XXe festival de musique du Vieux-Lyon
A lyon, du 5 au 20 décembre 2002


Programme

Oratorio de Noël
5 - 6 décembre

Tous les matins du monde avec Jordi Savall
samedi 7 décembre

Messe dominicale
dimanche 8 décembre

Madrigaux à 6 voix
mercredi 11 décembre

Noël 1723 à Leipzig
vendredi 13 décembre

Cabaret renaissance "La Dive Bouteille"
samedi 14 décembre

Récital de clavecin
dimanche 15 décembre

Stabat Mater
16 -17 décembre

Noël basque - Noël russe
19-20 décembre

Bureau des Festivals
5, place du Petit Collège
69005 Lyon
04 78 38 09 09

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

Il y a 20 ans, le Festival du Vieux Lyon a été créé pour répondre à deux ambitions. L'une consistait à faire découvrir aux festivaliers les trésors encore méconnus de la musique ancienne, l'autre à rompre avec l'image grise de Lyon, par un itinéraire musical à travers les monuments de la Cité qui retrouvait ses couleurs florentines. Aujourd'hui, ces deux dynamiques culturelles, alliant musique et patrimoine, par la pertinence et la qualité de ses interprétations, a conquis une place de premier plan dans l'univers musical, et où le Lyon historique a été classé en 1998 "Patrimoine Mondial de l'Humanité" par l'Unesco.
Eric Desnoues
Directeur et fondateur du festival


Liens



 


Jordi Savall
Tous les matins du monde
samedi 7 décembre 2002
Chapelle de la Trinité, Lyon


programme : Sainte-Colombe, Lully, Marin Marais.
Direction et basse de viole, Jordi Savall.
Solistes : Montserrat Figueras (soprano), Maria-Cristina Kiehr (soprano), Rolf Lislevand (théorbe) et Pierre Hantaï (clavecin).

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

Décembre 1991 : un événement secoue le monde du cinéma français, la sortie du film Tous les matins du monde. Un film intimiste dont l'actrice principale est... la musique, celle d'un maître oublié, Mr de Sainte Colombe et de son disciple Marin Marais. Un muqiue placée au centre d'un film, fruit d'une collaboration étroite entre trois artistes : le réalisateur, Alain Corneau, l'écrivain et scénariste Pascal Quignard et Jordi Savall, directeur musical et interprète de la bande originale.

 

" Tous les matins du monde sont sans retour " écrivait Pascal Quignard dans le film d'Alain Corneau et Jordi Savall. Ce n'est pas un démenti qu'apportent la réédition anniversaire de la bande originale du film ni la reprise du titre pour ce concert mais bien la confirmation que ce film, à l'incroyable succès, a marqué son temps et participé au retour de la musique du dix septième siècle, et plus spécialement de la viole.

Au demeurant le programme du concert élargit généreusement celui de la bande son du film et illustre la variété des formes qu'autorise une formation pourtant réduite : chanson populaire harmonisée et airs de cour, plaintes sur la mort de… et leçons de Ténèbres, fantaisie et passacaille. Regrettons cependant l'absence de duos de viole, bien constitutifs du répertoire de cet instrument.

Le volume sonore des instruments anciens, faible malgré les dimensions modestes de la Chapelle de la Trinité, rappelle le caractère d'abord domestique de cette musique et oblige le public à un silence religieux, vite établi. Mais autant leur volume est faible autant leur sonorité est riche et c'est un plaisir constant que de sentir s'éveiller ou s'établir les timbres caractéristiques de la viole au jeu très physique de Jordi Savall, ruisseler les riches cadences du clavecin de Pierre Hantaï, danser les accents ibériques du théorbe de Xavier Diaz-Latorre.

Cette richesse colore des ensembles d'une grande homogénéité ou voix et cordes s'unissent dans la douceur et l'harmonie de timbres . La qualité vocale d'expression et de maîtrise des deux sopranos leur permet d'exprimer toute l'émotion contenue jusqu'au tragique qui anime la Troisième leçon des Ténèbres de Couperin où culmine ce concert.

Un bel anniversaire donc où la musique baroque donne l'impression d'une forme accomplie à laquelle la maîtrise de l'expression a permis de trouver ses sommets.

