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< livres - dernières brèves>

 

Brèves théâtrales Brèves jeunesse

 

Sikah d’Hilaire Dovonon, D’un noir si bleu - éditeur, 2008

Sikah est une courte fable généreuse et chantante, mûrie sous le soleil d’Afrique et poétiquement mise en mots par le Béninois Hilaire Dovonon.
Elle nous amène « à nous poser la question qui fonde l’esprit même de nos rapports humains » écrit Franck Pavloff dans sa préface. Appel à la tolérance et apologie de la différence, Sikah est empreinte d’un humanisme optimiste, sans doute un peu simpliste. Une utopie cependant très plaisante à lire, dépaysante et régénératrice.
M. Gallot (avril 2008)

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Le gâteau mexicain d’Antonin Varenne, éditions Toute latitude, 2008

Voici un polar énorme. Un flic obèse et pétomane, des prostituées paumées, un manouche philosophe, rassemblés dans une intrigue retorse, pour ne pas dire franchement farfelue. Entre pseudo-réalisme se plaisant dans l’abject et grosse blague façon canular, cette histoire brillante et labyrinthique balance – et apparemment l’auteur s’en balance, à en juger par le récit qui encadre le polar. Si on est charmé au début par les personnages hauts en couleur et quelques belles trouvailles d’écriture (Antonin Varenne possède incontestablement un style bien à lui), le rythme effréné parvient de moins en moins à cacher la vacuité de ce divertissement compliqué et de ses rebondissements au forceps aussi peu crédibles les uns que les autres. Les amateurs de fantaisie débridée apprécieront sûrement, ceux qui recherchent du sens et de la profondeur auront plus de mal à trouver leur bonheur dans cette démonstration de bravoure. M. Gallot (avril 2008)

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Association Gams

Entière, ou de la réparation de l'excision, de Marie-Noël Arras, Le Chèvre-feuille étoilée, 2008

À la fois documentaire et guide pratique, ce petit ouvrage qui propose de nombreux témoignages est préfacé par le Docteur Pierre Foldès. Ce dernier a développé la réparation chirurgicale de l'excision – mutilation sexuelle dont le but (inavoué) est de contrôler la sexualité féminine (pour des raisons sociologiques, d’esthétique ou religieuses), et qui touche encore 130 millions de femmes à travers le monde... Selon l'OMS, près de trois millions de fillettes seraient mutilées chaque année en Afrique (mais la pratique concerne aussi l’Egypte, l’Indonésie, le Pakistan, etc.) et environ 75 000 fillettes sont soit excisées, soit menacées de l'être en France, malgré les lourdes peines prévues par le code pénal. Cet ouvrage donne ainsi la parole à des médecins qui rencontrent régulièrement des femmes mutilées qui peuvent enfin dire leur mal-être et se « reconstruire » peu à peu ; on lira entre autres l'entretien avec Mahoua Kone, originaire de Côte d'ivoire, mutilée à l'âge de 8 ans, et aujourd'hui "réparée", qui raconte en détail la violence de cette pratique, la douleur physique et psychique qui s'ensuit. B. Longre (avril 2008)

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Sept slogans ontophoniques de Ghérasim Luca, José Corti, 2008

Changez une lettre dans le titre, cela peut donner « Sept slogans orthophoniques ». Bien sûr, pour Ghérasim Luca, le grand « poète du bégaiement », il ne s’agit pas de parler « droit », mais d’inclure l’être même au plus sonore de la voix, au plus profond d’une parole aux limites du sens et de la forme. Cet ensemble de textes fragmentaires à lire, à dire, à déclamer, qui tiennent de la communication détournée et de la poésie provocatrice, joue sur le sonore et le visuel, sur le choc énigmatique et déroutant des lettres, des syllabes et des mots. « L’esprit au pied de la lettre / La lettre au pied de l’esprit » pour « percer ensemble l’indicible » et saisir la «vacuité sublime » du langage et de l’être.
J.-P. Longre (avril 2008)

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La Blondeur de Cécile Mainardi, les petits matins, 2008

Ode, ou hymne à la blondeur en neuf chants : la blondeur comme idée, comme posture, comme essence ; la blondeur dans le regard de l’autre, la blondeur comme paysage, comme nuit, comme un adieu.
Livre qui se fait parfois lettre d’adieu à un blond dont toute l’âme (du moins ce que le scripteur en voyait/supposait) était dans la blondeur, c’est aussi un livre qui tangue, qui change de posture et d’allure, de lieu et de vie. Un livre sans capitaine, ou dont le capitaine « sombre avec le livre qu’il écrit », sous l’effet d’un blond d’une éblouissante obscurité.
La langue est belle et souple, s’emporte parfois, ne sait plus s’arrêter. Ce livre est un curieux objet qui vaut qu’on s’y arrête.
A-M. Mercier (avril 2008)

