sommaire
complet des brèves
septembre
2004
avril-mai
2004
février-mars
2004
| 
site
de l'auteur
biographie
|
La chambre d’amis de
Marcel Möring, Les Allusifs, 2003
Traduit du néerlandais par Emmy Bos
Un homme raconte et se souvient ; de son enfance, de ses
découvertes gastronomiques, et surtout de ses parents
: un père pilote, qui avait pu échapper à
la guerre (la seconde) en prenant la fuite de façon
rocambolesque, et qui se retrouve à monter des maquettes
d’avions pour un marchand de jouets ; une mère
déterminée, l’infirmière qui avait
recueilli chez ses parents son futur époux, assigné
dans « la chambre d’amis »… Une chronique
familiale décalée et douce-amère, dont
la monotonie atypique est rompue quand un personnage inattendu
est de retour et perturbe – sans pour autant le briser
- le triangle père-mère-enfant. Pas d’éclats
ni de fureur dans ce roman en demi-teintes, seulement l’évocation
de drames avortés ou vécus comme tels par un
narrateur de douze ans, qui décrit sans nécessairement
saisir la portée des choses, ou du moins, sans nous
la livrer entièrement.
B.L. (juillet 2004)
|
<
haut >
| 
L'auteur
L'éditeur |
Retour des amours perdues de
Yehoshua Kenaz, Stock, août 2004
Traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen
On connaît le procédé (Manil
Suri, entre autres, l’emploie avec talent dans
La mort de Vishnu)
qui structure le roman : les vies de quelques-uns des habitants
d’un petit immeuble, situé ici à Tel-Aviv,
se croisent et se décroisent, donnant lieu à
la description d’un microcosme ; une démarche
qui s'inscrit dans un cadre plus large : les conflits, les
trahisons, les alliances et l’indifférence qui
se nouent entre les personnages (un vieux couple acariâtre,
une jeune femme et son amant dans un appartement loué,
le voisin célibataire qui les espionne, un grabataire
qui s’attache à sa garde-malade philippine et
une famille qui attend le retour du fils prodigue, déserteur)
incarnent la société israélienne dans
son ensemble, ses dysfonctionnements et ses métamorphoses.
En dépit d’une narration assez plate et parfois
elliptique, ce roman est suffisamment pittoresque pour séduire
et il émane, des non-dits qui se multiplient, un pessimisme
que trahit en fin de compte l’impossibilité flagrante
d’établir des liens véritables et durables
entre les êtres.
B.L. (juillet 2004)
|
<
haut >
| 
L'éditeur |
Théâtre au présent
- volume 1 / Lansman, décembre 2003
"L'écriture est l'élément premier
de la chaîne de la vitalité théâtrale,
bien plus que la mise en scène." écrit
Jacques De Decker dans un avant-propos qui rend aussi hommage
à Émile Lansman, "intervenant
providentiel", "inlassable explorateur
des terres d'écriture dramatique". Ce guide
est effectivement le fruit d'une exploration :y sont recensées
40 oeuvres (publiées ou non à ce jour), écrites
entre 2000 et 2003 par des auteurs belges ou vivant en Belgique
(entre autres et dans le désordre J-P.
Dopagne, Pascale Tison, Virginie
Thirion, Jean-Marie Piemme, Thierry
Debroux, Albert Budo ou Stanislas Cotton) Après
une brève présentation de l'auteur et un synopsis
de l'intrigue, un extrait de chaque pièce nous est
offert : une incitation à découvrir de nouvelles
écritures contemporaines. L'ouvrage s'achève
sur une profession de foi de Stanislas Cotton
(" j'écris parce que je suis en colère"),
un témoignage poignant dans lequel le dramaturge analyse
avec vigueur la fonction du théâtre aujourd'hui
: "l'écriture dramatique contemporaine (...)
pourrait avoir un véritable statut d'utilité
publique, car son regard révèle, questionne
y propose, dissèque aises et malaises de nos sociétés.
Elle interroge l'histoire. Elle sonde le présent. Elle
rêve un futur."
B.L. (juin 2004)
|
<
haut >
| 
L'éditeur |
Le dernier voyage d’Horatio II
Edouardo Mendoza, Grasset
2004
Poursuivant la veine burlesque et délirante de son
avant-dernier opus (L’artiste des dames
chez le même éditeur en 2002), le grand auteur
catalan nous embarque à bord d’un vaisseau spatial
sous les ordres d’un commandant incapable, proche de
la retraite ; sa mission : conduire vers une destination inconnue
un groupe de marginaux composé de délinquants,
de femmes dévoyés et de vieillards imprévoyants.
Horatio II consigne dans son journal de bord les invraisemblables
et désopilantes aventures de son équipage et
de ses passagers aux fortes personnalités et aux comportements
plus qu’excentriques.
Satirique et comique, déjanté et parodique (bien
qu’on soit à des années-lumière
de notre ère, les mœurs et les travers sont identiques)
ce roman se lit d’une traite accompagné à
chaque page d’un hénaurme éclat
de rire.
Edouardo Mendoza avait reçu en France la prix du meilleur
livre étranger en 1998.
J.Ch. (juin 2004)
|
<
haut >
| 
Editions Les Carnets du Dessert de Lune
30 rue Longue-Vie
1050 Bruxelles. |
Sept novelettes Pascal
Blondiau
Editions les carnets du dessert de Lune, 2004
En littérature, il n'est pas toujours besoin de longs
discours pour convaincre ou émerveiller : la parcimonie
audacieuse de ces novelettes en témoigne. Sept récits
dont la brièveté incite le lecteur à
savourer chaque mot, à goûter frugalement à
chaque assemblage d'images poétiques. Ces évocations
sont parfois tirées du quotidien (L'acrobate, La
Vitupère), peuvent se faire poignantes (comme
dans Point du jour, où l'auteur déroule
une phrase unique) ou bien se gorgent de mélancolie
(La ruelle des froids enfants) et de cruauté
(Toussa).
Confronté à de tels textes, le lecteur se doit
de les lire et de les relire de façon à ce que
chaque relecture permette d'en savoir un peu plus, de découvrir
ce qui lui avait d'abord échappé et d'apprécier
chaque invention langagière, chaque virgule ou saut
de ligne... Ces fragments d'histoires, sans début ni
fin, sont de précieux instantanés qui ne nous
laissent pas sur notre faim, et poussent à la rêverie,
nourrissant notre imaginaire.
B. L. (juin 2004)
|
<
haut >
|