M. Bernard
(décembre 2002)


http://www.occitania.fr/art/music/clas/detail/saval/dr.htm

http://lexnews.free.fr/les_interviews.htm

http://www.mcelhearn.com/bach/bach_aof_savall.html


 

 

 

 

 

 


 

 


Rinaldo Alessandrini

Madrigaux à 6 voix
mercredi 11 décembre 2002
Chapelle de la Trinité, Lyon


programme : Marenzio, Luzzaschi et Monteverdi.
Interprété par le Concerto italiano.
Direction et clavecin : Rinaldo Alessandrini.

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

D'où vient le madrigal ? Etymologiquement, le mot est d'origine obscure : du latin " matricalis ", ce qui mettrait l'accent sur l'idée d'un chant en langue maternelle (par opposition au chant en latin) ? Du latin " materialis ", au sens de " simple, familier ", ce qui ferait du " cantus materialis " le chant profane, par opposition au " cantus spiritualis ", consacré à la liturgie ? En tout cas, le madrigal marque au XVIème siècle une étape décisive dans l'évolution de la polyphonie ; dans cette forme majeure de la musique italienne, qui résonne encore de l' "ars nova" des compositeurs médiévaux, s'opère la rencontre fructueuse de l'art franco-flamand et de l'art italien.

Le programme proposé par le Concerto Italiano, reconnu comme le meilleur ensemble vocal de son pays et dont l'un des grands mérites est d'avoir, grâce à un travail de recherche très approfondi, transformé l'interprétation de la musique italienne, rend compte de ce qui fait à la fois l'essence et la diversité du madrigal de la fin du XVIème et du début du XVIIème siècle. Une première partie, consacrée d'abord à six extraits des livres de Luca Marenzio (1553-1599), l'un des maîtres de la musique vocale de l'époque, puis à trois madrigaux de Luzzasco Luzzaschi (1545-1607), le tout agrémenté d'une Passacaglia de Frescobaldi parfaitement jouée au clavecin par Rinaldo Alessandrini, permettait ainsi de mesurer à la fois l'élégance, la délicatesse, la mélancolie émanant des œuvres des deux premiers madrigalistes, avant que n'éclate, dans la seconde partie qui lui était tout entière consacrée, le génie de Claudio Monteverdi (1567-1643) ; chez lui, l'expressivité lyrique, la tension dramatique permettent de combiner la polyphonie traditionnelle et une tendance nouvelle à la monodie accompagnée.

Les six chanteurs, magistralement dirigés du clavecin par Rinaldo Alessandrini, font preuve d'une précision technique en harmonie avec la beauté des voix épousant toutes les nuances du chant amoureux, servant particulièrement bien les textes et les aspects brillants et variés de la musique de Monteverdi. Une musique sans doute savante, mais que le Concerto Italiano met à la portée de tous, dans l'expression des sentiments et des sensations. Comme le dit Rinaldo Alessandrini : " La musique est avant tout un plaisir. La musique de Monteverdi peut provoquer chez certains une émotion qui n'est bien sûr pas explicable ". Trêve donc d'explications : cette soirée dans la Chapelle de la Trinité a été une véritable mise en pratique de ces intentions.

J.-P. Longre / F. Anthonioz
(décembre 2002)

http://www.naiveclassique.com/artiste/AZartistes/alessandrini/alessandrini.html

http://www.festival-mozart.com/artistes/biographies/alessandrini.htm

 

 

 

 

 


 


Philippe Herreweghe

Noël 1723 à Leipzig
vendredi 13 décembre 2002 à 20h30
à l'Auditorium de Lyon


programme : Magnificat BMW 243 et cantates BMW 40 et 63 de Jean-Sébastien Bach.
Solistes : Carolyn Sampson (soprano), Ingebor Danz (alto), christoph Prégardien (ténor), Sébastien Noack (basse).
Avec la participation du Collegium Vocale Gent.
Direction : Philippe Herreweghe.

