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< livres - brèves janvier-mars 2008 >

dernières brèves

 

Brèves théâtrales Brèves jeunesse

 

Second life un monde possible, Les petits matins, 2007

Ce volume d’articles propose des réflexions autour du monde virtuel créé en 2003 par Linden Lab, société californienne. Sociologues, journalistes plasticiens, médiologues, webspecialistes, et bien d’autres s’interrogent sur les nouveautés qui naissent de ce site : nouvelle économie, nouvelle monnaie (le Linden), nouvelles jurisprudences (ou besoin de droit), nouvelles fictions, nouveau( ?) rapport au désir et à l’image de soi.
Un petit livre qui pose de nombreuses questions étonnantes qui intéresseront « lifers » (adeptes de SL) non « lifers » et qui est à la portée de tous les néophytes du web, qu’ils rêvent ou non de devenir « Noob » (nouvel utilisateur – en plus, il y a un index !).
A-M. Mercier (mars 2008)

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Œufs de Pâques au poivre vert de Dominique Noguez - Zulma, 2008

Dans la catégorie farces et attrapes littéraires, les Œufs de Pâques au poivre vert sont du meilleur goût, voire d’un goût de revenez-y. Non seulement on se laisse volontiers prendre aux pièges de ces textes d’une ligne ou de quelques pages, mais on y prend un plaisir toujours renouvelé. «Historiettes » fantaisistes jusqu’à l’absurde, vrais faux rêves, nouvelle astrologie, autobiographie fragmentaire et détournée, textes performatifs se résolvant dans la pratique même de la censure… L’esprit de dérision de Dominique Noguez nous sert des pages épicées, délicieuses à souhait, agrémentées d’illustrations aux légendes subtilement acidulées. De quoi passer de joyeuses Pâques, quel que soit le moment.
J.-P. Longre (mars 2008)

du même auteur : L’Embaumeur - Fayard, 2004

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Se résoudre aux adieux de Philippe Besson, 10/18, 2008

Abandonnée par l’homme qu’elle aimait, Louise parcourt le monde (Cuba, New York, Venise, Paris), en quête d’on ne sait quoi : l’oubli (de soi, de l’autre) ? le renouveau ? la certitude ? Mais elle sait bien qu’aimer, « c’est prendre des risques ». Apparemment, elle tente de les reprendre, ces risques, par correspondance. Le livre entier est composé des lettres, que depuis ses résidences lointaines elle adresse à Clément. Ces lettres rassemblent « les pièces dispersées d’un puzzle », celui de la vie amoureuse, des instants de bonheur et de doute, elles effectuent des retours sur un passé en dents de scie, sur la vie à deux, sur la solitude. Roman épistolaire à sens unique (aucune réponse ne parviendra, Louise en est vite persuadée), Se résoudre aux adieux tisse des variations sensibles et subtiles sur la désillusion, sans fermer la porte à l’espoir.
J.-P. Longre (mars 2008)

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Beckett corps à corps de Marie Depussé, Hermann, 2007

Non pas une nouvelle monographie sur Beckett, mais des propositions de lecture de Beckett, microscopiques parfois : ce sont essentiellement Molloy, L’Innommable et Compagnie (et d’autres œuvres aussi parfois) qui sont examinés à la loupe sur quelques points sensibles de l’univers de Beckett : la parole, les choses, le chant, la folie, l’imaginaire, les pronoms,…
Le chapitre sur la folie (intitulé « d’un asile l’autre ») est particulièrement intéressant. Marie Depussé enseigne à la clinique psychiatrique de la Borde et analyse les propositions de lecture de Deleuze et Guattari sur les schizophrènes de Beckett.
A-M. Mercier (mars 2008)

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L'auteur

Sur la piste des dragons oubliés, troisième carnet, d’Elian Black Mor, Carine M. et Patrick Jézéquel, Au Bords des Continents, 2007

