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La chanson comme une arme
14 septembre
1973, Victor Jara est enterré. Le peuple chilien pleure son
serviteur.
5 octobre 1973, Joan Jara, son épouse, quitte le Chili avec
ses deux filles direction Londres.
Chilienne d’adoption, puisque sujette britannique, Joan Jara
tient dans ce récit à retracer la vie de son mari
pour continuer le combat des peuples opprimés et pour que
jamais on ne puisse oublier ce qu’engendre une dictature.
1973, c’est le coup d’Etat d’Augusto Pinochet
contre le gouvernement d’Allende fraîchement élu.
Meurtres, tortures, mutilations, disparitions se succèdent.
Et pourtant tout un peuple tentait de se rebeller avec à
sa tête, entre autres, Victor Jara. Celui-ci est chanteur,
compositeur, musicien. Depuis qu’il écrit, c'est-à-dire
très jeune, ses chants sont engagés contre l’injustice
sociale, la pauvreté. Il n’a pas attendu le coup d’Etat
pour dire, déclamer au monde entier, quand il le pouvait,
la souffrance et la misère dans lequel son peuple était
plongé. Lui-même, fils de paysan pauvre, vivant avec
une mère qu’il adorait et un père absent et
alcoolique, il apprendra ce qu’est la souffrance d’être
sans le sou. Homme pacifique, d’une gentillesse rare jusque
dans les disputes conjugales ; en revanche, il s’enflammait
très vite lorsque devant lui on se présentait résigné
: « Tu n’as pas besoin de charité. Tu as
le droit de vivre dans un lieu décent, d’avoir un médecin
(…) A quoi ça sert de faire un abat jour si tu n’as
même pas une maison pour mettre une lampe. » expliquait-il
à une pauvre femme.
Alors très vite suivi par les étudiants, les syndicats,
les ouvriers, il devint forcément ennemi des putchistes.
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Joan
Jara livre ici un récit exhaustif, avec force détails,
peut être trop d’ailleurs, de ce chanteur et
plus encore chantre de la paix et de l’unité
populaire. Plus qu’une biographie, ce serait à
lire comme un roman du réel. Les amoureux du Chili
y trouveront un intérêt certain ou un certain
intérêt ; pour les autres, le livre est beaucoup
trop long, avec par exemple foultitude de descriptions de
la vie familiale qui n’éclairent pas le lecteur
sur la personnalité de ce grand Monsieur. Il aurait
fallu recentré le sujet sur Victor, car on a ici
un mélange des genres entre roman, récit,
biographie, qui ne fonctionne pas bien et ne parvient pas
à accrocher le lecteur. Dommage.
Apoline
Saybec
(janvier 2008)
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Apoline
Saybec est historienne de formation. Elle a été
rédactrice en chef d’un mensuel économique puis
généraliste. Journaliste en presse écrite,
elle est passionnée par l’être humain ; elle
aime autant l’histoire que l’actualité, la littérature
que le cinéma, la sociologie que la psychologie... Tout ce
qui permet de comprendre le monde qui l’entoure, de transmettre
ce qu’elle apprend ou ce qu’elle a vécu est le
terreau de son existence. S’évader, rêver, imaginer
au travers des livres… le voyage, dans tous les sens du terme,
est son moteur.

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