Même
aux heures les plus sombres du Chicago blues, ce bassiste/chanteur
est resté fidèle à sa musique authentique
et basique, sans se soucier des modes éphémères.
Cette persévérance lui a permis, dans les années
90, d'obtenir une certaine reconnaissance du public et des amateurs
de blues et de devenir une figure de proue de la scène
actuelle.
Too
hurt to cry, sorti en 1994 sur le label Delmark, est
de loin le disque le plus abouti de ce bassiste métronomique
et de ce chanteur expressif, à la voix âpre inspirée
de Muddy Waters, sans esbroufe, qui a toujours su s'entourer
d'excellents musiciens : L'harmoniciste Billy Branch dans une
forme éblouissante, les guitaristes Jacob Dawson, Willie
Davis, Johnny B. Moore, très ancrés dans le West
side sound, et l'apport de cuivres sur certains titres contribuent
largement à la réussite de cet album d'une grande
originalité; en effet, Willie Kent a su ajouter à
son Chicago blues une pointe de modernité du meilleur
effet, comme sur les fabuleux blues funk Going down the road
et Good man feeling bad ou encore sur le bondissant morceau
blues train. La reprise de A man and the blues
de Buddy Guy complètement transformée est ornée
d'un fabuleux solo d'harmonica renforçant la dramaturgie
de ce poignant blues ; enfin, le titre éponyme de l'album,
surprend par la rage de vivre et le dynamisme qui émane
de ce bluesman.
Cet
album encore supérieur à son prédécesseur
Ain't it nice (Delmark), pourtant de très
bonne facture mais plus traditionnel, et reste l'album de référence
de Wille Kent : un achat prioritaire pour tout aficionados de
Chicago blues moderne.
Régis

en
écoute :
http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/B000004BKX/o/qid=959466739/sr=2-3/102-1432692-9496168
http://allmusic.com/cg/x.dll?p=amg&sql=B27789
http://www.centerstage.net/chicago/music/whoswho/WillieKent.html