Edition et diffusion

 

< janvier - mars 2007>

 

 

L'éditeur

L'ouvrage en anglais

Le Vengeur de Thomas de Quincey, traduit de l’anglais par Marc Voline, Éditions Baleine, collection Baleine Noire, 2007

Le vengeur (dé)masqué - Dans les eaux éditoriales hexagonales, un cétacé en voie d’expansion est à pêcher sans restriction : la Baleine Noire. Cette collection de « poche de luxe », selon ce qu’elle annonce fièrement dans son programme, « hébergera à la fois des auteurs français inédits, des reprises ou des traductions. “Trans-genre”, polar, noir, gothique, flirtant avec le fantastique, gore quand il le faut, c’est un petit renouvellement du genre noir, qui remplace l’enquête et le militantisme par la terreur et la mort ! » Promesse tenue avec Le Vengeur ! Passé l’inquiétante couverture représentant une cire anatomique (tout droit sortie du cabinet de l’étrange Docteur Spitzner), le lecteur est happé par ce court texte anglais de la moitié du 19e siècle qui met en scène, et ce pour la première fois en littérature, la figure du serial killer. Avec une élégante plume tirant son raffinement de sa simplicité, Thomas de Quincey nous plonge dans la noirceur la plus totale : une série de meurtres inexpliqués bouleverse une paisible communauté. Ainsi, malgré l’extrême vigilance des villageois terrifiés et la protection rapprochée de jeunes étudiants n’écoutant que leur courage, des vies se perdent, des drames se nouent, des destins se brisent, pour aboutir à un renversant coup de théâtre. Une œuvre magistrale donc, aux résonances intemporelles… S. Hamammi (avril 2007)

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L'éditeur

Mon Ami Kronos de Pierre Albert-Birot, postface d’Arlette Albert-Birot, Éditions Zulma, 2007

Les Heures de Birot Écrasée sous l’imposante épopée en six livres de Grabinoulor, l’œuvre de Pierre Albert- Birot (1876-1967) est encore à découvrir dans ses réjouissants à-côtés. Mon ami Kronos fait partie de ces textes précieux et était à ce jour inédit. Manière de dialogue mené avec le dieu qui préside aux choses du Temps, Mon Ami Kronos ne relève en rien de l’essai pompeux. Il s’agit plutôt d’une conversation à bâtons rompus entre un individu et son « meilleur ennemi », dans le souci d’amadouer, voire d’apprivoiser ce dernier. Le ton est piquant, ironique à souhait, mais il ne faut pas se laisser berner par cet humour ambiant : car, ce qu’Albert-Birot saisit sans avoir l’air d’y toucher, ce sont nos questionnements et nos angoisses les plus profonds en regard de notre condition éphémère. Une seule note de dépit : pourquoi n’avoir reproduit que huit chapitres sur les vingt trois au total que compte ce bijou ? Arrivé aux ultimes pages, où l’auteur invente le « pondochrone » («pèse-temps »), on reste sur sa faim. Et on en redemande !
F. Saenen (avril 2007)

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L'éditeur

Le Château d’utopie de Jacques Layani, Traverses, « D’un noir si bleu », 2007

Jacques Layani a l’art subtil de l’allusif, du dit entre les mots, de l’écrit entre les lignes. Les brèves nouvelles que contient ce volume nous font passer (et parfois repasser) des instants denses dans l’existence de personnages qui, pour être bien de notre monde, nous le présentent sous des angles neufs, poétiques, violents, humoristiques, déroutants.
Il y a l’amour aussi, toutes les facettes de l’amour, la grande affaire de ces vies dans lesquelles le réel et l’imaginaire sont étroitement solidaires l’un de l’autre. Le lecteur se laisse volontiers guider vers le «château d’utopie», pour s’y retirer « quelque temps quand le monde se fait bête autour de lui ».
J.-P. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

