Rahararimanana, Serpent à Plumes,
2004 (réédition)
Rahararimanana, écrivain originaire de Madagascar,
donne à voir et à entendre cette Afrique qui
souffre et désespère, qui agonise, et dont les
terribles malheurs sont assurément désagréables
pour notre sensibilité proprète comme pour notre
conscience flasque.
Rêves sous le linceul est
le chant lyrique d’un homme sensible qui assiste, depuis
son canapé, au massacre rwandais de 1994. Les images
débordent de l’écran et infestent la réalité.
Sang, chairs écorchées vives, mouches, ordures…
tel est le sinistre paysage que le spectateur occidental veut
fuir, bien calé dans son canapé d’opulence.
Visions d’horreur et personnages meurtris défilent,
lugubres et dramatiques, décrits avec intensité
par une plume qui évoque à la fois Aimé
Césaire et Antonin Artaud.
N.C. (décembre
2004) |
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L'éditeur |
Abracadabrantesque ! Dictionnaire
des mots inventés par les écrivains des XIX
et XXe siècles de
Maurice Rheims,
Larousse, “le Souffle des Mots”, 2004
Les amoureux de la langue française se pourlèchent
les babines, la collection “Le souffle des
mots” de Larousse leur offre de quoi jubiler
: six dictionnaires ludiques et originaux, dont la légèreté
n’a d’égale que la richesse. Pour preuve
la réédition de : Abracadabrantesque
! Dictionnaire des mots inventés par les écrivains
des XIX et XXèmes siècles, dû
à l’académicien Maurice Rheims. Scandale
? Un immortel, de la Commission du Dictionnaire, aurait sabordé
sa mission pour se perdre sur le rivage peu académique
du néologisme ? Rassurons-nous, M. Rheims n’a
pas effectué sa cueillette amusée parmi les
“scrifouilleux” (Céline), mais
bien parmi les plus fines plumes à avoir repoussé
les limites du langage, et avec elles celles de la réalité
: Vian, Queneau, Audiberti, Verlaine,
Michaux, Artaud... Tour à tour comique (“giflose”
de Pinget) et poétique (vitrail “illucide”
de Huysmans), ce dictionnaire “callipédique”
(Laforgue) fait honneur aux créations lexicales denses
et savoureuses - autant de perles à “pitrogner”
(Giono) avec les mains de l’esprit, sans “hargnosité”
(Rimbaud), avec “passionisme” (Guiton)
!
N.C. (novembre 2004) |
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L'éditeur
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L'enfant bleu d'Henri
Bauchau, Actes Sud, 2004
Nous ne cacherons pas notre déception devant L’enfant
bleu, dernier roman du belge Henri Bauchau.
Racontée du point de vue de la jeune femme qui l’analyse,
cette lente et laborieuse avancée d’un enfant
perturbé vers l’art est noyée dans un
torrent de menus événements qui ne tarde guère
à lasser. La part psychanalytique de ce “roman
d’éducation”, qui partait d’une bonne
intuition littéraire, déçoit (il ne s’agit
certes pas d’un essai), tandis que le style, plat, ne
parvient pas à pallier l’absence d’une
trame forte, et confine au caricatural lorsqu’il donne
à entendre la voix de l’enfant.
L’on espère en vain des excursions mythologiques
: loin de l’ampleur d’Œdipe sur la route
et d’Antigone, L’enfant bleu
est au mieux attachant, au pire confondant de naïveté,
notamment sur la question de la création artistique.
La normalité dans toute sa fadeur.
N.C. (novembre 2004)
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L'éditeur |
A Metropolitan Murder,
Lee Jackson,
Arrow Books, 2004
Autopsie d'un meurtre victorien
Ce petit roman, dont l'intrigue sans prétention repose
sur une bien triste histoire de famille, propose avant tout
une excellente reconstitution de l'atmosphère londonienne
du milieu du XIXe siècle : une période de contrastes
dans un monde socialement sclérosé, qui fascine
l'auteur (à ce propos, il faut visiter sans attendre
son site Internet, dédié au Londres
victorien). L ’histoire se déroule
l'an 1864, douze mois après l'ouverture historique
de la première ligne de métro (entre Farringdon
Street et Paddington), un décor qui permet de donner
à l'enquête policière un tour surprenant.