Qui se cache derrière Elian Black Mor, à la fois auteur, personnage, dessinateur et narrateur ? Brouillant délibérément les pistes, ce dernier se dit « reporter d’images » et parcourt le monde à la recherche de créatures dont l’existence serait bel et bien prouvée. Composé à la manière d’un carnet de route très sophistiqué, présenté sous la forme d’un manuscrit, ce troisième opus sous le patronage posthume d’Edgar Alan Poe, cité en exergue, dévoile un univers étonnant, à mi-chemin entre la bande dessinée et le journal intime, entre veine fantastico-onirique et littérature gothique – une impression renforcée par les illustrations torturées, les croquis, les cartes dessinées à main levée et les reproductions d’objets anciens ou imaginaires qui émaillent les pages ; sans parler des planches dédiées aux créatures qui sont au fondement de la quête du voyageur. Foisonnant, inquiétant, empreint de mélancolie, un ouvrage atypique dont on aura du mal à s’extraire. B. Longre (mars 2008)

Sur la piste des dragons oubliés – exposition, dans le cadre des rencontres du 9ème art – Aix-en-Provence - Muséum d'Histoire Naturelle - du 19 mars au 25 mai 2008 http://www.bd-aix.com/expo-dragons.php

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De Grâce et de vérité, de Jennifer Johnston, Traduit de l’anglais (Irlande) par Anne Damour , Belfond, 2007

Un secret de famille hante une actrice dublinoise. Entre deux rôles, son compagnon la quitte, la guerre du Golfe est déclarée. Elle survit, hébétée devant les images de la guerre à la télévision, entre les coups de fil de son agent, les rencontres avec les amis et les disputes avec son ex-compagnon. Puis elle finit par penser que l’instabilité de sa vie vient du secret de sa naissance : sa mère, une femme brisée par on ne sait quoi, est morte sans lui avoir jamais dit qui était son père. Le père de sa mère, glacial, qu’elle appelle « l’évêque » – il est évêque protestant – est le dernier à détenir (peut être) la vérité. Les plus belles pages de ce livre sont celles qui évoquent la solitude de cette femme et en contrepoint le désert affectif vécu par les générations précédentes. Le puritanisme et ses ravages sont ici évoqués avec une force glaçante qui fait que le crime finit par susciter la pitié. La révélation viendra finalement, une vérité très amère, que le personnage, comme l’Œdipe tragique, aurait préféré ignorer. Si l’évêque bénit ses fidèles en invoquant « grâce et paix », le titre du roman montre bien ce que le livre illustre : là où il n’y a pas de vérité, il ne peut y avoir de paix. A-M. Mercier (mars 2008)

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L’amour, la mort et tutti quanti, de Laurent Anne Odin éditions, 2008

Un récit complet d’une histoire d’amour, en plusieurs chapitres rédigés chacun dans un style différent (roman à l’eau de rose, science-fiction, fantastique, etc.). Des nouvelles souvent grinçantes sur la mort, une idée intéressante est à l’origine de ce livre. Il plaira aux amateurs de jeux sur les genres et les styles, moins à ceux qui attendent une écriture originale, de la littérature enfin, et non sa caricature.
Anne-Marie Mercier (mars 2008)

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Alaska de Eugène Nicole, Editons de l’Olivier, 2007

Roman universitaire ou de campus, récit de voyage, exploration de la mémoire, ce roman est tout cela à la fois. Le protagoniste fuit un chagrin d’amour en acceptant un poste de lecteur en Alaska, à l’Université de Fairbanks. Il y découvre la nature du nord, les nuits longues, la neige et la glace, la peur des ours, les montagnes. Il y rencontre de nombreux excentriques, hommes et femmes et découvre tout ce qui a pu les attirer dans ces terres : l’amour des grands espaces, la langue eyak, les études sur les séismes…
L’ombre d’une jeune française disparue avant son arrivée, les sons du piano de celle qui est perdue dans sa sonate, les peintures de l’un, les gravures de l’autre, des images se superposent et donnent au récit une grande sensibilité, un léger flou. Histoires d’amour, de mort, toute la vie en une année universitaire baignée par la nuit et traversée de gigantesques fêtes.
A-M. Mercier (
mars 2008)

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Lire aussi

Histoire de l’érotisme, de l’Olympe au cybersexe, de Pierre-Marc de Biasi, découvertes Gallimard, 2007

