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Fausse
simplicité
Sous des allures
très sages et convenues, ce petit album carré mais
épais nous emmène bien loin. On commence avec des
« premières fois » de naissance et d’amour,
presque mièvres («la première fois que j’ai
ouvert les yeux », « la première fois que j’ai
vu papa »…) , de premières fois qui feront
sourire les enfants («la première fois que j’ai
fait pipi, la première fois que j’ai craché
mon petit pot sur papa. »…), mais bien vite, cela
décolle d’un quotidien simple et lisse : la première
fois qu’on rêve, que se passe-t-il ? et lorsqu’on
tombe ? et combien a-t-on mangé de petits pois la première
fois ? Parfois, on va vers le grave, avec des premières fois
uniques et qui inaugurent pourtant une longue liste (« la
première fois que grand-père est mort », «
la première fois que j’ai eu treize ans ».)
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Très
progressivement, ce qui dans les premières pages apparaissait
comme un album pour petits évoquant les premières
découvertes et apprentissages, à la manière
de nombreux ouvrages, devient tout autre : les limites tombent
et l’on sort du cadre d’un âge précis.
La vie de cette enfant se poursuit jusqu’au moment où
elle-même a un enfant (« la première
fois que tu es née, c’est la deuxième
fois que je suis née »), bouclant la boucle
du récit. Entre-temps, elle sera passée par
bien des étapes, gaies ou tristes, qui font la vie
des filles.
Le « Je » de l’enfant qui devient le «
Je » de la mère face au « tu » du
nouvel enfant s’illustrent ainsi en miroir, mimant le
retour des générations. Une fausse simplicité
caractérise aussi bien les textes que les dessins,
pleins d’humour et de poésie.
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
(février 2007)
Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.

Entretien
avec l'auteur
(2005)
http://www.20six.fr/vincentcuvellier
http://www.gallimard-jeunesse.fr/
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