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Printemps
de sensations et d’émotions
Un titre qui
dit tout, une couverture qui éveille la curiosité,
une typographie en contraste, une illustration très symbolique…
Voilà, on entre dans ce livre tout en sachant ce qui va suivre.
Et pourtant la surprise nous attend dès la première
page.
Un auteur inconnu,
un titre répété trois fois et une citation
de J.D. Salinger amorcent la lecture. Parler des relations familiales
ou amoureuses n’est pas exercice aisé dans un livre
destiné aux adolescents. Ce fragment de texte de l’écrivain
américain, rendu célèbre grâce à
L’attrape-coeur, envoie un message très clair
: rien n’est facile dans les rapports humains. Voilà,
le thème principal du premier roman d’Ellen Willer,
journaliste et écrivain des relations et de l’état
amoureux.
Jeudi. Félix,
15 ans. En classe. Rêve. Aux filles. Celle du bus à
16h45 précises, celle du café à la sortie du
métro, celle de la Chapelle Sixtine l’été
dernier, et toutes les autres. Le problème, c’est qu’il
ne fait que les regarder et en rêver. Félix n’a
jamais embrassé sur la bouche. Et le reste… reste du
rêve éveillé et des sensations clandestines.
Félix ne s’intéresse qu’à lui-même.
Cette réalité, il l’entend un jour de la bouche
d’une fille justement. Une inconnue, froide et perspicace.
Une inconnue qui ne va pas le rester très longtemps.
Une semaine
s’écoule dans ce roman. Une semaine de bouleversements,
de sensations, de réflexions. Pour le jeune homme. Pour son
entourage aussi. Des dizaines de questions s’amoncellent dans
la tête de Félix : est-il vraiment fait pour l’amour
? Quel amour espérer à son âge ? Sa sœur
est-elle vraiment heureuse ? Va-t-il perdre ce lien fraternel fort
qui les unit ? Félix se questionne et se penche sur sa vie
sentimentale qui n’est certainement pas celle d’un garçon
égoïste et insensible.
Ce roman pour
adolescents nous plonge précisément dans leur vie.
Ellen Willer déploie toute la palette d’émotions
de cet âge. On peut rapprocher ce roman de celui de Karine
Reysset, paru à la même époque l’an dernier,
Je ne suis pas une fille facile.
L’héroïne est à l’âge où
l’on veut tout tester, dévorer, foncer ; elle croque
la vie à pleine dent. Justine « papillone »,
butine, essaie différents garçons sans réellement
s’attacher. Au contraire de Félix, elle agit, mais
réfléchit aussi. Les mêmes questions sont soulevées
dans ces deux romans. Tout comme ceux de Karine Reysset, les héros
d’Ellen Willer sont ancrés dans la vie, la vraie. En
cela, le processus d’identification aux personnages est très
facile. Le lecteur ou la lectrice, en période d’adolescence,
n’aura aucun mal à se reconnaître dans l’un
ou l’autre des acteurs de ce roman. Est-ce leur apprendre
une façon d’être, est-ce les aider dans leur
propre vie ?
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Le
garçon qui ne s’intéressait qu’aux
filles ne se voile pas de tabous ni de mièvreries.
Au contraire, il parle des émotions de l’adolescence
à l’état brut, des désirs premiers
et nouveaux des garçons et des filles, en passe de
devenir des hommes et des femmes. L’auteur annonce même
que ce roman d’apprentissage est un « guide
du jeune amoureux pour éviter les malentendus une fois
adulte ». Si toutefois ce n’est le cas, on
la remerciera pour ce texte de fraîcheur, de justesse
et d’authenticités mêlées, qui emporte
son lecteur dans un élan doux et printanier des plus
agréables.
L.
Fontanella
(avril 2006) |
Laura
Fontanella est bibliothécaire pour enfants.
Elle s’intéresse avec passion à la littérature
jeunesse. Elle s’amuse avec les mots, les livres, les illustrations
afin de les mettre à la portée de tous les enfants.
Mais elle aime aussi écouter les autres raconter les histoires
et parfois les conter elle-même.

http://www.ecoledesloisirs.fr
Du
même auteur (littérature générale)
Dis moi d’abord que tu m’aimes, Mercure de
France
Les hommes, les femmes etc., Marabout
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