Voyages avec un âne dans les Cévennes de Robert Louis Stevenson, photographies de Nils Warolin, Editions du Rouergue, 2007

En septembre 1878, le célèbre auteur de L’île au trésor et du Cas étrange du Dr Jekill et Mr Hyde parcourut en douze jours un itinéraire qui le mena du Monastier, en Haute-Loire, à Saint-Jean-du-Gard, au pied des Cévennes. Le récit de ce périple, publié en 1879, devint l’un des grands classiques de la littérature de voyage, maintes fois réédité. La publication des éditions du Rouergue apporte une nouveauté de taille aux anecdotes, portraits et descriptions pittoresques de Stevenson : les photographies lumineuses, colorées, évocatrices de Nils Warolin, grand connaisseur lui aussi de ces montagnes. Les paysages sauvages, les bâtisses solides, les villages discrets qui ont ponctué l’itinéraire de l’écrivain écossais sont là, présents aux yeux du lecteur, attisant sa curiosité, avivant son plaisir. Avec l’utile «carnet de route » qui conclut l’ensemble, ce beau livre, texte et illustrations confondus, est un engageante invitation à la randonnée.
J.-P. Longre (mars 2007)

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Les Chaussettes de l’archiduchesse et autres défis de la prononciation, de Julos Beaucarne (avec Pierre Jaskarzec), Points Seuil, 2007

Dans la collection "Le goût des mots", qui compte déjà une douzaine de titres (dont Un bouquin n’est pas un livre de Rémi Bertrand), a paru récemment un ouvrage qui traite exclusivement des virelangues (« tongue-twisters » en anglais), ces énoncés plus ou moins longs (en témoigne le chapitre intitulé « Mes virelangues fleuves », réservés aux « virelangueurs patentés ») qui requièrent pas mal d’entraînement avant de pouvoir être maîtrisés. Justement, l’ouvrage, qui répertorie des dizaines d’exemples (le plus souvent sous forme de comptines ou de poèmes, classés par thématiques) est conçu à la manière d’un manuel ; mais le lecteur-joueur peut évidemment choisir de découvrir l’ouvrage dans le désordre et piochera les énoncés qui lui sembleront les plus simples ou les plus retors (selon son niveau...) Des jeux avec les sons à partager, pour tous les âges.
B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

On a marché sur la tête de Marie Le Drian, vu par Raphaël Larre, Editions du chemin de fer, 2006

Les éditions du chemin de fer ont la particularité de proposer des textes de fiction d’excellente qualité, accompagnés d’illustrations ; des ouvrages format poche qui mettent en vis à vis deux univers expressifs, l’un langagier, l’autre visuel, parfois contrastés ou d’autres fois en symbiose, comme ici avec les croquis décalés de cimetières de Raphaël Larre ; Albert-Léonard, un vieux célibataire, a en effet décidé, de son vivant, d’organiser ses funérailles. Il fait appel à une entreprise de pompes funèbres moderne et organisée, qui lui envoie une commerciale chargée de monter le contrat…
La narration est à la première personne mais ce court récit enlevé, un long dialogue ponctué de réflexions en aparté d’Albert-Léonard pourrait tout aussi bien être adapté pour le théâtre. La naïveté, la circonspection et l’étonnement du futur décédé face aux complexités inattendues de cet arrangement amusent beaucoup et la froideur détachée (toute professionnelle) de l’employée permet de mettre en exergue l’acidité et l’ironie qui se dégage de la démarche même du « vieux gars ». Une nouvelle pour plaisanter d’un sujet grave et rire des absurdités des vivants face à la mort. B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur
Chez le même éditeur (Ainsi nommé en l'honneur de Sainte Rita, patronne des causes désespérées, et de la fraise tagada)
Bouilles de Sarah d’Haeyer

Les Bons d’absence de Monsieur Théodore, récoltés par Marie Bouchacourt, éditions Ritagada, 2007

