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Valère Staraselski écrit.
Depuis 1989 notamment, date de son premier roman, qui marqua toute
une génération, Dans la folie d’une
colère très juste.
Depuis, il n’a cessé de faire paraître au public
romans, essais, nouvelles, articles dans la presse, critiques de
livres… Son dernier roman, Une histoire française,
Paris janvier 1789 s’inscrit dans cette recherche
de la narration, de l’écriture, de l’invention
créatrice.
Valère Staraselski n’est surtout pas un auteur comme
les autres. Car, dans chacun de ses textes, au-delà de l’écrit
existe un message, une interpellation qui ne laisse jamais indifférent
le lecteur. Il n’est pas dans une quête futile égotiste,
ni dans la reconnaissance proclamée des médias. Valère
Staraselski poursuit son chemin d’écrivain et ce roman
s’inscrit encore une fois dans ce face à face, auteur-lecteur,
prenant en compte une période historique fondamentale dans
l’histoire de France.
Une histoire française
est avant toutes choses l’histoire d’un homme, Marc-Antoine
Doudeauville, qui rencontre la grande Histoire, celles des 25 années
précédant la Révolution française, l’histoire
de la fin du XVIIIème siècle, qui finit bel et bien
en 1789. A cette date, un monde meurt avant que ne naisse la République.
Doudeauville est renversé par un cheval dans les rues de
Paris, chose qui n’est pas exceptionnelle à cette époque…
Mourant, il souhaite laisser un témoignage de sa vie. Georges
de Coursault, homme de lettres, est alors recruté comme scribe
afin de laisser l’histoire d’un homme ordinaire qui,
finalement, aura eu une vie extraordinaire dans le Paris des deux
derniers rois de France.
Durant son récit autobiographique, Doudeauville évoque
sa vie, enfant trouvé ayant eu un destin hors du commun puisqu’il
finira avocat. S’il n’y avait eu son accident, on pressent
son destin éventuel durant les années 1789-1794…
Mais l’essentiel n’est pas là. Son histoire est
celle de cette société française hiérarchisée,
inégalitaire. C’est surtout l’histoire politique,
culturelle, philosophique et financière de la France de Louis
XVI. Un cercle d’amis lettrés, lors de discussions
passionnées, se confrontent, échangent, sous le sceau
de l’amitié, des avis, des opinions sur les philosophes,
les écrivains, les Voltaire, Diderot, qui forment le socle
de la pensée française, et au-delà la pensée
occidentale d’alors.
Ce roman est
aussi une grande leçon d’histoire politique. Au travers
de mille détails de la vie quotidienne, Valère Staraselski
nous jette dans la réalité d’un Paris très
dur, soumis aux rigueurs des saisons, des décisions arbitraires
des puissants, des luttes parlementaires… Et le résultat
n’en est que plus surprenant : le roi, les ministres, Turgot,
Necker, Malesherbes, ne sont en aucune façon caricaturés.
L’auteur dresse l’histoire complexe de combats contradictoires
et souligne, dans une rigueur d’historien, le rôle progressiste,
la volonté modernisatrice des hommes du pouvoir qui se heurte
à la fois à la classe des privilégiés,
une noblesse de robe en perte de vitesse par rapport une bourgeoisie
capitaliste – la richesse de nom se trouvant balayée
en quelques années par la richesse pécuniaire –
alliée objective des Parlements qui n’ont pour objectif
que la stricte conservation de leurs pouvoirs.
Ainsi, on peut conclure – peut-être hâtivement
– que la Révolution ne naît que de l’exaspération
populaire de ne voir l’ancienne société évoluer
plus rapidement, changer et muter, du fait de rapports de force
opposés et qui a priori se neutralisent. C’est la description
d’une société politique bloquée. La Révolution
serait née de ce malentendu. Ce que les hommes du pouvoir
ne purent ou surent construire, le peuple, les hommes issus des
Lumières l’ont précipité, dans une accélération
inédite de l’Histoire…
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Alors,
que nous dit Valère Staraselski ? Ce spécialiste,
docteur es lettres, de l’œuvre de Louis Aragon,
ne nous raconte pas qu’une histoire, ni des histoires…
Ce roman, dans lequel il ment si peu pour nous dire qui il
est, comment il vit, ce qu’il pense et surtout pourquoi
il écrit, intervient alors que la situation politique
actuelle de la France est des plus confuses et peut être
ainsi comparée à celle de la fin du XVIIIe siècle…
déficits publics immenses, crise morale et crise des
valeurs essentielles de la société, émeutes
provoquées par la misère, nombre élevé
de suicides, absence de réel débat démocratique
caractérisé par la non prise en compte des récents
scrutins électoraux, tous les pouvoirs détenus
dans les seules mains d’élites technocratiques
ou financières… |
La liste est
longue des désastres advenus et à venir. Et Valère
Staraselski nous dit simplement et calmement que l’impossible
est toujours imaginable. Et qu’un ordre établi, aussi
puissant fût-il, peut être renversé, pour le
meilleur ou pour le pire.
Si chaque époque a ses aristocrates, ses égoïsmes,
ses lâchetés, ses conformismes, comme le précise
la quatrième de couverture, l’auteur a su réaliser
un immense travail d’investigation, digne d’un véritable
historien, pour mieux établir des passerelles avec la réalité
de la France de 1789 et celle de ce début de XXIème
siècle. Et l’on se souvient que l’Europe fut
française, de par sa langue, sa culture, sa diplomatie. La
1ère République, celle des Etats-Unis d’Amérique,
n’a pu vaincre l’oppression britannique que grâce
aux troupes de Lafayette. La fin de ce XVIIIème siècle
a bouleversé le monde, et ainsi le XIXème fut français
malgré tout… de par son dynamisme politique, pictural,
littéraire, et économique.
Valère Staraselski dit qu’il faut parfois peu de choses,
celles-ci ayant mûri pendant des décennies, pour qu’un
monde nouveau éclate et se tourne sur le monde.
Ce roman est un appel à cette résurrection et c’est
pourquoi il ne s’adresse pas seulement qu’aux lecteurs
français ! Ce livre, à plusieurs niveaux de lecture,
est un vrai roman. Celui de vies imbriquées, de ces vies
humaines qui ne s’élèvent et ne se réalisent
que par l’absorption du monde tel qu’il est, dans un
échange fulgurant où ce qui construit l’être
rejaillit forcément sur l’ensemble des hommes.
Parce qu’il n’est pas caricatural, qu’il est écrit
dans une langue française pure et classique, parce qu’il
apporte à sa lecture informations, connaissances, réflexions
et analyses, ce roman fera date et constitue un vrai événement
littéraire.
Il serait bon qu’il ne rencontre pas le complot du silence,
cette marque d’un ordre ancien, celui-là même
qui aboutit à l’anéantissement de l’ancien
régime qui, par trop devenu immoral, s’est effondré
dès la convocation des Etats généraux qui le
furent, ne l’oublions pas, en particulier sur l’insistance
et à l’appel de la noblesse…
Jean-Michel
Platier
(septembre 2007)

http://www.cherche-midi.com/Fr/catalogue/ficheauteur.asp?bio=232
http://www.annuaire-blogs.net/21539_%7C_Valère_Staraselski.html
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