La
sélection de Sitartmag
Le
Messie - Georg Friedrich Haendel
30 novembre et 1er décembre - 20h30 - Chapelle
de la Trinité
Choeur
et Orchestre Ex Cathedra de Birmingham
Direction Geoffrey Skidmore
Composé
en 23 jours, du 22 août au 14 septembre 1741, et
créé à Dublin en 1742 avant d'être
donné en Angleterre, Le Messie est le plus connu
des 16 oratorios sacrés de Haendel, sans doute
pour son impétuosité et sa musicalité
particulières. Le livret de Carl Jennens, à
la rédaction duquel Haendel semble avoir collaboré,
construit sur des textes de l'Ancien et du Nouveau Testament,
se prête à une structure symphonique originale,
empreinte de poésie, faisant alterner de la manière
la plus harmonieuse les airs, les récitatifs et
les choeurs.
Cette impétuosité, cette poésie,
cette harmonie sont particulièrement mises en valeur
par l'interprétation de l'ensemble Ex Cathedra,
choeur et orchestre dirigés par le fondateur Jeffrey
Skidmore. Créé en 1969, cet ensemble
se consacre habituellement à des oeuvres anciennes
plutôt méconnues ; outre son travail de direction
et de recherche, J. Skidmore se consacre largement à
l'enseignement de la musique et à son rayonnement
dans le public scolaire.
Venus de Birmingham à l'occasion du cinquantième
anniversaire du jumelage de la ville anglaise avec Lyon,
et dans le cadre maintenant prestigieux du Festival de
musique ancienne, les musiciens et les chanteurs ont connu
un succès mérité dans la Chapelle
de la Trinité (cadre baroque bien approprié) :
la rigueur du travail, la fidélité à
la partition n'excluent ni la finesse ni la sensibilité
de l'interprétation. Les solistes Carolyn Sampson
(soprano), William Towers (alto), Charles Daniels
(ténor) et particulièrement Roderick
Williams (basse), tous quatre très à
l'aise dans cette musique, ont brillamment servi les airs
et les récitatifs, avec professionnalisme et authenticité.
Ces interprètes venus d'outre-Manche, mais dont
l'intérêt pour la musique française
est par ailleurs avéré, ont offert au public
lyonnais une soirée anglaise de grande qualité.
F.
L.-A./J.-P. L.
http://www.multimania.com/magnier/composit/haendel.html
http://www.asv.co.uk/page028.htm
Musique
à la cour de Louis XIII
Le poème Harmonique - Vincent Dumestre
7 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
Le
Poème Harmonique est un ensemble de musiciens solistes
réunis par Vincent Dumestre en 1997, dans le but
de faire connaître certaines pages de la musique
ancienne, notamment du XVIIe siècle. Les instruments
anciens et rares utilisés, tels le théorbe,
le lirone, le tiorbino, l'arpa tripla, permettent une
appréhension et une appréciation exactes
de cette musique. La revue Diapason a élu Vincent
Dumestre « jeune talent de l'année 1999 »
pour le travail qu'il effectue au sein du Poème
Harmonique, dont les premiers enregistrements ont reçu
les meilleures récompenses de la presse (Diapason
d'Or, Choc du Monde de la musique, Répertoire,
Télérama
).
Dans la Chapelle de la Trinité, l'ensemble présentait
des airs de cour de l'époque de Louis XIII, composés
par Estienne Moulinié. Originaire du Languedoc,
ce compositeur vint à Paris entre 1628 et 1660.
Maître de musique de Gaston d'Orléans, frère
du roi, il collabora à ce titre à de nombreux
ballets. En 1660, à la mort de Monsieur, il fut
nommé Maître de musique des Etats du Languedoc.
Très ouvert à ce qui venait de la Méditerranée,
il fut le seul à composer en langues française,
italienne, espagnole et occitane. Encore méconnu,
on peut le considérer comme l'un des tout premiers
compositeurs du Grand Siècle français.
Le Poème Harmonique a su montrer d'une façon
diversifiée ce qu'était l'air de cour dans
la première moitié du XVIIe siècle,
chant grave et précieux, mais aussi chanson d'amour,
chanson à danser et à boire, chanson bucolique
sur la nature, les oiseaux
Le tout interprété
à la manière et dans les langues de l'époque,
avec élégance et grande virtuosité,
par les quatre chanteurs et les sept musiciens du groupe.
