XVIIe festival de musique ancienne
A lyon du 3 au 21 décembre 1999

organisé par l'Association des Festivals
renseignements et réservations :
04 78 38 09 09

  
 
Artiste Lieu Date
Musiques des Siècles d'Or Espagnols Chapelle de la Trinité Vendredi 3 décembre - 20h30
Missa Solemnis, LW Beethoven Auditorium de Lyon Lundi 6 et mardi 7 décembre - 20h30
Les Plaisirs du Palais Chapelle de la Trinité Vendredi 10 décembre - 20h30
5° Concerto Brandebourgeois, JS Bach
Concertos pour 1 et 2 clavecins, CPhE Bach
Grand Salon, Hôtel de Ville Vendredi 17 décembre - 20h30
Un Noël à St-Pétersbourg, chants orthodoxes anciens Chapelle de la Trinité 18 et 19 décembre - 20h30
Cantates Italiennes, Georg Friedrich Haendel Chapelle de la Trinité Mardi 21 décembre - 20h30
     
     
     
   
   

 

"Un fabuleux voyage de dix-neuf jours, dans la magnifique Chapelle baroque de la Trinité, l'Hôtel de Ville, l'Auditorium et la Primatiale Saint-Jean de Lyon."

 

 

 

 

 

 

Juan Del Encina, Juan Vasquez, Diego Ortiz
Hesperion XX - Direction Jordi Savall

"Les splendeurs de la musique espagnole des XVIe et XVIIe siècles. Un concert haut en couleur, interprété par le maître de ce répertoire."
Vendredi 3 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité

Le Festival de Musique du Vieux-Lyon nous fait partager, chaque année, sa passion pour la musique ancienne. Jordi Savall, qui a dirigé le premier concert de ce XVIIe festival met aussi, depuis une trentaine d'années, son énergie et ses qualités de violiste, de pédagogue et de chercheur au service de la musique ancienne et plus spécialement des oeuvres oubliées de la musique espagnole. Lui qui a toujours voulu montrer que la musique ancienne n'était pas destinée à une minorité, a encore réussi son pari : le concert donné par 8 musiciens de l'ensemble Hespèrion et 3 chanteurs espagnols fut passionnant même pour le moins averti des mélomanes. Et ceci n'était pas seulement dû à cette musique de la Renaissance qui se rapproche de l'homme par ses thèmes et ses mélodies construites sur la respiration. C'était également grâce au plaisir si visible de ses interprètes, plaisir qu'ils ont su communiquer au public, tant leur complicité était grande.

La soirée était donc consacrée à la musique espagnole des XVe et XVIe siècles (trop méconnue hélas, les foyers de création franco-flamand et italien de cette période tendant à effacer les autres). La première partie du spectacle illustra parfaitement la particularité du répertoire espagnol, marqué d'un fort caractère national et populaire, dans la lignée de la lyrique des troubadours. Les interprètes alternèrent musique instrumentale seule et " villancico " (chanson espagnole au sujet populaire dans une langue stylisée). L'aisance des musiciens, la vivacité des chanteurs, les mouvements hypnotiques des mains du percussionniste Pedro Estevan firent oublier l'immense travail qu'une telle interprétation nécessite, alliant fidélité historique et création perpétuelle. En effet, les manuscrits de la Renaissance affichent souvent des lignes mélodiques sans rythme ni polyphonie "convenables pour toute voix et tout instrument " . Le répertoire retrouvé est sans doute une mince partie de l'activité musicale réelle tant l'ornementation était du domaine de l'improvisation et donc non fixée par la notation. Il faut donc aux interprètes de musique ancienne retrouver cette liberté que le compositeur a peu à peu accaparée au cours des siècles suivants.

Dans la deuxième partie , les pièces interprétées avec voix étaient plus influencées par le madrigal et perdaient un peu de leur caractère national pour gagner en liberté et raffinement. Le jeune contre-ténor, Carlos Ména, y montra beaucoup de subtilité.

Mais, pour le public, l'un des moments forts fut une "diferencias " de Cabezon (rappelons qu'une "diferencias" est une série de variations et d'improvisations sur une mélodie populaire et sur des basses obstinées) durant laquelle Jordi Savall (viole de gambe soprano) et Rolf Lislevand (guitarre) rivalisèrent d'enthousiasme et où l'on ressentit encore combien, dans cet ensemble, l'improvisation individuelle s'harmonise dans le travail du groupe. Enthousiaste, le public l'était aussi : 3 rappels et en bis, parmi d'autres, une chanson à boire, donnant ainsi un avant- goût du concert du 10 décembre donné par l'ensemble Clément Jannequin.

Ce programme fut non seulement réjouissant musicalement, mais aussi rajeunissant, nous faisant remonter les siècles jusqu'à l'Espagne du XVe. Jordi Savall, dans son intervention, faisait remarquer que la musique des anciens était déterminée par une fonction et une situation : elle participait aux cérémonies officielles ou privées, civiles ou religieuses et accompagnait la vie quotidienne. Qu'on aimerait qu'il en soit ainsi dans notre XXe siècle un peu morose !

