"Un
fabuleux voyage de dix-neuf jours, dans la magnifique
Chapelle baroque de la Trinité, l'Hôtel de
Ville, l'Auditorium et la Primatiale Saint-Jean de Lyon."


Juan
Del Encina, Juan Vasquez, Diego Ortiz
Hesperion XX - Direction Jordi Savall
"Les
splendeurs de la musique espagnole des XVIe et XVIIe siècles.
Un concert haut en couleur, interprété par
le maître de ce répertoire."
Vendredi 3 décembre -
20h30 - Chapelle de la Trinité
Le
Festival de Musique du Vieux-Lyon nous fait partager,
chaque année, sa passion pour la musique ancienne.
Jordi Savall, qui a dirigé le premier concert de
ce XVIIe festival met aussi, depuis une trentaine d'années,
son énergie et ses qualités de violiste,
de pédagogue et de chercheur au service de la musique
ancienne et plus spécialement des oeuvres oubliées
de la musique espagnole. Lui qui a toujours voulu montrer
que la musique ancienne n'était pas destinée
à une minorité, a encore réussi son
pari : le concert donné par 8 musiciens de l'ensemble
Hespèrion et 3 chanteurs espagnols fut passionnant même
pour le moins averti des mélomanes. Et ceci n'était
pas seulement dû à cette musique de la Renaissance
qui se rapproche de l'homme par ses thèmes et ses
mélodies construites sur la respiration. C'était
également grâce au plaisir si visible de
ses interprètes, plaisir qu'ils ont su communiquer
au public, tant leur complicité était grande.
La
soirée était donc consacrée à
la musique espagnole des XVe et XVIe siècles (trop méconnue
hélas, les foyers de création franco-flamand
et italien de cette période tendant à effacer
les autres). La première partie du spectacle illustra
parfaitement la particularité du répertoire
espagnol, marqué d'un fort caractère national
et populaire, dans la lignée de la lyrique des
troubadours. Les interprètes alternèrent
musique instrumentale seule et " villancico " (chanson
espagnole au sujet populaire dans une langue stylisée).
L'aisance des musiciens, la vivacité des chanteurs,
les mouvements hypnotiques des mains du percussionniste
Pedro Estevan firent oublier l'immense travail qu'une
telle interprétation nécessite, alliant fidélité
historique et création perpétuelle. En effet,
les manuscrits de la Renaissance affichent souvent des
lignes mélodiques sans rythme ni polyphonie "convenables
pour toute voix et tout instrument " . Le répertoire
retrouvé est sans doute une mince partie de l'activité
musicale réelle tant l'ornementation était
du domaine de l'improvisation et donc non fixée
par la notation. Il faut donc aux interprètes de
musique ancienne retrouver cette liberté que le
compositeur a peu à peu accaparée au cours
des siècles suivants.
Dans
la deuxième partie , les pièces interprétées
avec voix étaient plus influencées par le
madrigal et perdaient un peu de leur caractère
national pour gagner en liberté et raffinement.
Le jeune contre-ténor, Carlos Ména, y montra
beaucoup de subtilité.
Mais,
pour le public, l'un des moments forts fut une "diferencias
" de Cabezon (rappelons qu'une "diferencias" est une série
de variations et d'improvisations sur une mélodie
populaire et sur des basses obstinées) durant laquelle
Jordi Savall (viole de gambe soprano) et Rolf Lislevand
(guitarre) rivalisèrent d'enthousiasme et où
l'on ressentit encore combien, dans cet ensemble, l'improvisation
individuelle s'harmonise dans le travail du groupe. Enthousiaste,
le public l'était aussi : 3 rappels et en bis,
parmi d'autres, une chanson à boire, donnant ainsi
un avant- goût du concert du 10
décembre donné par l'ensemble Clément
Jannequin.
Ce
programme fut non seulement réjouissant musicalement,
mais aussi rajeunissant, nous faisant remonter les siècles
jusqu'à l'Espagne du XVe. Jordi Savall, dans son
intervention, faisait remarquer que la musique des anciens
était déterminée par une fonction
et une situation : elle participait aux cérémonies
officielles ou privées, civiles ou religieuses
et accompagnait la vie quotidienne. Qu'on aimerait qu'il
en soit ainsi dans notre XXe siècle un peu morose !
Barbara
Marmonier / Raphaëlle Noël
Hespèrion
XX
Jordi
Savall :viole de gambe soprano
Sergi Casademunt : viole de gambe ténor
Loren Duftschmid : viole de gambe basse
Jean- Pierre Carnihac : cornetto
Daniel
Lassalle : sacqueboute -vieux nom français du trombone-
Claude Wassmer : dulciane -ancêtre du basson-
Rolf Lislevand : vielle et guitarre
Pedro Estevan, percussions
Chanteurs
Carlos Mena : contre ténor
Lambert Climent : ténor
Carlos
Lopez : baryton