Monsieur Théodore « passe le plus clair de son temps à ne pas être là »… Aussi déploie-t-il des trésors d’imagination à fabriquer des mots d’excuse (pour la plupart bonnes…) réunis dans cet ouvrage inclassable ; on trouvera ici tous les bons d’absence possibles, du plus classique au plus absurde, du plus amusant au plus poétiquement surprenant. Ainsi, Monsieur Théodore était absent parce qu’il « a revécu des temps anciens », parce qu’on « l’a invité à danser », ou encore parce que « sa pince à linge a refusé de le laisser sortir »… Chaque bon est mis en scène visuellement, des illustrations qui rappellent par bien des aspects l’art naïf, le surréalisme (en accord avec les textes) – des dessins faussement enfantins, entre peinture et croquis, esquisse et crayonnage. Un petit livre que l’on ne se lasse pas de feuilleter et grâce auquel on oubliera que le temps passe et qu’on est peut-être attendu quelque part… L’occasion d’emprunter à Monsieur Théodore l’un de ses précieux bons d’absence… B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

La vie en flammes de Scott Wolven, Terres d’Amérique, Albin Michel, 2007

Nouvelles ou roman ? Les motifs de La vie en flammes se répètent tant et si bien d’un récit à l’autre, et les personnages se croisent si souvent (quitte à se confondre) qu’il est difficile de trancher. Scott Wolven montre à la fois de la compassion et de la lucidité dans les portraits de ses anti-héros en errance, subsistant au jour le jour, entre deux petits boulots, entre désoeuvrement et métiers physiquement éprouvants, pris dans l’engrenage des drogues et de l’alcool. Dans cet univers masculin, une Amérique de laissés pour compte et de semi-marginaux, les colères ravalées et les frustrations enfouies éclatent parfois dans des paroxysmes de violence (dont certains font un métier), libérant temporairement des hommes simples et frustres, pour qui cette violence prend alors le pas sur toute autre forme de communication. Bûcherons, dealers, camionneurs, ex-prisonniers, tous sont enferrés dans des destinées impossibles à conjurer – reste à savoir s’il faut accepter son sort ou se débattre pour s’en extraire, tout en sachant que tout effort restera vain, toute rédemption impossible. On assiste froidement au démantèlement du rêve américain, du Vermont à l’Ouest, tout en prenant là encore conscience de la fragilité de la condition humaine. B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

L’inde de Pascale Haag et Blandine Ripert, collection Idées reçues, Le cavalier bleu éditions, 2005

Ainsi que la plupart des ouvrages de la collection, ce guide sur l’Inde contemporaine (mais aussi sur son histoire, ses mœurs, ses traditions et ses évolutions) déconstruit avec beaucoup d’intelligence les préjugés ou les idées toutes faites qui peuvent encore être entretenus sur ce grand pays contrasté de l’Asie du Sud, qui compte plus d’un milliard d’habitants (depuis 2000) – un pays qui oscille entre développement et tiers-monde, entre modernité et obscurantisme, dont les auteurs (toutes deux chercheuses et spécialistes) ont souhaité donner « une image plus fidèle ». Du Kamasutra à l’hindouisme, de Gandhi à la condition de la femme, du phénomène démocratique à la croissance économique, ce petit ouvrage précieux aborde nombre de thèmes, avec un grand souci de clarté et d’exactitude factuelle.
B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

9 mois par moi de Maïa Brami et Karine Daisay, La Martinière, 2007

Maïa Brami et Karine Daisay ont concocté un ouvrage réalisé avec soin, poétique et innovant, qui se démarque du journal intime traditionnel ou des multiples guides existants, un livre-cahier qui tient davantage du carnet de bord ; elles proposent ainsi aux futures mères (et ce sans exclure les pères) de mettre en mots et en images l’expérience de leur grossesse, en offrant poésie, citations, recettes traditionnelles, et guide des prénoms (venus du monde entier) qui sort des sentiers rebattus. Les décors monochromes, discrètement rehaussés de collages et d’illustrations très sobres, qui évoquent pour la plupart vie végétale et animale, permettront de faire sien ce cahier où tout reste évidemment à écrire (et/ou à coller). Une belle incitation à la création, à la réflexion, à la rêverie et, plus tard, aux réminiscences. B. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

