de Margaret Edson
mise en scène
Jeanne Moreau
Adaptation française
Jeanne Moreau et
Stéphane Laporte

durée : 1h30
au Théâtre des Célestins, Lyon
du 4 au 14 janvier 2001


Avec
Ludmila Mikaël, Anna Gaylor, Anne Le Guernec, Thierry Neuvic et Guilhem Pellegrin

Une femme s'avance sur scène, le teint pâle, une casquette de base-ball rouge sur la tête, seule touche de couleur vive dans le camaïeu banc et gris de l'hôpital. Elle a un cancer des ovaires phase 4 –« il n'y a pas de phase 5 »- et subit un traitement de chimiothérapie- « la dose maximale ». Cette femme, Vivian Bearing, brillante intellectuelle, aborde cette « difficulté » dans sa vie –et elle adore la difficulté- avec force, lucidité et humour : « Je n'ai pas l'intention de divulguer l'intrigue, mais je crois que je meurs à la fin, l'auteur m'a donné moins de deux heures ». En moins de deux heures nous faire réfléchir sur le courage, la passion intellectuelle la mort, en moins de deux heures nous faire rire, sourire et nous émouvoir, cette pièce est rare. La force du théâtre vient souvent de cette relation humaine entre l'acteur et le spectateur, de leur proximité. Ludmila Mikaël joue Vivian et on est suspendu à sa vie ; professeur, et on se dit que décidément il faut que l'on lise ces sonnets sacrés de John Donne ; malade, on enverrait bien balader ce jeune David, médecin chercheur qui pense que les rapports avec les malades sont une énorme perte de temps. Vivian nous touche, elle observe, elle est caustique mais elle sait perdre sa froideur pour découvrir tout simplement l'attention aux autres, bref, elle vit.

N'allez pas croire que par son sujet la pièce est morbide, au contraire, elle nous aide à vivre. Et on n'oubliera pas de sitôt les « comment allez- vous aujourd'hui ? » alors qu'on est malade à crever, les « accrochez-vous à la perf ! » répétitifs et faussement encourageants, les traits de l'esprit, jusqu'à la fin : « avant, j'enseignais. Maintenant, c'est moi que l'on enseigne. C'est bien plus simple. Je reste là sans bouger et j'ai l'air cancéreuse. Cela m'est de moins en moins difficile ».

Jeanne Moreau, pour sa première mise en scène, a choisi une pièce en hommage à la vie. Le décor est simple --lit d'hôpital, fauteuil roulant, paravent translucide-- mais pas froid. Tous, sauf Vivian, vont et viennent. Tout met en avant le texte, pas besoin d'en rajouter. Tous, ont quelque chose à apprendre de cette pièce.

Barbara Marmonier

 

"Une oeuvre rare, qui s'adresse au coeur et à l'intelligence, une méditation sur la vie, la mort et la vie étrernelle, une pièce émouvante sans être sentimentale, une allégorie où la maladie est un désordre qui permet le passage de la Terre à l'Inconnu ..."
Jeanne Moreau

Cette première pièce de M. Edson, enseignante à Atlanta, a connu un succès foudroyant à New-York, et a été récompensée par le Prix Pulitzer en 1999. C'est aussi la première mise en scène de Jeanne Moreau.

Site officiel
http://www.witworldwide.com/ (USA)
http://www.wituk.com/ (GB)

entretien avec M. Edson
http://www.pbs.org/newshour/bb/entertainment/jan-june99/edson_4-14.html

entretien avec J. Moreau
http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_2000/hebdo_15/moreau_15.html

Le Pulitzer Prize
http://www.pulitzer.org/year/1999/drama/bio/

Théâtres
http://www.crochetan.ch/trait_esprit.html
http://www.vidy.ch/vidy/archive/9900-22.htm
http://www.theatre-chaillot.fr/saison%202000-2001/Un%20Trait%20de%20l'esprit.htm
http://www.users.skynet.be/acte2/Pages/traitesprit.html