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< littérature
- mars-avril 2005>
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du même auteur
A livre Ouvert (Any
Human Heart), 2002
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La femme sur la plage avec un chien de William
Boyd, Editions du Seuil, 2005
Auteur de huit romans et de trois recueils de nouvelles,
cet «anglais né sous les tropiques »
(au Ghâna) offre ici neuf histoires, dans des styles
et modes de narration divers, qui ont toutes le charme discret
de celui qui dit « je ne peux s’empêcher
d’écrire des nouvelles ; quelque chose dans la
forme brève me séduit et m’attire inlassablement
». Et la magie boydienne opère une fois
de plus dans ces visions fugitives (titre du précédent
recueil), sortes de romans en raccourci, d’esquisses
préparatoires, d’ébauches de scénario
(eut-il été souhaitable de les développer
?), la concision, le resserrement en plus… Ce qui fait
penser à un Fitzgerald britannique. Rencontre fortuite,
derniers jours d’un blessé de guerre, romancier
vieillissant, pastiche de (hommage à) Tchekhov, portraits
de personnages animés du désespoir tranquille
et contagieux propre aux anti-héros boydiens : autant
d’ironie, autant de vitriol, autant d’humour et
d’émotions… Autant de talent de celui qui,
avec David Lodge, honore la
littérature britannique actuelle.
J. Ch.
(avril 2005)
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L'éditeur
Tabas |
TABAS, M. Kendrick
(préface)
- coll. design et designer, Ed. Pyramyd,
2004
Tabas est de ceux qui alimentent joliment la vague de régression
pour adulescents. Deux figures qu’il affectionne résument
cet état d’esprit : «Le petit l’a
peint» et «Sacage», l’oiseau
façon Shadocks mais bedonnant, soutenu par des ballons
gonflés.
Mais la réussite du polyvalent Tabas doit beaucoup
à la ligne de conduite choisie par le graphiste marseillais,
une démarche plastique et artisanale qui se démarque
de la tendance actuelle : «A l’heure où
le monde du graphisme semble miser sur le tout-numérique,
Tabas continue à créer des images "à
la main"» (M. Kendrick). Dans la rue, il pratique
un vandalisme appliqué en peignant caché dans
des cartons de réfrigérateurs ! Il a aussi pour
exigence de ne pas tourner en rond dans le monde souvent surdéterminé
du graphisme et met en pratique cette éthique au sein
de sa boîte de création Tabas™, fondée
quelques années après son passage dans un célèbre
studio de graphisme . «Souvent, les graphistes semblent
parler aux autres graphistes, Tabas, lui, s’adresse
au plus grand nombre. » Pari réussi de ce
petit recueil format CD dans la collection ludique design
et designer. L.C.
(avril 2005)
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Pierre
Pelot
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à propos
des éditions Héloïse d'Ormesson
Nées officiellement il y a moins d'un mois, avec les
parutions du dernier roman de Pierre Pelot
(Méchamment dimanche) et de La mémoire
des os, essai passionnant de l’anthropologue Clea
Koff (relatant ses éprouvantes missions pour
l’ONU, du Rwanda à l'ex-Yougoslavie), Les éditions
Héloïse d'Ormesson ("ého" pour
faire court !) proposent déjà trois autres romans,
dont l’admirable Resquilleur
du Louvre de Bernard Chenez
(14 avril). L'éditrice, à qui l’on souhaite
un beau départ, n'entend pas publier plus d'une vingtaine
de titres par an de façon à accompagner attentivement
livres et écrivains - et déjà, le catalogue
offre une littérature de qualité, de l'essai
à la fiction (francophone et étrangère),
de la biographie au témoignage. A retenir plus particulièrement,
la parution prochaine (12 mai) du nouvel ouvrage de Lucia
Etxebarria (auteure, entre autres choses, de
Beatriz et les corps célestes) un recueil de nouvelles
intitulé Aime-moi, por favor ! qui décline,
justement, l'amour sous toutes ses formes.
B. L. (avril 2005)
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pièce mise en scène par D. Bezace (2002)
Th. de la Commune
d'Aubervilliers.
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Chère Elena Sergueievna de
Ludmilla Razoumovskaïa
L'Avant-scène
théâtre, coll. Quatre vents, 2004
Elena Sergueievna, professeur de mathématiques dans
l'URSS de la fin des années 70, est une âme noble,
portée par un idéal : inculquer à la
jeunesse de "vraies valeurs". Quatre de ses élèves
de terminale, venant de passer le bac, sonnent à sa
porte sous prétexte de lui souhaiter son anniversaire.
Bouquet à la main et discours en bouche, prêts
à dégainer un "chère Elena Sergueievna".
