Marabou Stork Nightmares
J. Cape, 1995

 

 

Paraissent en français en janvier 2008 (Diable Vauvert) Porno (la suite de Trainspotting) et Recettes intimes de grands chefs (son dernier roman), tous deux traduits de l’anglais par Laura Derajinski.

www.audiable.com

 

 

Horreur et compassion

Irvine Welsh, jeune auteur écossais en vogue, est devenu célèbre grâce à l'adaptation pour le grand écran de son premier roman Trainspotting (réalisé par Danny Boyle). Son deuxième roman, Marabou Stork Nightmares, est moins connu, mais tout aussi poignant et convaincant : personnages dépravés et/ou désespérés, réalisme brutal et amer teinté d'infimes notes d'espoir et d'humanité, langage parfois cru et direct et typographie chaotique.

L'histoire de Roy Strang (par lui-même, dans un long monologue intérieur) est parsemée de querelles familiales, de complexes physiques, de peurs, d'abus sexuels et de violences diverses et sa réussite scolaire ne parvient pas à le sauver de ce cauchemar : histoire cruelle mais ordinaire, compte tenu du contexte social. Néanmoins, l'originalité du roman tient plus à sa structure qu'au contenu. Le récit, à la façon d'un puzzle, est en effet composé de plusieurs monologues qui s'enchevêtrent et se recoupent : un Roy comateux, sur un lit d'hôpital, nous livre ses souvenirs, ses rêves et son aventure au plus profond de l'Afrique à la recherche d'un terrible prédateur, le Marabou Stork. Le lecteur, tout d'abord dérouté, apprend à s'y retrouver en partie grâce à la typographie, la disposition sur la page précisant concrètement la pensée du narrateur.

L'obsession de Roy à vouloir exterminer l'oiseau est liée au fait qu'il est à la fois victime et coupable et que seule cette quête peut l'amener à la rédemption de ses actes. Malgré ses capacités à ironiser et à pourfendre la bêtise humaine, l'auteur montre une grande compassion envers certains de ses personnages et c'est aussi en cela que ce roman est remarquable.

B. Longre
(septembre 1999)

Pour ceux qui ne connaîtraient pas l'auteur, je conseille aussi les trois récits regroupés sous le titre Ecstasy, excellente synthèse du "label" Welsh.
Il est recommandé, dans la mesure du possible, de lire Welsh dans le texte : même une traduction de qualité ne peut rendre en Français certains dialogues ou récits à la première personne dans lesquels l'argot écossais fleurit et où l'accent est reproduit phonétiquement. (Certaines éditions américaines contiennent même un lexique !)


Trainspotting, 1993. Traduit en français ( l'Olivier, 1996 / Le Seuil, poche, 1998))
Acid House (short stories), 1994
Marabou Stork Nightmares, 1995

Ecstasy, three tales of chemical romance, 1996, Traduit en français (éditions de l'Olivier, 1999)

Filth, 1998
Glue, 2001

site officiel
http://www.irvinewelsh.net

sur le magazine Spike
http://www.irvinewelsh.com
http://www.spikemagazine.com/0399filth.htm

http://fr.news.yahoo.com/001214/43/s9uv.html