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Second life un
monde possible, Les petits matins, 2007
Ce volume d’articles propose des réflexions
autour du monde virtuel créé en 2003 par Linden
Lab, société californienne. Sociologues, journalistes
plasticiens, médiologues, webspecialistes, et bien
d’autres s’interrogent sur les nouveautés
qui naissent de ce site : nouvelle économie, nouvelle
monnaie (le Linden), nouvelles jurisprudences (ou besoin de
droit), nouvelles fictions, nouveau( ?) rapport au désir
et à l’image de soi.
Un petit livre qui pose de nombreuses questions étonnantes
qui intéresseront « lifers » (adeptes de
SL) non « lifers » et qui est à la portée
de tous les néophytes du web, qu’ils rêvent
ou non de devenir « Noob » (nouvel utilisateur
– en plus, il y a un index !).
A-M.
Mercier (mars
2008)
L'éditeur
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L'éditeur
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Œufs de
Pâques au poivre vert de Dominique Noguez
- Zulma, 2008
Dans la catégorie farces et attrapes
littéraires, les Œufs de Pâques
au poivre vert sont du meilleur goût,
voire d’un goût de revenez-y. Non seulement on
se laisse volontiers prendre aux pièges de ces textes
d’une ligne ou de quelques pages, mais on y prend un
plaisir toujours renouvelé. «Historiettes
» fantaisistes jusqu’à l’absurde,
vrais faux rêves, nouvelle astrologie, autobiographie
fragmentaire et détournée, textes performatifs
se résolvant dans la pratique même de la censure…
L’esprit de dérision de Dominique Noguez nous
sert des pages épicées, délicieuses à
souhait, agrémentées d’illustrations aux
légendes subtilement acidulées. De quoi passer
de joyeuses Pâques, quel que soit le moment.
J.-P. Longre (mars 2008)
du même auteur : L’Embaumeur
- Fayard, 2004
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L'éditeur
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Se résoudre
aux adieux de Philippe Besson, 10/18, 2008
Abandonnée par l’homme qu’elle
aimait, Louise parcourt le monde (Cuba, New York, Venise,
Paris), en quête d’on ne sait quoi : l’oubli
(de soi, de l’autre) ? le renouveau ? la certitude ?
Mais elle sait bien qu’aimer, « c’est
prendre des risques ». Apparemment, elle tente
de les reprendre, ces risques, par correspondance. Le livre
entier est composé des lettres, que depuis ses résidences
lointaines elle adresse à Clément. Ces lettres
rassemblent « les pièces dispersées
d’un puzzle », celui de la vie amoureuse,
des instants de bonheur et de doute, elles effectuent des
retours sur un passé en dents de scie, sur la vie à
deux, sur la solitude. Roman épistolaire à sens
unique (aucune réponse ne parviendra, Louise en est
vite persuadée), Se résoudre aux adieux tisse
des variations sensibles et subtiles sur la désillusion,
sans fermer la porte à l’espoir.
J.-P. Longre (mars 2008)
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Beckett corps
à corps de Marie Depussé, Hermann,
2007
Non pas une nouvelle monographie sur Beckett,
mais des propositions de lecture de Beckett, microscopiques
parfois : ce sont essentiellement Molloy, L’Innommable
et Compagnie (et d’autres œuvres aussi
parfois) qui sont examinés à la loupe sur quelques
points sensibles de l’univers de Beckett : la parole,
les choses, le chant, la folie, l’imaginaire, les pronoms,…
Le chapitre sur la folie (intitulé « d’un
asile l’autre ») est particulièrement
intéressant. Marie Depussé enseigne à
la clinique psychiatrique de la Borde et analyse les propositions
de lecture de Deleuze et Guattari sur les schizophrènes
de Beckett.
A-M.
Mercier (mars
2008)
L'éditeur
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L'éditeur
L'auteur |
Sur la piste
des dragons oubliés, troisième carnet,
d’Elian Black Mor, Carine M. et Patrick Jézéquel,
Au Bords des Continents, 2007
Qui se cache derrière Elian Black
Mor, à la fois auteur, personnage, dessinateur et narrateur
? Brouillant délibérément les pistes,
ce dernier se dit « reporter d’images
» et parcourt le monde à la recherche de créatures
dont l’existence serait bel et bien prouvée.