Promenade à travers les âges qui ne se cantonne pas au seul Occident, cet ouvrage revendique un érotisme « affirmatif et civilisateur » et entend revenir sur quelques idées reçues, en proposant une lecture intelligente et lucide d’un phénomène qu’on ne saurait réduire à la simple sexualité, à l’assouvissement immédiat du désir ou aux pulsions des uns ou des autres. Car l’histoire de l’érotisme est avant tout « celle de ses représentations » artistiques (de l’art figuratif à la littérature, de la musique au cinéma) – dont nombre d’exemples parsèment ces pages. De l’Eros antique à l’Eros contemporain, Pierre-Marc de Biasi offre un vaste panorama émaillé d’anecdotes et d’analyses passionnantes. Et de conclure que deux ennemis menacent aujourd’hui l’érotisme en tant que « vecteur de culture, de liberté collective et d’épanouissement individuel » : une pornographie « de masse », envahissante et médiocre, soumise à la loi du marché (dont la devise serait « tout, tout de suite »), et « l’inquisiteur barbu, le jeteur d’anathèmes et de fatwas, la figure millénaire du censeur iconoclaste » dont le retour en force en inquiète plus d’un. L’ouvrage s’achève sur un abécédaire, florilège d’extraits littéraires « en proie à la fièvre d’Eros », de Diderot à Baudelaire, d’Ovide à Pierre Louÿs, d’Anaïs Nin à Bataille, de Sade à Claudine Galléa, qui incitera à prolonger l'exploration. B. Longre (mars 2008)

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L'éditeur

Les éditions du Sonneur, fondées par Valérie Millet, assistée de Sandrine Duvillier et Jean-Luc Remaud, proposent une belle diversité de textes - de Maupassant (lire l'article de Myriam Gallot) à Gobineau (un tome de Nouvelles asiatiques), de Jack London (un texte autobiographique où l'auteur retrace son parcours chaotique) à Alexandre Dumas, des textes méconnus, "dignes de revivre", sans oublier les contemporains, des romans qui mettent en avant d'excellentes plumes : Marie-Noël Rio, auteure de Pour Lili ou Jean-Marie Dallet, avec Au plus loin des tropiques. Dès le début, l'éditrice a eu le souci "d'éditer peu de titres, mais de les accompagner assez longtemps pour qu’ils trouvent leurs lecteurs. Des ouvrages auxquels on revient et avec lesquels on vit. Bref, le contraire de la surproduction et de la grande consommation littéraire."
A paraître prochainement un recueil de chroniques : Portraits du jour, 150 histoires d'une étrange planète de Marc Kravetz, qui intervient sur France Culture, où il dresse chaque matin ses fameux portraits.
B. Longre (mars 2008)

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In-Fusion, revue littéraire

Revue littéraire "qui rassemble et donne la parole", In-fusion, dirigée par Nicolas Cotten, propose un premier numéro consacré à la nature ; une vingtaine d'auteurs se sont penchés (très librement) sur ce thème (pourtant imposé !), à travers des poèmes, des textes courts, des essais, ou encore des photos-haïkus... Les contributions sont signées Thierry Cazals, Eric Dubois, Pierre Clavilier, Michel Cosem, Jean-Pierre Lesieur, Philippe de Boissy, Saïd Mohamed, Camille Aubaude, Daniel Brochard, Jacqueline Panorias, Cécile Guivarch, Laurent Fels, Juliette Clochelune, Emeric de Monteynard, Patrick Joquel, Thibaut Gress, Matthias Vincenot, André Duhaime, Magali Turquin, Danièle Corre, Jean-Pierre Cotten, et la revue est diffusée par les éditions du jasmin (www.editions-du-jasmin.com/)
B. Longre (mars 2008)

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L’os d’aurochs de Pierrette Fleutiaux, vu par Cristine Guinamand, éditions du Chemin de fer, 2007

Encore un excellent choix des éditions du chemin de fer que cette pétillante fable canine signée Pierrette Fleutiaux. Véritable friandise pour lecteur que cet os malicieux que l’on dévore jusqu’à la dernière ligne dès qu’on a le bonheur de l’avoir entre les mains. L’histoire ? Chien perdu rencontre un jour chien-errant, à moins que ce soit plutôt chien-malin, ou chien-crétin, ou chien-méchant, ou chien-collant… car rien n’est plus difficile que de cerner le caractère d’un humain – pardon, d’un chien ! Quand en plus le hasard et l’amour s’en mêlent, c’est à n’y plus retrouver ses petits. Toute ressemblance avec un bipède existant ou ayant existé serait bien entendu fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur.
M. Gallot (février 2008)