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Le petit chat de neige de Michel Host, Rhubarbe, 2007

Entre l’histoire d’un rat récalcitrant et celle d’un chat réconfortant, une bonne cinquantaine de textes brefs (une page, parfois un peu plus, parfois un peu moins) explorent l’humanité d’aujourd’hui, mettant généralement en valeur les côtés absurdes, dérisoires, excessifs, aberrants des êtres qui la composent. Les récits denses, incisifs, parfois déroutants, parfois réjouissants, le plus souvent déstabilisants ici concoctés par un écrivain maître en la matière (Prix Goncourt 1986, rappelons-le) touchent à tous les comportements individuels (ou collectifs) avec un humour dont la lucide et délicieuse cruauté n’échappera à aucune de ses victimes.
J.-P. Longre (avril 2008)

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Jane Austen et l’héritage du comte de Stéphanie Barron, traduit (USA) par Patricia Christian, Le Masque (labyrinthes), 2008.

Huitième volume traduit d’une série d’aventures policières dont l’héroïne est Jane Austen, ce titre a les charmes de son contexte : manoirs, chaumières, domestiques et Lords, jeunes femmes célibataires, campagne anglaise délicieuse et parfois inquiétante, intrigues sentimentales où l’argent n’est jamais bien loin.
Du côté du policier, c’est moins réussi : des invraisemblances, des complications inutiles, des personnages tout d’une pièce (ceci n’étant pas antinomique avec le genre). Mais c’est une bonne lecture de vacance pour ceux qui trouvent que Jane Austen aurait dû écrire plus de livres et sont prêts à tout pour la retrouver.
A-M. Mercier (avril 2008)

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La Femme toute nue de Karine Bernadou, Sarbacane, BD, 2008

Femme, nue et fière de l'être - D'étonnantes saynètes muettes composent cet album construit autour d'un personnage attachant et plutôt cocasse : LA femme toute nue, telle qu'elle s'affiche d'emblée, qui déambule sur des pages sobres et des décors à peine esquissés, entre rires et larmes, coups de foudre, jouissances et peines de cœur, découverte de soi et des autres, naïveté et lucidité… assumant son statut et sa nudité avec un naturel confondant – et revendiquant avant toute chose le droit à la liberté individuelle, à l'amour libre et à l'erreur, à travers des expériences qui forgent un parcours. L'absurdité des vignettes n'est qu'apparente, car ce à quoi elles renvoient fait toujours sens et mouche, avec subtilité – en particulier dans des histoires intitulées La trace de ton ombre (où l'ombre de l'amant qui la délaisse reste collée à sa peau…) ou bien Printemps (quand la fusion des corps donne littéralement naissance à une petite fleur). Ces jeux de miroirs (et de masques) parfois cruels (mais il faut savoir se défendre…), jeux sur les mots (pris au pied de la lettre, sans cesse explorés), jeux des corps et des sexes (comme le très réjouissant Arbre à moustaches), ou jeux tout court donnent à voir un réel délibérément décalé, nimbé de légèreté. B. Longre (avril 2008)

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Cartouche, histoire d’un brigand dans l’histoire, La Bibliothèque, 2007

Le livre se lit en deux temps, l’histoire du fameux bandit qui écuma Paris sous la Régence et mourut exécuté en 1721, puis l’histoire du mythe de Cartouche.
L’histoire du mythe est passionnante. Elle s’appuie sur de nombreux textes, rares et peu connus en dehors du cercle des spécialistes, mais aussi sur des objets, des images, contemporaines ou modernes. On suit aussi la fabrication du mythe dans le roman et au théâtre : Cartouche serait le premier homme du commun à avoir été représenté sur les planches en France, de son vivant et sous son nom. L’histoire de l’homme est intéressante, même si on sait peu de choses en dehors du procès et de l’exécution. L’auteur a donc eu recours à de nombreuses suppositions pour remplir les vides. Il a cédé parfois à la tentation du roman, pas toujours de façon heureuse, surtout dans les premières pages. Mais la gêne qu’on peut en ressentir disparaît très vite par la suite, tant les modes de vies du peuple de Paris, ou les pratiques de la justice, de la police et des brigands eux–mêmes sont détaillées et donnent corps à cette histoire.
A-M. Mercier (
avril 2008)

