Aux quatre coins du monde
Gallimard, 2001

Parution en Folio, 2002


Anne Wiazemsky a obtenu en 1998 le Grand Prix du roman de l’Académie Française pour son roman Pour une poignée de gens. Elle partait alors à la découverte du passé de ses ancêtres, histoire peu connue pour elle puisque son père, mort lorsqu’elle avait 15 ans, avait volontairement gardé le secret.
Avec le roman Aux quatre coins du monde, elle aborde le même thème mais de façon différente et nous fait entrer dans le drame de sa famille russe dans la période 1917-1919. Nous vivons avec eux d’une manière dramatique l’épisode méconnu de l’évacuation des Russes de la Crimée par la marine anglaise à Yalta. Confrontées aux horreurs de la guerre civile qui s’étend dans tout le pays, Xénia, Olga et Maya, femmes courageuses et volontaires, prennent les choses en main pour tenter de survivre et surtout de protéger les enfants, qui eux profitent, insouciants, de ce long séjour au bord de mer !

La menace est sans cesse présente, mais selon les tempéraments ressentie différemment ; en mère attentive, Xénia a pris toute la mesure du danger et pendant ces longs mois d’attente son unique objectif est de mettre ses enfants à l’abri en les envoyant rejoindre sa famille maternelle à Londres. Olga, patriote, très « ancien régime », dévouée et énergique, ne peut jusqu’à la fin accepter la débâcle de l’armée blanche et penser une seule minute à l’exil qui s’approche.
L’auteur sait nous rendre ces gens attachants et, avec sensibilité, nous décrit les derniers moments si difficiles de ces futurs exilés qui, « le cœur déchiré », embrassent d’un regard la maison de leur enfance pour ne rien oublier, eux qui savaient que « presque aucun ne reviendrait » et qu’ils seraient dispersés aux quatre coins du monde.

Françoise Anthonioz
(janvier 2003)

Gallimard
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