 |
 |
< livres
- dernières brèves>
|

site partenaire
| 
L'éditeur
|
Coup
d’état de Justin Fleming, traduit
de l'anglais par Jean-Pierre Richard.
Lansman, « Théâtre en traduction »,
2006
1988, Malaisie. Face au Roi, tyrannique et
violent, méprisant ouvertement les droits de l’homme
comme l’arrogante morale occidentale, un vieux juge
malais désabusé, démis de ses fonctions,
une jeune avocate new-yorkaise engagée, fuyant une
bavure légale, un juge australien sage et gay, et une
jeune étudiante malaise clairvoyante et décidée,
en pleine ascension.
Avec beaucoup de didactisme et un peu d’humour, le dramaturge
australien, ancien avocat, Justin Fleming, confronte Orient
et Occident, christianisme et islam, justice et pouvoir, hommes
et femmes, dans ce drame politique imprégné
de droit et de théologie qui oppose à un droit
idéal et universel des individus une réalité
partout inique et hypocrite, toujours menacée par les
dérives autoritaristes comme par les clichés
sociaux. Il esquisse une version politico-socio-légale
d’un art de la nuance, démagogique dans la forme
sans être naïve dans le fond.
N. Cavaillès (août
2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur |
Le 20 novembre
(Förgänglighet) de Lars Norén,
Traduit du suédois par Katrin Ahlgren, L’Arche,
2007
Sans faute ni surprise, ce monologue du dramaturge
suédois Lars Norén donne la parole à
un adolescent sur le point d’aller dévaster son
ancien lycée. Sentiment d’exclusion, de mépris,
de ridicule, nervosité morale, confusion des valeurs,
simplification de la politique et banalisation des figures
du mal (Hitler, Condoleeza Rice), anglicisation télévisuelle,
modes éphémères et souffrances durables,
élans de haine, fascination pour la guerre et pour
les armes, contestation intense et maladroite des petites
gens et de leurs petites vies… tout y est, mais ce texte
condense trop la vision hyper-médiatisée des
lycéens-terroristes pour bien convaincre (après
Michael Moore ou Gus van Sant). Les nombreuses prises à
parti du public manifestent toutefois une énergie,
une frontalité, nullement déplacées,
sinon dans le contexte socio-politique amorphe des pays riches,
du moins face à la difficulté qu’aura
cette pièce à dépasser le sensationnel
de l’actualité pour faire vraiment violence au
spectateur.
N. Cavaillès (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur
|
Estive
de Blaise Hofmann, éditions Zoé, 2007
L’estive, une large saison d’été
à garder les moutons sur les pentes des montagnes suisses,
entre la vallée des hommes et les sommets des dieux,
ce peut-être pour le berger l’occasion de contempler,
de méditer, de réfléchir, voire d’écrire,
mais c’est aussi le temps du labeur ingrat, répétitif,
dur au corps et à l’esprit. En brèves
et multiples notations qui combinent comme naturellement le
vécu et le travail littéraire, Blaise Hofmann
campe sa propre silhouette sur fond de montagne à la
fois immuable et changeante, où passent avec le mouvement
des saisons celui des troupeaux et des chiens. La prose fragmentaire
saisit le réel des hommes, des bêtes, de la nature
dans des évocations poétiques, tantôt
transparentes tantôt énigmatiques. Et les hommes,
les bêtes, la nature s’en portent d’autant
mieux dans les rêves du lecteur.
J.-P. Longre (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
|
D'Attaque,
d’Eric Chevillard, Editions Argol
En attendant le prochain roman d'Eric Chevillard
et afin de prévenir un état de manque aggravé
(sa prose suscite parfois des symptômes violents d'addiction),
il est vivement recommandé de lire D'attaque,
paru il y a quelque temps aux éditions Argol. Ce texte
est inspiré par le peintre Gaston Chaissac. Toutes
les pages paires sont consacrées à des reproductions
de ses oeuvres : tâche de couleurs vives, visages naïfs
(cet ami de Dubuffet fut influencé par l'Art Brut)
dans lesquels respire un effroi qu'explore l'auteur d'Oreilles
rouges. Du tableau naît le texte et le texte,
en retour, investit l'urgence intime qui sous-tend le tableau
« Je peins en catastrophe des équilibres
parfaits » fait dire Chevillard au peintre. L'on
s'émeut presque de deviner, par delà la différence
de leurs moyens d'expression, la proximité de deux
inspirations joyeuses et tourmentées.
J.-B. Monat (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur
|
Rilke, le magnifique
René Maria, Illustrations de Chloé Poizat,
Michalon (Albums Tatou poésie), 2007
La poésie de Rilke est souvent énigmatique,
parfois déceptive. Les éditeurs ont fait le
choix de ne pas trahir ce caractère et proposent des
textes parfois opaques, qui résistent à une
première lecture et parfois portés par le désenchantement.
Mais d’autres sont très accessibles ou plus proches
de ce que des jeunes lecteurs connaissent de la poésie
: la panthère, les bulles de savon…
Les très belles illustrations proposent un univers
étrange qui entre en résonance avec les textes
plus qu’ils ne les commentent, ce qui est un fort bon
choix.
