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Anne Wiazemsky
a obtenu en 1998 le Grand Prix du roman de l’Académie
Française pour son roman Pour une poignée
de gens. Elle partait alors à la découverte
du passé de ses ancêtres, histoire peu connue pour
elle puisque son père, mort lorsqu’elle avait 15 ans,
avait volontairement gardé le secret.
Avec le roman Aux quatre coins du monde,
elle aborde le même thème mais de façon différente
et nous fait entrer dans le drame de sa famille russe dans la période
1917-1919. Nous vivons avec eux d’une manière dramatique
l’épisode méconnu de l’évacuation
des Russes de la Crimée par la marine anglaise à Yalta.
Confrontées aux horreurs de la guerre civile qui s’étend
dans tout le pays, Xénia, Olga et Maya, femmes courageuses
et volontaires, prennent les choses en main pour tenter de survivre
et surtout de protéger les enfants, qui eux profitent, insouciants,
de ce long séjour au bord de mer !
La menace est
sans cesse présente, mais selon les tempéraments ressentie
différemment ; en mère attentive, Xénia a pris
toute la mesure du danger et pendant ces longs mois d’attente
son unique objectif est de mettre ses enfants à l’abri
en les envoyant rejoindre sa famille maternelle à Londres.
Olga, patriote, très « ancien régime »,
dévouée et énergique, ne peut jusqu’à
la fin accepter la débâcle de l’armée
blanche et penser une seule minute à l’exil qui s’approche.
L’auteur sait nous rendre ces gens attachants et, avec sensibilité,
nous décrit les derniers moments si difficiles de ces futurs
exilés qui, « le cœur déchiré
», embrassent d’un regard la maison de leur enfance
pour ne rien oublier, eux qui savaient que « presque aucun
ne reviendrait » et qu’ils seraient dispersés
aux quatre coins du monde.
Françoise
Anthonioz
(janvier 2003)

Gallimard
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