Pandemonium de Christophe Bec et Stefano Raffaele, Les Humanoïdes associés, 2007 - Tome 1 : Les Collines de Waverly

Dans ce premier opus d’une nouvelle série fantastique prometteuse, on fait la connaissance de Cora, une petite fille atteinte de la tuberculose, que sa mère (elle-même malade étant enfant) a décidé de faire traiter au Waverly Hills sanatorium, où elle fait confiance au personnel. Mais des phénomènes étranges surviennent, que seule Cora semble percevoir – des apparitions fantomatiques, des hallucinations visuelles, etc. – vraisemblablement liés à d’atroces événements qui se sont produits dans l’établissement des années plus tôt. L’atmosphère est pesante à souhait, le décor lugubre, les personnages inquiétants (en particulier certains médecins…), et la mort plane en permanence sur ces lieux maudits – tout ceci n’étant pas sans rappeler L’Hôpital et ses fantômes de Lars von trier. A suivre…
B. Longre (mars 2007)

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L'auteure

Le cercle parfait de Pascale Quiviger, Les 400 coups, 2006
(première parution aux éditions de l’Instant même, 1995).

L’amour et la folie ont toujours entretenu des rapports plus ou moins étroits. Marianne, jeune Québécoise de passage dans un village d’Italie, succombe à sa passion au point de rompre radicalement avec son passé pour se résoudre à la solitude de l’exil et de l’attente, à la fixité d’une vie sans autre désir que celui des rares visites de Marco. « Au début, Marianne a l’illusion d’entrer dans l’œuf de Marco et d’y trouver sa place. Elle a l’illusion d’être modeste. Elle croit qu’une place modeste dans un œuf clos lui suffira à elle aussi. Mais c’est l’œuf de Marco. On n’y entre pas. Il n’a besoin de personne. » La perfection n’est pas de ce monde, et il faut s’y résoudre ; l’amour est exaltant, l’amour est dévastateur. Pour Marianne, le cercle se brise, mais « Le grand bonheur » pourra finalement clore le récit.
J.-P. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

L'auteur

Coxyde de Rémi Bertrand
éditions du Somnambule équivoque, collection «Fulgurances», 2006.

Clément aime les livres, et voudrait travailler « dans le secteur de l’édition ». Il aime Marie, qui le lui rend bien semble-t-il, tout en le considérant «comme un objet d’étude ». Tous deux se mettent en quête : de leurs sentiments réciproques, de leur présent mal assuré, de leur passé dont les points communs, découvrent-ils, peuvent également être des points de tension.
Ils cherchent, entre la Belgique et Versailles, entre Versailles et la Belgique (Mons en passant, puis Coxyde, cette station côtière qui leur révèle ce qu’ils se cachaient) ; nous cherchons aussi, selon les itinéraires sinueux des deux jeunes gens, en suivant les phrases chantournées de Rémi Bertrand, en remontant le temps jusqu’aux pages de l’enfance.
J.-P. Longre (mars 2007)

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L'éditeur

Francis Dannemark

L’école des Belges, publié sous la direction de Francis Dannemark, en collaboration avec J. Duhamel, E. Flory, H. Hiessler et D. Laroche. Préface de J. De Decker, introduction d’A-M. Beckers. Le Castor Astral, 2007.

