< livres - dernières brèves>

 

 

 

L'éditeur

Le jardin de l’éditeur, collectif, L'Amourier, 2005

Jean Princivalle, fondateur des éditions de l’Amourier, propose un bel objet-livre pour célébrer les dix ans de la maison : une exploration paisible d’un jardin hybride, à la fois son potager et son catalogue d’auteurs… Le jardin à proprement parler s’incarne à travers une série de photographies qui représentent les fruits de son labeur (le thym, le piment, l’olive, l’aubergine ou la fraise – des natures mortes en gros plan) tandis que l’autre s’étale en regard de ces clichés : des textes signés par plus de soixante-dix écrivains, qui disent ce que leur évoquent le jardin et les récoltes de Jean Princivalle. Les herbes, les fruits et les légumes, tout autant que les écrits de François Bon, Olympia Alberti, René Pons, Claudine Galea, Jean-Luc Coudray,Bai Chuan, Tieri Briet, Michel Butor (et on en passe) aiguisent nos appétits. Une osmose parfaite se dégage de cette réalisation et l’on souhaite à l’Amourier et à ses amis d’autres fertiles récoltes.
B.L. (dec. 2005)

< haut >

L'éditeur

déjà parus : Budapest, Pékin, Casablanca, rennes, Varsovie, Rio, etc.

Londres en mouvement, effervescences du quotidien, de Yann Perreau et Kevin Biderman, Autrement, collection Villes en mouvement, 2005

L’ouvrage s’ouvre sur un extrait du rageur London Calling des Clash… signe de dynamisme assurément, et témoignant du parti pris de la collection, qui s’appuie entre autres sur l'idée d'un positivisme urbain permettant de regarder cet univers d'un autre oeil.
« La ville est considérée comme un corps (…) que l’on peut ausculter » lit-on en introduction ; cette analogie s'applique toutefois à toute métropole, de même que le cliché de la ville « sans queue ni tête », « impossible à comprendre comme un tout», bref hétéroclite et diverse… Il reste que cet ouvrage éclairant propose une agréable balade dans les coulisses d’une cité « ouverte et tolérante », une navigation en spirale qui cherche à nous faire passer « de l’autre côté du miroir » par le biais d’une trentaine de rencontres étonnantes illustrées par les photos de Kevin Biderman : un éditeur pataphysicien, une DJ de Brixton, un artiste de rue, le directeur d’un prestigieux musée, l’un des exportateurs du carnaval de Notting Hill, une députée ou un cinéaste underground, le créateur d’un label de musique expérimentale ou encore un jardinier poète qui veille sur Hyde Park… De quoi apprécier les multiples facettes d'une ville protéiforme (mais certainement pas plus ni moins que d'autres).
B.L. (dec. 2005)

< haut >

L'éditeur

Textes de théâtre

Enjeux I, théâtre - Bernard Campiche éditeur, 2005
Sandra Korol – KilomBo / Valérie Poirier – Les Bouches / Manon Pulver – Au bout du rouleau / Pascal Rebetez – Les mots savent pas dire

Se proposant de faire connaître des écritures théâtrales contemporaines, cet ouvrage rassemble quatre textes de qualité, des pièces qui ont été montées récemment ou qui le seront prochainement.
On s’arrêtera tout particulièrement sur Kilombo de Sandra Korol, qui met en scène « deux voix serrées l’une contre l’autre », celles de Nena et Gorda : deux femmes cohabitant dans une pièce en sous-sol qui fait office de déchetterie. Elles sont, à leur manière, des réfugiées, attendant que « la merde là-haut » s’achève – une fin du monde qui n’en finit pas. Ce texte troublant et innovant, entre tendresse et brutalité, va au plus profond des êtres et explore les relations tendues entre ces deux personnages abandonnés ; une leçon d’espérance dans le chaos du monde, mais aussi de désespoir, face à la fragilité de la chose écrite, des rêves et des histoires, qui sont pourtant les seules armes possibles.
On retiendra aussi la sombre folie qui s’empare de Jeannot et de Paule dans Les mots savent pas dire, de Pascal Rebetz, une pièce poignante qui lui a été inspirée par l’œuvre d’Art Brut de Jeannot - mort d’épuisement en 1971 alors qu’il gravait le plancher de sa chambre… B.L. (dec. 2005)