Composé à la manière d’un carnet
de route très sophistiqué, présenté
sous la forme d’un manuscrit, ce troisième opus
sous le patronage posthume d’Edgar Alan Poe, cité
en exergue, dévoile un univers étonnant, à
mi-chemin entre la bande dessinée et le journal intime,
entre veine fantastico-onirique et littérature gothique
– une impression renforcée par les illustrations
torturées, les croquis, les cartes dessinées
à main levée et les reproductions d’objets
anciens ou imaginaires qui émaillent les pages ; sans
parler des planches dédiées aux créatures
qui sont au fondement de la quête du voyageur. Foisonnant,
inquiétant, empreint de mélancolie, un ouvrage
atypique dont on aura du mal à s’extraire.
B. Longre (mars
2008)
Sur la piste des dragons oubliés
– exposition, dans le cadre des rencontres du
9ème art – Aix-en-Provence - Muséum
d'Histoire Naturelle - du 19 mars au 25 mai 2008 http://www.bd-aix.com/expo-dragons.php
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L'éditeur |
De Grâce
et de vérité, de Jennifer Johnston,
Traduit de l’anglais (Irlande) par Anne Damour , Belfond,
2007
Un secret de famille hante une actrice dublinoise.
Entre deux rôles, son compagnon la quitte, la guerre
du Golfe est déclarée. Elle survit, hébétée
devant les images de la guerre à la télévision,
entre les coups de fil de son agent, les rencontres avec les
amis et les disputes avec son ex-compagnon. Puis elle finit
par penser que l’instabilité de sa vie vient
du secret de sa naissance : sa mère, une femme brisée
par on ne sait quoi, est morte sans lui avoir jamais dit qui
était son père. Le père de sa mère,
glacial, qu’elle appelle « l’évêque
» – il est évêque protestant –
est le dernier à détenir (peut être) la
vérité. Les plus belles pages de ce livre sont
celles qui évoquent la solitude de cette femme et en
contrepoint le désert affectif vécu par les
générations précédentes. Le puritanisme
et ses ravages sont ici évoqués avec une force
glaçante qui fait que le crime finit par susciter la
pitié. La révélation viendra finalement,
une vérité très amère, que le
personnage, comme l’Œdipe tragique, aurait préféré
ignorer. Si l’évêque bénit ses fidèles
en invoquant « grâce et paix »,
le titre du roman montre bien ce que le livre illustre : là
où il n’y a pas de vérité, il ne
peut y avoir de paix. A-M.
Mercier (mars
2008)
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L’amour,
la mort et tutti quanti, de Laurent Anne Odin
éditions, 2008
Un récit complet d’une histoire
d’amour, en plusieurs chapitres rédigés
chacun dans un style différent (roman à l’eau
de rose, science-fiction, fantastique, etc.). Des nouvelles
souvent grinçantes sur la mort, une idée intéressante
est à l’origine de ce livre. Il plaira aux amateurs
de jeux sur les genres et les styles, moins à ceux
qui attendent une écriture originale, de la littérature
enfin, et non sa caricature.
Anne-Marie Mercier (mars 2008)
L'éditeur
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L'éditeur
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Alaska
de Eugène Nicole, Editons de l’Olivier,
2007
Roman universitaire ou de campus, récit
de voyage, exploration de la mémoire, ce roman est
tout cela à la fois. Le protagoniste fuit un chagrin
d’amour en acceptant un poste de lecteur en Alaska,
à l’Université de Fairbanks. Il y découvre
la nature du nord, les nuits longues, la neige et la glace,
la peur des ours, les montagnes. Il y rencontre de nombreux
excentriques, hommes et femmes et découvre tout ce
qui a pu les attirer dans ces terres : l’amour des grands
espaces, la langue eyak, les études sur les séismes…
L’ombre d’une jeune française disparue
avant son arrivée, les sons du piano de celle qui est
perdue dans sa sonate, les peintures de l’un, les gravures
de l’autre, des images se superposent et donnent au
récit une grande sensibilité, un léger
flou. Histoires d’amour, de mort, toute la vie en une
année universitaire baignée par la nuit et traversée
de gigantesques fêtes.
