| questionnaire
Le
bonheur parfait ?
Ecrire, avec des enfants à côté et une
femme.
Ce
qui vous fait lever le matin?
Le fait que je suis vivant alors je ne vais pas passer ma
journée au lit
La
dernière fois que vous avez ri?
Cet après-midi, enfin tous les jours
La
dernière fois que vous avez pleuré ?
Il y a deux jours, je pleure autant que je ris.
Votre
principal trait de caractère?
C’est dur de me résumer, j’en ai beaucoup,
alors j’en dis plusieurs, tant pis, l’obstination,
la curiosité, l’hésitation et …
y’en a d’autres.
Quel
talent voudriez-vous avoir ?
Etre chanteur.
Quand
vous n’écrivez pas, quelle est votre occupation
favorite ?
La marche.
Votre
meilleur souvenir d’enfant ?
Quand je chantais des chansons avec ma sœur sur Brel,
Branduardi…
Votre
héros de fiction ?
Tintin
Vos
héros d’aujourd’hui ?
Les personnes qui détruisent les systèmes par
exemple Gorbatchev, Frederik De Klerk parce qu’ils sont
très courageux
Le
lieu que vous aimez le plus?
Une question que j’aime bien, le bord d’une rivière
ou d’un canal, le bord de mer mais n’importe où
!
Votre
voyage préféré ?
Dans n’importe quelle ville en France ou à l’étranger
et de marcher au hasard sans but.
Votre
plus grande réussite ?
Réussir à devenir écrivain, sachant d’où
je viens ce n’était pas gagné d’avance…
Votre
plus grand regret ?
Actuellement c’est de ne pas avoir d’enfants.
Que
détestez-vous par-dessus tout ?
La mesquinerie des sentiments, les gens pas humains, la radinerie
des sentiments, faire ce que je ne veux pas faire, j’aime
pas qu’on parle mal aux gens.
Si
vous pouviez changer une chose dans votre vie ?
Rien de spécial, si je devais refaire, je referais
pareil avec toutes les erreurs aussi, parce que si j’en
suis là c’est grâce à elles aussi.
Votre
écrivain préféré ?
J’en ai pas, plus jeune j’aurai répondu
Gheorghiu (la 25ème heure) et De Ghelderode
(Barabas)… les livres qui racontent des histoires
très individuelles dans un contexte historique très
très fort.
Votre
livre de chevet ?
J’en n’ai pas, je lis beaucoup de biographies.
Votre
film culte ?
La nuit de San Lorenzo, Laurence d’Arabie,
les films de Billy Wilder.
Le
dernier film vu ?
Mensonges et trahisons
La
musique que vous écoutez?
La chanson française, la musique classique, en fait
j’aime bien tous les styles.
Votre
cd préféré ?
Trop infidèle en musique, j’aime trop de choses.
Quelle
chanson sifflez vous sous la douche ?
Je chante tout le temps… A tes souhaits (M)
Qu’il
y a-t-il sur vos murs ?
Beaucoup de dessins, j’aime pas la photo, beaucoup de
dessins de copains.
Qu’il
y a-t-il sous votre lit ?
Rien, le matelas est posé à même le sol.
Quelque
chose que vous avez toujours avec vous et qui ne vous a jamais
quitté ?
Une sculpture qu’a fait mon père à ma
naissance.
Votre
devise ?
«On ne sait jamais ce qui va arriver », «
Une nuit d’amour vaut tous les idéaux du monde»
Votre
expression préférée ?
La grosse marrade.
Qu’est-ce
qui vous rend triste?
Quand j’aime quelqu’un qui ne m’aime pas.
Comment
aimeriez-vous mourir ?
Mourir quand j’ai réglé tous mes démons,
donc vieux !
Où
écrivez-vous ?
Chez moi ou au bord de la rivière.
Aimez-vous
votre vie ?
Oui ! elle n’est pas facile mais elle est assez rigolote,
rock’n roll, pas ennuyeuse, même les périodes
difficiles, j’aime bien ma vie.