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autres titres

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Marcel Proust, Idées reçues par Bernard Brun, Le cavalier bleu

« Les idées reçues en littérature ne sont pas forcément des idées fausses », mais plutôt des constructions soigneusement bâties par les critiques d’une part, l’auteur lui-même ainsi que ceux qui l’ont connu, et entretenues par éditeurs et manuels scolaires. Bernard Brun, très érudit sur le sujet (il est responsable du programme Marcel Proust à l’Institut des textes et manuscrits modernes, chercheur au CNRS), cherche à établir la part de vérité des clichés, à séparer la réalité du mythe avec une préoccupation constante : l’œuvre, rien que l’œuvre, à l’exclusion de tout le reste qui vient brouiller plus qu’éclaircir. Tout y passe : Proust, snob laborieux – Proust, grand malade – Balbec, c’est Cabourg – La recherche, roman de la mémoire, roman à clefs – Proust, juif sodomite, etc.
Précis et rigoureux, cet ouvrage n’est pas aussi grand public que son apparence le laisse penser, et nécessite pour être apprécié une bonne connaissance de l’œuvre de Proust, dans laquelle l’auteur navigue avec une aisance de spécialiste (l’éditeur a d’ailleurs pris soin de mettre en annexes un mémento des principaux personnages de la Recherche du temps perdu, ainsi qu’un résumé des différents tomes). Une intéressante mise au point nourrie des recherches actuelles sur le texte proustien, mais à réserver aux amateurs éclairés. M. Gallot (février 2008)

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Henry James, de Gertrude Stein, précédé de Shakespeare par Henry James, traduit de l’anglais par Jean Pavans, Phébus, Libretto, 2008

Henry Stein et Gertrude James
Ceux qui restent convaincus que la littérature demeure le territoire des rencontres improbables recevront avec bonheur ce Libretto où se mêlent les voix des rhapsodes Henry James et Gertrude Stein. Étonnante percussion en effet que celle résonnant entre l’introduction à La Tempête de Shakespeare rédigée par James en 1907 et l’essai halluciné que, en 1933, l’avant-gardiste américaine consacra à l’auteur du Tour d’écrou. La sinueuse limpidité d’une part ; un art consommé de la digression et de la transgression de l’autre se répondent finalement en un hymne dual à la création. Il serait déshonnête de prétendre que le propos est accessible au commun des lecteurs, car ces pages sont d’une densité rare, qui confine parfois à l’hermétisme. La présentation de Jean Pavans (le traducteur de l’ensemble) en livre cependant une clef essentielle, quand il explique en quoi Stein voyait en James « le plus ancien écrivain du monde »…
F. Saenen (février 2008)

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Le monde intervalle, d’Anne Sibran, Panama, 2008

Échos de la vie quotidienne, ces chroniques résonnent comme des harmoniques. Ni roman, ni essai, ni autobiographie, mais plutôt journal des sens et de l’essentiel, Le monde intervalle dévoile des drames petits et grands, des sensations (odeurs, sons, regards, qui n’excluent ni le goût ni le toucher), des souvenirs d’enfance et de voyages, présente des scènes de bistrot métamorphosées en spectacle théâtral, propose des évocations de la nature jusque dans les recoins urbains, des frayeurs (celles de la narratrice, celles des autres), des esquisses et des portraits… Partout la poésie affleure, répondant au besoin de saisir les faits, les choses, les êtres avec délicatesse, d’appréhender aussi les secrets mêmes de l’écriture. « Ainsi peu à peu je comprends combien la « périphérie », l’épiphanie des petits événements, nourrit le cœur de l’essentiel ».
J.-P. Longre (février 2008)

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Michael Moore, Au-delà du miroir de Guy Millière (Le rocher, 2008)