Une fois le seuil franchi, la politesse affectée se
mue en une violence sourde et rampante, jusqu'à ce
qu’ils révèlent le véritable motif
de leur visite et se livrent à un odieux chantage :
ils sont venus pour corriger leurs copies d'examen, rangées
dans un casier dont cette chère Elena a la clé.
Bien plus qu'un état des lieux de l'URSS post-stalinienne,
cette pièce est avant tout un huis-clos où se
joue une lutte entre idéalisme aveugle et nihilisme
imbécile, lutte qui donne au texte toute sa tension
dramatique. Ces élèves sont des damnés
à la Visconti, des Raskolnikov modernes. Ils refusent
les idéaux de leurs aînés et prônent
les valeurs d'un libéralisme mafieux : l'argent, le
pouvoir, "la jouissance de se sentir tout puissant!".
Reste qu'aucun d'entre eux ne sortira vainqueur.
C. D.
(avril 2005)
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L'éditeur |
Regarde-moi de
Sylvie Gracia Verticales, 2005
Ce court récit retrace le parcours (urbain et verbal)
d'une femme se confiant à un ami homosexuel, secrètement
surnommé Tendre. Elle se souvient de l'amour impossible
éprouvé pour Prince (lui aussi n'aimait que
les hommes), dont le subtil jeu de séduction l’incitait
à imaginer une réciprocité qui ne pouvait
cependant dépasser le simple échange de regards.
Elle a décidé d'en bâtir un récit
et, en formulant l’informulable, de revenir sur les
tourments qui ont creusé son corps de femme, travaillé
par « cette impossibilité posée d'emblée
de se toucher » ; de cette aventure qui n'en était
pas une, elle en a conclu qu’elle n’aime «
que ce qui m'échappe.»
Récit d’un manque vertigineux, à l'image
d'un désir tournant sur lui-même, dirigé
vers un objet fugace, Regarde-moi
progresse à pas feutrés, par circonvolutions
; prose serrée, phrasé ininterrompu, écriture
dense et intense, traits qui déjà constituaient
la richesse textuelle de L’Ongle
Rose, roman qui doit être lu si l’on
trouve frustrante la brièveté de celui-ci…
B. L. (avril 2005)
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Jean-Loup
Chiflet |
Les éditions
Chiflet et Cie
Jean-Loup Chiflet (auteur, linguiste et chroniqueur), qui
dirigeait la collection Mots & Cie (ed. Mango) depuis
sa création en 1997 (voir entre autres son Petit
dictionnaire des mots retrouvés paru en 2004)
vient de créer sa maison, les Éditions Chiflet
& Cie, qui ont pour ambition de se consacrer exclusivement
aux mots : humour sous toutes ses formes (noir, absurde, oulipien...),
particularités, bizarreries, curiosités du langage,
étonnants dictionnaires, etc.
Le tout premier titre vient de paraître (Le
Diconoclaste, dictionnaire espiègle et saugrenu)
et d'autres ne vont pas tarder : Loftum vaticanum, le
vade-mecum du Conclave (d'actualité...), Particularités
et finesses de la langue française (les pièges
de la langue française), So irresistible ! (1600
citations à la gloire de l’humour anglo-saxon)
et enfin C’est du Chinois ! (premier lexique
bilingue humoristique). Beau programme !
B. L. (avril 2005)
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L'éditeur |
TGV, conversations ferroviaires,
de Chantal Montellier
Les Impressions Nouvelles, 2005
Le train a la particularité et l’avantage d’opérer
des déplacements (de plus en plus rapides) et de favoriser
les rencontres, les conversations, les petits espionnages,
les grands silences… Bref, des instants de vie collective
condensée. La littérature et le cinéma
ne se sont pas privés d’utiliser cet instrument
métaphorique (au sens propre) par excellence. L’originalité
du recueil de Chantal Montellier réside dans sa double
dimension : le réalisme savoureux des scènes
de compartiments, des dialogues, des portraits, et l’onirisme
confinant au fantastique des images littéraires et
visuelles. L’immédiateté se mêle
à l’imaginaire, comme si les désirs et
les rêves des personnages ici croqués se réalisaient
sur la page, en cauchemars non dénués d’humour.
Jean-Bernard Pouy le suggère dans sa préface,
et on le suit : Chantal Montellier, dessinatrice
et écrivaine, est une vraie artiste.