A-M. Mercier (mars
2008)
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L'éditeur
Lire
aussi
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Histoire de l’érotisme,
de l’Olympe au cybersexe, de Pierre-Marc de Biasi,
découvertes Gallimard, 2007
Promenade à travers les âges qui ne se cantonne
pas au seul Occident, cet ouvrage revendique un érotisme
« affirmatif et civilisateur » et entend
revenir sur quelques idées reçues, en proposant
une lecture intelligente et lucide d’un phénomène
qu’on ne saurait réduire à la simple sexualité,
à l’assouvissement immédiat du désir
ou aux pulsions des uns ou des autres. Car l’histoire
de l’érotisme est avant tout « celle
de ses représentations » artistiques (de
l’art figuratif à la littérature, de la
musique au cinéma) – dont nombre d’exemples
parsèment ces pages. De l’Eros antique à
l’Eros contemporain, Pierre-Marc de Biasi offre un vaste
panorama émaillé d’anecdotes et d’analyses
passionnantes. Et de conclure que deux ennemis menacent aujourd’hui
l’érotisme en tant que « vecteur de
culture, de liberté collective et d’épanouissement
individuel » : une pornographie « de masse
», envahissante et médiocre, soumise à
la loi du marché (dont la devise serait «
tout, tout de suite »), et « l’inquisiteur
barbu, le jeteur d’anathèmes et de fatwas, la
figure millénaire du censeur iconoclaste »
dont le retour en force en inquiète plus d’un.
L’ouvrage s’achève sur un abécédaire,
florilège d’extraits littéraires «
en proie à la fièvre d’Eros »,
de Diderot à Baudelaire, d’Ovide à Pierre
Louÿs, d’Anaïs Nin à Bataille, de Sade
à Claudine Galléa, qui incitera à prolonger
l'exploration. B.
Longre (mars
2008)
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L'éditeur |
Les éditions
du Sonneur, fondées par Valérie
Millet, assistée de Sandrine Duvillier et Jean-Luc
Remaud, proposent une belle diversité de textes - de
Maupassant (lire l'article de Myriam
Gallot) à Gobineau (un tome de Nouvelles asiatiques),
de Jack London (un texte autobiographique où l'auteur
retrace son parcours chaotique) à Alexandre Dumas,
des textes méconnus, "dignes de revivre",
sans oublier les contemporains, des romans qui mettent en
avant d'excellentes plumes : Marie-Noël Rio, auteure
de Pour Lili ou Jean-Marie Dallet,
avec Au plus loin des tropiques.
Dès le début, l'éditrice a eu le souci
"d'éditer peu de titres, mais de les accompagner
assez longtemps pour qu’ils trouvent leurs lecteurs.
Des ouvrages auxquels on revient et avec lesquels on vit.
Bref, le contraire de la surproduction et de la grande consommation
littéraire."
A paraître prochainement un recueil de chroniques :
Portraits du jour, 150 histoires d'une étrange
planète de Marc Kravetz, qui intervient
sur France Culture, où il dresse chaque matin ses fameux
portraits.
B. Longre (mars 2008)
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In-Fusion, revue
littéraire
Revue littéraire "qui rassemble et donne
la parole", In-fusion,
dirigée par Nicolas Cotten, propose un premier numéro
consacré à la nature ; une vingtaine d'auteurs
se sont penchés (très librement) sur ce thème
(pourtant imposé !), à travers des poèmes,
des textes courts, des essais, ou encore des photos-haïkus...
Les contributions sont signées Thierry Cazals, Eric
Dubois, Pierre Clavilier, Michel Cosem, Jean-Pierre Lesieur,
Philippe de Boissy, Saïd Mohamed, Camille Aubaude, Daniel
Brochard, Jacqueline Panorias, Cécile Guivarch, Laurent
Fels, Juliette Clochelune, Emeric de Monteynard, Patrick Joquel,
Thibaut Gress, Matthias Vincenot, André Duhaime, Magali
Turquin, Danièle Corre, Jean-Pierre Cotten, et la revue
est diffusée par les éditions du jasmin (www.editions-du-jasmin.com/)
B. Longre (mars 2008)
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L’os d’aurochs
de Pierrette Fleutiaux, vu par Cristine Guinamand,
éditions du Chemin de fer, 2007
Encore un excellent choix des éditions du chemin de
fer que cette pétillante fable canine signée
Pierrette Fleutiaux. Véritable friandise pour lecteur
que cet os malicieux que l’on dévore jusqu’à
la dernière ligne dès qu’on a le bonheur
de l’avoir entre les mains. L’histoire ? Chien
perdu rencontre un jour chien-errant, à moins que ce
soit plutôt chien-malin, ou chien-crétin, ou
chien-méchant, ou chien-collant… car rien n’est
plus difficile que de cerner le caractère d’un
humain – pardon, d’un chien ! Quand en plus le
hasard et l’amour s’en mêlent, c’est
à n’y plus retrouver ses petits. Toute ressemblance
avec un bipède existant ou ayant existé serait
bien entendu fortuite et indépendante de la volonté
de l’auteur.
