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autres
dates
• reprise à Romans au Théâtre de la Presle
les 4, 5, 8 , 9 et 10 novembre, 20h45.
• à la Faïencerie, La Tronche (38) le 2 décembre
• à l'Espace Baudelaire à Rillieux-la-Pape (69)
le 2 février 2006
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Jean-Pierre Yvars : Nicollo
Serge Brozille : Filippo
Alain Gandy : Peppino
Scénographie
: Serge Brozille
Lumières : Joël Bonnet
Son : Marc Favre
Construction décors : Xavier Larat
Peinture décors : Pierre Marie Millet
Affiche : Bruno Théry
«
Petit boulot pour vieux clown est une pièce qui m’a
accompagné dans mon errance à travers l’Europe,
de l’est à l’ouest, durant mon passage
d’un monde à l’autre, de ma langue maternelle
vers la langue française, dans ma recherche d’une
nouvelle identité. J’ai commencé à
l’écrire à Bucarest en 1986 et je l’ai
terminé à Paris en 1987. (...) J’ai écrit
donc cette pièce parce que pour moi le clown est un
personnage qui rit en pleurant et pleure en riant ; il est
en même temps le bouffon du Roi qui se moque de son
Maître, et le fou qui dit la vérité ;
il est le miroir impitoyable de son temps et l’écho
enfantin du temps qui passe…» Matèi
Visniec
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Cie
de l’œil Nu
théâtre de la Presle 26100 Romans
Tél : 04 75 70 55 96
La
compagnie de l'Oeil Nu
Créée à Lyon en 1973, la compagnie
est dirigée par Serge Brozille et Christiane Gatt-Brozille,
tous deux metteurs en scène et comédiens.
En 1977, l'Oeil Nu s'installe à Romans, et pendant
une dizaine d'années se consacre à un public
jeune ; après une dizaine d'années de nomadisme
à l'intérieur de la ville, la compagnie s'installe
au théâtre de la Presle pour se consacrer essentiellement
à un public adulte et présenter ses créations.
En 1998, l'Oeil Nu est chargée de la programmation
théâtre pour l'ensemble de la ville.
La
pièce est disponible aux Editions Actes Sud-Papiers
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Attente
Assez sombre
à la première lecture, la pièce de Matei Visniec
est presque une réécriture de Samuel Beckett. La mise
en scène, la mise en lumière de Christiane Gatt-Brozille
et de Serge Brozille surprend le spectateur de Petit
boulot pour vieux clown qui connaît le texte
de la pièce. Le défilé clownesque. Les trois
portes peintes en bleu, comme les trois personnages arrivés
l'un après l'autre sont mis sous une lumière tendre
et gaie. Pendant que la lumière se répand et les couleurs
surgissent, les personnages Filippo, Nicollo et Peppino s'abritent
de leur solitude, se réincarnent et remettent leurs costumes
inactuels pour réapparaître ensuite dans leurs vieux
rôles de clowns qu'ils étaient à l'époque
de leur gloire et de leur jeunesse.
Un peu comme
dans L'Opéra Panique d'Alejandro
Jodorowsky, la tragédie se dissout systématiquement
dans le grotesque. Le rire contraste ici et, en même temps
s'accorde absurdement avec l'angoisse, le rêve nostalgique
ou plutôt le souvenir avec la réalité, la pénombre
de la salle sans fenêtre avec les "étincelles"
d'humour. Le rire est inévitable. Néanmoins, les vieux
clowns fixés d'un "oeil nu", les vieillards, en
mouvement constant sur la scène, en costumes de location
et avec une valise démodée, qui dépoussièrent
leurs mémoires et leurs songes inédits, sont saisis
sur le plateau en flagrant délit dans un échec social
et éthique.
La rencontre
de trois vieux clowns a lieu sur la scène d'"attente".
La rencontre devient un voyage rétrospectif, un voyage dans
le passé et un espoir de l'avenir. L'attente comme chez Beckett,
une attente vaine, inaboutie et en même temps inévitable,
apparaît ici comme une façon de vivre. Elle symbolise
la vie et l'espoir mais aussi l'inconnu et l'inflexibilité
du temps. Le temps, comme s'il était plus "épais",
se manifeste dans toute sa cruauté et devient très
concret. Dans ce théâtre de l'absurde existentiel c'est
le temps en effet qui traduit le réel. Le metteur en scène
rend avec subtilité ce face-à-face entre l'homme et
le temps. Dans un espace parfaitement clos qui est d'abord le plateau
de théâtre, puis la salle d'attente, l'homme essaye
de résister à l'oubli jusqu'au point de devenir ridicule
dans sa rivalité avec l'autre, dans l'affrontement du soi
et dans la peur de ce qui adviendra.
La dramaturgie
de Beckett a beaucoup marqué l'oeuvre de Visniec. Le metteur
en scène veut éloigner cette influence beckettienne
sans pourtant la nier. Cette influence pourrait en effet devenir
un stéréotype théâtral auquel on échappe
ici en éliminant la sobriété mais en gardant
en même temps l'aspect de suspens. Les personnages attendent
pendant de longues heures l'arrivée d'un "Godot",
ils écoutent avec impatience et excitation les pas lointains
dans l'escalier, derrière l'une des trois portes, et les
fanfares d'un cirque qui passe quelque part à l'extérieur,
dans un univers extra-scénique qui n'est plus accessible
aux trois vieux personnages tragi-clownesques.
Agata
Mozolewska
(mars 2005)

Page
thématique : Ecrits franco-roumains
du
même auteur
Du
pain plein les poches et autres pièces courtes, Actes
Sud – Papiers, 2004
Attention aux vieilles dames rongées
par la solitude, Lansman, 2004
Richard III n’aura pas lieu, La machine
Tchekhov, La femme-cible et ses dix amants Lansman, 2005
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