Juan
Del Encina
http://www.newadvent.org/cathen/05411a.htm
http://www.iinet.net.au/~nickl/cds/composers/encinajuandel.html
http://www.funkandwagnalls.com/encyclopedia/low/articles/e/e007000867f.html
Jordi
Savall et Hesperion XX
http://www.wfu.edu/wfunews/98releases/101298j.htm
http://wso.williams.edu/~agonzale/em/musicians/instrumental/savall/index.html


Orchestre
des Champs-Elysées, Choeurs de la Chapelle Royale
et du Collegium Vocal, RIAS Kammer Chor
Direction : Philippe Herreweghe
Dans
le cadre du Festival de musique du Vieux Lyon, Philippe
Herreweghe dirigeait une superbe interprétation
de la Missa Solemnis en Ré Majeur de Ludwig van Beethoven.
Cette oeuvre, qui est au compositeur ce que la Sixtine
est à Michel Ange (dixit Romain Rolland) fut interprétée
pour la première fois à St Petersbourg. Beethoven
avait travaillé à la Missa de 1819 à 1822
; Originellement composée en vue de l'investiture
en 1820 de l'Archiduc Rodolphe qui fut son fidèle
mécène, elle ne sera jouée à
Vienne que 4 ans plus tard et sans la présence
du prince ; ce qui, malgré un très bon accueil,
ne fut pas une bonne affaire pour le compositeur qui eut
beaucoup de peine à financer la publication du
livret.
Beethoven, qui désirait "s'approcher de la divinité
plus que d'autres mortels et de répandre à
partir de là les rayons de la divinité parmi
le genre humain", refusa l'influence de l'opéra
italien alors en faveur et chercha à se tourner
vers l'inspiration des anciens (Palestrina, Bach, Haendel).
Le compositeur plie la forme de la messe au génie
de son oeuvre et c'est donc avant tout une messe symphonique
qu'il compose, une messe où l'orchestre est censé
transmettre son message spirituel ; il a son propre cheminement,
s'alliant au texte plutôt que de le supporter ou
de lui servir d'écrin.
Le passage le plus surprenant est le Benedictus qui donne
l'occasion d'un solo de violon : envolée surprenante
d'émotion accompagnée des seuls choeurs.
Interprété par l'Orchestre des Champs Elysées
qui joue sur des instruments anciens, La Missa Solemnis
avait des accents baroques fort à propos au regard
des intentions de Beethoven ; accents baroques qui, étrangement,
donnaient des colorations bien contemporaines et proposaient
un nouvel angle d'écoute de ce grand oeuvre du
romantisme allemand.
Pascal
Polguère
Co-réalisation
avec l'Auditorium de Lyon.
Lundi
6 et mardi 7 décembre - 20h30 - Auditorium de Lyon

site
comportant de nombreux liens
http://perso.wanadoo.fr/beethoven/



Vendredi
10 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
Chansons à boire et à manger de la Renaissance
française.
C. Jannequin , J. Desprez, C. de Sermizy
Ensemble
Clément Jannequin
Dominique Visse - haute-contre
Bruno Boterf - ténor
Vincent Bouchot - baryton
Renaud
Délaigue - basse
Eric Bellocq - luth et orgue
Dans le cadre du festival du Vieux-Lyon, le concert donné
vendredi 10 décembre à la chapelle de la Trinité
(magnifique chapelle baroque réhabilitée
depuis peu) fut extrêmement réjouissant.
L'ensemble Clément Jannequin dirigé par
Dominique Visse, interpréta des chansons du XVIe
siècle, et le public passa la soirée le
sourire aux lèvres.
Assis à table, comme il se doit -- les recueils
de l'époque, édités dès 1527,
présentent souvent 4 voix disposées en vis
à vis, en un seul volume posé au milieu de la table
-- les interprètes alternèrent chansons
empreintes de jovialité et pièces plus émouvantes,
illustrant des sentiments.
Cette chanson polyphonique du XVIe siècle s'éloigne
du registre courtois caractéristique du XVe et
s'inspire de sources populaires aux thématiques
variées : amour dans le registre gaulois, farces,
nature ; elle est un genre majeur qu'aucun des musiciens
(tous aux services d'églises) de cette période
n'a dédaigné.
Clément Jannequin fut très présent ce soir
là (6 chansons sur 18) avec ses fresques descriptives
illustrant une atmosphère ou une scène suggérées
par le titre (d'autres français de Couperin à Debussy
le feront plus tard). Dans le chant des oyseaulx,
léger et joyeux, les solistes imitèrent
les oiseaux par des jeux rythmiques ou contrapuntiques
sur des onomatopées, de voix en voix, sorte de
langage imagé coupant régulièrement
le texte. La technique vocale des chanteurs était
impressionnante : contrastes nombreux (de l'aigu au grave,
du forte au piano) diction claire, virtuosité dans
l'articulation, précision des attaques...Dans La
chasse, ils renforcèrent les contrastes, avec
beaucoup d'humour, passant de timbres gutturaux à
nasillards, de la hargne à l'ironie.
Ce procédé d'illustration et d'imitation
de scènes quotidiennes, plein de fantaisie et de
vivacité, est une raison importante du succès de
Jannequin et de l'ensemble qui porte son nom (la réaction
du public à l'annonce de la guerre en bis en fut
une preuve) mais cela ne doit pas faire oublier des chansons
non descriptives, aux qualités mélodiques
supérieures comme Qu'est ce d'amour du même
compositeur. Ces chansons ont un texte plus court, qui
se répète et présente un lyrisme
subtil et raffiné.
L'ensemble interpréta également des chansons
à boire de polyphonistes flamands comme Gaubert
ou Clemens Non Papa, dans un style plus proche de Josquin,
au contrepoint plus touffu.
La soirée fut ainsi conviviale, moment de plaisir à
l'image de la chanson du XVIe, et le meilleur moyen de
la terminer était sans doute d'aller déguster
" conny " et "chapon" accompagnés "d'hypocras",
tout en feuilletant le programme, où chaque texte
des chansons interprétées est à lui
seul un régal.
Barbara
Marmonier