< haut >


L'éditeur

Lekti-écriture

La boucherie des amants de Gaetaño Bolán, La Dragonne, 2005

Le petit Tom vit seul avec son père, Juan, boucher dans une petite ville chilienne. Aveugle de naissance, l'enfant explore pourtant le monde environnant avec bonheur, entouré de l’affection paternelle, des gentillesses du voisinage, et de l’attention de son institutrice, Dolores – en qui Tom aimerait voir une nouvelle « maman ». Tout irait pour le mieux si les personnages vivaient ailleurs… Mais le Chili est soumis à la dictature de Pinochet, et même si Juan et ses amis se sont accoutumés, par prudence, à la situation (disparitions soudaines, terreur semée par les miliciens…), ils se réunissent régulièrement dans l’arrière-boutique du boucher pour échafauder quelques chimériques révolutions, entre deux verres d’eau de vie.
Les personnages, attachants, composent une fresque d’abord fraîche et pittoresque, puis abrupte quand la violence, toujours anonyme, fait irruption dans l’univers protégé de Tom. Cet âpre roman oscille en permanence entre l’innocence de l’enfant, dont on partage les rêveries, la témérité naïve des adultes et l’absurdité d’un régime qui broie les individus, niant leur droit au bonheur le plus élémentaire : une dénonciation subtile et nostalgique.
B.L. (dec. 2005)

< haut >


L'Atelier du gué
La revue
L'année Ibsen

Brèves, actualité de la nouvelle, n° 76 – L'Atelier du gué, décembre 2005
Nouvelles de Norvège.

On découvrira dans ce dernier numéro des textes (traduits par Jean-Baptiste Coursaud, Lena Grumbach et Terje Sinding) d’auteurs contemporains : de jeunes écrivains (Bjarte Breiteig et Johan Harstad - auteur du recueil Ambulance, paru chez Gaïa cette année) et de grands romanciers et nouvellistes comme Laila Stien (auteure, entre autres, d'un roman jeunesse, Des têtards dans un bocal, T. Magnier), Ingvar Ambjornsen, Roy Jacobsen ou Lars Saabye Christensen (l’auteur de Hermann, roman paru récemment chez Lattès, et ici d'une nouvelle angoissante et habile, Le Coiffeur envieux.)
Un article, en fin d’ouvrage, traite du théâtre d’Ibsen (on célèbre en 2006 le centième anniversaire de la mort du dramaturge), et Didier Rigault propose une présentation du citoyen norvégien, entre européanité et indépendance - fait politique récent, survenu il y a un siècle exactement.
B.L. (dec. 2005)

< haut >


l'auteur

La mandarine blanche de Rémi Bertrand, éditions du Rocher, 2005

Rémi Bertrand, jeune auteur qui a déjà à son actif un essai sur Philippe Delerm (Philippe Delerm et le minimalisme positif, Le Rocher, 2005), fait des débuts prometteurs dans le domaine de la fiction, avec ce livre qui se situe entre roman, conte et fable. La question de fond est l’euthanasie (ou « euthanavie », d’après le joli jeu verbal involontaire de l’un des personnages), illustrée par la rencontre de l’imaginaire, des souvenirs d’enfance et de la fatalité accidentelle dans l’existence d’un homme dont le nom est tout un symbole (Jonathan Demain). L’ensemble, dans le décor parfumé construit autour d’une « fée mandarine » et selon une construction élaborée, forme un beau récit dont les fils, comme ceux de la vie, se dénouent peu à peu.
J-P. L. (déc. 2005)

< haut >

L'éditeur

Les amants américains de Pascal Morin, La Brune, éditions du Rouergue, 2005

« De la famille, il ne reste que les hommes. » écrivait Pascal Morin dans son premier roman, L’eau du bain, paru en 2004 chez le même éditeur. Comme en écho, c’est la figure de la mère qui est au centre de son deuxième livre : une inconnue au seuil de la mort, que le narrateur s’apprête à rencontrer.
Lancé sur la route, — « Le pire est devant nous, et nous le savons, nous tous qui roulons. » — Alexandre soliloque : émerge le portrait d’une adolescente campagnarde aux lèvres de feu, au désir insatiable, auquel nul homme ne résiste, pas même l’oncle qui l’héberge durant sa grossesse honteuse. Celui d’une femme-enfant inconsciente et cruelle qui attend son accouchement « comme une malade, […] rêve de guérison sans savoir ce qu’[elle] fera de [sa] bonne santé ».
Dans un style à la fois incantatoire et incisif, Pascal Morin nous offre ici le monologue bouleversant d’un homme en souffrance, avide de reconnaissance, qui doit se résoudre à détruire le mythe de ses origines pour enfin (re)naître face à l’unique, la seule, celle qui, après une vie de silence, l’appelle enfin.
M.B. (dec. 2005)

< haut >


L'éditeur

Alain Schuhl est aussi l’auteur de Les Ordinateurs de demain et À l’intérieur de l’ordinateur.