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Les enfants sans têtes d’Antoine Bouvier, Les impressions Nouvelles, 2008

Le titre fait référence à la chanson des Pixies (Where is my mind ?) que chantent les cinq personnages autour d’un feu, une nuit d’été. Cinq jeunes gens, garçons et filles, qui s’interrogent sur leur existence, sur l’amour physique et les sentiments qui vont ou non avec, se cherchent – se trouvent ou se perdent – à l’âge frontière de tous les possibles, quand on croit encore que rien n’est déterminé. Le trait fluide et souple d’Antoine Bouvier épouse harmonieusement la fragilité des sensations et des pulsions, les questionnements sans réponses, entre vie en groupe, aspirations à la solitude et tentation d’être à deux. Un joli roman graphique, un brin mélancolique, qui plaira tout autant aux adolescents d’aujourd’hui qu’à ceux d’antan.
B. Longre (avril 2008)

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L’Enlèvement de Bill Clinton, de Cyrille Martinez, Les 400 coups, 2008

Le titre trompe quelque peu : il ne sera que très peu question de Bill Clinton. Mais cette histoire, fausse rumeur d’un enlèvement du président américain à Sarajevo (qui fait écho par coïncidence au mensonge qui vient de faire déraper son épouse dans son ascension vers la présidence des Etats-Unis), est un événement qui a marqué durant le siège de la ville.
Tout le « roman » est orienté par l’idée de la perte des repères dans ce temps de guerre : le temps, l’espace, les liens entre les êtres, le rapport à soi, tout est brouillé. Cyrille Martinez propose ici un texte qui est plus un long poème en prose qu’un récit, tentant de reconstruire l’expérience d’un autre, un certain Nedim Hrbat, qui lui a raconté tout cela, la cigarette de marque Prina qui se consume, les feuilles de thé qui infusent, et puis a disparu.
A-M. Mercier (
avril 2008)

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Quand les noirs avaient des esclaves blancs, de Serge Bilé, Pascal Galodé éditeurs, 2008.

Le titre est un peu trompeur : il ne s’agit pas d’un ouvrage traitant des pratiques d’esclavage en Afrique, mais d’un éloge des trois grands anciens empires africains : Ghana, Mali et Songhay. Leur histoire est contée en mélangeant de nombreuses sources (historiens modernes, anciens, traditions populaires) et sans faire preuve de toute la rigueur historique voulue. Mais cela donne un récit séduisant qui évoque un âge d’or, un rêve pour l’Afrique.
A-M. Mercier (avril 2008)

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Va te marrer chez les Grecs - Recueil de blagues grecques anciennes - Mille et une Nuits, 2008

Les potaches qui planchent sur les textes antiques ne se doutent pas forcément que les auteurs qu’ils traduisent parfois en rechignant pouvaient être de joyeux drilles, et que ce n’est pas d’aujourd’hui que le rire est le propre de l’homme, quel qu’il soit. Ce recueil de plus de 250 histoires drôles, brèves, denses, d’un esprit tantôt fin, tantôt grossier, tantôt douteux, tantôt énigmatique, tantôt éclatant est issu du Philogelos, qui a traversé les siècles pour nous faire rire et, par la même occasion, porter témoignage sur la vie quotidienne de la Grèce antique. Les catégories humaines, en tête desquelles l’intellectuel (le « scholasticos »), défilent avec leur éternel pittoresque : avares, vantards, froussards, goinfres, ivrognes, misogynes et autres habitants de régions prêtant le flanc à la caricature sont les victimes ou les héros d’un comique de mots et de situations aux multiples facettes. En même temps, l’ouvrage est très sérieux : l’avertissement, les notes et la postface d’Arnaud Zucker donnent les explications nécessaires et suffisantes pour que nous ne riions pas idiots.
J.-P. Longre (avril 2008)

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Dugenou, de Thomas Fersen et Elisabeth Eudes-Pascal, les 400 coups, 2007

La chanson de Thomas Fersen, sur le thème de la façon dont les autres nous traitent (nous appellent) face aux mots tendres dont on rêverait est ici mise en livre, illustrée. Les illustrations n’apportent rien de plus au sens des mots, elles le font voir, plutôt bien. Etait-ce nécessaire ?
A-M. Mercier (avril 2008)

Littérature et musique

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