La structure dynamique du concert, fondée sur un
choix judicieux des pages musicales, a permis de mettre
en valeur le talent non seulement vocal, mais aussi gestuel
et théâtral des chanteurs, dans le registre
pathétique comme dans le registre burlesque, ainsi
que l'habileté des instrumentistes à se
plier à toute la diversité de la musique
de Moulinié. Une soirée vivante et de qualité,
au cours de laquelle le public a pu apprécier chez
les interprètes une alliance particulière
de rigueur professionnelle et de simplicité.
F.
L.-A./J.-P. L.
http://www.altamusica.com/entretiens/html/action/
http://www.fevis.com/groupes/poemeharmonique.html
Cantates
de la famille Bach
Gérard Lesne, haute-contre - Il Seminario Musicale
13 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
http://www.arte-tv.com/special/bach/ftext/index.html
http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/catal/bacjs/bacjs.html
L'intimité
caractérisa ce concert. Intimité du lieu,
avec la chapelle de la Trinité endroit habituel
pour les concerts du Festival de Musique du Vieux Lyon.
Intimité due à la manière si particulière
de Gérard Lesne d'aborder les uvres d'église,
tout en émotion retenue.
Le
répertoire de Gérard Lesne et de son ensemble
Il Seminario Musicale est souvent axé sur le XVIIe
et XVIIIe italien et français. Mais ce soir la
musique religieuse luthérienne allemande du XVIIe
fut à l'honneur, avec ces cantates de la famille
Bach.
Gérard Lesne aborde réellement Bach depuis
un an seulement -excepté l'enregistrement avec
Herreweghe des petites messes enregistrées par
Virgin- et ce choix tardif, le chanteur l'explique par
le besoin de mûrir son interprétation et
de trouver des pages concernant sa tessiture. Il est donc
allé chercher, outre deux cantates de Johann Sebastian
Bach, des uvres de Johann Michael et Johann Christoph
Bach parmi le répertoire de cette immense famille.
Les
cinq premières cantates ont pour thème la
détresse et la souffrance de l'homme si seul lorsqu'il
s'éloigne de Dieu par ses pêchés.
L'emploi de la technique de la basse continue -grande
affaire du XVIIe- libère la mélodie du soliste.
La voix pure, précise, illuminée de l'intérieur
de Gérard Lesne est soutenue irréprochablement
par le continuo aux couleurs riches. La sérénité
émanant de tous les interprètes transparaît
même dans la plainte si bouleversante de Johann
Christoph Bach " ach, dass ich vassers gnug hätte
". Ce fut d'ailleurs un des moments les plus touchants
du concert et les musiciens ne se sont pas trompés
en le proposant en bis. Et, la deuxième fois, la
voix du soliste y palpite de la même émotion
frémissante.
Les
deux dernières cantates au programme (une de Johann
Michael Bach et une de et Johann Sebastian Bach) sont
plus enjouées dans leur évocation de la
mort et donc du retour vers Dieu.
G.Lesne est un compromis entre les voix trop féminines
ou trop instrumentales. Pour lui , la clef de la réussite
d'une interprétation est de partir du texte. Or,
justement, Bach ne laisse jamais passer une idée
ou un mot important sans en donner une transcription symbolique
par un procédé musical tant compte pour
lui le sentiment inspiré par les paroles. G.Lesne
rejoint donc le compositeur en mettant son timbre profond
et sa prononciation parfaite au service de la poésie
Et
il suscite, une fois de plus, l'adhésion.
Enfin,
il faut mentionner les deux intermèdes de musique
de chambre de cette soirée : deux sonates de J.S.Bach
interprétées l'une au clavecin et violoncelle,
l'autre au violon, violoncelle et clavecin. Le violon
de P. Bismuth frappe par sa densité de velours,
mais on apprécia particulièrement la vitalité
de Blandine Rannou. Elle privilégie la netteté
du discours entre retenue et légèreté.
Son intrépidité et son savoir-faire furent,
tout au long de la soirée, à l'origine de
nombreux engouements.
V.
N.
voir
aussi
XVIIe
festival de musique ancienne,
décembre 2000
Festival
de musique ancienne d'Uzès 2001
Festival
de musique ancienne d'Uzès 2000
XVIIe
festival de musique ancienne,
décembre 1999