« Faire tomber le masque de Michael Moore », tel est le dessein de cet essai écrit par un universitaire français fervent supporter de George W. Bush. Autant dire que ce n’est pas une analyse objective et impartiale des films de Michael Moore que propose Guy Millière, mais un pamphlet de la plus grande virulence. Il attaque Moore en tant que personne, lui reproche, en substance, d’être un gauchiste paresseux, inculte, tyrannique, vulgaire, anti-américain primaire, d’être nuisible à tout le monde, y compris ses propres partisans et de flatter l’anti-américanisme européen. L’essai se révèle intéressant quand Guy Millière décortique point par point les erreurs et approximations des faits présentés dans les films de Moore qui distordent la réalité et manipulent un spectateur passif en le bombardant d’informations. Mais son jugement est aussi manichéen que la vision de Moore qu’il dénonce, et Guy Millière n’a rien à envier à son ennemi en matière de mauvaise foi. Sa haine le conduit à ressasser toujours les mêmes arguments, rendant son essai trop répétitif pour ne pas ennuyer le lecteur et trop catégorique et unilatéral pour être complètement crédible. M. Gallot (février 2008)

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Le Désert de l’empailleur, de Ghislain Ripault, Rhubarbe, 2007

Nuit, rencontres, conversations rudes, fantasmes érotiques, on ne peut résumer ce livre ni le classer tant il échappe aux cadres habituels. Ghislain Ripault écrit magnifiquement, surprend sans cesse, entre narration et poèmes. Malgré cela, on a du mal à se fixer sur les visions qu’il propose, tant elles glissent, à peine évoquées. Pour les amateurs avertis.
A-M Mercier-Faivre (février 2008)

Chez le même éditeur
La Cité de sable de Bruno Doucey

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Epuisé, de Joe Matt, Seuil BD, 2007

Après Les Kids et Strip-Tease, Joe Matt se met à nouveau en scène dans un troisième tome d’autofiction graphique, narrant ses (minables) aventures inscrites dans un quotidien (morose à souhait) ; et pourtant, on ne se lasse pas de sa mauvaise foi, de ses chamailleries mesquines, de ses crises existentielles aiguës ou de ses angoisses à la Woody Allen. Il collectionne toujours les strips mais sa solitude affective le pousse à louer des films pornos qui, à leur tour, le détournent des planches qu’il n’a pas encore réalisées… La mise en abyme est très réussie, surtout lorsqu’il revient sur son travail et sur le contenu de ses livres précédents : « ces pages ne rendent pas compte de ce qu’était mon enfance… j’étais un enfant joyeux… pas ce misérable cafard… », constate-t-il, amer, en se penchant sur Les Kids. Et de ce dernier album, il dit : « C’est de la branlette en bande dessinée »… peut-être n’a-t-il pas tout à fait tort, mais on lit néanmoins d’une traite les pérégrinations de ce loser terrible !
B. Longre (février 2008)

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Dans la même collection
Fersen, Louis Attaque, Mickey 3D, Raphaël, Vian, Gainsbourg, Boby Lapointe, Piaf, Higelin, Téléphone, Dutronc, C. François, Bourvil, Brassens, Prévert, Nougaro, Brel, Nino Ferrer, CharlElie Couture et Barbara.

Les chansons de Zazie en BD, Editions petit à petit, Collection Chansons en BD, 2007

Zazie, toujours haute en couleurs !
Zazie sur fond violine, quelques pages biographiques entre deux chansons dessinées… voilà une idée qu’elle est intéressante. Certes, il est nécessaire d’aimer un minimum l’artiste pour y trouver de l’intérêt et, quand c’est le cas, c’est un petit bouquin terriblement agréable à lire qui laisse carte blanche à six jeunes illustrateurs, pour six chansons : la Zizanie, Rodéo, Rue de la Paix, Adam et Yves, le formidable Excuse-moi par Marie Decavel et Je suis un homme. Alors, chacun a mis sa touche personnelle aux textes que Zazie compose elle-même. Les scénarii ont également été laissés à l’appréciation des artistes. Comme quoi une chanson (art mineur comme le disait l’ami Gainsbarre) peut se voir comme une œuvre d’art car on y trouve ce que l’on ressent personnellement. C’est très beau, très gai et fortement diversifié tant les styles de graphismes et de dessins sont éclectiques. Une idée originale ; un très bel hommage à l’une des artistes les plus talentueuses de sa génération ; une petite bulle d’oxygène dans la vie quotidienne ; bref du pur bonheur !
A. Saybec (février 2008)