J.-P. L. (avril 2005)
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L'éditeur
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• Sans dessus dessous de
Jules VERNE
• Le Titan moderne, notes et observations remises à
Jules Verne pour la rédaction de son roman Sans
dessus dessous d'Albert BADOUREAU
Actes Sud / Ville de Nantes, 2005
Actes Sud a mis les bouchées doubles pour le centenaire
de la mort de Jules Verne ; bien lui en a pris. La publication
de Sans dessus dessous, roman de
l’invraisemblable dans lequel Jules Verne s’amuse
des esprits scientifiques, s’accompagne de la publication
des manuscrits… d’Albert Badoureau, honnête
physicien « embauché » par l’écrivain
pour l’aider sur les questions précisément
scientifiques. Dévoué au service du Titan moderne,
Badoureau intéresse moins par la valeur de son aide
et de ses théories que par l’exemple comique
qu’il fournit d’un scientifique à la logique
implacable et placide, se piquant de quelques ambitions littéraires
associées à un égotisme gentil. Le personnage
d’Alcide Pierdeux, dans Sans dessus dessous,
n’est autre qu’un avatar de Badoureau. Lire à
ce sujet les naïves exigences de Badoureau (TM, pp. 144
et 170) et le savoureux portrait qu’en fait Jules Verne
(SDD, p.73) !
N. C. (mars 2005)
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The
Man Booker Prize International
The
Man Booker Prize
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à propos
du " Man Booker International Prize" 2005
Le Booker Prize récompense chaque année un
ouvrage de fiction en langue anglaise (le prix 2004 est revenu
à Alan Hollinghurst pour The Line of Beauty) :
il se double désormais d'un autre prix, qui célèbrera
(dès juin 2005 à Edinburgh) un auteur vivant
(anglophone ou au moins traduit en anglais), et ceci tous
les deux ans. L'objectif : mettre l'accent sur des oeuvres
dont la littérarité et la créativité
sont à la fois universelles et uniques.
Le jury, composé de trois professeurs érudits,
versés dans l'art de la critique et de l'analyse littéraires
(John Carey, britannique, Alberto Manguel, un Canadien d'origine
argentine, et Azar Nafis, iranienne en poste à Washington),
a sélectionné dix-huit auteurs, dont Margaret
Atwood (récompensée en 2000 par le Booker
Prize pour L'Assassin aveugle), Kenzaburo Oe, Saul
Bellow, Naguib Mahfouz, (prix
Nobel en 1988), Ian McEwan, Gunter
Grass, Gabriel Garcia Marquez, Doris Lessing, Philip Roth
et... Milan Kundera pour la France. Si la priorité
est donnée aux anglophones, il reste que ce prix s'inscrit
dans une démarche culturelle d'ouverture, propice à
des enrichissements mutuels.
B. L. (mars 2005) |
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L'éditeur
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Le Codex de Syracuse de
Jim Nisbet, Rivages Thriller, 2004
Sans doute Danny Kestrel, encadreur de son état, aurait-il
dû refuser les avances de la trop belle Renée
Knowles, rencontrée au cours d’un vernissage
réunissant les happy few de San Francisco.
En effet, quelques heures plus tard, l’énigmatique
jeune femme n’est plus qu’un souvenir et Danny
se voit rapidement soupçonné du meurtre par
le très décalé Inspecteur Bowditch. Lorsqu’un
gang de tueurs pas vraiment dégourdis le kidnappe et
lui réclame un objet d’une valeur inestimable
que Renée lui aurait donné, Danny se décide
à mener l’enquête. Il n’est cependant
pas le seul à rechercher activement le Codex de
Syracuse, cet antique manuscrit qui raconte la vie du
fils naturel de Théodora, impératrice de Byzance,
lascive prostituée devenue l’épouse de
l’empereur romain Justinien.
De près ou de loin, tous les personnages du roman participent
à cette quête effrénée et l’histoire
semble balbutier, tant d’étranges échos
s’établissent entre les deux récits. Nouvel
opus de Jim Nisbet, Américain francophile et autodidacte
averti, ce polar parfois un peu bavard reste tout de même
diablement bien ficelé ! F.C.
(mars 2005)
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L'éditeur
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Actes Sud BD,
une nouvelle collection graphique
dirigée par Thomas Gabison et
Michel Parfenov
Les premiers pas de la collection BD des éditions
Actes Sud sont prometteurs : les choix exigeants de Thomas
Gabison et Michel Parfenov (conseiller littéraire
auprès du Centre national du Livre, entre autres choses)
soulignent une volonté de proposer au lectorat français
des auteurs dont le talent graphique est proportionnel aux
ambitions littéraires. On pourra ainsi découvrir
le travail original (qui frise l’expériemental)
de deux artistes israéliennes, Batia Kolton
et Rutu Modan (Energies
bloquées), le graphisme épuré de
Gipi, illustrateur
italien et la belle ligne claire de Paul
Hornschemeier, jeune dessinateur américain
et son ouvrage semi-autobiographique, Adieu, Maman.
Une aventure éditoriale à suivre de près,
qui se double de la parution du premier numéro de SHORT,
une revue semestrielle composée d'histoires courtes.