A-M. Mercier (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur |
Le
mec de la tombe d’à côté
de Katarina Mazetti, traduit du suédois par
Lena Grumbach et Catherine Marcus, Gaïa, 2006
Comment deux êtres que tout sépare
(Désirée, bibliothécaire cultivée
et Benny, éleveur de bovins) peuvent-ils envisager
une vie ensemble ? Leurs points communs : tous deux ont laissé
filer les années et, arrivés à la trentaine,
supportent mal leur solitude (Désirée a perdu
son mari, avec qui elle s’ennuyait, et Benny vit en
vieux garçon, dans la ferme héritée de
ses parents). Leur histoire d’amour mouvementée,
aussi étonnante que douloureuse, sera le fil conducteur
de ce roman cocasse et piquant, dans lequel l’auteur
donne la parole en alternance à chacun des deux protagonistes
: ils s’interrogent sur ce qu’ils aimeraient enfin
faire de leur vie et sur qui ils sont vraiment. Même
si le fossé social et culturel paraît impossible
à combler, l’histoire touchante et fantaisiste
de leur relation emporte le lecteur dans le tourbillon sans
fin de leurs brouilles et de leurs rabibochages, de leurs
chagrins et de leurs doutes, de leurs colères et de
leurs manies... on ne s’en lasse pas, et le lecteur
sera rassuré d’apprendre que deux autres titres
de Katarina Mazetti paraissent en octobre de cette année,
Les larmes de Tarzan et Entre Dieu
et moi, c'est fini.
B. Longre (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur
|
Comme deux frères
de Maryse Condé, Lansman, coll. Beaumarchais,
2007
Grégoire et Jeff ont vécu pratiquement
ensemble les trente premières années misérables
et violentes de leur existence. Misère et violence
qui les ont menés dans une cellule commune où,
pour ainsi dire, ils font le bilan du passé, de ce
qui les attend, de ce qu’ils voudraient, de ce qu’ils
auraient voulu… Bilan tragique, traduit en un dialogue
(souvent un monologue ponctué de silences) ne faisant
que confirmer la cruauté d’un monde sans scrupules
qui les a enfermés entre les parois de leur destin
et de leur prison. Maryse Condé, dont on connaît
surtout les romans, prononce là, en neuf scènes
brèves et sobres, par la parole de ses deux personnages,
un jugement sans appel et sans concessions contre les désordres
et les impasses de la société. J.-P.
Longre (juillet 2007)
La
pièce Mise en scène José
Exélis, avec Gilbert Laumord et Ruddy Sylaire
6 - 28 juillet, Théâtre du Balcon - Festival
Off Avignon
|
<
haut >
| 
L'éditeur
|
De Godzilla aux
classes dangereuses, A. Fernandes, C. Guillon, C. Reeves,
B. Schwartz, Ab Irato, 2007
Les éditions Ab
Irato ont décidé de recueillir en un petit
volume, aussi élégant que stimulant, un ensemble
de textes publiés entre 1998 et 2005 dans la revue
L’Oiseau-tempête. Bien sûr,
les limites du genre inhérentes à l’article
d’analyse sont reconnues dès la présentation
de l’ouvrage. L’intention ici est de prendre date
et de montrer que certains paradigmes d’approche de
nos « démocraties » font désormais
structurellement partie intégrante de son fonctionnement
et expliquent ses insidieuses dérives autoritaires.
Fil rouge (ou plutôt vert écaille) de la réflexion
: l’effet Godzilla, le syndrome de la peur orchestrée
avec pour corollaire le discours sécuritaire dont on
nous sature l’âme et la conscience depuis le 11
septembre 2001. À lire d’urgence, avec des pupilles
vierges de tout relevé biométrique.
F. Saenen (juillet 2007)
|
<
haut >
| 
L'éditeur |
L’erreur
est humaine de Woody Allen, Flammarion 2007
Woody Allen n’est pas seulement le
grand cinéaste prolifique unanimement reconnu - surtout
en France ! - pour tous ses films, de la première période,
comique (Prends l’oseille et tire toi) à
la dernière plus satirique (Match point) en
passant par la période dite bergmanienne (Hannah
et ses sœurs)… Musicien amateur, c’est
également l’auteur de pièces de théâtre
et de ces 18 nouvelles dans lesquelles son sens du décalage,
de la dérision et de l’absurde rappelant l’esprit
de ses premiers films fait merveille aussi bien dans les titres
(Sans foi ni matelas, A Vienne que pourra) que dans
les situations et les dialogues savoureux : « Ce
que je sais, en physique, c’est que pour un homme se
tenant sur la berge, le temps passe plus vite que pour celui
qui se trouve en bateau – surtout si ce dernier est
avec sa femme. »
Avec cet humour de bobo juif new-yorkais revendiqué,
il nous entraîne avec malice dans des suites de petits
événements du quotidien le plus banal : «Elise
est sortie de son coma. Elle a eu un accident en voulant installer
des pièges à souris. Elle s’est trop penchée
pour sentir le fromage, elle voulait s’assurer qu’il
était bien frais. Et boum !... », comme
cela tout au long de plus de 200 pages. Chaudement recommandé
aux nombreux admirateurs de ce génial touche à
tout. J. Chesnel (juillet
2007)
|
<
haut >
|
|