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du même auteur
Rupture
(Stock, 2001)

Mort d’une tueuse de Rupert Thomson, trad. de l’anglais par Bernard Turle, éditions P. Rey, 2008

Après trois décennies passées derrière les barreaux, Myra Hindley vient de s’éteindre, mais nul n’a oublié les crimes odieux commis dans les années 1960 avec son complice, Ian Brady, pédophile et assassin de la lande, et un policier est réquisitionné pour veiller le corps et le protéger de la vindicte populaire. Tout se déroule dans la morgue, l’espace d’une nuit, durant laquelle l’homme fait défiler ses souvenirs tout en s’interrogeant sur les motivations de cette femme qui l’obsède, pour des raisons bien précises. Le roman, introspectif, n’a rien d’un thriller, même si l’atmosphère pesante permet d’explorer les fragilités de l’âme humaine et les angoisses d’un quadragénaire en apparence tranquille, pourtant au bord d’un gouffre que l’on entraperçoit derrière ses rencontres fantasmatiques avec la meurtrière – celle-ci incarnant le mal à l’état pur et la perversité dont l’être humain peut se montrer capable, rappelant une vérité que l’on préfèrerait occulter, à savoir que nous sommes tous susceptibles de franchir le pas…
B. Longre (février 2008)

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Yapou bétail humain, tome 1, de Shozo Numa et Tatsuya Egawa, traduction de Sylvain Cardonnel, Kami, 2007

Adaptation du roman du même titre, ce manga (réservé à un public averti, on l'aura compris) suit assez fidèlement l’œuvre de Shozo Numa, tout en en proposant une vision forcément moins documentée (en comparaison du foisonnant roman original), mais aussi légèrement édulcorée, le trait fluide adoucissant quelque peu la crudité et la perversité de certaines situations. Ce premier tome ne relate qu’une partie seulement du premier opus de Yapou – la rencontre de Pauline et de Clara, sous les yeux de Rin, dont l’avilissement aux mains de la première a déjà commencé. Un ouvrage qui incitera peut-être les lecteurs à aller lire le roman de Shozo Numa, on l’espère… B. Longre (février 2008)

http://www.mangakami.com/

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Incognito de Petru Dumitriu, Le Seuil, 2007

Né en Roumanie en 1924, mort en France en 2002, Petru Dumitriu n’est pas un inconnu… Auteur roumain dissident, il a écrit plusieurs ouvrages en français après son exil, et le Seuil a eu la bonne initiative de rééditer Incognito, roman majeur publié pour la première fois en 1962.
Traversée des décennies les plus troublées de la Roumanie récente par un personnage qui a tout connu, tout vécu, de la guerre à la dictature, le récit se situe entre culpabilité et espérance, entre oppression et libération. « Il est trop facile de dire que c’est la société et l’histoire et la nature qui sont coupables. Elles le sont aussi, de leur côté. Mais cela laisse ma faute entière ». Et en réponse : « Il y a de l’espoir et de fortes raisons de confiance ». Incognito est une somme ; qui veut saisir l’histoire tourmentée de la Roumanie et, plus largement, les ressorts de l’âme humaine au milieu des tempêtes se doit de le lire
J.-P. Longre (janvier 2008)

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Abécédaire de l’esclavage des Noirs, de Gilles Gauvin, Dapper, 2007

Beau livre à la couverture souple, émaillé d’illustrations et de reproductions d’époque, complété par des cartes, une bibliographie et une chronologie, cet ouvrage documentaire de référence, malgré ses qualités pédagogiques, n’a pas été conçu comme un manuel scolaire et intéressera le grand public. L’auteur revient sur quelques grandes figures abolitionnistes (Schoelcher, Sarda-Garriga, Olaudah Equiano), sur des notions de base (Traite, Identité, Révoltes, marronnages, etc.) ainsi que sur les origines et la vie quotidienne des esclaves dans diverses colonies. Écrit par Gilles Gauvin, docteur en histoire et membre du Comité pour la mémoire de l’esclavage (il a surtout travaillé sur la question de la place de la traite négrière et de l’esclavage dans les programmes scolaires), cet Abécédaire permet de faire le tour de la question tout en proposant un agencement qui facilite la consultation. B. Longre (février 2008)