Jannequin
http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/musique/composit/janequin.html
http://ottawa.ambafrance.org/SALON/ERATO/jannequin.html
http://www.medieval.org/emfaq/cds/ast8571.htm
http://www.iinet.net.au/~nickl/cds/composers/jannequinclement.html
Josquin Desprez (c.1440-1521)
http://www.medieval.org/emfaq/composers/josquin.html
sélection de musique de la Renaissance http://www.medieval.org/emfaq/beginlst/renaiss.htm
Histoire
du mot Chanson
http://www.rfi.fr/Kiosque/LangueFrancaise/BreveHistoireDeMot/211298-0.html


Y.
Rechsteiner et D. Numico, Clavecins
Ensemble Baroque Collegia Musica
"Quelques
unes des plus belles pages de la musique instrumentale de
la famille Bach."
Vendredi
17 décembre - 20h30 - Grand Salon, Hôtel de
Ville

Bach
: biographie, oeuvre.
http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/catal/bacjs/bacjs.html
les
concertos
http://discophile.qc.ca/discographies/bach/brandenburg.htm


Chants
orthodoxes anciens
Ensemble
Vocal de Dt-Petersbourg
"Les voix de la Neva" - Youri Gourbo
"l'évocation
d'une nuit de Noël à Saint-Petersbourg dans
la plus grande tradition des chants orthodoxes et des mélodies
populaires russes."
L'Ensemble
vocal de Saint-Petersbourg, Les Voix de la Néva,
placé sous la direction rigoureuse et sensible de
son fondateur Youri GOURBO, est composé de 16 chanteurs
de grande expérience (8 femmes et 8 hommes) provenant
de plusieurs choeurs de Saint-Petersbourg. Solistes pour
la plupart, ils savent néanmoins fondre leurs voix,
avec une homogénéité remarquable, dans
le répertoire choisi.
Chants
orthodoxes et extraits de la liturgie sont interprétés
a cappella, suivant la tradition de l'église russe,
qui veut que seule la voix des fidèles monte vers
le ciel sans l'aide des instruments. La triple influence
byzantine, syrienne et russe se manifeste dans ces mélodies
anciennes ou récentes (du XVIème au XIXème
siècle, anonymes ou oeuvres de grands compositeurs
(Dmitri BORTNIANSKY, Piotr TCHAIKOVSKY, ALEXANDRE ARKHANGELSKY).
Les
interférences ont toujours existé entre cantiques
sacrés et chants populaires, avec des conséquences
multiples sur toute la musique russe, son caractère
modal, sa liberté rythmique. Les Voix de la Néva,
en interprétant aussi des chants poétiques
aux lignes apparemment simples, en réalité
très élaborées et particulièrement
mélodieuses, mettent en évidence la thématique
traditionnelle de la nature russe : l'aube, la brume, la
forêt, l'oiseau, le lac Baïkal…
Ce
concert, rythmé par le très beau Noël
ukrainien Koliadky, a quelque chose à voir avec le
cérémonial orthodoxe, non seulement dans la
pureté de la musique, mais aussi dans la présence
symbolique des lumignons apportés dès le début
par les femmes, et dans l'attitude même des chanteurs
: au-delà du professionnalisme et du talent de tous
les interprètes (sans oublier le chef et les solistes
issus de leurs rangs), un sens remarquable de la nuance,
une authentique ferveur, une grande sensibilité,
une réelle émotion transmise au public.
J.P.
L. / F.L.A.
Samedi
18 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité
Dimanche 19 décembre - 20h30 - Chapelle de la Trinité


Georg
Friedrich Haendel
Mardi 21 décembre - 20h30
- Chapelle de la Trinité
Mezzo-soprano
-
Magdalena Kozena
Direction
- Marc Minkowski
Les Musiciens du Louvre
"En
clôture du Festival, les plus belles cantates de Haendel,
interprétées par une jeune mezzo au talent
exceptionnel, avec un ensemble et un chef de renommée
internationale."