Barbara Marmonier / Raphaëlle Noël

Hespèrion XX

Jordi Savall :viole de gambe soprano
Sergi Casademunt : viole de gambe ténor
Loren Duftschmid : viole de gambe basse
Jean- Pierre Carnihac : cornetto
Daniel Lassalle : sacqueboute -vieux nom français du trombone-
Claude Wassmer : dulciane -ancêtre du basson-
Rolf Lislevand : vielle et guitarre
Pedro Estevan, percussions
Chanteurs
Carlos Mena : contre ténor
Lambert Climent : ténor
Carlos Lopez : baryton

 

Juan Del Encina
http://www.newadvent.org/cathen/05411a.htm
http://www.iinet.net.au/~nickl/cds/composers/encinajuandel.html
http://www.funkandwagnalls.com/encyclopedia/low/articles/e/e007000867f.html

Jordi Savall et Hesperion XX
http://www.wfu.edu/wfunews/98releases/101298j.htm
http://wso.williams.edu/~agonzale/em/musicians/instrumental/savall/index.html

 

 

 

 

 



Orchestre des Champs-Elysées, Choeurs de la Chapelle Royale et du Collegium Vocal, RIAS Kammer Chor
Direction
: Philippe Herreweghe

Dans le cadre du Festival de musique du Vieux Lyon, Philippe Herreweghe dirigeait une superbe interprétation de la Missa Solemnis en Ré Majeur de Ludwig van Beethoven. Cette oeuvre, qui est au compositeur ce que la Sixtine est à Michel Ange (dixit Romain Rolland) fut interprétée pour la première fois à St Petersbourg. Beethoven avait travaillé à la Missa de 1819 à 1822 ; Originellement composée en vue de l'investiture en 1820 de l'Archiduc Rodolphe qui fut son fidèle mécène, elle ne sera jouée à Vienne que 4 ans plus tard et sans la présence du prince ; ce qui, malgré un très bon accueil, ne fut pas une bonne affaire pour le compositeur qui eut beaucoup de peine à financer la publication du livret.
Beethoven, qui désirait "s'approcher de la divinité plus que d'autres mortels et de répandre à partir de là les rayons de la divinité parmi le genre humain", refusa l'influence de l'opéra italien alors en faveur et chercha à se tourner vers l'inspiration des anciens (Palestrina, Bach, Haendel).
Le compositeur plie la forme de la messe au génie de son oeuvre et c'est donc avant tout une messe symphonique qu'il compose, une messe où l'orchestre est censé transmettre son message spirituel ; il a son propre cheminement, s'alliant au texte plutôt que de le supporter ou de lui servir d'écrin.
Le passage le plus surprenant est le Benedictus qui donne l'occasion d'un solo de violon : envolée surprenante d'émotion accompagnée des seuls choeurs.
Interprété par l'Orchestre des Champs Elysées qui joue sur des instruments anciens, La Missa Solemnis avait des accents baroques fort à propos au regard des intentions de Beethoven ; accents baroques qui, étrangement, donnaient des colorations bien contemporaines et proposaient un nouvel angle d'écoute de ce grand oeuvre du romantisme allemand.

Pascal Polguère

Co-réalisation avec l'Auditorium de Lyon.
Lundi 6 et mardi 7 décembre - 20h30 - Auditorium de Lyon


site comportant de nombreux liens
http://perso.wanadoo.fr/beethoven/


 

 

 

 

Vendredi 10 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
Chansons à boire et à manger de la Renaissance française.

C. Jannequin , J. Desprez, C. de Sermizy

Ensemble Clément Jannequin
Dominique Visse - haute-contre
Bruno Boterf - ténor
Vincent Bouchot - baryton
Renaud Délaigue - basse
Eric Bellocq - luth et orgue

Dans le cadre du festival du Vieux-Lyon, le concert donné vendredi 10 décembre à la chapelle de la Trinité (magnifique chapelle baroque réhabilitée depuis peu) fut extrêmement réjouissant. L'ensemble Clément Jannequin dirigé par Dominique Visse, interpréta des chansons du XVIe siècle, et le public passa la soirée le sourire aux lèvres.
Assis à table, comme il se doit -- les recueils de l'époque, édités dès 1527, présentent souvent 4 voix disposées en vis à vis, en un seul volume posé au milieu de la table -- les interprètes alternèrent chansons empreintes de jovialité et pièces plus émouvantes, illustrant des sentiments.
Cette chanson polyphonique du XVIe siècle s'éloigne du registre courtois caractéristique du XVe et s'inspire de sources populaires aux thématiques variées : amour dans le registre gaulois, farces, nature ; elle est un genre majeur qu'aucun des musiciens (tous aux services d'églises) de cette période n'a dédaigné.
Clément Jannequin fut très présent ce soir là (6 chansons sur 18) avec ses fresques descriptives illustrant une atmosphère ou une scène suggérées par le titre (d'autres français de Couperin à Debussy le feront plus tard). Dans le chant des oyseaulx, léger et joyeux, les solistes imitèrent les oiseaux par des jeux rythmiques ou contrapuntiques sur des onomatopées, de voix en voix, sorte de langage imagé coupant régulièrement le texte. La technique vocale des chanteurs était impressionnante : contrastes nombreux (de l'aigu au grave, du forte au piano) diction claire, virtuosité dans l'articulation, précision des attaques...Dans La chasse, ils renforcèrent les contrastes, avec beaucoup d'humour, passant de timbres gutturaux à nasillards, de la hargne à l'ironie.
Ce procédé d'illustration et d'imitation de scènes quotidiennes, plein de fantaisie et de vivacité, est une raison importante du succès de Jannequin et de l'ensemble qui porte son nom (la réaction du public à l'annonce de la guerre en bis en fut une preuve) mais cela ne doit pas faire oublier des chansons non descriptives, aux qualités mélodiques supérieures comme Qu'est ce d'amour du même compositeur. Ces chansons ont un texte plus court, qui se répète et présente un lyrisme subtil et raffiné.
L'ensemble interpréta également des chansons à boire de polyphonistes flamands comme Gaubert ou Clemens Non Papa, dans un style plus proche de Josquin, au contrepoint plus touffu.
La soirée fut ainsi conviviale, moment de plaisir à l'image de la chanson du XVIe, et le meilleur moyen de la terminer était sans doute d'aller déguster " conny " et "chapon" accompagnés "d'hypocras", tout en feuilletant le programme, où chaque texte des chansons interprétées est à lui seul un régal.