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Manuscrit ms 408 Voynich de Thierry Maugenest, L. Levi, 2007

En quête du code
Après Venise.net et La Poudre des rois, polars plébiscités par les libraires et traduits dans une dizaine de langues, Thierry Maugenest offre encore un roman très bien mené avec Manuscrit ms 408 Voynich. En parcourant les pages de ce dernier, le lecteur est invité à voyager dans l’espace et dans le temps : en Angleterre, au Moyen-âge ; à Prague, à la cour de l’Empereur germanique Rodolphe II au début du XVIIème siècle ; et de nos jours, en Europe et aux Etats-Unis. A partir de l’énigme du manuscrit découvert par Wilfried Voynich en 1912, aujourd’hui enregistré sous la cote ms 408 à la bibliothèque des livres rares de l’université de Yale, et dont le cryptage résiste depuis des siècles aux meilleurs analystes, l’auteur est parvenu à construire une intrigue éminemment informée et romanesque. Tout commence à New-York où l’agent spécial du FBI Marcus Calleron tente de comprendre pourquoi plusieurs bibliophiles, particulièrement intéressés par le manuscrit, sont tombés dans un coma irréversible. Suit une enquête passionnante, rythmée par une réflexion philosophique poussée, qui plaira à tous les amateurs de polar mais aussi à un public plus large. Un roman qui donnera sans doute l’envie de percer à jour le code du manuscrit le plus mystérieux du monde… M. Pichot (janvier 2008)

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Une histoire du spectacle militant (1966-1981), Sous la direction de Christian Biet et d’Olivier Neveux, L’Entretemps Éditions, 2007

Imposante publication que cette première Histoire du spectacle militant, actes d’un colloque, rassemblant des études historiques et critiques, comme des témoignages et autres regards en arrière, et même un scénario d’Armand Gatti, Les Katangais, écrit et non-réalisé en 1974. Parcourant les quinze années de théâtre et de cinéma militant ici traitées, on croise ainsi, notamment, Alain Badiou, André Benedetto, ou Augusto Boal (présenté par son fils Julian), pour le théâtre, et Godard, Resnais, Bertolucci, pour le cinéma, et bon nombre d’autres expérimentateurs, avant-gardistes, rêvant d’une transformation radicale de la société. Affinant et complétant les Théâtres en lutte d’Olivier Neveux, ce volume théâtre-cinéma attise moins la nostalgie douce-amère des uns (qui en sont re-venus) que la persévérance des autres (qui y viendront) : tout cela semble certes bien daté, mais ces multiples pavés militants qu’a poli le temps (notre culpabilité politique) n’en restent pas moins précieux, jusque dans leurs féconds excès divers et variés. On ne partira jamais de zéro.
N. Cavaillès (janvier 2008)

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autres titres
L'auteur

Comme si rien de Jean-Noël Blanc, vu par Ann Guillaume, Les éditions du Chemin de fer, 2007

Albert Pêcheur, obscur fonctionnaire au Bureau central des vérifications, attend depuis longtemps une promotion qui ne vient pas malgré sa conscience professionnelle. La visite du ministre dans son service pourrait tout changer, mais qu’en sera-t-il ? Pêcheur doit-il signer la pétition syndicale, se mettre sur son trente et un comme ses collègues, la jouer décontracté, voire contestataire anarchisant ? Sa modeste existence, entre le bureau et l’appartement où il vit avec sa mère, va-t-elle être bouleversée ?
Le récit de Jean-Noël Blanc va au-delà de la satire sociale ou de l’observation ironique ; il s’attache aux questions et aux angoisses d’un homme, et les illustrations troublantes et troublées d’Ann Guillaume contribuent à nous faire passer de l’ordinaire à l’extraordinaire, comme si de rien n’était.
J.-P. Longre (janvier 2008)

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