Le lecteur se promène des quartiers bourgeois aux bas-fonds
(un parcours qui rappelle l'univers sordide et scabreux du
roman de Sarah Waters,
Du bout des doigts ou The Edge of the Crowd,
de Ross Gilfillan),
admirant à la fois les qualités documentaires
(en particulier sociologiques) de l'ouvrage et la manière
dont Lee Jackson noue et dénoue capricieusement les
destins croisés de plusieurs personnages, sans jamais,
bien heureusement, succomber à la tentation du happy
ending. Il signe là son deuxième roman
historico-policier (après London Dust).
B.L. (novembre
2004)
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L'éditeur
Francis
Dannemark
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L’oiseau Garrincha Yves
Buin (Le Castor Astral 2004)
Préface de Bernard Kouchner
Dans sa longue préface, Bernard Kouchner n’y
va pas par quatre chemins, et il a bien raison : ce livre
raconte des histoires d’amour, parmi les plus belles
que je connaisse. Elles sont racontées par François
Melville qui, amateur de football durant sa jeunesse et admirateur
de « l’oiseau du bonheur » (le
brésilien Garrincha) , passionné de jazz, de
poésie et de femmes, d’étudiant en médecine
devient par choix docteur en banlieue parisienne. Les huit
histoires de ce roman-récit sont consacrées
à la rencontre singulière d’un patient
dans ces quartiers déshérités, méconnus,
volontairement oubliés. L’auteur, spécialiste
de Jack Kerouac et de Thelonious
Monk, exerce la psychiatrie dans ces milieux urbains.
Son livre de sagesse est une réflexion sur le déclin,
l’impuissance face à la mort (celle de Josée
est déchirante) mais aussi une méditation sur
la réalité des banlieues. Kouchner cite Georges
Duhamel qui, dans sa Lettre au malade posait la question
: "Qu’est-ce donc qu’un médecin ?
Un homme qui se mêle de ce qui ne le regarde pas."
François Melville (Yves Buin) se mêle de l’amour
des autres répond le préfacier. Un livre admirable,
tellement humain. Il n’y en a pas tellement. J.Ch.
(octobre 2004)
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L'éditeur |
Chant Ouvert de
Magali Turquin, Editions Bérénice,
2004
Magali Turquin, poétesse, signe là son tout
premier recueil, après plusieurs publications en revue.
Selon Max Pons, directeur de la revue La Barbacane,
"Magali Turquin a pour elle : fraîcheur, humour
et surtout clarté. (...) Elle ne succombe pas à
la mode détestable d'une poésie absconse, fumeuse
ou par trop alambiquée." On trouve en effet
dans ces vers libres une limpidité rassurante ; une
épure cependant trompeuse, derrière laquelle
s'énonce une violence noire qui s'insinue à
petits pas, comme dans cette comptine de la cruauté,
où le jeu de mots n'a rien de gratuit : "Sang
blanc faux semblant / dans le caniveau, canettes de lait étendue
/ sur le pavé, pas lapé, lapidé / à
coups de pied". Ailleurs, la tradition bucolique
est détournée, l'érotisme déconstruit,
en petits blasons, le sentiment amoureux prend des formes
inattendues, et par instants, tout se joue dans l'observation
pointue puis métamorphosée de petits détails
quotidiens ("le café est troublé de
cette sensuelle fraîcheur de lait..."). Légende
ordinaire, contrastant avec le reste de l'ouvrage, appartient
à la tradition du haïku, de brèves évocations
qui laissent rêveur... Plusieurs voix/voies prennent
ici corps, à la portée de tous, à condition
que l'on veuille bien se laisser porter...
B.L. (novembre 2004)
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l'auteur
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Mais, Maman, ils nous racontent au
deuxième acte ce qui s’est passé au premier
de
Matéi Visniec
Traduit du roumain par l’auteur.
