Un film de Marc Levin

scénario de Garth Belcon
Danny Hoch
Marc Levin et Richard Stratton

USA, 1999, 1h37

Sortie le 12 juillet 2000

 

avec Danny Hosh, Dash Mihok, Mark Webber, Piper Perabo, Eugene Byrd, Bonz Malone
Avec la participation de
Fat Joe, Dead Prez, Mic Geronimo, Slick Rick, Doug E. Fresh and Snoop Dogg

C'est l'envers d'un rêve américain qui est exposé dans ce film qui concourrait en septembre 1999 à Deauville. Un rêve américain habilement inversé; jugez donc : Flip, petit blanc, coincé dans un bourg perdu de l'Iowa, rêve de négritude ... Affublé de deux compagnons plutôt disparates, James et Trevor, il n'aspire qu'à une chose : se rendre à Chicago et devenir un rapper célèbre ; fasciné par le monde des ghettos et des gangs, fervent amateur de hip-hop, il scande ses rimes devant le miroir et se perd dans des scénarios loufoques et chimériques le faisant apparaître aux côtés de Snoop Dog ou autre star du Rap. Le seul ennui : Flip n'est pas noir ... et il tente de convaincre les autres qu'il l'est à l'intérieur ou qu'il a été victime d'une erreur de gènes...
On sourit à ses tentatives maladroites de se faire passer pour un chef de bande (même sa petite copine n'est pas dupe) et sous ses airs de faux caïd, on découvre vite une grande naïveté touchante et pathétique. Les critiques ne semblent pas l'atteindre et il affronte avec entêtement les remarques de la petite communauté blanche réactionnaire et, sans se démonter, la stupéfaction des quelques noirs qui croisent son chemin, ses "frères", pour qui il demeure une énigme dans son accoutrement de rapper de campagne...
Contrairement à nombre de films "jeunes" et branchés, l'analyse est ici fine et l'évolution des personnages, bien que parfois prévisible, tout à fait pertinente (saluons au passage la performance de Danny Hosh). La critique d'une société blanche fermée, raciste et rétrograde, économiquement faible et d'une communauté noire qui oscille entre une bourgeoisie de parvenus et la misère et la violence des cités est constamment à l'arrière plan et apporte une dimension plutôt réaliste à cette histoire souvent émouvante ; Sous des dehors de comédie et sans prendre parti, en se contentant de décrire les affres et les espérances d'un jeune en révolte, le réalisateur et ses co-scénaristes portent un regard plutôt judicieux sur le mal-être d'une société divisée.

B.L.

Site officiel
http://www.foxsearchlight.com/whiteboys/index.html

Deauville 1999
http://www.festival-deauville.com/fr/films/compet/longs/f_films_compet_l

http://www.lemonde.fr/article/0,2320,dos-3209-22266-QUO-1,00.html

http://www.liberation.fr/cinema/archives/festivals/990904deauv.html