La musique est-elle une science ? Alain Schuhl et Jean-Luc Schwartz
Editions le Pommier, « Les petites pommes du savoir », 2005

La collection « Les petites pommes du savoir » veut « donner des réponses brèves, claires et sérieuses » à des questions que l’on peut se poser à tout instant de la vie et qui appartiennent au domaine scientifique, par exemple «Comment voyons-nous ? », « Pourquoi les rivières débordent-elles ? », « D’où viennent les tempêtes ? » etc.
A. Schuhl, professeur de physique à l’Université Henri Poincaré de Nancy, et Jean-Luc Shwartz, directeur de l’Institut de la communication parlée, se plient avec un grand sens didactique aux exigences de la collection. Certes, ils reconnaissent que « la musique est avant tout un rêve partagé » ; mais ils expliquent comment elle appartient en même temps au domaine scientifique, particulièrement à la discipline nommée acoustique musicale, qui permet de définir la nature des sons et de leur réception. Physique et physiologie sont donc de la partie. Une soixantaine de pages brèves assorties de quelques schémas suffisent pour donner une idée précise du fonctionnement des sons musicaux et pour définir un nombre maximal de mots souvent utilisés sans que l’on sache toujours de quoi il retourne exactement.
Ce petit livre le prouve : la musique est bien une science, première condition pour qu’elle soit un art.
J-P. L. (déc. 2005)

< haut >


L'éditeur

Le site

Elle(s) si tant est que d’Amandine Marembert, illustration D. Fournil
Les Carnets du Dessert de Lune, 2005

Cet ouvrage, dont la brièveté s’accorde à celle des courtes séquences qui le composent, retrace quelques petits riens, les expériences passagères d’un corps en osmose avec son environnement, le quotidien d’une femme (ou de plusieurs juxtaposées ?) dont le texte célèbre la liberté et la désinvolture, personnage qui se dessine peu à peu et qui « fait de l’organisation sensorielle de sa vie une priorité ». Deux longues phrases dépourvues de ponctuation se déroulent en parallèle et en regard sans nécessairement se contredire (plutôt sous la forme de collage) et le poème s’arrête ponctuellement sur une humeur, un reflet « dans le battant d’une vitrine », une idée, un objet qui évoque soudain autre chose, une caresse… On se laisse porter par la légèreté et la fugacité sans prétention de ces morceaux d’existence, qui évoquent l’un et le multiple en énonçant des clichés qui, simultanément, se voient habilement détournés via la poésie. B. L. (dec. 2005)

< haut >

L'éditeur

Le responsable des ressources humaines d’Avraham B. Yehoshua
Calmann-Lévy, 2005

Exaltante aventure que celle de ce DRH impliqué malgré lui dans le décès d’une femme qu’il connaissait à peine, une travailleuse immigrée victime d’un attentat suicide, et dont personne n’est venu réclamer le corps. Elle aurait été employée dans l’entreprise où il officie, mais personne ne sait qui elle était vraiment… Il revient au DRH, lequel se retrouve peu à peu sous l’emprise fascinante de la disparue, de mener une enquête nocturne palpitante à travers Jérusalem (avant qu’un journal local ne puisse révéler la cruelle indifférence de son entreprise vis à vis de la morte), puis de partir pour un long périple afin de ramener le corps à bon port…
Un roman picaresque à souhait, où cocasserie et compassion font bon ménage, ponctué par les hésitations et les résolutions d’un homme qui ressent étrangement un besoin d’expiation peu commun, une impulsion que l’auteur semble vouloir nous voir interpréter comme une nécessité existentielle.
B. L. (dec. 2005)