Une
chose à changer ?
Me calmer, être apaisé. Aujourd’hui je
suis toujours en bouillonnement et c’est un peu fatiguant.
Un
prénom que vous aimez beaucoup ?
Benjamin et Marie
Aimez-vous
les listes ?
Oui
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Alors
il faudrait écrire des livres plus drôles…
Chaud
le frigo est plus
rigolo mais je trouve qu’il commence à devenir
moraliste. Ce que j’aime bien dans mes autres livres
c’est qu’ils ne le sont pas du tout. On peut aborder
des problèmes aussi de façon rigolote et décontractée.
Des livres à thème je n’aime pas du tout
ça.
Un
constat : les jeux, les vidéos ont plus de succès,
alors que le livre apparaît pour certain comme une contrainte,
qu’en pensez-vous ?
J’y
crois pas … Je suis issue d’une famille d’ouvrier.
Il y avait des livres partout dans la maison, mes parents
ne m’ont jamais dit qu’il fallait lire. Je préférais
regarder la télé mais de temps en temps, je
prenais un livre. J’aimais bien sans être un gros
lecteur, je lis assez facilement. Je crois en fait qu’il
ne faut pas dire « Il faut lire » ou
« lire c’est mieux qu’autre chose ».
Souvent, aux gamins, je leur dis que l’être vivant
est plus important que les livres. Aller voir un copain c’est
aussi bien voir plus important que de finir un bouquin. Il
faut décomplexer l’enfant qui ne lit pas, le
laisser choisir. L’adulte transmet, il ne doit pas imposer
un livre comme bon ou pas, comme tout le débat sur
les Titeuf par exemple. Comme disait Elzbieta, «
l’enfant n’est pas forcément un être
incomplet qui doit être éduqué et rempli
». Il faut le laisser faire son choix sans le culpabiliser.
Le
monde de l’édition : trop de livres pour enfants,
trop d’éditeurs de Jeunesse ?
Oui
pour les deux, mais de toute façon la sélection
va se faire. Vont dégager tous ceux qui sont arrivés
dans le livre enfant parce que c’est un créneau
porteur et vendeur, ceux qui écrivent pour les enfants
en croyant que c’est plus facile, ceux qui sont moralistes
ou thérapeutiques. Il va rester les bons écrivains.
Comme cela est arrivé à la BD. Pareil pour les
éditeurs : après une bonne crise, il va rester
les bons éditeurs qui travaillent vraiment le livre
et qui se spécialisent. J’ai l’impression
que certains éditeurs coupent la branche sur laquelle
ils sont assis en publiant un peu tout ce qui leur tombe dans
la main. Il restera les bons et pas forcément des plus
vieux, les plus gros. Il faut réussir à percer
grâce à la création.
Les
adolescents lisent des livres très gros maintenant
suite à Harry Potter, les plus jeunes par
contre ont une préférence pour les livres plus
courts…
Et
c’est bien parce que la collection Zig Zag, c’est
des petits livres !
L’idéal pour moi, c’est que les enfants
lisent mes livres sans même s’en apercevoir qu’ils
ont lu un livre. J’ai remarqué que mes lecteurs
ne sont pas de «gros lecteurs», au contraire.
Souvent certains me disent que c’est le premier livre
qu’ils arrivent à lire tout seul. J’aime
qu’ils lisent comme moi j’écris sans forcément
m’en rendre compte.
Comment
envisagez-vous l’avenir de vos livres ?
Les
prix, les salons, les bibliothécaires aident beaucoup
les écrivains en général. La
chauffeuse de bus s’est bien vendu,
presque 10 000 exemplaires. Il a même été
traduit en allemand et en japonais notamment. Sans doute Tu
parles, Charles ! fera mieux…
Et
l’illustration dans tout ça ?