M. Gallot (février
2008)
L'éditeur
autres
titres
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L'éditeur |
Marcel Proust,
Idées reçues par Bernard Brun,
Le cavalier bleu
« Les idées reçues en littérature
ne sont pas forcément des idées fausses »,
mais plutôt des constructions soigneusement bâties
par les critiques d’une part, l’auteur lui-même
ainsi que ceux qui l’ont connu, et entretenues par éditeurs
et manuels scolaires. Bernard Brun, très érudit
sur le sujet (il est responsable du programme Marcel Proust
à l’Institut des textes et manuscrits modernes,
chercheur au CNRS), cherche à établir la part
de vérité des clichés, à séparer
la réalité du mythe avec une préoccupation
constante : l’œuvre, rien que l’œuvre,
à l’exclusion de tout le reste qui vient brouiller
plus qu’éclaircir. Tout y passe : Proust, snob
laborieux – Proust, grand malade – Balbec, c’est
Cabourg – La recherche, roman de la mémoire,
roman à clefs – Proust, juif sodomite, etc.
Précis et rigoureux, cet ouvrage n’est pas aussi
grand public que son apparence le laisse penser, et nécessite
pour être apprécié une bonne connaissance
de l’œuvre de Proust, dans laquelle l’auteur
navigue avec une aisance de spécialiste (l’éditeur
a d’ailleurs pris soin de mettre en annexes un mémento
des principaux personnages de la Recherche du temps perdu,
ainsi qu’un résumé des différents
tomes). Une intéressante mise au point nourrie des
recherches actuelles sur le texte proustien, mais à
réserver aux amateurs éclairés. M.
Gallot (février 2008)
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L'éditeur
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Henry James,
de Gertrude Stein, précédé de
Shakespeare
par Henry James, traduit de l’anglais par Jean Pavans,
Phébus, Libretto, 2008
Henry Stein et Gertrude James
Ceux qui restent convaincus que la littérature demeure
le territoire des rencontres improbables recevront avec bonheur
ce Libretto où se mêlent les voix des rhapsodes
Henry James et Gertrude Stein. Étonnante percussion
en effet que celle résonnant entre l’introduction
à La Tempête de Shakespeare
rédigée par James en 1907 et l’essai halluciné
que, en 1933, l’avant-gardiste américaine consacra
à l’auteur du Tour d’écrou.
La sinueuse limpidité d’une part ; un art consommé
de la digression et de la transgression de l’autre se
répondent finalement en un hymne dual à la création.
Il serait déshonnête de prétendre que
le propos est accessible au commun des lecteurs, car ces pages
sont d’une densité rare, qui confine parfois
à l’hermétisme. La présentation
de Jean Pavans (le traducteur de l’ensemble) en livre
cependant une clef essentielle, quand il explique en quoi
Stein voyait en James « le plus ancien écrivain
du monde »…
F. Saenen (février
2008) |
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L'éditeur
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Le monde intervalle,
d’Anne Sibran, Panama, 2008
Échos de la vie quotidienne, ces chroniques résonnent
comme des harmoniques. Ni roman, ni essai, ni autobiographie,
mais plutôt journal des sens et de l’essentiel,
Le monde intervalle dévoile
des drames petits et grands, des sensations (odeurs, sons,
regards, qui n’excluent ni le goût ni le toucher),
des souvenirs d’enfance et de voyages, présente
des scènes de bistrot métamorphosées
en spectacle théâtral, propose des évocations
de la nature jusque dans les recoins urbains, des frayeurs
(celles de la narratrice, celles des autres), des esquisses
et des portraits… Partout la poésie affleure,
répondant au besoin de saisir les faits, les choses,
les êtres avec délicatesse, d’appréhender
aussi les secrets mêmes de l’écriture.
« Ainsi peu à peu je comprends combien la
« périphérie », l’épiphanie
des petits événements, nourrit le cœur
de l’essentiel ».
