XXIIIe festival de musique du Vieux-Lyon
décembre 2005

 

programme complet :
http://www.lachapelle-lyon.org/

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

 

Sonates pour violon et clavecin
Jean-Sébasien Bach, Fabio Biondi, Kenneth Weiss
Mercredi 14 décembre – Musée des Tissus

Au milieu des grandes oeuvres mobilisant des chœurs et/ou des orchestres au complet (opéra et concertos de Vivaldi, comédie lyrique de Rameau, Messe et Requiem de Mozart, Vêpres de Noël de Monteverdi, concertos de Jean-Marie Leclair, Concertos Brandebourgeois de Bach etc.), il est bon que la belle programmation du Festival de musique ancienne prévoie des moments où le partage musical se fait en assemblée plus restreinte et plus intime ; c’est le cas avec les Sonates pour violon et clavecin offertes par Fabio Biondi et Kenneth Weiss dans le décor de tapisseries anciennes d’une salle du Musée Tissus, à l’acoustique parfaitement adaptée à la musique de chambre.

Réunir Fabio Biondi et Kenneth Weiss relève un peu du pari. Le premier, violoniste précoce né à Palerme, fondateur de l’ensemble Europa Galante, spécialiste des grands Italiens du XVIIIe siècle, ne ménage pas la passion et la liberté d’interprétation qui le font littéralement respirer avec son violon, l’instrument paraissant lui donner en retour une énergie sans cesse renouvelée ; le second, né à New York, professeur au Conservatoire National Supérieur de Paris, qui a travaillé avec William Christie et s’est produit dans tous les hauts lieux de la musique ancienne et baroque, se signale par la recherche discrète d’un jeu impeccable dont la fréquentation de Bach est une composante primordiale. Pari gagné pour ces deux virtuoses qui, au-delà de leurs différences, se connaissent bien et jouent une musique dans laquelle la perfection formelle n’exclut pas, bien au contraire, l’expressivité et la sensibilité.

Que ce soit dans les exigeantes sonates de Jean-Sébastien Bach datant de la période 1718-1722 (BWV 1021 et BWV 1019 en sol majeur, BWV 1017 en ut mineur), dans le fameux Concerto italien pour clavecin BWV 971 (1735) ou dans la brillante sonate n° 12 en ré majeur (1737) de Pietro Antonio Locatelli (assez proche de Vivaldi, mais d’une facture moderniste), Fabio Biondi et Kenneth Weiss donnent la pleine mesure d’un jeu à la fois complice et complet, rigoureux et ouvert. Le public lyonnais ne s’y est pas trompé, dont les rappels ont permis aux deux artistes de faire entendre, entre autres, avec la même précision souriante, une sonate enfantine de Mozart. Jolie transition entre deux styles, anticipant sur une année qui s’annonce riche en manifestations.