Ils sont dix. Dix romanciers à se présenter (petite autobiographie, influences et goûts revendiqués) et à être présentés, voire analysés par des spécialistes, des enseignants, des libraires – le tout parsemé de quelques extraits littéraires en guise d’illustrations. La vie, l’œuvre, les morceaux choisis, les commentaires ? Tout cela, dira-t-on, fait bien scolaire… C’est dans l’ordre des choses, puisque cela s’adresse avant tout aux élèves, aux étudiants, aux professeurs. Il y a donc la rigueur et la régularité requises. Mais ce manuel a surtout l’avantage d’être un point de départ pour des parcours à venir, d’être une incitation à la lecture ; qui plus est, à la lecture de prosateurs belges d’aujourd’hui se situant au premier rang des grands créateurs de la littérature de langue française, quel que soit leur degré de notoriété. Sans préséance, et dans l’ordre alphabétique : André-Marcel Adamek, Philippe Blasband, Francis Dannemark, Xavier Deutsch, Thomas Gunzig, Xavier Hanotte, Armel Job, Amélie Nothomb, Bernard Tirtiaux, Jean-Philippe Toussaint.
On suivra donc avec intérêt les itinéraires proposés par ce livre qui, comme l’écrit Anne-Marie Beckers, « donne envie de lire […] et pourquoi pas envie d’écrire ?" J.-P. Longre (février 2007)

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L'éditeur

La tranchée d'Arenberg et autres voluptés sportives de Philippe Delerm, Editions du Panama, 2007.

Le sport n’est pas toujours voluptueux ; pas souvent, même. Pourtant, sous la plume de Philippe Delerm, il le devient, par la grâce d’une écriture de la précision et de l’émotion. Dans le style avec lequel l’auteur nous a familiarisés, mais comme jamais encore dans ses écrits antérieurs, c’est l’exercice physique qui devient porteur de nostalgie, c’est le corps et ses souffrances volontaires qui nourrissent les mouvements de la mémoire.
Ils sont tous là, les anonymes et les célèbres, ceux dont la réussite a été acclamée par les foules, ceux dont l’échec a suscité des flots de sympathie et de larmes… Brèves notations, courts chapitres au souffle égal et maîtrisé, ces « je me souviens » sportifs sont des exercices de lecture bien revivifiants.
J.-P. Longre (février 2007)

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L'éditeur

www.thrillerwriters.org

Moisson noire 2006 - Les meilleures nouvelles policières américaines
Rivages Thriller 2006

« La nouvelle, comme le cent mètres, doit confiner à la perfection ; on ne peut pas rattraper un mauvais départ, on n’a pas le temps de reprendre haleine et aucun faux pas n’est pardonné. » Jolie métaphore de l’auteur de thrillers Nelson DeMille qui se compare lui-même à un « coureur de fond », précisant qu’il n’a jamais été un « sprinter sur le plan de l’écriture » ! Que nous vaut donc cette moisson ? Évidemment le plaisir de retrouver des maîtres, tels que Joyce Carol Oates ou Stephen King, mais surtout, l’excitation de découvrir de nouveaux venus, tout jeunes et déjà si prometteurs. Patrick Michael Finn, Michael Knight, Timothy Williams, Christopher Coake… Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais vous ne perdrez rien à les retenir. Avec eux s’écrira le XXIe siècle de la littérature policière américaine. Et n’ayons pas peur de parler de littérature, car ces textes sont avant tout des nouvelles écrites avec maestria — denses, intenses — où l’intrigue sert surtout à planter un décor, pour permettre ensuite à l’auteur d’explorer l’âme humaine, au travers de personnages en perdition. Un recueil… à couper le souffle !
M. Brami (février 2007)

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L'éditeur
Lire aussi Vie de poète