éditions L’espace d’un instant,
2004
Cette « fantaisie, mascarade, bouffonnerie et expérience
en deux actes » a été écrite
en roumain en 1979, et aussitôt censurée. Matéi
Visniec la livre maintenant au public français, et
c’est tant mieux. Autour d’un trou, symbole d’on
ne sait quoi, mais d’un « on ne sait quoi
» dans lequel se tapit, on le subodore, du malheur,
de l’oppression, de la séduction, de la résignation…
autour de ce trou donc, grouille, se précipite, se
dispute, se perd, se retrouve, s’enfuit tout un monde
d’humains anonymes ou identifiés, atemporels
ou historiques, menteurs ou sincères. Et là,
dans ce magma d’illusion, émergent quelques instants
de vraie vie, quelques instants qui font que la folie vaut
d’être exhibée, avec toute la liberté
dont dispose le metteur en scène, par la grâce
de l’auteur qui précise bien cependant : «
Le titre de la pièce est sacré ».
J-P. L. (octobre 2004)
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L'éditeur
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L'Agenda du Petit Larousse 2005
Les éditions Larousse célèbrent la centième
du Petit Larousse illustré (1905-2005)
et pour accompagner l'événement, proposent en
complément cet agenda parsemé d'illustrations
extraites, pour la majorité, du Petit Larousse
1905 : y sont représentés des
jouets et des sports, des costumes et des chapeaux, des véhicules
ou des téléphones, la faune et la flore, des
scènes quotidiennes ou champêtres... Une façon
de garder en mémoire des objets d'un autre temps, qui
font partie de notre histoire. À ces reproductions,
s'ajoutent douze gravures signées Eugène
Grasset (illustrateur qui a conçu, entre autres,
la célèbre semeuse en 1890) introduisant chacun
des douze mois et tirées du Larousse mensuel
1913, s'inspirant de la mythologie romaine.
Un bel outil, bien conçu et pratique, qui allie l'utile
à l'agréable.
B.L. (octobre 2004)
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L'éditeur
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Les femmes de Rimbaud de
Jean-Luc Steinmetz (Zulma, 2004)
Voilà cent cinquante ans qu’Arthur Rimbaud est
né - l’occasion pour l’un de ses nombreux
biographes de relire l’œuvre du poète adolescent
et de refaire tout son périple méditerranéen,
en quête de réponses à cette brûlante
question, à mi-chemin du littéraire et du psychologique
: Rimbaud et les femmes. Il ne s’agit pas pour Jean-Luc
Steinmetz de nier l’homosexuel que fut Rimbaud, mais
de montrer que son existence fut aussi marquée par
des figures féminines décisives : la mère,
bien sûr, omniprésente, les chères sœurs,
les “petites amoureuses” détestées,
mais aussi les (pré-)féministes, approuvées
par le Voyou, et les amantes mystérieuses des dernières
années (Italie, Abyssinie). “Sa position
vis-à-vis des femmes demeure très bienveillante,
très équilibrée”, affirme
Steinmetz au sujet de ce poète ami du scandale, ennemi
du mariage. La thèse est légère, le livre
aussi, mais Les femmes de Rimbaud
éclaire d’une façon nouvelle le destin
complexe, voire contradictoire, de l’auteur d’Ophélie.
N.C. (octobre 2004)
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L'éditeur
voir aussi
Le monde gris
de Galsan Tschinag
Métailié, 2004 |
Mongolia de Bernardo
Carvalho, Editions Métailié,
2004
traduit du portugais(Brésil) par Geneviève Leibrich
Un vice consul, surnommé l’Occidental par les
autochtones, est chargé, malgré son aversion
pour la Mongolie, de rechercher un jeune photographe disparu
dans l’Altaï : il suit l’itinéraire
indiqué par ce dernier dans son carnet de voyage abandonné
en cours de route. Durant ses recherches, il rédige
un rapport, lu ultérieurement et en même temps
que le carnet du disparu, par un supérieur hiérarchique.
C’est ainsi que l’auteur donne naissance à
un véritable roman gigogne, proposant deux récits
de voyage et trois narrateurs, trois calligraphies et écritures
: permettant ainsi au lecteur de découvrir une région
reculée , hermétique, étrange et étrangère
pour les voyageurs. Les différences culturelles et
linguistiques suscitent l’incompréhension : «L’occidental
(…) continuait à penser qu’on le bernait
et (…) ne comprenait rien à ce qui se passait
autour de lui». De ce fait, bien souvent, seuls
les aspects négatifs des êtres et du pays s’imposent
: «Ganbold m’accompagne (…) et ne part
pas tant qu’il n’a pas la certitude que je suis
en sécurité dans l’appartement avec la
porte bien fermée à clé. (…) A
cause des ivrognes.». De même, les connotations
péjoratives abondent dans les descriptions : : «La
ville est affreusement triste et poussiéreuse. (…)
C’est le bout du monde. Un gros bidonville au milieu
de la plaine où flotte une odeur de graisse de mouton
bouillie.» On est loin de l’univers lumineux
et poétique présenté par Galsan Tschinag
; en effet Mongolia donne à
voir essentiellement la face obscure d’une culture en
voie d’extinction... A.