< haut >


L'éditeur
Chèvre-Feuille Etoilée
34080 Montpellier
chevrefeuille1@free.fr

Corde raide de Geneviève Roch, Ed. Chèvre-Feuille étoilée, 2005

Six récits, uniques en leur genre, et d’une belle sensibilité douce-amère qui n’exclut pas, toutefois, l’omniprésence d’une violence qui submerge les récits par à-coups : une lettre adressée à une mère, des mots qui libèrent enfin une fille de non-dits déstructurants (Coups et blessures), une autre destinée à l’amant parti depuis longtemps (Ces mots qui m’effaçaient) ; la fable animalière intitulée Deux pigeons, conte cruel, retrace les déboires d’une pigeonne aux prises avec époux paresseux puis volage, et en dit long sur une certaine vision de la vie à deux, tandis que Tribunal informatique, mini récit d’anticipation à la George Orwell, offre une bien sombre peinture de l’humanité. L’ouvrage se referme sur une énumération poignante et brutale : les noms lus sur les tombes silencieuses de soldats tombés lors de la grande guerre et qui, près d’un siècle plus tard, affectent profondément un jeune promeneur, contaminent son esprit, et lui font revivre, par procuration, les événements. La force d’évocation de ce dernier récit est à l’image du recueil, subordonné à la tentative d’explorer quelques ramifications de la violence, privée ou collective, indissociable du cœur humain. B. L. (dec. 2005)

< haut >

L'éditeur

lire aussi

Lira bien qui lira le dernier, Lettre libertine sur la lecture de Hubert Nyssen
Babel, Actes Sud, 2005

Adressé à mademoiselle Esperluette, lectrice anonyme, laquelle s’inquiète de la «crise» du livre, cet essai est une mine de réflexions et de digressions parfois cocasses, d’analyses pointues, d’anecdotes éclairantes et de piques bien assénées (aux « épiciers éditoriaux » et aux financiers qui « rachètent des auteurs comme les stocks de l’usine qu’ils reprennent », au «monde des prix », « où le meilleur fréquente le pire. Assez pour vous faire perdre la boussole ») ; l’auteur - éditeur dit trouver cette crise «assez fascinante », prenant délibérément la notion à contre-pied tout en dissociant ce qui relève du livre (le support), de la lecture et de l’écriture. Ce trio subit le joug impérieux du profit à tout prix et Hubert Nyssen de revenir sur « les pactes faustiens » contractés par des écrivains se livrant en pâture aux médias les plus racoleurs – attitude à l’origine d’une réelle confusion entre « production » et littérature authentique, mettant en danger « le statut de l’écriture » - le rôle d’annonceur publicitaire (et non plus de critique) de la majorité des médias aggravant le phénomène… un essai essentiel, un pamphlet confidentiel écrit dans une langue élégante et subtile, pour qui veut découvrir le regard érudit d’un véritable homme de lettres. B. L. (dec. 2005)

< haut >

Autopsie d’une chorale, guide pratique à l’encontre des choristes…
de Jean Bouchon Editions Contre-Chant, 2005

Tous ceux qui ont fréquenté des chorales savent qu’elles sont des concentrés de la société humaine, selon une « énigmatique alchimie » dont Jean Bouchon tente de percer les secrets. Il le fait avec méthode, systématiquement, en examinant jusqu’à la caricature les composants de ce mystérieux mélange : le chef et ses acolytes, les différents types humains dont il fait volontiers des victimes, dans un « jeu de massacre » issu d’une observation minutieuse exempte de toute commisération. Sans oublier l’organisation des concerts, le choix du répertoire, le public et sa complaisance… Un livre plein d’humour, à prendre avec la distance critique et autocritique qu’il requiert.
J-P. L. (dec. 2005)

< haut >

L'éditeur

L'auteur

Là-haut, nouvelle de Pierre Autin-Grenier, mise en peinture par Ronan Barrot
Les éditions du Chemin de fer, novembre 2005.

Au sommet de la colline, la « baraque bleue », où vient de mourir une vieille femme qui y demeurait recluse depuis on ne sait quand, recèle des mystères insoupçonnés. Les hommes robustes chargés de la vider, à mesure de leur exploration, découvrent des secrets à frémir : des boîtes aux étranges contenus, un portrait qui nous fait remonter à des origines familiales porteuses de malédiction et de mort, et encore… laissons au texte le soin de ses effets.
Les illustrations de Ronan Barrot, à grands traits sombres suggestifs et énigmatiques, s’adaptent précisément aux pages de cette nouvelle qui nous plonge dans les profondeurs lugubres du temps.
J-P. L. (nov. 2005)

Les éditions du Chemin de fer publient des ouvrages à deux voix, issus d’une rencontre inédite entre un auteur et un artiste. Leur objectif : laisser le champ libre à toutes les expressions contemporaines de la représentation et investir l'espace laissé vacant entre les mots et l'imaginaire pour renouveler la tradition du livre illustré.
A lire aussi : Un mariage en hiver d'Annie Saumont et Vincent Bizien, Les histoires de frères d'Arnaud Cathrine et Catherine Lopès-Curval, En noir et blanc de Henry Bauchau et Lionel D.

