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Petits trafics entre amis
« Hope
I die before I get old » (J’espère mourir
avant de devenir vieux), cette célèbre phrase de Pete
Townsend (guitariste du groupe Who) date des années 60 mais
elle pourrait être la devise de la jeunesse madrilène
décrite dans La Ville disjonktée.
Loin des habituels clichés véhiculés sur la
capitale espagnole, José Angel Mañas nous plonge dans
un univers violent fait de braquages, de coke, de dealers et surtout
de jeunes désœuvrés tels qu’on avait plutôt
l’habitude d’en voir dans les romans de l’anglais
Irving Welsh ou du japonais
Murakami Ryû.
Kaiser sera
notre guide dans la ville disjonktée : à 17 ans, ce
fils de famille aisée, fan de musique électronique,
et amoureux de Tula, fait en Vespa la tournée des bars de
Madrid pour y vendre sa coke ou se réapprovisionner auprès
de Barbas, un flic véreux. Avec sa bande de copains, Kaiser
a organisé un braquage qui a mal tourné et un des
compères, Gonzalo, a dû partir plusieurs mois en Angleterre
sous la pression de sa famille. De retour en Espagne, celui-ci décide
à son tour de dealer et commence à empiéter
sur le territoire de Kaiser qui, désireux de se faire respecter,
l’abat froidement. Après que Barbas lui a donné
un sérieux avertissement, Kaiser fuit Madrid ; commence alors
une espèce de road movie sous l’emprise de la coke
qui le conduit à un festival de musique en plein air où
il fait la connaissance du sympathique Kiko, « le fumeur de
chichon », qu’il quitte brusquement pour rentrer en
stop à la Capitale en compagnie de deux Allemandes. Kaiser
continue alors ses trafics puis entreprend la reconquête de
Tula, un temps délaissée.
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Il
n’est pas si simple de se familiariser avec l’univers
de Kaiser : une multitude de personnages et de noms à
retenir, des phrases longues, un style à la fois ‘dialogué’
et tranchant, il faut persévérer pour mériter
et apprécier la Ville disjonktée.
La fuite de Kaiser et le concert en plein air viennent à
point nommé pour faire une pause, un changement complet
d’univers et d’atmosphère se fait alors
sentir ; mais Madrid ne se laisse pas facilement oublier et
on y replonge avec notre guide défoncé qui reprend
avec plaisir ses petites habitudes. José Angel Mañas
nous laisse libres de juger le mode de vie de Kaiser et l’avis
de chacun oscillera entre indifférence et pitié.
A 30 ans seulement, Mañas a déjà 6 romans
derrière lui et certainement un avenir très
prometteur vu son talent.
Anne
Weber
(juin 2003) |

Editions
Métailié
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http://www.metailie.info/reponses/livre.asp?ID=729
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