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Un
livre a quatre mains, pour deux personnages.
Etienne et Salomé,
onze ans, ils se côtoient depuis l’enfance, sont dans
la même classe mais ne se parlent plus. Un jour, Etienne écrit
à Salomé, il lui raconte la folie de son propre père
quand Noël arrive, il lui raconte aussi son malaise de l’avoir
entendue dire à son amie Adèle que son père
était « con et nul », alors que ce dernier est
mort.
Etienne écrit pour renouer un lien, pour faire taire les
fantômes. Au fil de la correspondance, une histoire de colère,
de haine, le long chemin de l’amitié, les mots qu’ils
acceptent de s’échanger, pour apaiser l’âme
et le cœur. Se confier à l’autre comme on s’apprivoise,
comme on se reconstruit.
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Salomé
part habiter à la campagne chez sa tante, pour fuir
le deuil. Ils s’écrivent, se cherchent dans l’autodestruction,
dans le rejet de l’autre qui n’est autre que le
rejet de soi. Salomé : « je suis celle qui
a peur » ; Etienne : « Je n’ai
jamais prétendu être un héros… je
refuse de rentrer dans la fabrication de ton secret. Les secrets
sont des mensonges ».
Mais parler, c’est sortir de soi, c’est déjà
accepter la convalescence… « Toi, tu dis que
j’ai changé mais ce sont les autres qui ont changé…cette
année il y aura des champignons, encore, mais papa
ne les trouvera pas… Tout devrait s’arrêter
ensemble, les champignons, l’automne, les gens, les
maisons et les envies de chien »... «
Je ne veux pas devenir une bête humaine, et je sais
que la seule personne qui peut m’empêcher de le
devenir, c’est toi…c’est une lettre de ton
amoureux ». |
Etienne prononce
le mot magique qui fera tendrement basculer cette histoire du côté
de l’amour, celui qui rend les enfants si forts. Etienne fugue
pour rejoindre sa bien-aimée, protégé par ses
frères, il part vers son « premier amour ».
De cette rencontre il n’y aura que peu de mots, des retrouvailles
devant le panneau de sens interdit, une séance de cinéma…mais
surtout le parfum du sentiment naissant, tapi dans l’ombre
depuis si longtemps. Alors l’amour se libère : «
Tu ne me manques pas mais tu es avec moi », «
mes lettres vont crier… t’embrasser, te toucher, chanter
dans ta bouche…je veux être transparent pour toi ».
Les mots remplacent les angoisses, la solitude, la douleur insupportable.
Cette écriture
pudique est respectueuse des sentiments naissants, des peurs, des
émois des deux adolescents. Ils veulent tout se dire pour
y croire, pour que cela soit vrai, aux yeux de tous. Leurs dernières
lettres s’échangent dans la réalité :
« je ne veux plus t’écrire, je veux t’aimer
» scande Etienne, et Salomé lui répond
sans le savoir « Je n’écris plus. Je suis
là »…
L’un vient à l’autre. Un roman magnifique, un
ton juste d’une ligne à l’autre.
Cendrine
Genin
(mars 2006)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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