Les
illustrateurs ont pris des risques. Ils ont trouvé
un style, une place. Maintenant on reconnaît du Boutavant,
du Claveloux… C’est plus difficile pour les auteurs.
Le style pour enfants n’est pas forcément terminé.
Au contraire, il faut encore rechercher de nouveaux styles.
Ce ne sont pas les thèmes qu’il faut changer
mais le style doit varier. Un peu comme Le petit chaperon
rouge, battu et rebattu par l’illustration toutes les
années à Montreuil.
L’écrivain doit faire pareil.
Votre
style a évolué depuis Kilomètre
zéro, votre premier livre jeunesse publié.
J’ai
trouvé un style, et j’aime qu’on le reconnaisse.
Aujourd’hui, il est moins démonstratif que dans
Marre des cauchemars ! par exemple.
Dans mon prochain livre qui sort à la rentrée,
La nuit de mes neufs ans, c’est
exactement ce que je veux faire, un style moins agressif,
moins démonstratif. J’ai réussi aussi
à écrire une histoire d’amour pour enfants,
une vraie histoire d’amour sans clichés, sans
romanesque. L’histoire : Benjamin, et oui encore lui,
fête son anniversaire. La petite fille des amis de ses
parents, en larmes, frappe à la porte. Ses parents
se sont disputés alors elle dort chez Benjamin, dans
la même chambre. Benjamin aime beaucoup cette petite
fille. Il décrit ses sentiments, sa tendresse pour
elle.
Pour
Tu parles, Charles ! vous avez reçu
le Prix Tam-tam à Montreuil
en 2004. Quel effet?
Ca
rassure, ça stabilise un peu, ça jalonne le
parcours. Je perçois un tout petit peu de reconnaissance
en plus dans le milieu professionnel. Mon nom est connu aujourd’hui.
J’écris depuis mes 17 ans et j’en vis seulement
depuis deux ans.
Le
premier livre publié ?
C’était
à la suite d’un prix du jeune auteur, il s’appelait
La troisième vie, un roman
un peu fougueux, plus pour adultes.
Sinon, c’est Kilomètre zéro.
J’ai envoyé le manuscrit par La Poste à
dix maisons d’édition que j’avais sélectionnées.
C’est rare maintenant les éditions qui acceptent
de publier à partir d’un manuscrit. Pour moi,
ça a été un long travail de réécriture
avec l’éditrice.
Un
album parmi vos sept romans ?
Oui,
Ma vie de chien c’était
un délire… On aime, on n’aime pas. C’était
un essai avec l’illustratrice Candice Hayat qui avait
déjà travaillé sur La chauffeuse
de bus. C’était rigolo, pas le
même travail d’écriture. Je vais faire
des albums plus classiques maintenant.
Vous
connaissez vos illustrateurs lors de l’écriture
du texte ?
Pas
forcément, il n’y a pas de rencontre avant le
plus souvent. Maintenant j’essaie de demander à
travailler avec certains illustrateurs. Par exemple, Charles
Dutertre.
Pour moi, il doit y avoir une collaboration entre auteur et
illustrateur. L’illustrateur pour moi c’est un
co-auteur. Ses dessins doivent enrichir le texte. L’illustrateur
doit s’approprier le texte, venir avec sa personnalité.
Je suis très content de mes livres globalement. Je
les trouve très beaux grâce aux dessins.
Un
dernier petit mot : votre héros s’appelle toujours
Benjamin, pourquoi ?
C’est
un choix, j’aime beaucoup ce prénom et puis Benjamin
c’est un peu moi …
Je
vous remercie Vincent et vous souhaite Bonne route…
Propos
recueillis par L. Fontanella
(mai 2005)
Laura
Fontanella est bibliothécaire pour
enfants. Elle s’intéresse avec passion à
la littérature jeunesse. Elle s’amuse avec les
mots, les livres, les illustrations afin de les mettre à
la portée de tous les enfants. Mais elle aime aussi
écouter les autres raconter les histoires et parfois
les conter elle-même.

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