Avec
Ludmila Mikaël, Anna Gaylor, Anne Le Guernec, Thierry Neuvic
et Guilhem Pellegrin
Une femme s'avance
sur scène, le teint pâle, une casquette de base-ball
rouge sur la tête, seule touche de couleur vive dans le camaïeu
banc et gris de l'hôpital. Elle a un cancer des ovaires phase
4 –« il n'y a pas de phase 5 »- et subit un traitement de
chimiothérapie- « la dose maximale ». Cette femme,
Vivian Bearing, brillante intellectuelle, aborde cette « difficulté »
dans sa vie –et elle adore la difficulté- avec force, lucidité
et humour : « Je n'ai pas l'intention de divulguer l'intrigue,
mais je crois que je meurs à la fin, l'auteur m'a donné
moins de deux heures ». En moins de deux heures nous faire réfléchir
sur le courage, la passion intellectuelle la mort, en moins de deux
heures nous faire rire, sourire et nous émouvoir, cette pièce
est rare. La force du théâtre vient souvent de cette
relation humaine entre l'acteur et le spectateur, de leur proximité.
Ludmila Mikaël joue Vivian et on est suspendu à sa vie ;
professeur, et on se dit que décidément il faut que
l'on lise ces sonnets sacrés de John Donne ; malade, on enverrait
bien balader ce jeune David, médecin chercheur qui pense
que les rapports avec les malades sont une énorme perte de
temps. Vivian nous touche, elle observe, elle est caustique mais
elle sait perdre sa froideur pour découvrir tout simplement
l'attention aux autres, bref, elle vit.
N'allez pas
croire que par son sujet la pièce est morbide, au contraire,
elle nous aide à vivre. Et on n'oubliera pas de sitôt
les « comment allez- vous aujourd'hui ? » alors qu'on est
malade à crever, les « accrochez-vous à la perf ! »
répétitifs et faussement encourageants, les traits
de l'esprit, jusqu'à la fin : « avant, j'enseignais. Maintenant,
c'est moi que l'on enseigne. C'est bien plus simple. Je reste là
sans bouger et j'ai l'air cancéreuse. Cela m'est de moins
en moins difficile ».
Jeanne Moreau,
pour sa première mise en scène, a choisi une pièce
en hommage à la vie. Le décor est simple --lit d'hôpital,
fauteuil roulant, paravent translucide-- mais pas froid. Tous, sauf
Vivian, vont et viennent. Tout met en avant le texte, pas besoin
d'en rajouter. Tous, ont quelque chose à apprendre de cette
pièce.
Barbara
Marmonier
"Une
oeuvre rare, qui s'adresse au coeur et à l'intelligence,
une méditation sur la vie, la mort et la vie étrernelle,
une pièce émouvante sans être sentimentale,
une allégorie où la maladie est un désordre
qui permet le passage de la Terre à l'Inconnu ..."
Jeanne Moreau
Cette première
pièce de M. Edson, enseignante à Atlanta, a connu
un succès foudroyant à New-York, et a été
récompensée par le Prix Pulitzer en 1999. C'est aussi
la première mise en scène de Jeanne Moreau.

Site
officiel
http://www.witworldwide.com/
(USA)
http://www.wituk.com/
(GB)
entretien
avec M. Edson
http://www.pbs.org/newshour/bb/entertainment/jan-june99/edson_4-14.html
entretien
avec J. Moreau
http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_2000/hebdo_15/moreau_15.html
Le
Pulitzer Prize
http://www.pulitzer.org/year/1999/drama/bio/
Théâtres
http://www.crochetan.ch/trait_esprit.html
http://www.vidy.ch/vidy/archive/9900-22.htm
http://www.theatre-chaillot.fr/saison%202000-2001/Un%20Trait%20de%20l'esprit.htm
http://www.users.skynet.be/acte2/Pages/traitesprit.html
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