J.-P. Longre (février
2008)
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L'éditeur |
Michael Moore,
Au-delà du miroir de Guy Millière
(Le rocher, 2008)
« Faire tomber le masque de Michael Moore »,
tel est le dessein de cet essai écrit par un universitaire
français fervent supporter de George W. Bush. Autant
dire que ce n’est pas une analyse objective et impartiale
des films de Michael Moore que propose Guy Millière,
mais un pamphlet de la plus grande virulence. Il attaque Moore
en tant que personne, lui reproche, en substance, d’être
un gauchiste paresseux, inculte, tyrannique, vulgaire, anti-américain
primaire, d’être nuisible à tout le monde,
y compris ses propres partisans et de flatter l’anti-américanisme
européen. L’essai se révèle intéressant
quand Guy Millière décortique point par point
les erreurs et approximations des faits présentés
dans les films de Moore qui distordent la réalité
et manipulent un spectateur passif en le bombardant d’informations.
Mais son jugement est aussi manichéen que la vision
de Moore qu’il dénonce, et Guy Millière
n’a rien à envier à son ennemi en matière
de mauvaise foi. Sa haine le conduit à ressasser toujours
les mêmes arguments, rendant son essai trop répétitif
pour ne pas ennuyer le lecteur et trop catégorique
et unilatéral pour être complètement crédible.
M. Gallot (février
2008)
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L'éditeur
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Le Désert
de l’empailleur, de Ghislain Ripault,
Rhubarbe, 2007
Nuit, rencontres, conversations rudes, fantasmes érotiques,
on ne peut résumer ce livre ni le classer tant il échappe
aux cadres habituels. Ghislain Ripault écrit magnifiquement,
surprend sans cesse, entre narration et poèmes. Malgré
cela, on a du mal à se fixer sur les visions qu’il
propose, tant elles glissent, à peine évoquées.
Pour les amateurs avertis.
A-M Mercier-Faivre (février
2008)
Chez le même éditeur
La Cité
de sable de Bruno Doucey
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L'éditeur
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Epuisé,
de Joe Matt, Seuil BD, 2007
Après Les Kids et
Strip-Tease, Joe Matt se met à nouveau
en scène dans un troisième tome d’autofiction
graphique, narrant ses (minables) aventures inscrites dans
un quotidien (morose à souhait) ; et pourtant, on ne
se lasse pas de sa mauvaise foi, de ses chamailleries mesquines,
de ses crises existentielles aiguës ou de ses angoisses
à la Woody Allen. Il collectionne toujours les strips
mais sa solitude affective le pousse à louer des films
pornos qui, à leur tour, le détournent des planches
qu’il n’a pas encore réalisées…
La mise en abyme est très réussie, surtout lorsqu’il
revient sur son travail et sur le contenu de ses livres précédents
: « ces pages ne rendent pas compte de ce qu’était
mon enfance… j’étais un enfant joyeux…
pas ce misérable cafard… », constate-t-il,
amer, en se penchant sur Les Kids.
Et de ce dernier album, il dit : « C’est de
la branlette en bande dessinée »…
peut-être n’a-t-il pas tout à fait tort,
mais on lit néanmoins d’une traite les pérégrinations
de ce loser terrible !
B. Longre (février
2008)
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Dans la même collection
Fersen, Louis Attaque,
Mickey 3D, Raphaël, Vian, Gainsbourg, Boby Lapointe,
Piaf, Higelin, Téléphone, Dutronc, C. François,
Bourvil, Brassens, Prévert, Nougaro, Brel, Nino Ferrer,
CharlElie Couture et Barbara.
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Les chansons
de Zazie en BD, Editions petit à petit,
Collection Chansons en BD, 2007
Zazie, toujours haute en couleurs !
Zazie sur fond violine, quelques pages biographiques entre
deux chansons dessinées… voilà une idée
qu’elle est intéressante. Certes, il est nécessaire
d’aimer un minimum l’artiste pour y trouver de
l’intérêt et, quand c’est le cas,
c’est un petit bouquin terriblement agréable
à lire qui laisse carte blanche à six jeunes
illustrateurs, pour six chansons : la Zizanie, Rodéo,
Rue de la Paix, Adam et Yves, le formidable Excuse-moi
par Marie Decavel et Je suis un homme. Alors, chacun
a mis sa touche personnelle aux textes que Zazie compose elle-même.
Les scénarii ont également été
laissés à l’appréciation des artistes.
Comme quoi une chanson (art mineur comme le disait l’ami
Gainsbarre) peut se voir comme une œuvre d’art
car on y trouve ce que l’on ressent personnellement.