Auditorium de Lyon
149 Rue Garibaldi
69003 LYON
04 78 95 95 95

Lorsqu'il arrive à Leipzig en 1723, Bach sait qu'il aura à travailler davantage qu'à Koethen, qu'il aura plus de contraintes, un salaire moindre, qu'il quitte un lieu où il bénéficiait d'amitié et de considération… Mais il pourra enfin composer régulièrement pour l'église comme l'ont fait ses aïeux. Ces premières années à Leipzig seront heureuses ce qui implique une grande vitalité créatrice. Sa musique respire force et paix. Que ce soit pour les cantates BWV 40 et 63 ou le magnificat en mi bémol majeur (seule œuvre composée en latin avec la messe en si), interprétés par le Collegium Vocale Gent ce vendredi 13 décembre, il ne faut pas perdre de vue que Bach les composait pour le culte, car occulter l'importance du message c'est perdre une part de la force et de la beauté de la musique.
Le baroque allemand, et plus particulièrement Bach, est un peu l'image de marque du Collegium Vocale Gent, et même si l'on connaît sa qualité, on est toujours surpris par la "perfection" de cet ensemble. La technique est évidemment inattaquable mais tout le reste est époustouflant, irréprochable de bout en bout de cohésion, précision et finesse. Dans l'orchestre, la violoncelliste Ageet Zweistra est magistrale, sobre et enjouée à la fois, mais il faudrait également citer le hautboïste, les trompettistes notamment lors du Magnificat, l'équilibre du chœur etc…
Côté solistes nous avions droit à une équipe de haute tenue ; Carolyn Sampson convainc par sa fraîcheur, son phrasé et une réelle intelligence du discours ; Ingeborg Danz alto à la voix très chaude, nous transmet une certaine sérénité ; Christopher Pregardien, excellent ténor à la voix très timbrée légèrement nasale, joue de sa grande palette expressive et Sebastian Noak surprend par sa vivacité.
Philippe Herreweghe aux commandes de tous ces artistes est comme à son habitude, sobre et concentré, non perverti par tous les honneurs reçus : " Mon rêve c'est le concert parfait et je pense aux artisans d'autrefois qui pour atteindre la perfection du geste se préparaient par une ascèse drastique en répétant inlassablement le même geste ". Pour nous, mélomanes, c'est le bonheur.

Barbara Marmonier
(décembre 2002)

http://www.lespierides.com/herreweghe.html

http://www.festival-mozart.com/artistes/biographies/herreweghe.htm

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-musiques/biographies/


 

 

 

 

 


 

Noël basque - Noël russe
19-20 décembre

Chapelle de la Trinité, Lyon

Chapelle de la Trinité
29 Rue de la Bourse
69002 LYON

 

Le vingtième festival du Vieux Lyon, ouvert le 5 décembre par l'Oratorio de Noël de Bach se ferme ce soir sur une double célébration bien différente de cette même grande fête, témoignage de son acculturation complète dans le monde chrétien.

C'est un assemblage plutôt inattendu qu'évoque le titre du concert et que n'éclaire pas l'annonce d'un " otxote ", petit chœur d'homme traditionnel basque et d'un chœur mixte russe consacré au chant spirituel ancien. La crainte d'une vaine juxtaposition de chœurs en demi-cercle disparaît très vite à la découverte d'un concert-spectacle bien mis en scène. L'occupation de l'espace, les costumes, les séquences du programme permettent à chacun de s'exprimer pleinement, dans une complémentarité et une alternance qui ne laissent aucune place à la confusion et soutiennent l'intérêt.

Mais sur quelle composante peut bien s'établir cette synergie ? Est-ce sur le caractère profondément populaire des œuvres, tant basques que russes orthodoxes anciennes : chants et drames populaires alternant avec les chants monastiques. Est-ce l'effet d'une certaine parenté vocale qui peut rapprocher les voix slaves, solides et timbrées jusqu'à l'entêtement, des voix basques charpentées et sonores, à la santé montagnarde ? De part et d'autre, de belles individualités vocales ne rompent jamais l'homogénéité sonore des ensembles aussi bien dans les pianissimos que dans les fortissimos d'une belle dynamique.

Le chœur Sirine utilise lui avec bonheur le contraste entre hommes et femmes, aussi bien au plan vocal que scénique, pour souligner les ambiances propres à Noël : paix et recueillement, couleurs et joie… Une belle mise en perspective de cette fête qui approche.

M. Bernard
(décembre 2002)


 

 

voir aussi

XVIIe festival de musique ancienne, décembre 2000
Festival de musique ancienne d'Uzès 2001
Festival de musique ancienne d'Uzès 2000
XVIIe festival de musique ancienne, décembre 1999