Editions Zoé, 2006

Cendrillon de Robert Walser, Editions Zoé (mini Zoé), 2006

Petit Cendrillon pour les grands
Attention, ceci n’est pas un conte pour enfants. C’est pourtant toute l’histoire de Cendrillon, la profondeur (et quelles profondeurs !) en plus. Mais en vers, comme dans le temps (à ceci près qu’on est en poésie du xxe siècle et que c’était en allemand), dans une langue extrêmement riche et souple, tantôt travaillée et tordue en tous sens, tantôt directe et proche de la langue orale. Belle traduction, parfois emberlificotée, à moins que ce ne soit le texte.
De la poésie, donc, et du beau Walser, à savourer dans un tout petit format, ce qui permet de l’avoir sous la main en toutes circonstances, viatique pour les bons et mauvais voyages et de le lire et relire en tous sens.
Quant à ceux qui voudront en proposer des éclairs aux petits enfants, ils auront bien raison, mais devront faire un choix difficile, tant cela est beau et touffu.
A-M. Mercier (février 2007)

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L'éditeur

La Pyramide de feu d’Arthur Machen, FMR-Panama, Coll. La Bibliothèque de Babel, 2007

Après Meyrink, Papini ou encore James, la republication de la « Bibliothèque de Babel », collection de littérature fantastique dirigée par Borges dans les années 80, s’enrichit d’un choix de nouvelles d’Arthur Machen. Cet auteur anglais, considéré comme mineur pour l’intimité de son intonation propre, a laissé derrière lui de mystérieux contes, enracinés dans un imaginaire gallois et celtique. Son univers confine donc volontiers à l’ésotérisme et repose sur une vision manichéenne des rapports élémentaires entre l’homme et les forces secrètes dont il est souvent le jouet, parfois la victime. Érudition éclectique, occultisme et évocation du Petit peuple sont donc au programme de ce bel ouvrage, qui ravira les fanatiques du genre et ouvrira des portes dérobées aux lecteurs profanes. Car, comme le rappelle l’aveugle de Buenos Ayres, « Précédant la littérature réaliste, la littérature fantastique est d’une composition plus ardue, le lecteur ne devant pas oublier que si les histoires narrées sont des fables, elles n’en possèdent pas moins une véracité symbolique et essentielle. » F. Saenen (février 2007)

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Quartier bleu de François Darnaudet, Ed. du rocher, « Novella SF », 2006.

Pour tout dire, si le Paris de 2044 est conforme à ce que décrit François Darnaudet, on préfère s’en aller avant. Les armes meurtrières et leur utilisation à la portée de tous, des quartiers sauvages réservés à l’assouvissement des pulsions de tous ordres, une insécurité permanente entretenue par une police à la solde d’un pouvoir sans scrupules, des personnages virtuels aussi séduisants que dangereux, une technologie dont la maîtrise a échappé à l’homme… Une belle dégringolade dans le «meilleur des mondes». Heureusement, Quartier bleu est un roman policier qui relève de la science fiction : il y a donc roman et fiction, dans lesquels la police et la science sont des ingrédients au goût particulièrement relevé. Tout cela pour une intrigue haletante et pour le plus grand plaisir du lecteur.
J.-P. Longre (février 2007)

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L'éditeur

Les Chansons de Louise Attaque en BD, scénarios de Dorothée Piatek, Petit à Petit, 2006

Cette collection de BD a plusieurs mérites : mettre en scène et en images des textes poétiques, retracer l’histoire et l’évolution d’un groupe ou d’un compositeur, et enfin partir à la découverte de jeunes illustrateurs ; ils sont six à intervenir dans cet album moyen format, dans des styles très différents – les estompages gris-bleu de Estelle Meyrand (See you later Alligator), les lignes brusques et agitées de Martin Trystam (Manhattan), les teintes chaudes de Lucile Thibaudier (Salomé), les aquarelles de mer et de ciel de Chloé Cruchaudet (Nos sourires)… Les scénarios sont signés Dorothée Piatek, qui a concocté des histoires incitant au voyage, d’une ballade sous les ponts jusqu’à la statue de la liberté, de brèves évocations qui souvent laissent mélancoliques. Et même si l’on n’entend pas la musique, les textes et les images se suffisent à eux-mêmes.
B. Longre (février 2007)

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L'éditeur

Faulkner

William Faulkner et Albert Camus. Une rencontre : une communauté spirituelle, de Christiane Prioult, Éditions l’Harmattan 2006