Barbara Marmonier



Jannequin
http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/musique/composit/janequin.html http://ottawa.ambafrance.org/SALON/ERATO/jannequin.html http://www.medieval.org/emfaq/cds/ast8571.htm
http://www.iinet.net.au/~nickl/cds/composers/jannequinclement.html

Josquin Desprez (c.1440-1521)
http://www.medieval.org/emfaq/composers/josquin.html

sélection de musique de la Renaissance http://www.medieval.org/emfaq/beginlst/renaiss.htm

Histoire du mot Chanson
http://www.rfi.fr/Kiosque/LangueFrancaise/BreveHistoireDeMot/211298-0.html

 

 

 

 

 

 


Y. Rechsteiner et D. Numico, Clavecins
Ensemble Baroque Collegia Musica

"Quelques unes des plus belles pages de la musique instrumentale de la famille Bach."
Vendredi 17 décembre - 20h30 - Grand Salon, Hôtel de Ville

Bach : biographie, oeuvre.
http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/catal/bacjs/bacjs.html

les concertos
http://discophile.qc.ca/discographies/bach/brandenburg.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Chants orthodoxes anciens

Ensemble Vocal de Dt-Petersbourg
"Les voix de la Neva" - Youri Gourbo

"l'évocation d'une nuit de Noël à Saint-Petersbourg dans la plus grande tradition des chants orthodoxes et des mélodies populaires russes."

L'Ensemble vocal de Saint-Petersbourg, Les Voix de la Néva, placé sous la direction rigoureuse et sensible de son fondateur Youri GOURBO, est composé de 16 chanteurs de grande expérience (8 femmes et 8 hommes) provenant de plusieurs choeurs de Saint-Petersbourg. Solistes pour la plupart, ils savent néanmoins fondre leurs voix, avec une homogénéité remarquable, dans le répertoire choisi.

Chants orthodoxes et extraits de la liturgie sont interprétés a cappella, suivant la tradition de l'église russe, qui veut que seule la voix des fidèles monte vers le ciel sans l'aide des instruments. La triple influence byzantine, syrienne et russe se manifeste dans ces mélodies anciennes ou récentes (du XVIème au XIXème siècle, anonymes ou oeuvres de grands compositeurs (Dmitri BORTNIANSKY, Piotr TCHAIKOVSKY, ALEXANDRE ARKHANGELSKY).

Les interférences ont toujours existé entre cantiques sacrés et chants populaires, avec des conséquences multiples sur toute la musique russe, son caractère modal, sa liberté rythmique. Les Voix de la Néva, en interprétant aussi des chants poétiques aux lignes apparemment simples, en réalité très élaborées et particulièrement mélodieuses, mettent en évidence la thématique traditionnelle de la nature russe : l'aube, la brume, la forêt, l'oiseau, le lac Baïkal…

Ce concert, rythmé par le très beau Noël ukrainien Koliadky, a quelque chose à voir avec le cérémonial orthodoxe, non seulement dans la pureté de la musique, mais aussi dans la présence symbolique des lumignons apportés dès le début par les femmes, et dans l'attitude même des chanteurs : au-delà du professionnalisme et du talent de tous les interprètes (sans oublier le chef et les solistes issus de leurs rangs), un sens remarquable de la nuance, une authentique ferveur, une grande sensibilité, une réelle émotion transmise au public.

J.P. L. / F.L.A.

Samedi 18 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
Dimanche 19 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Georg Friedrich Haendel
Mardi 21 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité

Mezzo-soprano - Magdalena Kozena
Direction - Marc Minkowski
Les Musiciens du Louvre

"En clôture du Festival, les plus belles cantates de Haendel, interprétées par une jeune mezzo au talent exceptionnel, avec un ensemble et un chef de renommée internationale."