C’est très beau, très gai et fortement
diversifié tant les styles de graphismes et de dessins
sont éclectiques. Une idée originale ; un très
bel hommage à l’une des artistes les plus talentueuses
de sa génération ; une petite bulle d’oxygène
dans la vie quotidienne ; bref du pur bonheur !
A. Saybec (février 2008)
L'éditeur
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L'éditeur
du même auteur
Rupture
(Stock, 2001)
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Mort d’une
tueuse de Rupert Thomson, trad. de l’anglais
par Bernard Turle, éditions P. Rey, 2008
Après trois décennies passées derrière
les barreaux, Myra Hindley vient
de s’éteindre, mais nul n’a oublié
les crimes odieux commis dans les années 1960 avec
son complice, Ian Brady, pédophile et assassin de la
lande, et un policier est réquisitionné pour
veiller le corps et le protéger de la vindicte populaire.
Tout se déroule dans la morgue, l’espace d’une
nuit, durant laquelle l’homme fait défiler ses
souvenirs tout en s’interrogeant sur les motivations
de cette femme qui l’obsède, pour des raisons
bien précises. Le roman, introspectif, n’a rien
d’un thriller, même si l’atmosphère
pesante permet d’explorer les fragilités de l’âme
humaine et les angoisses d’un quadragénaire en
apparence tranquille, pourtant au bord d’un gouffre
que l’on entraperçoit derrière ses rencontres
fantasmatiques avec la meurtrière – celle-ci
incarnant le mal à l’état pur et la perversité
dont l’être humain peut se montrer capable, rappelant
une vérité que l’on préfèrerait
occulter, à savoir que nous sommes tous susceptibles
de franchir le pas…
B. Longre (février
2008)
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Yapou bétail
humain, tome 1, de Shozo Numa et Tatsuya Egawa,
traduction de Sylvain Cardonnel, Kami, 2007
Adaptation du roman du même
titre, ce manga (réservé à un public
averti, on l'aura compris) suit assez fidèlement l’œuvre
de Shozo Numa, tout en en proposant une vision forcément
moins documentée (en comparaison du foisonnant roman
original), mais aussi légèrement édulcorée,
le trait fluide adoucissant quelque peu la crudité
et la perversité de certaines situations. Ce premier
tome ne relate qu’une partie seulement du premier opus
de Yapou – la rencontre de
Pauline et de Clara, sous les yeux de Rin, dont l’avilissement
aux mains de la première a déjà commencé.
Un ouvrage qui incitera peut-être les lecteurs à
aller lire le roman de Shozo Numa, on l’espère…
B. Longre (février
2008)
http://www.mangakami.com/ |
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L'éditeur |
Incognito
de Petru Dumitriu, Le Seuil, 2007
Né en Roumanie en 1924, mort en France en 2002, Petru
Dumitriu n’est pas un inconnu… Auteur roumain
dissident, il a écrit plusieurs ouvrages en français
après son exil, et le Seuil a eu la bonne initiative
de rééditer Incognito,
roman majeur publié pour la première fois en
1962.
Traversée des décennies les plus troublées
de la Roumanie récente par un personnage qui a tout
connu, tout vécu, de la guerre à la dictature,
le récit se situe entre culpabilité et espérance,
entre oppression et libération. « Il est
trop facile de dire que c’est la société
et l’histoire et la nature qui sont coupables. Elles
le sont aussi, de leur côté. Mais cela laisse
ma faute entière ». Et en réponse
: « Il y a de l’espoir et de fortes raisons
de confiance ». Incognito
est une somme ; qui veut saisir l’histoire tourmentée
de la Roumanie et, plus largement, les ressorts de l’âme
humaine au milieu des tempêtes se doit de le lire
J.-P. Longre (janvier 2008)
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L'éditeur
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Abécédaire
de l’esclavage des Noirs, de Gilles Gauvin,
Dapper, 2007
Beau livre à la couverture souple, émaillé
d’illustrations et de reproductions d’époque,
complété par des cartes, une bibliographie et
une chronologie, cet ouvrage documentaire de référence,
malgré ses qualités pédagogiques, n’a
pas été conçu comme un manuel scolaire
et intéressera le grand public. L’auteur revient
sur quelques grandes figures abolitionnistes (Schoelcher,
Sarda-Garriga, Olaudah Equiano), sur des notions de base (Traite,
Identité, Révoltes, marronnages, etc.) ainsi
que sur les origines et la vie quotidienne des esclaves dans
diverses colonies. Écrit par Gilles Gauvin, docteur
en histoire et membre du Comité
pour la mémoire de l’esclavage (il a surtout
travaillé sur la question de la place de la traite
négrière et de l’esclavage dans les programmes
scolaires), cet Abécédaire permet de
faire le tour de la question tout en proposant un agencement
qui facilite la consultation. B.