Plein Sud
En guise de conclusion à son Hommage à Albert Camus, publié dans la NRF en mars 1960, au lendemain de la tragédie de la route de Sens, l’auteur de Pylône espérait qu’à la seconde de sa mort, l’écrivain avait eu l’intuition que, sans être achevée, sa quête avait abouti. Sublime pensée de la part d’un géant des lettres, qui tenait en très profonde estime son cadet du Vieux Continent et qui allait même jusqu’à reconnaître : « [Camus], c’est l’homme qui fait ce que j’ai toujours essayé de faire, à savoir de fouiller sa propre âme ».
Au fil des divers textes qui composent son essai – et qui offrent le confort de pouvoir être lus indépendamment comme autant d’articles autonomes – Christiane Prioult a tenté de remettre en perspective les affinités de deux œuvres que, certes, bien des aspects séparent (fossé générationnel, ancrage socio-culturel et spirituel, etc.) mais qui partagent une certaine vision de la destinée humaine, de sa confrontation permanente et de sa résistance, plus ou moins efficace, à l’absurde. Une exploration salutaire et audacieuse, située sous le soleil exactement – celui de Yoknapatawpha ou d’Alger… F. Saenen (janvier 2007)

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L'éditeur

l'auteur

La fuite en Chine, suivi de Rose Rose et de Prise de tête de Jean Rouaud, Les Impressions Nouvelles, Théâtre, 2006

Romancier dont la renommée s’est brillamment imposée en 1990 avec le Prix Goncourt attribué aux Champs d’honneur, Jean Rouaud réhabilite en trois brèves pièces le texte théâtral. Dans cette intention clairement avouée dès la préface, il cultive la fantaisie verbale, la poésie des mots et de leurs syllabes juxtaposées (« Rose Ysé vous rosissez », le pape et le papillon, un nommé Céphalée qui a égaré sa tête d’enfant…), et ainsi redonne la parole à ceux qui l’ont perdue, dans un perspective toute radiophonique. Surtout, La fuite en Chine, Rose Rose et Prise de tête, à des degrés divers, s’appuient sur le préexistant littéraire en le métaphorisant : le théâtre de Claudel, l’enquête policière, le mythe de Judith et Holopherne, pour ne citer que les axes principaux. Et voilà que, dans une tonalité qui peut rappeler celle de certaines pièces de Beckett ou de Tardieu, le théâtre reprend vie par la magie de l’écriture, démentant les assertions du « metteur en scène » de la première pièce : « De toute manière, ce que disent les auteurs, on s’en moque, il y a bien longtemps qu’on ne les écoute plus ». J.-P. Longre (janvier 2007)

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L'éditeur

Deux cons, de Tronchet, Fluide Glacial, 2006

Après Jean-Claude Tergal, l’inoubliable bourreau des cœurs, le terrifiant Raymond Calbuth ou encore le drôlissime Jésus, Tronchet nous présente deux nouveaux rejetons, Patacrêpe et Couillalère, superhéros éponymes de ce nouvel album. Un duo de choc, pathétique à souhait, dont on fait la connaissance à travers une série de saynètes tout aussi absurdes les unes que les autres (à la piscine, dans l’appartement ou le lit qu’ils partagent, etc.) qui mettent évidemment en relief l’inénarrable connerie de ces inventions hybrides – chacun d’eux oscillant entre le potache pubescent et l’imbécile pas toujours heureux, frustré (forcément), mesquin et timoré. L’humour bête et méchant, au ras des pâquerettes, de ces Bouvard et Pécuchet découvrant le monde qui les entoure (les femmes, les raviolis…), arrache pourtant de nombreux sourire au lecteur, tant la salutaire distanciation sardonique de l’auteur – forcément cruel avec ses créatures – et les propos qu’il tient en filigrane sur la bêtise humaine sont fort réjouissants.
B. Longre (janvier 2007)

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