F-A.M.(octobre 2004)
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Paradis ! Paradis ! de
Gilles Laurendon Belfond, 2004
Le paradis existe-t-il ? Peut-on l’atteindre dans cette
vie-ci ? Les protagonistes de ce roman d’aventures (au
sens noble du terme) cherchent, chacun à sa manière,
chacun dans son monde, la réponse à cette question
: Oona, la jeune Tsigane venue de Moldavie et du fin fond
des malheurs de sa famille ; les moines irlandais du Moyen
Age, sous la conduite du vieil Alvadr, partis en quête
de la Terre ultime et idéale ; Simon, le cinéaste,
qui veut faire de ces deux odyssées celles de ses films.
L’auteur enfin, qui de ces histoires parallèles
et croisées fait un beau récit épique,
un de ces récits où le poétique et le
narratif se confondent pour le plaisir du lecteur.
J-P. L. (septembre 2004)
L'éditeur
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Luc Malghem
L'éditeur
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Céline contre tous
de Luc Malghem, Lansman, théâtre,
2004
Il est des écrivains que l’on imagine
volontiers en personnages littéraires. Louis-Ferdinand
Céline en fait partie, avec ses sautes d’humeur
et ses proclamations scandaleuses ; la pièce que Luc
Malghem a bâtie sur les contradictions du médecin-romancier-pamphlétaire
se révèle à la fois comme une synthèse
dramatique (truffée de reflets, d’allusions,
de citations, de « détournements et contorsions
») et comme une construction originale, vivante, où
le Céline d’après-guerre est confronté,
en même temps qu’à un « ami »
juif, à une ancienne maîtresse et à une
épouse muette et danseuse, à son histoire et
à sa légende.
Le tout est essentiellement fondé sur ce qui est commun
à l’œuvre du « héros »
et à la présente pièce : le verbe débordant.
J-P. L. (septembre 2004)
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L'éditeur
Esperluète, présentation |
L'eau du Bain
de Dominique Loreau dessins de Loustal Esperluète,
2004
Selon l’éditrice, Dominique Loreau écrit
«d’étranges histoires… en des
lieux incertains, tissés de songes et d’inquiétudes».
Force est de constater ces propos devant ce texte loufoque
et fantastique. Avec ce recueil de nouvelles, le lecteur est
entraîné dans un univers de songes et de désespoir,
qui laisse un arrière-goût prononcé d’humour
noir. Dans Le fauve une jeune femme tombe sous le
charme d’un tigre qui «jaillit d’une
armoire» et s’abandonne à l’attrait
de l’animal car «jamais plus elle ne rencontrera
un tel amour». Le cadeau est une mise
en scène de polar dans laquelle deux amies s’échangent
un jeu de fléchettes, celle qui le gagne le donne à
l’autre sous le prétexte suivant : «mon
ami et moi, on se dispute tellement qu’on finira par
se crever les yeux avec ça»… l’effroyable
machine de la peur nous aspire, dans une spirale infernale.
Dans Le bébé et l’eau du bain,
une maman prend un bain avec son bébé, quand
l’enfant glisse soudainement dans l’eau. Elle
le retient mais ce dernier lui lance alors un regard «
interrogateur, surpris, désemparé»
et «Elle» de se demander : «A
t-elle voulu le laisser glisser ?». Quand elle
revient à la réalité et «voit
à nouveau ce qui l’entoure, l’enfant a
disparu…Le trou d’évacuation est béant…».
Les dessins de Loustal, également auteur de BD, sont
expressifs car figés dans une attente. L’action
semble suspendue, les personnages, esquissés de gros
traits noirs, sont des victimes impassibles. Un ouvrage à
déguster pour le plaisir de l’évasion.
C.G. (septembre 2004) |
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