Une fille formidable
Flammarion, mai 2000
traduit de l'anglais par Sylviane Lamoine
(Part of the furniture, 1997)

 

Marie Weysley, après une vie bien remplie, a entamé une carrière d'écrivain à l'âge de soixante-dix ans et ses romans se lisent dans un souffle. Une fille formidable (traduction bien étrange du titre original... soit dit en passant) ne déroge pas à la règle : l'écriture limpide et précise, conventionnelle diront certains, réussit à nous offrir une galerie de personnages souvent excentriques (mais pas trop) et psychologiquement approfondis. Certes, on ne peut qualifier ce roman d'inoubliable, mais nous passons néanmoins un agréable moment, quoique éphémère, avec une héroïne courageuse et naïve.
Junon Marlowe, fraichement dépucelée (assez brutalement, il faut le dire, par deux cousins qui l'ont toujours traitée comme faisant "partie des meubles") refuse de rejoindre sa mère exilée au Canada, alors que la guerre et le Blitz font rage en Grande-Bretagne. Elle trouve refuge, par un concours de circonstances plutôt surprenant, chez Robert Copplestone, en Cornouailles, où une vie bucolique et un grand amour l'attendent.
Son histoire peut se lire comme un conte de fées, mais cela serait oublier le pragmatisme inhérent aux années de guerre, et à la trame romantique, s'ajoutent, subtilement, des événements plus graves ; malgré l'apparente légèreté de ton, ce roman est la peinture fidèle d'une vie quotidienne bouleversée par le conflit, omniprésent. L'optimisme est pourtant de mise (la victoire future des forces alliées semble aller de soi) et une liberté de ton réjouissante et impertinente imprègne ce roman ni mièvre ni tragique.

B.Longre
(juin 2000)

Mary Wesley est morte le lundi 30 décembre 2002 à Totnes dans le Devon, à l'âge de 90 ans.

http://www.nytimes.com/2003/01/01/obituaries/01WESL.html

Extrait d'un autre de ses romans,
Un héritage encombrant
http://www.liberation.fr/chapitre/wesley.html

Critique de Une expérience enrichissante
http://www.lire.presse.fr/Etranger/256_003945J.asp