B. L. (mars 2005) |
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L'éditeur |
La Fascination de
Tabajara Ruas, Métailié, 18
mars 2005
traduit du brésilien par Geneviève Leibrich
Lino, un homme d’affaires de Porto Alegre qui flirte
avec la mafia locale et la politique, voit ses tracas financiers
s’évaporer quand il hérite d’une
propriété presque à l’abandon,
située loin dans les terres ; seul un vieil intendant
et sa petite-fille veillent sur la maison, «solide
et désolée». La bonne humeur de Lino
se dissipe au contact des secrets de famille que recèle
l’Estância et la silhouette impalpable qu’il
aperçoit chaque nuit de sa fenêtre l’incite
à commettre l’irréparable et à
dévoiler sa véritable nature.
Il plane sur le roman l’idée d’une bestialité
inhérente à l’humain, d’une tare
congénitale inavouable, et le récit oscille
entre un réalisme cru (la sordide combinatoire du pouvoir
corrompu, de l’argent et du sexe) et un fantastique
digne des romans gothiques, qui s’insère habilement
entre les phrases sèches et le ton incisif (comparables
à la cruauté guerrière de l’arrière-grand-père
de Lino). Dans une atmosphère tour à tour hallucinatoire
et morbide, Tabajara Ruas malmène ses personnages et
son lecteur jusqu’à la pirouette finale, glaçante.
B. L. (mars 2005)
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Quiproquo de
Philippe Delerm, Le Serpent à Plumes,
« Motifs », 2005
On sait Philippe Delerm
attaché aux impressions subtiles, à l’insignifiant
qui signifie beaucoup. L’histoire racontée dans
Quiproquo n’a l’air
de rien, il s’agit pourtant du bouleversement d’une
existence, d’un changement radical de cap dans le rapport
au monde d’un homme qui, passant du Nord au Sud, va
jouer, pour lui et pour les autres, un rôle tout différent
de celui qu’il jouait antérieurement. Le «
quiproquo » est théâtral, sans exhibition
: un court et tendre récit à déguster
sans précipitation, avec un plaisir discret.Si l’on
veut décomposer les étapes de ce plaisir, un
essai éclairant pourra y contribuer : Philippe
Delerm et le minimalisme positif de Rémi
Bertrand, éditions du Rocher, 2005.
J.-P. L. (mars 2005)
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Je veux revoir maman
Alain Vincenot, Ed. des Syrtes, 2005
« Je veux revoir maman », ce cri d’enfants
séparés de leurs parents, parfois définitivement,
par les nazis, est aussi le titre de l’émouvant
ouvrage du journaliste Alain Vincenot. Dix-neuf enfants, désormais
adultes, témoignent, après des années
de silence, de ce qu’ils ont vécu durant l’Occupation.
Ces enfants comme les autres, qui n’avaient pas conscience
d’être différents, se découvrent
soudainement juifs («Nelly, à qui personne
n’a jamais enseigné ce que signifie être
juive») dans un pays antisémite. Ils disent
alors leur difficulté à révéler
aux autres leur blessure, à nommer l’indicible
: «je voulais oublier la guerre, le passé
où j’avais tant souffert.».
Soixante ans après, ils crient leur douleur ineffaçable,
mais chantent aussi un hymne à la solidarité,
à la fraternité et au courage de ceux qui les
ont secourus et sauvés : des gens simples, militants,
communistes, chrétiens, agnostiques… qui, «au
lieu de se réfugier derrière les ordres d’un
Etat et d’un gouvernement renégats, ont agi comme
des êtres humains devant le malheur d’autres êtres
humains». Un livre pour ne pas oublier la Shoah,
et pour garder espoir en l’être humain grâce
à tous ces Justes qui ont sauvé des enfants
destinés au bûcher. A.
F-A.M.(mars 2005)
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L'éditeur
L'auteur
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The Night Country de
Stewart O'Nan, Bloomsbuty, 2004
Marco est mort et enterré, mais cela ne l'empêche
nullement de se promener parmi les vivants et de commenter
leurs faits et gestes tout au long d’une journée
de commémoration très spéciale. N’allez
pas croire que les fantômes errent parmi nous de leur
plein gré : celui de Marco, talentueux narrateur omniscient,
tout comme ceux de ses amis Danielle et Toe, est convoqué
par les souvenirs ou les regrets des vivants, condamné
à errer tant que sa mort ne sera pas acceptée
ou oubliée. Est-il un souvenir ou bien une ombre palpable
? Astuce narrative ou véritable incarnation vaporeuse
?
Une petite ville de la Nouvelle Angleterre, la veille d’Halloween
: l’atmosphère est posée, le drame de
l’année précédente se rejoue dans
les esprits torturés de Tim, lycéen, d'une mère
de famille éreintée et d'un policier sur le
retour, coupable à sa façon. Roman gothique
allègrement macabre, intensément émouvant,
The Night Country exploite à merveille la
perméabilité de la frontière entre la
vie et la mort.
B. L. (mars 2005)
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