Longre (février 2008)
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L'éditeur |
Manuscrit
ms 408 Voynich de Thierry Maugenest, L. Levi,
2007
En quête du code
Après Venise.net
et La Poudre des rois, polars plébiscités
par les libraires et traduits dans une dizaine de langues,
Thierry Maugenest offre encore un roman très bien mené
avec Manuscrit ms 408 Voynich. En
parcourant les pages de ce dernier, le lecteur est invité
à voyager dans l’espace et dans le temps : en
Angleterre, au Moyen-âge ; à Prague, à
la cour de l’Empereur germanique Rodolphe II au début
du XVIIème siècle ; et de nos jours, en Europe
et aux Etats-Unis. A partir de l’énigme du manuscrit
découvert par Wilfried Voynich en 1912, aujourd’hui
enregistré sous la cote ms 408 à la bibliothèque
des livres rares de l’université de Yale, et
dont le cryptage résiste depuis des siècles
aux meilleurs analystes, l’auteur est parvenu à
construire une intrigue éminemment informée
et romanesque. Tout commence à New-York où l’agent
spécial du FBI Marcus Calleron tente de comprendre
pourquoi plusieurs bibliophiles, particulièrement intéressés
par le manuscrit, sont tombés dans un coma irréversible.
Suit une enquête passionnante, rythmée par une
réflexion philosophique poussée, qui plaira
à tous les amateurs de polar mais aussi à un
public plus large. Un roman qui donnera sans doute l’envie
de percer à jour le code du manuscrit le plus mystérieux
du monde… M. Pichot
(janvier 2008)
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L'éditeur |
Une
histoire du spectacle militant (1966-1981),
Sous la direction de Christian Biet et d’Olivier Neveux,
L’Entretemps Éditions, 2007
Imposante publication que cette première Histoire
du spectacle militant, actes d’un colloque,
rassemblant des études historiques et critiques, comme
des témoignages et autres regards en arrière,
et même un scénario d’Armand Gatti, Les
Katangais, écrit et non-réalisé
en 1974. Parcourant les quinze années de théâtre
et de cinéma militant ici traitées, on croise
ainsi, notamment, Alain Badiou, André Benedetto, ou
Augusto Boal (présenté par son fils Julian),
pour le théâtre, et Godard, Resnais, Bertolucci,
pour le cinéma, et bon nombre d’autres expérimentateurs,
avant-gardistes, rêvant d’une transformation radicale
de la société. Affinant et complétant
les Théâtres
en lutte d’Olivier Neveux, ce volume
théâtre-cinéma attise moins la nostalgie
douce-amère des uns (qui en sont re-venus) que la persévérance
des autres (qui y viendront) : tout cela semble certes bien
daté, mais ces multiples pavés militants qu’a
poli le temps (notre culpabilité politique) n’en
restent pas moins précieux, jusque dans leurs féconds
excès divers et variés. On ne partira jamais
de zéro.
N. Cavaillès (janvier
2008)
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Comme si rien
de Jean-Noël Blanc, vu par Ann Guillaume,
Les éditions du Chemin de fer, 2007
Albert Pêcheur, obscur fonctionnaire au Bureau central
des vérifications, attend depuis longtemps une promotion
qui ne vient pas malgré sa conscience professionnelle.
La visite du ministre dans son service pourrait tout changer,
mais qu’en sera-t-il ? Pêcheur doit-il signer
la pétition syndicale, se mettre sur son trente et
un comme ses collègues, la jouer décontracté,
voire contestataire anarchisant ? Sa modeste existence, entre
le bureau et l’appartement où il vit avec sa
mère, va-t-elle être bouleversée ?
Le récit de Jean-Noël Blanc va au-delà
de la satire sociale ou de l’observation ironique ;
il s’attache aux questions et aux angoisses d’un
homme, et les illustrations troublantes et troublées
d’Ann Guillaume contribuent à nous faire passer
de l’ordinaire à l’extraordinaire, comme
si de rien n’était.
J.-P. Longre (janvier 2008)
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