< haut >

L'éditeur

Ecrits franco-roumains

il se fera silence il se fera soir de Virgil Mazilescu
traduit du roumain et présenté par Pierre Drogi, Editions Comp’Act, 2005

Il était nécessaire que paraisse en français et en France ce recueil de l’un des grands poètes roumains de la deuxième moitié du XXe siècle. Virgil Mazilescu (1942-1984), que l’on considère un peu rapidement comme un poète maudit», passé par le mouvement « oniriste » qui a marqué en Roumanie la littérature des années 1960-1970, a laissé un journal, des chroniques et des recueils poétiques, dont trois sont ici rassemblés, dans un ordre voulu par l’auteur lui-même : il se fera silence il se fera soir (1979), fragments de la région de jadis (1970), vers (1968) – titres sans majuscules, comme les textes eux-mêmes, dans une sorte de fluidité ouverte et dense à la fois, en vers, en versets ou en prose. Le tout est accompagné d’une belle préface du traducteur, de précisions biographiques et d’une lettre de Mazilescu à Dumitru Tsepeneag, en forme d’aveu (pour ne pas dire de dénégation) poétique. Mais au-delà de l’impuissance poétique, laissons opérer la « magie » :
« un seul mot me suffit
petit tout petit mot et je reprends courage ».

J-P. L. (nov. 2005)

lire aussi : Éclats, Cinq poètes roumains Traduits et présentés par Pierre Drogi, Éditions Comp’Act, 2005

< haut >

L'éditeur

Impossibles théâtres, XIXe-XXe siècles, Editions Comp’Act, 2005.
Textes rassemblés par Bernadette Bost, Jean-François Louette et Bertrand Vibert.

Pourquoi certaines pièces sont-elles réfractaires à la représentation, alors que le théâtre est, par définition, destiné à être mis en scène devant un public ? Jean-François Louette, dans le « Lever de rideau », avance des raisons d’ordre technique, politique, social, subjectif, ainsi que des raisons inhérentes au genre lui-même. Une bonne vingtaine de spécialistes prêtent leur contribution à ces tentatives d’éclaircissements, en s’appuyant sur des exemples qui vont du Romantisme à la période contemporaine, de Ludovic Vitet ou Victor Hugo à Heiner Müller ou Valère Novarina.
Bel échantillonnage, qui permet au lecteur de mesurer à la fois la diversité, la vitalité et la résistance d’oeuvres que l’on croit connaître sans les connaître vraiment. Belle introduction à une réflexion sur la difficulté, mais aussi sur la validité d’un genre dont la spécificité est justement de fournir des textes destinés à la fois à la lecture et au spectacle.
J-P. L. (nov. 2005)

< haut >

L'éditeur

Le chien tchétchène de Michel Maisonneuve, Gaïa, Polar, 2005

Le périple d’Arios nous avait enchantés. Dans un tout autre registre, Le chien tchétchène, situé dans une cité marseillaise (toujours la Méditerranée…), sous couvert de polar alerte et d’aventure aux multiples rebondissements, est une belle fresque urbaine, humaniste et pluriculturelle (on pense entre autres à Pennac), portée par des personnages souvent très attachants : une vieille dame tchétchène (la victime, dont le fils, resté au pays, résiste à l’oppresseur russe), son voisin – un ébéniste grec retraité, affublé d’une fougueuse fille, un ancien truand qui joue à l’Indien (pour de vrai…), un journaliste porté sur la boisson, deux grotesques espions russes, un clandestin tchétchène, etc. Sans oublier Hassan, le fameux chien après lequel tout le monde semble courir. Dachi El Ahmed, philosophe solitaire, domine tout ce petit monde en effervescence avec le détachement du sage – du moins le tente-t-il… Sans céder aux clichés du genre, Le chien tchétchène, ancré dans des réalités urbaine et politique préoccupantes, conserve une cocasserie douce-amère que Dachi incarne à merveille.
B. L. (nov. 2005)

< haut >

 

 

   
 
 
Tous droits réservés © Sitartmag 1999-2006