XXIIe festival de musique du Vieux-Lyon
décembre 2004

 

Ah ! qu'ils sont courts les beaux jours !

Motets de Jean-Sébastien Bach

Noël en Russie, Liturgie et chœurs orthodoxes de Noël

programme complet :
http://www.lachapelle-lyon.org/

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

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Ah ! qu'ils sont courts les beaux jours !

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

dimanche 12 décembre 2004

La brume et le froid de décembre ont frappé ! Patricia Petitbon, malade, n’a pu malheureusement être présente au jour et à l’heure fixés pour le concert qu’elle devait donner avec le groupe baroque des Folies Françoises. Danielle De Niese, jeune soprano américaine présente à Lyon en ce moment a pris le relais au pied levé.

Le programme a de ce fait été remanié. En entrée, l’ensemble instrumental a remplacé Purcell par Jean-Marie Leclair (Ouverture en la majeur, Sonate VII en la mineur dédiée à Louis XV). Leclair (1697-1764), compositeur lyonnais, qui a joué en son temps dans cette chapelle de la Trinité, demande dans la pratique du violon beaucoup de virtuosité. Danielle De Niese s’est ensuite jointe aux instruments pour chanter des airs de Jean-Philippe Rameau et de Leclair.

La deuxième partie fut entièrement consacrée aux Anglais (Purcell et Haendel), laissant de côté Marc-Antoine Charpentier ; elle a ainsi permis de mesurer tout le talent des jeunes instrumentistes formés à l’école française baroque et récompensés sur le plan national et international, sous la direction du violoniste Patrick Cohën-Akenine, qui a joué comme premier violon dans de nombreux groupes de musique baroque avant de créer les Folies Françoises en 2000 pour aborder un vaste répertoire.

La complicité de Danielle de Niese avec cet ensemble est évidente. Chanteuse lyrique à la technique très sûre, elle a magnifiquement interprété ces œuvres anglaises. Habituée de la scène depuis son enfance, engagée dans les plus grandes salles lyriques du monde (Paris, Tokyo, Amsterdam, et très bientôt à l’opéra de Lyon), elle a conquis par sa présence chaleureuse le public lyonnais.

A l’année prochaine, Patricia Petitbon !

F. Anthonioz
(décembre 2004)




 

Motets de Jean-Sébastien Bach

Accentus
Orgue positif : Denis Comtet
Contrebasse : Jean-Michel Forest

Direction : Laurence Equilbey

Chapelle de la Trinité, 14-15 décembre 2004

Etymologiquement, « motet » signifie « petit mot » ; dès le Moyen Age, le terme a désigné un petit texte poétique, à teneur religieuse ou non, destiné à être chanté à plusieurs voix. Le «motet» comme chant polyphonique, religieux mais non inclus dans l’office, s’épanouit aux XVIIe et XVIIIe siècles, sans atteindre toutefois le prestige et l’expressivité de la cantate ou de l’oratorio.

Jean-Sébastien Bach n’a, semble-t-il, pas oublié le sens premier du mot : n’utilisant que la langue allemande, il s’attache dans ses motets à mettre en valeur des textes sacrés destinés au recueillement (Psaumes, Evangiles, Epîtres) en adoptant une forme musicale synthétique, mêlant la rigoureuse manière « à l’antique » à celle du madrigal et au style « concertato », plus libre et plus brillant.

Les cinq motets (c’est-à-dire la quasi totalité de ceux de Bach) choisis par Laurence Equilbey et le chœur Accentus sont très représentatifs de la diversité et de la virtuosité d’inspiration et d’écriture du compositeur de Leipzig : le développement en différentes parties du plus vaste d’entre eux, Jesu, meine freude (BWV 227), l’unité en un long souffle de Lobet, den Herrn (BWV 230), la force de conviction de Komm, Jesu, Komm (BWV 229), le dialogisme brillant, à double chœur et en forme de cantate de Der Geist hilft unser Schwachheit auf (BWV 226) et surtout de Singet dem Herrn ein neues Leid (BWV 225), la variété de l’ensemble n’exclut pas la soumission aux contraintes du genre.

Soutenue efficacement et discrètement par les instrumentistes (théorbe, violoncelle, orgue positif et contrebasse), dirigée avec grande souplesse et vraie précision par Laurence Equilbey, la bonne vingtaine de choristes a été à la hauteur de sa réputation et de celle de son chef : technique musicale, vocale, rythmique sans faille, fondu des voix, en toute modestie (et la transcription de Vivaldi exécutée en bis a bien montré l’étendue des possibilités de ces voix qui n’ont manifestement, comme souci premier, que de mettre en valeur les œuvres interprétées). Avec des choristes et des musiciens de cette qualité, Jean-Sébastien Bach continue a être bien servi, et les auditeurs comblés.

J.-P. Longre
(décembre 2004)


 

 

Noël en Russie, Liturgie et chœurs orthodoxes de Noël.
Oleg Kovalev, diacre et basse solo du Chœur du Patriarcat Russe
Chœur de l’Opéra Moussorgsky de Saint-Petersbourg
Direction Vladimir Stolpovskikh
 

C’est un « Noël » dans l’unité et dans la diversité qu’a donné le Chœur de l’Opéra Moussorsky de Saint-Petersbourg. Unité thématique, puisqu’il s’agissait d’interpréter uniquement des chants de la liturgie orthodoxe. Diversité dans le choix des époques et des genres : chants populaires de Noël (Koliadky) brillamment arrangés par Ludmila Kulikova (l’une des choristes), hymnes solennelles, monodies recueillies, parémies (c’est-à-dire lectures psalmodiées en un délicat chromatisme), litanies médiévales aux dissonances fort modernes… Une unité et une diversité permettant aux voix des solistes et des choristes de donner toute leur mesure, de manifester un sens très slave des nuances, du pianissimo intériorisé au fortissimo éclatant, et de livrer un échantillon très représentatif de la liturgie russe : chant sacré influencé par la musique populaire, sans aucun accompagnement instrumental, caractérisé par une grande liberté rythmique et tonale.

Sous la direction à la fois énergique, sympathique et expérimentée de Vladimir Stolpovskikh, le chœur a investi l’espace de la Chapelle de la Trinité en l’utilisant dans toutes ses dimensions, verticales et horizontales, créant ainsi des effets surprenants et esthétiquement intéressants, les sonorités enveloppant les auditeurs et dialoguant les unes avec les autres. L’homogénéité de l’ensemble ne l’empêche pas de renfermer de belles voix de solistes qui savent se fondre dans la masse lorsqu’il le faut, laissant la vedette à Oleg Kovalev, artiste confirmé qui présente régulièrement des récitals de mélodie russe, et s’intéresse aussi à l’opéra occidental.

Pour ce dernier concert du Festival lyonnais, une belle ouverture sur des horizons musicaux différents.

F. Anthonioz / J.-P. Longre
(décembre 2004)

 

 

 

 

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